On peut donc distinguer dans la région de Tin-ed’ness trois phases

dans l’activité volcanique.

Ces phases sont d’une époque antérieure à la présence de

l’homme de l’âge de la pierre taillée dans ces régions. En

effet :

A l’Est du point d’eau de Tin-ed’ness, dans des grottes

qui se trouvent sur les flancs d’un cratère, nous avons fait

la découverte en faisant une tranchée de fouille, de nombreux

instruments de l’âge de la pierre taillée bien en place,

de facture genre Tardenoisien, c’est-à-dire avec pièces

microlithiques et géométriques[44].

(Ces instruments sont, semble-t-il, contemporains des tombes

anté-islamiques à tumuli qui sont particulièrement abondantes

dans les fonds de cratères, peut-être parce que quelque croyance

religieuse s’attachait à ces entonnoirs infernaux et y voyait

quelque rapport avec le noir séjour des morts.)

Ces grottes avaient donc été habitées par des populations

préhistoriques comme elles l’ont été d’ailleurs souvent depuis

par les Touareg ainsi qu’il ressort de l’abondance des ustensiles

de touareg que l’on trouve abandonnés sur leur sol.

Ce volcan n’est peut-être pas le plus récent de la région de

Tin-ed’ness. Près de là, se trouvent des volcans que leur état

de conservation peut faire considérer comme postérieurs. Mais la

proximité de ces derniers fait que l’habitat des grottes voisines

lors de leur activité est peu vraisemblable.

Il ressort de cette observation que l’activité des volcans de

l’Edjéré est antérieure à la présence des hommes de l’âge

de la pierre taillée qui ont habité ces grottes.

Mais la civilisation de l’âge de la pierre semble très récente en

pays targui. Les Touareg conservent encore l’usage de l’emmanchure

néolithique pour leurs haches, et l’âge de la pierre taillée,

postérieur à la période d’activité des derniers volcans de

l’Edjéré, n’est peut-être pas très ancien.

Les éruptions de l’Edjéré paraissent pléistocènes par l’état

de conservation de leurs coulées et de leur cratère.

Les cratères de la région de Tin-ed’ness semblent alignés

sensiblement suivant des directions sub-méridiennes.

On peut distinguer à l’Est de Tin-ed’ness, et de l’Est à

l’Ouest, deux de ces alignements.

A l’Ouest de Tin-ed’ness on aperçoit une autre chaîne de

volcans (monts Iferekouassen), la plus importante par l’ampleur

de ses appareils.

Les volcans de l’Est de Tin-ed’ness paraissent en général moins

récents que ceux de l’Ouest, mais ce n’est que l’impression

qu’on peut avoir au cours d’un rapide passage, c’est-à-dire

bien sujette à caution.

Les volcans sont très développés également dans la région de

l’Ouest de l’oued In Reggi et du Nord-Ouest de Tisemt (monts

Tig’elouin) où ils forment un ensemble montagneux important.

On trouve quelques cratères et coulées près de Tisemt.

La montagne de Tisemt qui domine les deux salines si réputées en

pays targui est un curieux cratère.

L’entonnoir de ce cratère est rempli de cailloutis, sortes

d’alluvions, de morceaux de roches diverses et très variées

que nous n’avons trouvés que là, et épars sur le sol autour de

ce cratère.

Il existe un épanchement de ces cailloutis, sortes d’alluvions,

sur le flanc Est de ce cratère.

Ces morceaux de roches diverses sont sans doute des débris arrachés

à la cheminée et la dernière émission de ce volcan semble avoir

été une émission de cailloutis.

Il semble que nous ayons là un beau type de « neck ».

Outre son genre particulier d’activité, le cratère de Tisemt

est intéressant à un autre point de vue.

Dans les débris qui remplissent son entonnoir, nous avons trouvé

des calcaires travertineux que M. Buttler a observés en place,

non loin de la base.

Ainsi, ce cratère est postérieur à ces travertins, et le jour où

ces travertins se révèleront fossilifères, nous pourrons avoir

des données précises sur l’âge de ce volcan.

Au pied de ce cratère se trouvent les salines de Tisemt ; l’origine

de ces salines est mystérieuse encore !

La formation de ces amas de sels a-t-elle été en relation avec

les manifestations volcaniques ?

La forme des protubérances salines pourrait faire pencher vers

cette hypothèse, mais elle pourrait également faire croire à

l’existence passée de sources chargées de sel en cet endroit !!!,

sources plus ou moins artésiennes, provenant peut-être d’un seuil

rocheux, barrant l’issue des eaux cheminant en profondeur dans la

plaine de l’Amadror, les obligeant à remonter en surface et les

faisant sortir dans cette dépression qui est le point le plus bas de

la plaine de l’Amadror (en profondeur de la plaine de l’Amadror

se trouvent peut-être des dépôts salés qui chargeaient ces eaux

en sels, dépôts salés d’une sorte d’ancienne mer morte ;

le puits de Tisemt, très profond [80 m. environ], est salé, mais

pas artésien !).

Des analyses d’échantillons salins que M. Buttler a recueillis

dans cette saline nous fixeront peut-être dans la suite.

Dans toute la région Edjéré-Tisemt, l’ensemble volcanique peut

être considéré comme pléistocène et antérieur à la présence

de l’homme de l’âge de la pierre taillée dans cette région ;

c) _Au Sud-Est de la plaine de l’Amadror, dans le Nord de

l’Anahef_, le massif volcanique de l’Assgaffi est le témoin

d’une activité volcanique certainement antérieure à celle de

tous les volcans précédents.

Là, on ne constate plus la présence de cratères bien conservés

et les coulées sont perchées très au-dessus des vallées sur

des socles cristallins (c’est le cas pour le Tellerteba, dont

les parties les plus élevées sont d’épanchement volcanique),

ce qui suppose un long travail d’érosion.

Les coulées sont également de nature minéralogique différente.

Le centre volcanique de l’Assgaffi et du Tellerteba est très

ancien, aucune précision n’est possible pour le moment quant à

son âge : il est tertiaire vraisemblablement, c’est tout ce qu’on

peut en dire, et encore ! il pourrait être crétacé, mais alors il

faudrait admettre qu’il n’est pas en relation avec le contre-coup

des plissements alpins (Atlas) principaux sur un pays peu souple.

d) _Dans la région d’Idelès_, nous trouvons de nouveau un centre

volcanique d’activité récente, pléistocène probablement.

Les coulées et volcans sont bien conservés. Citons en particulier

les beaux basaltes prismés de l’oued Terrinet (affluent de la

rive Ouest de l’oued Telouhet) tout près d’Idelès ;

e) _Dans la Koudia_, les formations volcaniques ont un immense

développement.

Ce n’est que vastes coulées étagées, aiguilles, culots

volcaniques plus ou moins prismés, l’Irhafock à Tamanrasat.

Dans ces régions centrales de l’Ahaggar l’activité volcanique

s’est manifestée avec une ampleur particulière et en de nombreuses

périodes (trois principales, semble-t-il), suivant des modes divers

et avec des émissions variées.

La période la plus récente semble représentée par la coulée de

basalte de l’oued Echchil (ou Abedassen) et l’îlot volcanique

qui se trouve dans le fond de l’oued Ti-n-Iferan, au Nord-Ouest

du Tahat, au Sud de la Source des Figuiers.

La période la plus ancienne, peut-être contemporaine des éruptions

de l’Assgaffi, semble représentée par le plateau de l’Isekran

(p. c. avec Asekrem dans l’Atakor) qui domine les vastes coulées

étagées plus récentes dans lesquelles est encaissé l’oued

Teroummout, et également peut-être par la coulée de l’Adrian.

La période de plus grande activité semble intermédiaire entre ces

deux extrêmes et correspondant en particulier aux vastes coulées

étagées dans lesquelles est encaissé l’oued Teroummout.

*

* *

On voit par l’exposé qui précède que les manifestations

volcaniques au Pays cristallin de l’Ahaggar sont loin d’avoir

été un cas isolé, localisé, et sans ampleur.

Nous avons constaté la présence de centres volcaniques au Nord de

l’Oudan, dans l’Edjéré et la région Ouest de Tisemt, dans le

Nord-Ouest de l’Anahef, dans la région d’Idelès et dans toute

la Koudia.

Ce ne sont pas là encore tous les centres volcaniques du Pays

cristallin de l’Ahaggar ; d’autres ont été signalés : le

volcan d’In-Size, le Serkout, etc., etc.

_A mesure que les explorations se poursuivent, le Pays cristallin de

l’Ahaggar apparaît de plus en plus comme une terre de prédilection

du volcanisme, au Tertiaire et au Quaternaire._

_Des affaissements ?_

Les volcans de l’Ahaggar sont peut-être en relation avec des

affaissements[45], qui, comme nous le verrons plus loin, pourraient

expliquer certains des caractères morphologiques du Pays cristallin.

[Illustration : PLANCHE X.

Le Pays cristallin. « Monad nock » (Gara Maserof, dans la

paeneplaine de l’Avant-pays cristallin à l’Est de Tin ed’ness

(Edjéré).]

Il n’est pas possible de démontrer encore l’existence

d’affaissements et il est difficile pour le moment de préciser

leurs emplacements et de déterminer quelle fut leur ampleur.

Dans un pays à base de Schistes cristallins, c’est une étude

qui nécessiterait une longue série d’observations.

Il se pourrait, en particulier, qu’il y ait un affaissement à

l’origine de la plaine de l’Amadror.

Les volcans de l’Edjéré-Tisemt sur le bord Ouest de cette plaine

s’expliqueraient ainsi très bien.

Certains de ces volcans auraient peut-être provoqué dans la suite,

par des barrages dus à leurs coulées, un vaste lac ; que ce soit

avec lac ou sans lac, par alluvionnement, les oueds descendant des

parties hautes du Pays cristallin auraient comblé cette grande

dépression et ainsi se serait établi le vaste « reg » de la

haute-plaine de l’Amadror dont l’immensité remarquablement

plate de cailloutis et d’argile, située à l’altitude moyenne

de 1.000 mètres environ, est un des étonnements des explorateurs

qui l’ont vue.

Cet affaissement à l’origine de la plaine de l’Amadror n’est

encore qu’à l’état d’hypothèse.

_Morphologie._

Au point de vue morphologique on peut distinguer dans ce vaste Pays

cristallin[46] deux zones :

Le pourtour plus ou moins aplani ;

Le centre fortement montagneux.

De telle sorte qu’on peut comparer le Massif Central Saharien à un

vaste ensemble fortifié comprenant une enceinte ; à l’intérieur

de cette enceinte un vaste glacis, l’« _Avant-pays cristallin_ »

et, entourée par ce glacis, une imposante citadelle, le « _Massif

cristallin_ ».

Ce glacis, l’_Avant-pays cristallin_, est composé soit de pays

d’ennoyage à « reg » (plaine de cailloutis) prédominant, soit

de pays de Schistes cristallins, particulièrement paeneplainisés,

usés, « rabotés » par l’érosion, dont la monotonie est rompue

plus ou moins fréquemment par des « monad-nock », des parties

plus résistantes qui ont subsisté en relief et dont la silhouette

aiguë et déchiquetée ou en tas conique de boules, étonne souvent

au milieu de ces étendues relativement aplanies.

Citons dans cette zone : les pays de l’oued Tedjert et de

l’oued Taheret (au pied des monts Ahellakan), de l’Amadror,

d’Abada-Heg’erin, d’Admer, de Raris et de l’oued

Taremert-n-Akh, d’Ag’erar, d’Afedafeda, une partie (la partie

Est) du Tanezrouft-n-Ahnet, enfin les tanezroufts qui séparent les

Tassilis-n-Ahaggar du massif de l’Ahaggar[47].

Ces pays sont très évolués au point de vue morphologique.

La zone montagneuse, le _Massif cristallin_, constitue l’ossature

décharnée du Pays cristallin qui se dégage de ces contrées plus

ou moins aplanies, comme la carcasse blanchie d’un chameau en

décomposition sur le « reg ».

Il semble que l’œuvre des volcans n’ait pas été étrangère au

rajeunissement et à la conservation d’une partie de ces reliefs

centraux.

Elle comprend principalement :

Au Nord : une sorte d’arête, le Tifedest, de direction

sub-méridienne ;

Au Sud : cette arête, après un ensellement, s’empâte en une

vaste masse montagneuse semblant présenter dans la répartition de

ses parties culminantes une grossière direction Est-Ouest, vaste

système montagneux dont le massif le plus important, le plus élevé,

est appelé par les Touareg Atakor-n-Ahaggar (pommeau de l’Ahaggar)

ou Tehount-n-Ahaggar (grosse pierre de l’Ahaggar)[48] ; et dans

lequel les Touareg distinguent en particulier l’Ahaggar-oua-hegerin

(haut Ahaggar) et l’Ahaggar-oua-gezzoulen (bas Ahaggar), l’Anahef,

le Serkout, l’Ajjer, etc.[49].

Le Massif cristallin fait contraste avec l’Avant-pays cristallin

par son caractère réellement montagneux.

Il est prématuré pour le moment de chercher à distinguer quels

rôles exacts ont pu jouer des affaissements[50] ou ont joué des

volcans dans l’individualisation du Massif cristallin ou encore,

la résistance relative des roches qu’on y rencontre.

Dans le Massif cristallin les oueds ahaggariens présentent des

caractères d’évolution variés : _certaines vallées paraissent

très évoluées et présentent sur leurs flancs des terrasses

d’alluvions ; d’autres semblent en pleine jeunesse et sont fort

accidentées_.

Le contraste est souvent saisissant.

Il est vrai que les vallées ayant des caractères morphologiques

très différents dans les pays de roches grenues, dans ceux de

Schistes cristallins et dans ceux d’épanchements volcaniques,

il semble souvent que l’on constate l’existence de stades

d’évolution différents, alors qu’en réalité il s’agit de

façons d’évoluer différentes en rapport avec la nature du sol,

dont le caractère de divergence est accentué à un point rare dans

ces pays.

Sans doute aussi l’activité de creusement des oueds sahariens

s’est réfugiée, localisée progressivement, dans leur cours tout

à fait supérieur pour aplanir les derniers reliefs importants

qui subsistent du massif central et parce que ces monts élevés

reçoivent encore pas mal d’eau ; et les oueds sahariens conservent

là une certaine jeunesse qui est en antithèse avec le reste de

leur cours.

Des affaissements ont pu jouer un rôle important dans le

rajeunissement inégal de certains oueds par des bouleversements

divers dans leurs profils en long ; ainsi s’expliquerait en même

temps la présence de certaines terrasses.

Des oscillations du niveau marin dans des golfes sahariens[51] (dont

nous avons montré la possibilité d’existence dans le passé, au

début de ce travail), en un temps où les oueds sahariens auraient

coulé d’un bout à l’autre de leur cours et auraient ainsi été

comparables, dans leur activité, à de vrais fleuves et rivières,

pourraient expliquer également la formation de certaines terrasses

qui seraient ainsi la conséquence de ces variations d’un lointain

niveau de base ?!

Les volcans ont contribué, semble-t-il, par leurs épanchements

à changer la physionomie de certaines vallées et par des coulées

formant barrages ou occupant le fond des vallées le profil en long de

certains oueds, qui ont été ainsi amenés à modifier complètement

leur activité sur des niveaux de base nouveaux s’échelonnant

d’amont en aval ; d’une part ces oueds se sont mis à alluvionner

sur certaines parties de leur cours, d’autre part ils ont repris

une action de creusement dans d’autres ; une nouvelle formule

d’activité particulièrement compliquée a présidé à leur vie ;

on trouve là également l’explication de certaines terrasses.

Peut-être pourrait-on envisager la possibilité d’un _passé

glaciaire_ pour l’interprétation des formes de certaines vallées ;

certains modelés offrent des caractères de similitude curieux avec

ceux dus à l’action des glaciers.

Dans le massif du Tellerteba (2.200 m. environ) des cirques peuvent

évoquer la présence passée dans ce massif de glaciers suspendus,

mais ils peuvent aussi représenter les restes d’immenses cratères

très anciens et d’un type particulier.

Des vallées des régions hautes présentent parfois des espèces de

seuils rocheux que l’on pourrait assimiler à des verrous glaciaires

(les oueds post-glaciaires auraient creusé ces verrous dans la suite

et la présence de certaines terrasses à l’amont pourrait ainsi

encore être expliquée) ; mais ces seuils avec contre-pente peuvent

être expliqués aussi par la seule dureté relative du rocher.

Des terrasses ont un tel développement dans certaines vallées

qu’on pourrait y voir des terrasses de fonte de glaciers.

Il existe des roches moutonnées, mais l’effet de l’insolation

sur les roches grenues les explique aussi.

Il semble pour le moment que l’on doive attribuer la création de

ces contrastes, de ces terrasses et de ces formes suspectes au travail

très particulier des oueds de ces régions, combiné à l’action

de l’insolation, la gelée, les crises de ruissellement, les

alternatives d’humidité et de sécheresse et le vent[52], sur un

pays cristallin ayant été travaillé par des érosions antérieures

de formules différentes de celles dont il est l’objet actuellement,

ayant subi peut-être des mouvements variés et ayant été

certainement le théâtre de manifestations volcaniques violentes.

Dans tous les cas, les oueds ahaggariens réduits en général pour

le moment à une vie torrentielle discontinue et intermittente,

semblent avoir passé par une période de vie plus active pendant

laquelle ils devaient couler en surface, constamment, et sur tout

leur cours ; le Sahara semble avoir passé ainsi par une phase humide.

Ceci nous ramène à la question de la mer saharienne discutée au

début de ce travail.

Il convient d’ailleurs dans les considérations morphologiques

de ne pas oublier que le Pays cristallin est émergé depuis des

temps très lointains, peut-être depuis les temps permiens et,

pour une part peut-être, depuis des temps plus anciens encore.

* * * * *

[Note 27 : Dans les formations de transition, avec les

Grès supérieurs, M. Buttler aurait observé un niveau de

conglomérats. (Communication orale.)

Cette découverte pourrait prendre de l’importance dans la suite ;

c’est pourquoi je tiens à la signaler.]

[Note 28 : Ou Egéré.]

[Note 29 : Ou Amgid — ou encore Emegêdé — de _émi_, débouché,

et _égêde_, massif de dunes.]

[Note 30 : Il serait plus exact d’écrire Emidir de _émi_, porte,

et _édir_, lointain bas.]

[Note 31 : Ou Immidir.]

[Note 32 : Il semble en particulier que les grès marqués « Di″ »

sur la carte Gautier du Mouydir Ahnet correspondent aux Grès

inférieurs des Tassilis.]

[Note 33 : C’est à la zone des Tassilis externes qu’appartient le

plateau du Tindesset, célèbre parce que c’est dans les schistes

qui affleurent au pied et le long de ses escarpements Sud que la

mission Foureau-Lamy a découvert les premiers Graptolithes qu’on a

signalés dans le Sahara. Ils furent étudiés par Munier-Chalmas. Des

Graptolithes furent ensuite signalés près de Hassi-el-Khenig (Capne

Cottenest et à Aïn Cheikle (Capne de Saint-Martin). C’est à

nous qu’il appartint de retrouver ces formations à Graptolithes

au Sahara, d’en préciser les conditions de gisement et d’en

esquisser la répartition générale.]

[Note 34 : Au cas où les grès du Dévonien inférieur se

révèleraient en discordance avec les Grès supérieurs, ou

séparés par une lacune de ces grès, s’ils se révèlent de plus

en concordance avec du Mésodévonien lui-même en concordance avec le

Dévonien supérieur, on devra les rattacher aux Pays pré-tassiliens

et non les conserver dans les éléments constitutifs de l’Enceinte

tassilienne ; dans tout autre cas, pour des raisons morphologiques,

je crois qu’il conviendra de les considérer comme faisant partie

des formations de l’Enceinte tassilienne.]

[Note 35 : On peut se demander si les plissements alpins n’ont pas

eu pour contre-coup de provoquer un bombement d’ensemble du Massif

Central Saharien ; ils ne se traduiraient ainsi pas par des rides,

eux, mais par ce vaste bombement et son orientation générale.]

[Note 36 : En particulier de l’insolation qui, sur des éléments

de couleur et de nature différente, provoque un échauffement

différent, une dilatation différente, ce qui conduit fatalement

à la désagrégation de la roche.]

[Note 37 : L’étude des échantillons des Schistes cristallins

que nous avons rencontrés fera peut-être l’objet d’un travail

ultérieur.]

[Note 38 : Il est peut-être bon également de signaler que nous

n’avons aucune certitude que ces quartzites et leur cortège

supérieur cristallin n’appartiennent pas à la couverture

primaire dont ils représenteraient des parties métamorphisées

à la suite des plissements hercyniens (ou calédoniens ?) qui ont

agité l’Enceinte tassilienne voisine et dont nous ignorons encore

la forme et l’ampleur dans ces régions. Dans cette éventualité,

pour qu’il n’y ait pas de confusion, nous devons préciser que

dans toute cette étude du Pays cristallin, quand nous parlons des

Schistes cristallins, nous entendons par là surtout ceux qui sont

antérieurs aux formations de l’Enceinte tassilienne, les seuls

certains à ce jour.]

[Note 39 : Le parallèle pourrait être poussé assez loin en

particulier avec le Bouclier canadien et le « Bouclier baltique ».]

[Note 40 : J’ai constaté la présence de roches écrasées,

de granits écrasés en particulier.]

[Note 41 : L’étude des échantillons de ces roches grenues fera

peut-être l’objet d’un travail ultérieur.]

[Note 42 : Une étude des échantillons des roches d’injection

filoniennes fera peut-être également l’objet d’une étude

ultérieure.]

[Note 43 : Dans tout cet exposé sur les volcans de l’Ahaggar,

nous avons dû nous abstenir de donner des déterminations de roches

volcaniques, par prudence, étant donnée l’absence momentanée de

nos échantillons. Ces déterminations feront peut-être l’objet

d’un travail ultérieur.]

[Note 44 : La fouille méthodique de ces grottes serait très

intéressante au point de vue de la préhistoire.

Il y eut là un centre de vie préhistorique particulièrement

important, semble-t-il, à une époque relativement humide (comme

il ressort d’une coquille de mollusque terrestre que m’a fourni

un rapide tamisage).]

[Note 45 : Ou avec la surrection du Massif cristallin par rapport

à l’Avant-pays cristallin.]

[Note 46 : J’ai fait abstraction dans cette étude du Pays

cristallin de l’Adrar-n-Ahnet qui n’en fait peut-être pas partie,

et de l’Adrar-n-Ajjer, qui est dans le même cas.]

[Note 47 : Dans cette zone nous devons signaler la présence de

travertins, en relation avec l’oued Tedjert, et près de Tisemt,

observée par M. Buttler (communication orale).]

[Note 48 : Ou encore Takerkort-n-Ahaggar (le crâne de l’Ahaggar).]

[Note 49 : Je ne m’attarde pas sur ces divisions morphologiques,

M. Jacques Bourcart en ayant fait une remarquable étude dans le

bulletin de l’Afrique Française.]

[Note 50 : Ou la surrection du Massif cristallin par rapport à

l’Avant-pays cristallin.]

[Note 51 : Ou si l’on préfère, de vastes mouvements orogéniques

faisant osciller en ampleur les pénétrations marines dans le

Sahara.]

[Note 52 : Il convient de ne pas oublier non plus la neige ; elle

tombe encore parfois sur le Tahat. La neige a pu être plus abondante

et plus fréquente à certaines époques du passé.]

DU PROJET DE TRANSSAHARIEN SOULEYRE

* * * * *

APTITUDE DU SOL A RECEVOIR UNE VOIE FERRÉE

ET RESSOURCES EN EAU

DANS LE MASSIF CENTRAL SAHARIEN[53]

* * * * *

=I=

=Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée de la Hamada de Tinghert

aux Tassilis et dans les régions d’Amguid et de Raris.=

a) _De la Hamada de Tinghert aux Tassilis._

A condition de passer à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest

de Fort Flatters, à cause des sables, on pourra, de la Hamada de

Tinghert aux Tassilis, faire passer la voie ferrée constamment

sur un beau sol de « reg » (cailloutis) dont j’ai constaté

l’immensité du haut de la pointe Nord du Djebel Tanelak (ou

Adrar-n-Taserest) ; (ce reg est l’œuvre des oueds Ir’err’er

et In-Dekak, dont j’ai aperçu les cours et le confluent du point

précédent).

Eviter dans le tracé de passer dans le lit supposé de

l’Ir’err’er et de l’In-Dekak : c’est la seule précaution

à prendre dans cette région qui est exceptionnellement propice à

l’établissement d’une voie ferrée.

b) _Région d’Amguid et de Raris._

Je ne connais pas le passage de l’Ir’err’er d’In-K’ebir

(sur la carte In-Salah 1/1.000.000) à l’erg d’Amguid.

En effet, après avoir traversé le Tiniri-n-Taserest, j’ai gagné

Tanout-Mellel (ou Tamellelt) dans l’oued In-Dekak.

Par contre j’ai séjourné un mois à Amguid et cette région

m’est familière.

Au Hoggar · 第 6 / 13 段