et Coutumes de la mer, ouvrage estimé, rapporte «que les grands profits
et la facilité que les habitans du Cap-Breton près Bayonne, et les
Basques de Guyenne, ont trouvé à la pêcherie de la baleine, ont servi de
leurre et d'amorce, à les rendre si hasardeux en ce point, que d'en
faire la quête sur l'Océan par les longitudes et latitudes du monde. A
cet effet ils ont ci-devant équippé des navires pour chercher le repaire
ordinaire de ces monstres. De sorte que, suivant cette route, ils ont
découvert, cent ans avant les navigations de Christophe Colomb, le grand
et petit banc des morues, les terres de Terreneuve, de Cap-Breton et de
Bacaleos, (_qui est à dire morue en leur langue_), le Canada, ou
Nouvelle-France: et si les Castillans n'avaient pris à tâche de dérober
la gloire aux Français, ils avoueraient, comme ont fait Christophe
Wytfliet et Antoine Magin, cosmographes Flamands, ensemble Frs. Antoine
de S. Roman, religieux de S. Benoît, (_Historia general de la India Liv.
1. Chap. ii. p. 8_) que le pilote, lequel porta la première nouvelle à
Christophe Colomb, et lui donna la connaissance et l'adresse de ce monde
nouveau, fut un de nos Basques Terreneuviers».
(B)
P. 274. Réponse du gouvernement de la Nouvelle-Angleterre à l'ultimatum
du Canada au sujet d'un traité de paix et de commerce entre ces deux
colonies (1650-1).
Copy of a letter from the Commissioners of the United Colonies to the
Governor of Canada (M. d'Aillebout).
Most illustrious sir and much honoured Gentleman.
We have received your several letters, perused your commissions,
presented by your honoured agents, and seriously considered what hath
been by them either in writing or conference, propounded, concerning
those injurious and hostile attempts made by the Mohawks (Agniers) upon
some of your neighbouring Eastern Indians, of whom (as we are informed)
some are converted to the Christian faith, and others are willing to be
taught and may in time prove disciples to our saving Lord and master,
and as such we pity them, but see not how we can protect or afford the
help desired, without exposing the small English plantations and our own
neighbouring Indians (of which some also profess christianity) to
danger; we give due credit to your deputies, and can conceive you may
have just ground for a war, but we have yet no just cause of quarrel
with the Mohawks, nor is it safe for us to engage in a controversy which
we neither do nor have means satisfyingly to understand, the Mohawks
neither being in subjection to nor in any confederation with us; we are
free to hold a neighbourly correspondance with you, and would have
settled a free commerce betwixt the English and French colonies, but
your agents thought it either unseasonable till matters were composed
betwixt the Mohawks and your Indians, or else propounded such
restrictions as would have taken away all convenience and freedom from
the trade. What hath hindred our present closing, the enclosed writing
will shew, but if a fitter opportunity be offered we shall not be
wanting to contribute to a more satisfying issue. In the mean time we
rest, &c.
New Haven, September 6. 51 (1651).
Voici la substance de la réponse que les commissaires anglais firent aux
propositions des envoyés du Canada. Elle est tirée de Hutchinson. Je
l'ai vérifiée sur la réponse qui se trouve en entier dans la Collection
des papiers relatifs à l'histoire du Massachusetts p. 240, et suivantes.
The commissioners having duly weighed the proposals, returned (in 1651)
an answer, in substance as follows, viz:--
«That they were willing to admit that the French and Eastern Indians
might have just grounds to their own satisfaction, for war against the
Mohawks. That they looked upon all such Indians, as received the Yoke of
Christ, with another eye than upon others who worship the Devil. That
they desired, by all just means, to keep peace, if it may be, with all
men, even with these barbarians. That the Mohawks living at a distance
from the sea, have little intercourse with these parts, but in the war
the English had with the Pequods, 14 or 16 years before, the Mohawks
shewed a real respect and had offered no hostilities since. That the
English engaged in no war before they had full and satisfying evidence
that it was just, nor before peace, upon just terms, had been offered
and refused. That the Mohawks, not being subject to them, nor in league
with them, they could not require an account of their proceedings, and
had no means of information what they had to say for themselves. That to
make war with the Mohawks, would expose the Indians, who were neighbours
to the English, some of whom professed christianity, etc. That although
they were ready to perform all neighbourly offices of righteousness and
peace to the French colony, yet they could neither permit volunteers to
be taken up, nor the French and Eastern Indians to pass thro' the
English jurisdiction to invade the Mohawks, lest they should expose, not
the Indians only, but the smaller English plantations to danger. That
the English were much dissatisfied with that mischievous trade the
French and Dutch have had and still continue, by selling guns, powder
and shot to all the Indians, which rendered them insolent, etc. That if
all other difficulties were removed, yet they had no such short and
convenient passage, either by land or water, as might be had by Hudson's
river, to and beyond Aurania fort possessed by the Dutch. That the
commissioners conceived the French deputies might proceed to settle a
trade; but if they thought proper to limit it under such restrictions, a
fitter season for these treaties must be attended, which the
commissioners would readily improve whensoever it presented».
(C)
Lettre écrite à M. de Tracy par M. de Mésy avant de mourir.
A Québec ce 26 avril 1664.
_Monseigneur_,
J'aurais eu une consolation très grande si votre arrivée en ce pays
avait précédé ma mort, d'autant qu'elle m'aurait fourni avec joie les
moyens de rendre toute l'obéissance que je dois à l'autorité de votre
charge et au mérite particulier d'une personne que j'honore infiniment
comme vous. La connaissance que j'avais que ma vie ne serait pas longue,
par les accidens qui sont arrivés à ma maladie, me faisait souhaiter
votre retour avec empressement, pour vous entretenir avant de mourir des
affaires principales de ce pays du Canada, dont j'ai fait connaître au
roi les plus grandes particularités tant pour ce qui touche la gloire de
Dieu, les intérêts de sa Majesté, que ceux du public; mais Dieu ayant
disposé de mes jours pour m'appeler à lui, m'a fait prier M. de Tilly,
conseiller du roi, de vous donner les lumières et les écrits de ce que
j'ai fait savoir au roi l'année dernière, et de ce qui s'est passé
ensuite entre M. l'évêque de Pétrée, les PP. Jésuites et moi. Votre
arrivée assurément en ce pays m'a donné beaucoup de joie avant ma mort,
puisque vous éclaircirez bien mieux que moi les choses que j'aurais pu
faire savoir au roi touchant leur conduite dans les affaires
temporelles. Je ne sais néanmoins si je ne me serais point trompé en me
laissant un peu trop légèrement persuader au rapport qu'on m'en avait
fait. Je remets toutefois à votre prudence et aux bons examens que vous
en ferez le réglement de cette affaire..... Pourquoi Monseigneur, si
vous trouvez dans mon procédé quelque manque dans le général, je vous
conjure de le faire connaître à sa Majesté afin que ma conscience n'en
puisse être chargée avec le particulier. Mon intention selon mon avis
n'ayant jamais été que de servir fidèlement le roi et maintenir
l'autorité de la charge dont il m'a fait l'honneur de m'honorer en ce
pays». Le reste de la lettre a rapport à son testament.
(D)
P. 404. L'état suivant est tiré des papiers déposés au bureau de la
secrétairerie d'Etat à Albany par M. Brodhead, qui avait été envoyé en
Europe pour y recueillir des documens historiques concernant l'Amérique,
et en particulier la Nouvelle-York. Ce monsieur, très versé dans
l'histoire de son pays, a rapporté une collection précieuse. Le
gouvernement français s'est empressé de lui ouvrir l'accès des archives
publiques; et celles du ministère de la marine et des colonies à Paris
ont surtout enrichi sa collection. La pièce que je donne ici, et qui a
déjà été publiée, ne fait que confirmer les recherches que j'avais
faites moi-même dans les archives à Québec sur l'objet auquel elle a
rapport; mais je l'insère ici comme un résumé statistique officiel.
ÉTATS abrégé du contenu au rôle des familles de la
Nouvelle-France, 1667.
FAMILLES 749
Total des personnes qui les composent 4,312
Hommes capables de porter les armes 1,566
Garçons en état d'être mariés 84
Filles qui passent 14 ans 55
DÉNOMBREMENT DES TERRES EN CULTURE ET DES
BESTIAUX.
Terres en culture, arpens 11,174
Bêtes à cornes 2,136
--------------
1668.
FAMILLES 1,139
Total des personnes qui les composent 5,870
Hommes capables de porter les armes 2,000
Arpens de terres découvertes 15,642
Bêtes à cornes 4,300
Minots de grains reçus 130,978
Les 412 soldats qui se sont habitués cette année au dit pays, non plus
que les 300 des 4 compagnies restées au Canada, ne sont pas compris dans
le présent rôle.
A true extract from the Paris documents in the office of the Secretary
of State of the State of New-York.
E. B. O'CALLAGHAN.
-----------
DOCUMENT INÉDIT.
Le mémoire suivant qui termine cet appendice, est celui dont nous avons
parlé dans le discours préliminaire à la p. 27. Ce document, découvert
en 1843, et ne portant ni date, ni signature, a dû être présenté au chef
de l'exécutif entre 1763 et 1775. Il révèle une rare sagacité dans
l'auteur, et une connaissance des vues et de la situation des colonies
anglaises d'alors qui ferait croire que celui qui l'a conçu n'était pas
étranger aux projets des meneurs du peuple américain. Au reste, il
résume parfaitement les désirs et la politique des Canadiens.
MÉMOIRE.
Quelques idées sur la question suivante:
Si l'Angleterre pouvait d'un seul mot rendre protestans le Canada et
tous les pays cédés, serait-il de son intérêt de le faire?
Je supposerai que les administrateurs d'un Etat doivent porter leur vue
jusque dans l'avenir le plus reculé, travailler à prévenir les maux
éloignés, comme les plus prochains, et ménager des ressources que la
postérité serait en droit de leur reprocher d'avoir eues dans leurs
mains et de n'avoir pas conservées.
Il est dans la progression naturelle des choses, que la
Nouvelle-Angleterre devienne d'abord un Etat indépendant, et ensuite un
des puissans empires qui aient jamais existé; il aura même sur tous les
autres, l'avantage d'être nécessité à se former sur un plan qui ne lui
laissera rien à espérer, ni par conséquent à craindre, de la
superstition; on sait par quels maîtres il aura été instruit, et il ira
plus loin que ses maîtres en brisant les entraves qu'ils se sont
donnés[139].
[Note 139: Le serment du Test.]
Il est tout aussi vrai que la Nouvelle-Angleterre, abandonnée
aujourd'hui à elle-même, a déjà fait tous les progrès nécessaires pour
arriver seule au but; dénuée des secours étrangers qu'on se gardera
cependant bien de lui refuser, elle n'y parviendrait qu'un peu plus
tard, et le refus des nouvelles complaisances qu'elle croira toujours
être en droit d'exiger, ne l'obligerait qu'un peu plus tôt à tourner
toutes ses vues vers le projet d'indépendance qui sera son premier pas;
si elle se trompe sur le moment propre à l'exécution, on se trouvera
toujours trop heureux de lui pardonner ses écarts et de la ramener par
la promesse de tout ce qu'elle aura demandé; il faudra même que le
commerce de Londres songe à lui chercher des débouchés pour les
marchandises de son cru; et lorsque la voie en sera ouverte et connue;
elle ne goûtera certainement pas un système qui l'astreindra à
entreposer à Londres, ce qu'elle pourra elle-même porter ailleurs; il
lui paraîtra injuste qu'on la prive de ce bénéfice, et qu'on
l'asservisse ainsi à des augmentations de frais, qui seront pour elle
une diminution de profits.
Dans cette position elle verra bientôt que l'Amérique a moins besoin de
l'Europe, que l'Europe n'a besoin de l'Amérique: quelle doit être alors
sa première démarche? de se tranquilliser du seul côté d'où elle peut
craindre une opposition vigoureuse et continuelle; elle invitera donc le
Canada à secouer le joug, et à figurer lui-même dans la confédération;
si le système de cette confédération est non seulement de permettre
l'exercice de toutes les religions, mais encore de les admettre
indifféremment dans l'administration du gouvernement, n'est-il pas bien
probable que les catholiques romains d'Angleterre, d'Irlande et
d'Ecosse, les protestans de France, les juifs enfin de toute l'Europe,
courront en foule dans un pays où ils seront invités à venir rentrer
dans tous les droits de l'homme et du citoyen?
Mais on me demandera quelle est donc la raison qui empêche tous les
protestans de France de venir en Angleterre, et tous les catholiques
romains d'Angleterre de se retirer en France; je répondrai que c'est une
raison que le fanatisme seul (et il n'y en a plus) peut surmonter,
savoir, la différence de ces misérables coutumes qui ne sont rien et qui
sont tout, et bien plus encore la différence de langage et tous les
inconvéniens qui en résultent: sans cet obstacle, il ne resterait pas un
protestant en France et pas un catholique romain en Angleterre. Tout
obstacle sera levé lorsque les juifs et les protestans de France auront
la perspective d'être citoyens dans le Canada devenu indépendant, et que
les juifs et les catholiques romains d'Angleterre pourront participer à
tout dans les colonies anglaises de l'Amérique. Lorsque les
presbytériens furent tourmentés en Angleterre, ils ne se retirèrent pas
à Genève, dont ils ignoraient la langue, ils allèrent peupler le
Maryland et les autres provinces de ce continent, et crurent ne pas
changer de pays, étant fiers de trouver dans celui où ils se retiraient,
leurs moeurs, leur langage et de plus la liberté.
Les catholiques romains d'Angleterre savent qu'ils seraient bien reçus
en France, et qu'ils pourraient y prétendre à tout, ils restent en
Angleterre où ils ne peuvent prétendre à rien; les protestans de France
savent qu'ils seraient bien reçus en Angleterre et qu'ils y seraient
citoyens, ils restent en France, où ils n'ont point d'état; mais qu'on
désigne en France, qu'on désigne en Angleterre, une province où il n'y
ait que le génie, l'industrie et les richesses, qui mettent une
différence entre les hommes, croit-on que la province libre dans chaque
royaume tarderait longtemps à être la plus riche et la plus peuplée.
Ainsi dans le cas proposé l'Amérique s'enrichira, se peuplera aux dépens
de l'Europe.
Or s'il ne subsiste pas entre le Canada et la Grande-Bretagne d'anciens
motifs de liaison et d'intérêt, étrangers à ceux que la
Nouvelle-Angleterre pourrait, dans le cas de la séparation, proposer au
Canada; la Grande-Bretagne ne pourra non plus compter sur le Canada que
sur la Nouvelle-Angleterre. Serait-ce un paradoxe d'ajouter, que cette
réunion de tout le continent de l'Amérique formé sur un principe de
franchise absolue, préparera et amènera enfin le temps où il ne restera
à l'Europe de colonies en Amérique, que celles que l'Amérique voudra
bien lui laisser; car une expédition préparée dans la
Nouvelle-Angleterre sera exécutée contre les Indes de l'Ouest, avant
même qu'on ait à Londres la première nouvelle du projet.
S'il est un moyen d'empêcher, ou du moins d'éloigner cette révolution,
ce ne peut-être que de favoriser tout ce qui peut entretenir une
diversité d'opinions, de langage, de moeurs et d'intérêt entre le Canada
et la Nouvelle-Angleterre, d'entretenir les Canadiens dans leurs
anciennes idées de distinctions d'état, de rang de naissance, d'y
laisser subsister la langue française, d'y établir un système qui ne
leur permette pas de croire qu'il y eût pour eux le moindre avantage à
se faire protestans; d'y attirer enfin de nouveaux colons catholiques
romains par tous les moyens si bien connus d'un sage gouvernement, et
surtout par la liberté la plus parfaite sur l'article de la religion, et
l'on sent parfaitement que ce ne serait pas avoir la liberté d'être
catholique romain, que de ne pouvoir l'être sans perdre tout ce qui peut
attacher les hommes à la patrie.
Il serait donc, ce me semble, de l'intérêt de l'Angleterre de ne pas
abolir la religion romaine dans le Canada, quand même elle le pourrait;
mais il s'en faut de beaucoup que ce projet d'abolition soit facile à
exécuter.
Qui sont ceux qui forment les 100,000 âmes du Canada? Ce n'est pas
assurément quelques gens riches qu'on pourrait espérer de faire turcs,
si leur intérêt l'exigeait, parce qu'à la longue, l'on fait toujours
tout ce qu'on veut des gens riches: les 100,000 âmes du Canada sont
formées par le peuple qui n'entend jamais de plaisanterie sur l'article
de sa religion, et qui ne pouvant avoir aucun intérêt à changer, sera
ferme en sa croyance, en proportion de ce qu'il s'imaginera entrevoir de
desseins de la détruire.
Le bas peuple d'Irlande n'a point changé; ce n'est pas cependant manque
de lois faites dans cette vue; le peuple du Canada ne changera pas plus
aisément, et qui doute que dans le moment que la Nouvelle-Angleterre
voudrait se séparer de la vieille, son plus victorieux argument pour
déterminer le Canada à secouer aussi le joug, ne fût la plus grande
liberté de la religion romaine annoncée au peuple, et le droit d'avoir
autant d'évêques, d'archevêques, de cardinaux, etc., qu'il voudrait.
L'Angleterre serait-elle reçue à faire alors la même offre?
Il faudrait donc ce me semble accorder aux Canadiens la jouissance de
tous les privilèges de citoyens, et favoriser leur religion, bien loin
de travailler à la détruire, même parmi les gens riches, par le moyen
sourd mais infaillible des exclusions.
Il est par la même raison de l'intérêt de la Grande-Bretagne de
conserver dans les Indes de l'Ouest le plus grand nombre de colonies
catholiques romaines, et de les engager à se regarder comme réunies
d'intérêt et dans le même point de vue avec les Canadiens, dont l'évêque
devrait être à l'avenir celui des colonies anglaises catholiques
romaines.
Je m'expliquerai en moins de mots sur le problème suivant:
Si quelque puissance étrangère est jalouse de la fortune de
l'Angleterre, peut-elle désirer que les nouveaux sujets soient confirmés
dans les priviléges de citoyens qu'ils réclament?
Réponse, non.
SOMMAIRES.
AVANT-PROPOS.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
INTRODUCTION.
CHAP. 1. _Découverte de l'Amérique_ 1492-1534.
DE L'AMÉRIQUE; a-t-elle été connue des
anciens?--L'atlantide.--L'Amérique n'était pas connue des
modernes.--Découvertes des Portugais et des Espagnols.--Christophe
Colomb; sa naissance, sa vie; il s'établit à Lisbonne; va en Espagne;
Ferdinand et Isabelle à qui il fait part de son projet d'aller aux Indes
par l'Ouest, lui donnent trois bâtiments.--Il découvre l'Amérique.--Son
retour; réception magnifique qu'on lui fait à la cour.--Suite de ses
découvertes. Envoyé en Espagne dans les fers par Bovadilla.--Caractère
de Colomb.--Continuation des découvertes des Espagnols et des
Portugais.--Sébastien Cabot, Vénitien, découvre la Floride, Terreneuve
et les côtes de Labrador pour Henri VII d'Angleterre.--Verazzani, au
service de François I, côtoie d'Amérique, depuis la Floride jusqu'à
Terreneuve.--Les pécheurs basques, bretons et normands faisaient la
pêche de la morue sur les bancs de Terreneuve depuis longtemps.
CHAP. II.--_Découverte du Canada_.--1534-1543.
PAIX DE CAMBRAI.--Projet d'établissement en Amérique.--Jacques Cartier
est nommé pour commander la 1re expédition; il explore le golfe
St.-Laurent; son retour en France.--Second voyage de Jacques Cartier; il
découvre le fleuve. St.-Laurent.--_Stadaconé_ (Québec)--Beautés
naturelles du pays.--_Hochelaga_ (Montréal.)--Cartier hiverne dans la
rivière St.-Charles.--Le scorbut parmi les Français; il en meurt
26.--Départ de Cartier pour la France.--La guerre fait suspendre les
expéditions en Amérique.--Roberval est nommé gouverneur du Canada au
rétablissement de la paix.--Troisième voyage de Jacques Cartier; il
remonte le St.-Laurent jusqu'au lac St.-Louis et hiverne au
Cap-Rouge.--Il part pour l'Europe et rencontre; à Terreneuve Roberval
qui allait en Canada, et qu'il refuse de suivre.--Roberval au Cap-Rouge;
il s'y fortifie et y passe l'hiver.--Maladie qui emporte 50
personnes.--Cartier vient le chercher pour le ramener en France sur
l'ordre du Roi qui le fait mander, la guerre étant de nouveau déclarée
avec l'empereur.
CHAP. III.--_Abandon temporaire du Canada_.--1543-1603.
Roberval part pour l'Amérique après la guerre, et périt avec tous ceux
qui l'accompagnent.--M. Villegagnon tente de fonder une colonie dans le
Brésil; la désunion des colons cause leur ruine.--Fondation de la
Caroline dans la Floride.--Massacre des Français de cette colonie par
les Espagnols, en pleine paix; Catherine de Médicis, régente, néglige
d'en demander satisfaction--De Gourgues les venge.--Pendant longtemps on
ne pense plus en France aux colonies.--Observations à cet égard.--Les
troubles du royaume entravent la colonisation.--Progrès des pêcheries et
du commerce des pelleteries.--Le marquis de la Roche veut fonder un
établissement en Acadie; il échoue.--40 colons abandonnés dans l'île de
Sable, périssent, excepté 12 que le roi envoie chercher au bout de cinq
ans.--De la Roche, ruiné par son entreprise, meurt de
chagrin.--Obstacles qu'éprouvait alors la colonisation.
LIVRE PREMIER.
ÉTABLISSEMENT PERMANENT DE LA NOUVELLE-FRANCE.
CHAP. I.--_Acadie.--(Nouvelle-Ecosse_.)--1603-1613.
Observations sur la civilisation de l'Europe à cette époque.--Importance
des colonies pour la France.--M. Chauvin, à la suggestion de Pontgravé,
se fait nommer lieutenant-général du Canada et de l'Acadie, et obtient
le privilége exclusif d'y faire le commerce des pelleteries.--Il
meurt.--Le commandeur de Chaste lui succède; il forme une société de
commerce pour faciliter la colonisation.--Pontgravé et Champlain font un
voyage en Canada. Le commandeur étant mort, M. de Monts, calviniste, est
nommé lieutenant-général de cette contrée, où l'on permet aux protestans
de s'établir.--Expédition de M. de Monts en Acadie, province découverte
par les Français.--De Monts et Champlain découvrent la baie de Fundy, et
les rivières St.-Jean, Penobscot et Kénébec. Les colons débarquent à
l'île Ste.-Croix.--Champlain explore les côtes jusqu'à 20 lieues au sud
du cap Cod.--De Monts, ou plutôt le baron de Poutrincourt fonde
Port-Royal: il retourne en France.--Port-Royal concédé au baron de
Poutrincourt.--Lescarbot.--Progrès de Port-Royal.--Retrait du privilége
accordé à de Monts.--Dissolution de la société des pelleteries.--Abandon
temporaire de Port-Royal.--Poutrincourt y retourne en 1610.--Il refuse
d'y mener des Jésuites.--Assassinat de Henri IV.--La marquise de
Guercheville achète les droits des associés de M. de Monts pour envoyer
des Jésuites en Acadie.--Difficultés entre les colons et les
Jésuites.--Mde. de Guercheville les envoie fonder St.-Sauveur sur la
rivière Penobscot.--Les Anglais de la Virginie détruisent St.-Sauveur et
Port-Royal, en pleine paix.--Le gouvernement français ne s'intéresse
point au sort de ces deux colonies, qui n'étaient que des entreprises
particulières.
CHAP. II.--_Canada_.--1608-1628.
M. de Monts abandonne l'Acadie pour le Canada.--Fondation de
Québec.--Conspiration contre Champlain punie.--Alliance avec les
Algonquins et leurs alliés.--1ère expédition contre les Iroquois.--2de
expédition contre les mêmes.--De Monts se retire des affaires du
Canada.--Le comte de Soissons le remplace comme lieutenant-général.--Il
meurt.--Le prince de Condé lui succède.--Champlain forme une société qui
obtient le privilège exclusif de la traite des pelleteries.--Opposition
que ce privilège fait naître.--Le prince de Condé vend sa lieutenance
générale au duc de Montmonrenci.--Traité de Champlain avec les
Hurons.--Il explore la rivière des Outaouais et découvre le lac Ontario
et le lac Nipissing.--3me expédition contre les Iroquois.--Paix entre
les Algonquins et leurs alliés et les cinq cantons.--Le duc de Ventadour
lieutenant-général de la Nouvelle-France.--Arrivée des Jésuites en
Canada.--Champlain passe deux ans en France.--Richelieu dissout la
compagnie du Canada, et forme celle dite des cent associés.
CHAP. III--_Nouvelle-France jusqu'à la paix de
St.-Germain-en-Laye_.--1613-1632.