M. de Lomas lui raconta tout ce qu'il savait de Fossette.

«Et vous dites, demanda Mme de Courcy, qu'elle désire entrer aussi

chez Mme Thomassin?

--Non, pas elle; je ne lui ai pas parlé; mais Geneviève,

très-probablement, la déciderait. Seulement, avec son amour et ce

caractère original, peut-être refuserait-elle toute dépendance.

--Elle gagne, dites-vous?...

--Vingt-cinq sous par jour.

--Oh! alors elle ne refusera pas. Mme Thomassin lui donnera deux francs,

quand je devrais même payer de ma bourse. Je veux la voir, lui parler,

je jugerai alors de quelle manière me venger de ce Barnolf, qui,

avant-hier encore, appelait mon salon un «infâme tripot.»

Lucrèce ajouta, comme se parlant à elle-même:

«Quelque instruction, du goût, de l'esprit, piquante et fantaisiste?

Cette Fossette plairait peut-être à Maxime. J'y songerai.

--Maxime! Et Pouliche?

--Il a de cette péronnelle par-dessus les yeux. J'ai mes projets sur

Maxime. Veillez à ce que votre sœur ne les entrave pas. À propos,

vous venez ce soir. Renardet m'a parlé de votre affaire; elle

s'arrangera. Ne manquez pas d'amener M. Daubré.

--Un rival! repartit Lionel avec un accent jaloux. C'est de l'héroïsme

que vous me demandez là.

--Lionel, dit Mme de Courcy en souriant finement, je connais votre

projet de mariage avec l'aînée des demoiselles Borel. Je vous promets

de ne rien faire pour l'entraver.»

Le Calvaire des Femmes · 第 29 / 51 题