-- v. 32.
Et _le_ Poëte croté; & _ce_ poëte, 1613.
S. XIV, p. 114.
Cette satire est adressée à Sully. En 1614, elle a paru sous le nom de
_Maître Guillaume_, le Pasquin français. Enfin elle a été réimprimée
dans le Recueil A. Z. A Paris, 1761 (Q., p. 207 à 216).
S. XV, p. 121, v. 20.
Se _pleignent_ doucement, correction; se _pleigent_, 1613.
Page 123, v. 17.
Ils _deuoient_ à propos tascher d’ouurir la bouche, 1613; correction,
ils _deuroient_.
Cette faute se retrouve sat. VIII: Comme on fait son trauail ne
_desroboit_ sa gloire, 1613; au lieu de _desrobroit_.
Page 125, v. 21.
_Informans_ de nos faits sans haine & sans enuie, 1613; variante,
_informons_.
Page 125, v. 24.
_N’est_ veu par mes escris si librement touché, 1613; correction,
_s’est_ veu.
S. XVI, p. 126.
Forquevaus (François Pavie de), gentilhomme de la maison de la reine
Marguerite. Il était du Midi, & il mourut en 1611. On lui attribue à
tort l’_Espadon satyrique_, dont l’auteur, ainsi qu’il résulte de
certains passages de ce livre, était Franc-Comtois & vivait en 1615. Ces
particularités viennent confirmer l’opinion d’après laquelle l’_Espadon_
serait l’œuvre de Claude d’Esternod, seigneur de Refranche & d’Esternod,
près Ornans.
Page 127, v. 14.
Ou si parfois encor i’entre en _la_ vieille escrime, correction; i’entre
en vieille escrime, 1613.
S. XVII, p. 131.
Suivant Brossette, commentaire de 1729, cette satire aurait été écrite
pour le roi Henri IV.
-- v. 10.
Comme vn nouueau _Toitan_ si le veux-ie combattre, 1613; correction de
1642, _Titan_.
Page 133, v. 6.
Ie lasche _mon_ discours, correction; _ton_ discours, 1613; _ce_
discours, 1642.
-- v. 10.
Si mon dernier souspir ne la _iette_ dehors, 1613; variante, _iettoit_.
Page 137, v. 4.
Qui souffre ce qui _m’est_ de souffrir impossible, correction; ce qui
_n’est_, 1613.
Page 143, v. 15.
Et _sa_ langue mon cœur par ma bouche embrasa.
Correction. Le texte original porte:
Et _sa_ langue mon cœur par ma bouche embrasée
Me suggerant la manne en sa leure amassée.
Il y a ici une mauvaise fin de vers & une lacune. Les Elzévirs, d’après
le texte fourni pour le _Second Livre des délices de la Poésie
françoise_, de I. Beaudouin, Paris, Toussainct du Bray, M. DC. XX, p.
679, ont rétabli ce passage de la manière suivante:
Et sa langue mon cœur par sa bouche embrasa,
Bref tout ce qu’ose amour, ma Déesse l’osa.
Ce dernier vers, brusquement jeté dans une énumération, ne paraît pas en
son lieu. Il est en outre d’une médiocre facture.
En lisant avec attention le passage dont il s’agit, on est porté à
croire que le vers manquant n’est pas là, où les Elzévirs l’ont rétabli.
Après ce vers:
Elle mit en mon col ses bras plus blancs que neige,
il y a une lacune; puis le récit reprend sa marche logique avec la
correction finale du vers:
Et sa langue mon cœur par ma bouche embrasa
Me suggerant...
Page 144, v. 14.
Puis que ie suis rectif au fort de ma ieunesse.
Ce vers manque dans l’édition de 1613 ainsi que dans toutes les
suivantes, à l’exception de celle d’Antoine du Breuil publiée en 1614, &
celle d’Anthoine Estoc, Paris, 1619. On le trouve en outre en 1615 dans
le texte de l’_Impuissance_, imprimée avec les _Satyres bastardes &
autres Œuures folastres_ du cadet Angoulevent, Paris M.DC.XV, in-12 de
164 pages plus 4 lim., tit. comp.
Notons en passant que ce livre singulier, sans nom d’imprimeur, porte
pages 2 lim. 1, 115, 127 & 149, le fleuron à tête de lion accoté de deux
cornes d’abondance que l’on remarque dans l’édition de Regnier de 1612.
C’est donc à l’aide de l’un ou de l’autre de ces divers volumes que les
Elzévirs ont, dans leur édition de 1642, complété le texte où ils
étaient accusés d’avoir fait une interpolation.
Page 145, v. 9.
Que l’œil d’vn _enuyeux_ nos desseins empeschoit, correction; d’vn
_ennuyeux_, 1613.
Page 145, v. 15.
Luy seul comme _enuyeux_ d’vne chose si belle, correction; comme
_ennuyeux_, 1613.
Page 146, v. 20.
Pour m’acheuer de _peindre_ esteignit ma vigueur.
Dans son excellente édition du _Cabinet satyrique_, M. Poulet-Malassis
propose avec raison de lire: Pour m’acheuer de _poindre_.
-- v. 34.
La _fureur_ à la fin rompit sa modestie, correction; la _faueur_, 1613.
Page 147, v. 22.
I’ay meurtry, i’ay vollé, _i’ay_ des vœuz pariurez, Trahy les Dieux
_benins_, correction; vollé, _ay_ des vœuz... les Dieux; _venins_, 1613.
Page 149.
Sur le trespas de Monsieur Passerat.
Ce sonnet est tiré du _Recueil des Œuures poetiques de Ian Passerat_,
lecteur & interprete du Roy, augmenté de plus de la moitié outre les
précédentes impressions. Dédié à Monsieur de Rosny. A Paris, chez Claude
Morel, rüe Saint-Iaques, à l’enseigne de la Fontaisne, M.DC.VI. Avec
priuilege du Roy.
Il se trouve à la fin du volume, p. 46 non chiff.
Page 150.
Stanses. Pièce tirée fº 200, des _Muses gaillardes recueillies des plus
beaux esprits de ce temps_ par A. D. B. parisien. A Paris, de
l’Imprimerie d’Anthoine du Breuil, au mont Saint-Hilaire, rue d’Écosse à
la Couronne: & en sa boutique au Palais en la Gallerie des Prisonniers,
M.DC.IX. Avec priuilege du Roy (du 7 août 1609).
-- v. 5.
Sur _les_ paons audacieux, 1609; sur _ces_ paons, 1613.
-- v. 12.
Et la _Cheuesche_ à Minerue, 1609; & la _Chouette_, 1613.
-- v. 14.
_Tel_ oyseau qui leur _a_ pleu, 1609; _tels_ oyseaux qui leur _ont_
pleu, 1613.
Page 150, v. 17.
A tatons _au lieu d’_oyseau, 1609; _pour son_ oyseau, 1613.
-- v. 18.
Print vn _Aze_ qui vous f..., 1609; vn _Asnon_ qui _void goute_, 1613.
Page 152, v. 1.
_Sa_ façon, correction; 1613: _De_ façon.
-- v. 12.
_Vne_ saliue, correction; 1613: _D’vne_ saliue.
-- v. 18.
_Qui tient la mort entre ses dents._--Après ce vers Brossette a
intercalé la stance suivante d’après le texte du _Cabinet satyrique_:
Ha! que ceste humeur languissante
Du temps iadis est differente,
Quand braue, courageux & chaut,
Tout passoit au fil de sa rage,
N’estant si ieune pucelage
Qu’il n’enfilast de prime assaut!
Page 156, contre vn Amoureux transy.
L’édition de 1642 contient de plus que celle de 1613 les sept strophes
suivantes prises dans le recueil cité plus haut. Elles font suite aux
cinq qui précèdent.
L’effort fait plus que le merite,
Car pour trop meriter vn bien
Le plus souuent on n’en a rien;
Et dans l’amoureuse poursuite,
Quelquesfois l’importunité
Fait plus que la capacité.
I’approuue bien la modestie,
Ie hay les amans effrontez;
Euitons les extremitez:
Mais des Dames vne partie,
Comme estant sans election,
Iuge en discours l’affection.
En discourant à sa Maistresse,
Que ne promet l’amant subtil?
Car chacun, tant pauure soit-il,
Peut estre riche de promesse;
«Les Grands, les Vignes, les Amans
«Trompent tousiours de leurs sermens.
Mais vous ne trompez que vous-mesme,
En faisant le froid à dessein.
Ie crois que vous n’estes pas sain:
Vous auez le visage blesme.
Où le front a tant de froideur,
Le cœur n’a pas beaucoup d’ardeur.
Vostre Belle qui n’est pas lourde,
Rit de ce que vous en croyez.
Qui vous voit pense que soyez
Ou vous muet, ou elle sourde.
Parlez, elle vous oira bien;
Mais elle attend, & n’entend rien.
Elle attend d’vn desir de femme,
D’ouyr de vous quelques beaux mots.
Mais s’il est vray qu’à nos propos
On recognoist quelle est nostre ame,
Elle vous voit, à ceste fois,
Manquer d’esprit comme de voix.
Qu’vn honteux respect ne vous touche,
Fortune ayme vn audacieux.
Pensez, voyant Amour sans yeux,
Mais non pas sans mains ny sans bouche,
Qu’apres ceux qui font des presens
L’Amour est pour les bien-disans,
Page 157, QVATRAINS.
Le Dieu d’Amour.
Cette petite pièce, qui a paru pour la première fois dans la deuxième
édition des _Fleurs des plus excellens poëtes_ donnée en 1601 chez
Nicolas & Pierre Bonfons, p. 240, offre un texte un peu différent dans
la réimpression des _Satyres_ de Régnier de 1613. On lit en effet dans
ce dernier volume:
Le Dieu d’Amour se deuoit peindre
Aussy grand comme vn autre Dieu,
N’estoit qu’il luy suffit d’atteindre
Iusqu’à la piece du milieu.
Peu importent, d’ailleurs, les variantes. Le quatrain en question est
d’une authenticité douteuse. On le trouve en effet dans les manuscrits
de la Bib. nat. (1662, f. fr., fº 27) tel que nous l’avons donné, avec
le titre: _Sur un Petit dieu d’amour_, & la signature _T. S._ qui
désigne Theodorus Seba, c’est-à-dire Théodore de Bèze.
C’est probablement en raison de cette particularité révélée par les
frères du Puy, gardes de la Bibliothèque du Roy, que les Elzeviers n’ont
pas reproduit ce quatrain dans leur édition de 1642.
Page 159, Discours au Roy, v. 9.
Qui plus qu’_vne_ Hydre affreuse; _vn_ Hydre, 1609 & 1612.
-- v. 12.
Qui reduite aux _abois_; aux _bois_, 1609 & 1612.
Page 160, v. 7.
Qui _s’employant_ aux ars; _s’employoient_, 1609 & 1612.
-- v. 11.
La mer aux deux costés _ceste_ ouurage bordoit, 1608 & 1609; _cest_
ouurage, 1612.
-- v. 12.
De l’Aucate à Bayonne.
Leçon des éditions originales. Leucate, _Leocata_, autrefois ville
forte, fut assiégé en 1590 par les Espagnols.
-- v. 25.
Et purgeant le _venin_; _venim_, 1609 & 1612.
Page 161, v. 14.
Du puissant archiduc, le cardinal d’Autriche. Amiens fut repris le 25
septembre 1597. Voir dans l’Estoile, édition Champollion, II, 287, deux
dépêches sur les diverses phases du siége & les évolutions de l’armée de
secours.
-- v. 18.
Où si tost que le fer _l’en_ rendoit possesseur, 1608; _s’en_ rendoit,
1609 & 1612.
Page 162, v. 8.
Tandis que la _fureur_ précipitoit son cours.
Hors 1608 & 1609, toutes les éditions, même les plus récentes, portent:
Tandis que la _faueur_, leçon défectueuse dont on a déjà rencontré un
exemple p. 146, v. 34:
La faueur à la fin rompit sa modestie.
Page 162, v. 29.
Et _depuis de bon œil le Soleil_; & _depuis le Soleil de bon œil_, 1609
& 1612.
Page 163, v. 3.
Saccagez des _soldars_; _soldats_, 1609 & 1612.
-- v. 21.
En _ses_ murs combatu; en _ces_ murs, 1609 & 1612.
Page 164, v. 1.
_Issu_ comme tu dis; _Yssu_, 1609 & 1612.
-- v. 34.
Rendant par _ses_ brocards; _tes_ brocards, 1609 & 1612.
Page 165, v. 18.
_Reietté_ loing de toy, 1608 & 1609; _retiré loin_, 1612.
-- v. 26.
S’éleuant dans _le_ vague des Cieux; _la_ vague, 1609 & 1612.
Page 167.
PLAINTE.
Cette pièce a paru pour la première fois dans le _Temple d’Apollon ou
nouueau recueil des plus excellens vers de ce temps_. A Rouen, de
l’imprimerie de Raphaël du Petit Val, libraire & imprimeur du Roy
(1611). Tome I, p. 5.
Elle a été réunie à l’œuvre de Regnier en 1642, dans l’édition donnée
par les Elzeviers.
Page 173.
ODE.
Le texte original de cette ode se trouve dans le premier volume du
_Temple d’Apollon_, p. 33, d’où il a été tiré avec les stances
précédentes pour l’édition déjà citée de 1642.
Page 175.
Sonnet sur la mort de M. Rapin.--Ce sonnet fait partie _in fine_ des
Œuures latines & françoises de Nicolas Rapin poictevin, grand préuost de
la connestablie de France. Tombeau de l’autheur auec plusieurs éloges, à
Paris, chez Pierre Cheualier, au mont S. Hilaire à la Court d’Albret
CIↃ.IↃC.X. Auec priuilege du Roy. In-4º.
Page 176.
Discours d’vne maquerelle.--Cette satire a paru sous ce titre dans les
_Muses gaillardes_ en 1609, sans nom d’auteur. Neuf ans plus tard, elle
a été réimprimée dans le _Cabinet satyrique_ avec le titre de Discours
d’une vieille maquerelle & le nom de Regnier. C’est d’après ce dernier
recueil que l’éditeur de 1729 l’a donnée. Nous avons cru devoir
reproduire ici le texte original suivant le plan de notre édition.
-- v. 1.
Depuis _que ie vous ay_ quitté, on lit dans le _Cabinet satyrique_ de
1618: Philon, depuis _t’auoir_ quitté; & dans l’édit. de Rouen, 1627:
depuis _t’auoir irrité_. Lenglet Dufresnoy, pour éviter l’expression
_dépuis t’auoir_, qui lui paraissait incorrecte, a dans son édition du
_Montparnasse_, imaginé la suivante:
Philon, en t’ayant irrité,
et Brossette a adopté cette leçon.
Page 178, v. 15.
Vn prelat me _voulant_ avoir; var.: vn prelat me _voulut_.
Page 182.
Epitaphe.--Cette pièce, attribuée à Regnier par le P. Garasse, p. 648,
dans les _Recherches des Recherches_, Paris, Sebastien Chappelet, 1622,
a paru dans les _Muses gaillardes_ dont nous donnons le texte de
préférence à celui qui a été suivi jusqu’à ce jour.
-- v. 4.
Et ne sçaurois dire pourquoy. Ces vers & les deux suivants diffèrent de
ceux qui, d’après les _Recherches_, terminent ainsi l’épitaphe du poëte:
Et si m’estonne fort pourquoy,
La mort oza songer en moy,
Qui ne songeay iamais en elle.
Page 185.
Dialogue, Cloris & Philis.
Les Elzeviers ont tiré cette pièce du _Cabinet des muses_ (Rouen, David
du Petit Val, 1619, t. I, p. 251) pour leur édition de 1652. Nous avons
rétabli la leçon originale, & le lecteur trouvera ici les plus curieuses
infidélités de la réimpression.
Page 186, v. 21.
Force donc tout respect, & ma _fillette croy_, 1619; ma _chere fille, &
croy_, 1652.
Page 187, v. 1.
_Hermione_ la belle, 1619; _Berenice_ la belle, 1652.
-- v. 7.
Es cendres d’_Amyante_, 1619; es cendres d’_Alexis_, 1652.
-- v. 9.
... _Fut nostre ame entamée,
Par sa mort mon amour n’en est moins enflammée_, 1619;
... _Notre ame fut blessée,
S’il n’auoit qu’vn desir ie n’eus qu’vne pensée_, 1652.
Page 188, v. 8.
Avec toy mourront donc tes ennuis rigoureux. Dans l’édition donnée par
les Elzeviers, ce vers & les trois suivants se trouvent rejetés huit
vers plus bas, après:
Ie ne peux, & n’osé discourir de mes peines.
Le développement de la pensée, qui était absolument troublé par cette
interversion, reprend son cours régulier dans le texte du _Cabinet des
Muses_.
Page 194, v. 5.
De si _dures_ alarmes, 1619; _rudes_ alarmes, 1652.
Page 195, v. 22.
_I’en pouuois eschaper_, 1619; _si i’en puis echapper_, 1652.
Page 198, v. 2.
Se _retrouuant en_ eux, 1619; se _retrouve dans_ eux, 1652.
Pages 199 à 220.
Pièces tirées de l’édition de 1652 (Leiden, Jean & Daniel Elsevier), où
elles ont paru pour la première fois. Les deux premières font suite à la
satire XVII, & l’élégie: _L’homme s’oppose_, que Regnier écrivit pour
Henri IV, placée avant le dialogue de Cloris & Philis, forme, avec les
vers spirituels, le complément du volume.
Page 221.
Epigramme tirée de l’_Anti-Baillet_. Toutes les éditions de Regnier
portent à tort: Dieu me gard.
Pages 222 à 228.
Ode sur une vieille maquerelle. Cette ode, les stances & les épigrammes
qui suivent ont été jointes pour la première fois à l’œuvre de Regnier
par l’éditeur de 1729, qui les a recueillies dans le _Cabinet
Satyrique_.
Page 227.
Lorsque i’estois comme inutile.
Traduction de l’épigramme latine: _Impuber nupsi valido_ de Jacques
Bouju (voir le _Menagiana_ de 1715, t. III, p. 312).
On croit que ce petit poëme, souvent traduit, a été inspiré par
Marguerite, fille naturelle de Charles-Quint, épouse à douze ans
d’Alexandre de Médicis & à vingt ans d’Octave Farnèse. Lors de leur
mariage, ces deux personnages avaient, le premier, vingt-sept ans & le
second treize ans.
Pages 229 à 237.
Pièces empruntées au _Parnasse Satyrique_ par Viollet-le-Duc pour son
édition de 1822. La _Complainte_ que l’on serait tenté de retirer à
Regnier, sur la foi de l’Estoile qui l’attribue à la reine Marguerite,
est un modèle de mauvais goût, dont on trouve des exemples dans les
œuvres des poëtes du XVIe siècle. Ainsi on peut lire, sous le nom de
Pibrac, dans les _Fleurs des plus excellents poëtes de ce temps_, Paris,
Nicolas & Pierre Bonfons, 1601, des stances aussi obscures & aussi
tourmentées. Du reste, les anthologies du temps contiennent beaucoup de
pièces en galimatias, où la pensée n’est pas moins torturée que la
langue. En prose enfin le comte de Cramail, dans ses _Jeux de
l’inconnu_, n’a pas dédaigné d’écrire en une série de coq-à-l’âne,
l’historiette du Courtisan Grotesque.
Devant ces témoignages officiels des travestissements imposés à la
poésie, nous n’avons pas cru devoir écarter de l’œuvre de Regnier, l’ami
de Forquevaus, gentilhomme de la reine Marguerite, une pièce qui, selon
quelque apparence, a pu être demandée pour cette princesse.
Page 238.
Épigrammes.
La première de ces petites pièces est rapportée par Tallemant dans
l’historiette de Desportes. Pour les suivantes, leur authenticité a été
établie par M. Tricotel dans le _Bulletin du bouquiniste_ du 15 juin
1860. Voir aussi les _Variétés bibliographiques_ publiées par cet
érudit, Paris, Gay, 1863.
Page 239.
Quelque moine de par le monde.
Le trait final de cette épigramme se retrouve dans une historiette des
_Serees_ de Guillaume Bouchet, liv. III, Ser. 26. Il s’agit d’un gros
ventru brocardé par de bonnes galoises. Pour toutes sortes de raisons,
je suis forcé de laisser au lecteur le soin de se renseigner davantage.
Page 241.
Pour M. le Dauphin. Cette pièce, tirée du manuscrit 12491 f. fr., Bib.
nat., est attribuée à Regnier par l’Estoile.
Les trois épigrammes qui suivent nous ont été communiquées par M.
Tricotel qui les a découvertes dans les mss. de Conrart, t. XVIII,
in-4º, p. 323-324. La dernière n’est pas signée.
Le livre du pesant & du leger du cardinal Duperron ne nous est point
parvenu, mais voici ce qu’on lit dans l’_Analecta Biblion_ du marquis du
Roure, t. II, p. 206: «_Asinus inter omnes_, comme disoit Joseph
Scaliger de monseigneur du Perron, lequel, dix ans devant qu’il fut
cardinal, pour paroître savant auprès des dames de la cour de Henri III,
les entretenoit _de æstu maris, de leui & graui & de ente metaphysico_.»
La dernière épigramme est tirée du mss. 884, f. fr., fol. 307, vº. Elle
a été publiée pour la première fois par M. Pierre Jannet, dans son
édition des œuvres de Regnier. Paris, Picard, 1868.
GLOSSAIRE.
ABOLITIONS, 38.--Les abolitions, ou plus exactement les lettres
d’abolitions, sont des lettres du prince obtenues en grande
chancellerie, par lesquelles il abolit & efface un crime qui, de sa
nature, n’est pas rémissible, & par la plénitude de sa puissance en
remet la peine portée par la loi, de manière qu’il ne reste aucun examen
à faire touchant les circonstances du crime. (Ferrière, _Dict. de
droit_.)
ACORT, 25.--Discret, avisé, _circumspect, foreseing, of good spirit_.
(Cotgrave.)
Il faut se taire acort, ou parler faucement.
(Sat. III.)
Les auditeurs iugeans en eux-mêmes que ce prédicateur deuoit estre
quelque homme d’esprit & accort.
(BOUCHET, _Seree_ XXXIV.)
ACCOSTABLE, 82.--Propre, convenable, _fit_. (Cotgrave.)
ADULTERISER, 43.--Dénaturer, transformer.
Voilà comme à present chacun l’adulterise.
(S. V.)
Comp. Rabelais, I, 24.--Visitoient les boutiques des drogueurs,
consideroient les fruits, racines, ensemble aussi comment on les
adulteroit.
AFFOLER, 15.--Tourmenter, navrer, blesser, souiller, profaner.
La pauureté comme moy les affolle.
(S. V.)
Ah, le brigand, il m’a tout affolée.
(LA FONTAINE, _Le Diab. de Pap._)
Montaigne a dit:
Et leur sembloit que c’estoit affoler les mysteres de Venus, que de les
oster du retiré sacraire de son temple. (_Essais_, II, 12).
AGUETS, 10.--Embûches.
Que l’innocent ne tombe aux aguets du meschant.
(S. I.)
AINS, 57, 108, mais; AINS QUE, 241, avant que.
Digne non de risee ains de compassion,
(S. VII.)
Ains que Phebus eust pris naissance.
(_Append._)
ALOURDER, 18.--Accabler.
Vous alourdent de vers, d’alaigresse vous priuent.
(S. II.)
AMENUISÉ, 14.--Exténué, épuisé.
Le corps amenuisé.
(S. II.)
Conf.:
I’amenuise mon cœur d’vne poison amere.
(BAÏF, _Amours_, 1573, fº 77.)
ANGUILLADE, 63.--Coups de lanières faites de peau d’anguille.
M’eust donné l’anguillade & puis m’eust laissé là.
(S. VIII.)
Le patissier luy bailla l’anguillade si bien que sa peau n’eust rien
vallu à faire cornemuse.
(RABELAIS, II, 30.)
APPENDRE, 61.--Consacrer, offrir en ex-voto.
Au dieu de la bataille apendoit les escus.
(_Disc. au Roy._)
Ie Berger plein de vitesse,
Par humblesse
Aux dieux cheurepieds, i’appens
Ceste despouille conquise.
(RONSARD, _Voyage d’Hercueil_.)
ARDEZ, 91.--Syncope de Agardez, voyez.
Ardez le beau museau.
(MOLIÈRE, _Le Dépit am._, IV, 4.)
ARMET, 89.--Tête, proprement armure de tête.
Quand l’humeur ou le vin luy barbouillent l’armet.
(S. XI.)
On disait morion dans le même sens.
Et tant plus voyoient les beaux peres honteux & baisser leur morion, de
peur d’estre cogneus.
(_Comptes du Monde Adv._, 1595, p. 81.)
ARRASSER, 152, ARSER, 59, 89.--Dresser, lever.
Faire arser son épée, porter l’épée en verrouil.
En vain d’arrasser il essaie.
(La C. P.)
ARROY, 80, 201.--Equipage. Le sens primitif est charrue, train.
ARSENAC, 201.--Arsenal.
La porte Saint-Victor vis-à-vis de l’arsenac. (MALHERBE, _Lettres à
Peiresc_, 20 janv. 1608.)
V. les _Observations de Ménage sur la langue françoise_, Paris, 1672, p.
20.
ASSEUREMENT, 40.--Avec assurance.
L’enfant...
Qui marque asseurement la terre de ses pas.
(S. V.)
ASSINER, 123.--Assigner, ajourner.
I’assine l’enuieux cent ans apres la vie.
(S. XV.)
ATOURS, 108.--Parures. Atour au singulier signifiait chaperon.
Madame se mit en cotte simple & print son atour de nuit.
(LOUIS XI, _Nouv._ 39.)
Ie la vois de maint diamant
Et de maint rubiz atournée.
(O. DE MAGNY, _Épithalame de Jean Flehard_.)
ATTENTER, 12.--Tendre avec effort vers.
Attenter par ta gloire à l’immortalité.
(S. I.)
ATTIFET, 94.--Parure, ornement de tête, de tifer par Attifer, le seul
mot qui nous reste.
AUTENTIQUE, 77.--Scellé de rouge comme une charte revêtue du grand sceau
de cire rouge.
Et iugé ce lourdaut à son nez autentique.
(S. X.)
La cire verte était employée pour tous les arrêts, la cire jaune pour
les expéditions. Enfin la cire blanche était réservée pour la
chancellerie de l’ordre du Saint-Esprit.
AVALER, 159.--Descendre, tomber, aussi bien que boire ou manger
avidement.
Ses cheueux... sur son dos auallez.
(_Disc. au Roy._)
Si ie montois aussi bien comme i’avalle.
(RABELAIS, I, 5.)
Vn propos avalé, est un propos dit en pinçant les lèvres avec
affectation, comme si l’on retenait (avalait) ses paroles.
AVANCER (S’), 16, 32, 33.--S’élever au-dessus d’autrui.
Et sans estre auancé ie demeure contant.
(S. II.)
... Et si ton oncle a sçeu
S’auancer par cet art.
(S. IV.)
Encor seroit ce peu, si sans estre auancé.
(_Ibid._)
BANDER (Se), 23.--S’efforcer, se révolter.
Qui voudroit se bander contre vne loy si forte.
(S. III.)
BARBE (Faire barbe de paille), 48.--Expression vicieuse née de la
confusion d’une locution: faire la barbe, avec une autre: faire garbe de
paille (H. Estienne, _Precell. du Lang. franç._); faire garbe de paille,
c’est proprement payer à l’Eglise, en gerbes de paille, la redevance due
en gerbes de blé.
Que veut dire... quand elle dit: il ne faut point faire à Dieu barbe de
feurre; en lieu qu’on deuroit dire: il ne faut point faire à Dieu gerbe
de feurre, ou de fourre.
(BOUCHET, _Seree_ XXXV.)
BARISEL, 48.--_Lictorum præfectus_ (Hornkens), capitaine des sbires, de
l’italien _barigello_.
BARRAGOUIN, 123.--Langage étranger, plus particulièrement breton.
Il fault feuilleter sans distinction, toutes sortes d’auteurs & vieils &
nouueaux, & barragouins & françoys, pour y apprendre les choses de quoy
diuersement ils traitent.
(MONTAIGNE, _Essais_, II, 10.)
Quand nous voulons dire qu’vn homme parle mal, nous l’appelons
Barragoüin, qui est autant à dire comme si nous disions, il parle
breton, car _barra_ en breton, c’est-à-dire du _pain_, & _goüin_ du
_vin_: tellement que ceux qui parlent ainsi: appellans du pain barra &
goüin du vin, nous disons, qu’ils sont Barragoüins, c’est-à-dire qu’ils
parlent fort mal.
(G. BOUCHET, _Seree_ XXXV.)
BAYE (Repaître de), 123.--Donner de vaines espérances, proprement faire
bayer, baisler, beer, du bas latin _badare_.
Les gentilz hommes de Beauce desieunent de baisler & s’en trouuent fort
bien.
(RAB., I, 16.)
BLEU (Cordon), 111.--Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. La croix du
petit ordre se portait avec un ruban bleu.
L’argent d’vn cordon bleu n’est pas d’autres façons
Que celuy d’vn fripier ou d’vn aide à maçons.
(S. XIII.)
BONADIES, 25.--Bonjour.
Pour cent bonadies s’arrester en la ruë.
(S. III.)
BONNETER, 63.--Tirer le bonnet, saluer.
Apres ces Messieurs bonneter.
(S. VIII.)
Bonneter tout vn iour vn financier superbe.
(AUVRAY, _Banquet des muses_, 1628, p. 154.)
BORD (A), 52.--A terre.
BOUCHON, 34, 94.--Botte de verdure servant d’enseigne aux cabarets;
brassée de paille pour la litière des animaux.