déterminent les émigrations: exemple, les Irlandais et les
Ecossais.--Les Huguenots formellement exclus de la N.-France. Grandes
espérances que donne en France la compagnie des cent associés.--Elle
envoie un armement considérable à Québec, sous les ordres de
Roquemont.--Acadie: le chevalier Alexander obtient de Jacques I la
concession de cette province pour la peupler d'Ecossais, et une partie
reçoit alors le nom de Nouvelle-Ecosse.--Une colonie y est envoyée et
s'en revient sans avoir débarqué.--Création d'une chevalerie à
l'occasion de cette contrée.--Guerre entre la France et l'Angleterre.
Kirtk s'avance contre Québec, puis abandonne son entreprise.--Il
rencontre en se retirant dans le bas du fleuve l'escadre de Roquemont et
s'en empare.--Québec réduit à la famine par cette perte, se rend l'année
suivante à Louis et Thomas Kirtk, ses frères, qui secourent les habitans
mourant de faim.--Le Cap-Breton pris par une partie de la flotte de
Kirtk, est repris par le capitaine Daniel.--Le chevalier la Tour attaque
le tort du cap de Sable défendu par son propre fils, et est
repoussé.--Le chevalier Alexander lui cède la N.-Ecosse, excepté
Port-Royal.--La France et l'Angleterre occupent en même temps
l'Acadie.--Traité de St.-Germain-en-Laye.
LIVRE II.
_Description du Canada. Nations Indigènes._
Nom donné aux premières terres découvertes dans l'Amérique
septentrionale.--Frontières des colonies mal définies, sujet de beaucoup
de contestations.--Description du Canada.--Tableau des populations
indiennes de l'Amérique du Nord, et en particulier des tribus du
Canada.--Leur nombre.--Description de leur personne, de leurs vêtemens,
de leurs armes.--Leur manière de faire la guerre et la
chasse.--Gouvernement des Sauvages.--Ils n'ont pas de religion.--Leurs
devins.--Leur respect pour les morts; leurs funérailles.--Leurs
fêtes.--Ils sont fort passionnés pour le jeu et peu pour les femmes;
mais très attachés à leurs enfans.--Eloquence figurée des
Sauvages.--Formation de leurs langues; ils ne connaissaient point les
lettres: caractère synthétique des langues indiennes.--Facultés
intellectuelles de ces peuples.--Leur origine.--Descendent-ils de
nations qui ont été civilisées?
LIVRE III.
CHAP. I.--_Dispersion des Hurons_.--1632-1663.
Louis Kirtk rend Québec à la France en 1632.--Champlain revient en
Canada comme gouverneur, et travaille à s'attacher les Indigènes plus
étroitement que jamais.--Collège des Jésuites construit à Québec.--Mort
de Champlain, (1635).--M. de Montmagny le remplace.--Guerre entre la
confédération iroquoise et les Hurons; les succès sont partagés.--Le P.
Le Jeune établit le village indien de Sillery.--Fondation de Montréal
(1641), par M. de Maisonneuve.--Fondation de l'Hôtel-Dieu, et du couvent
des Ursulines.--Paix entre toutes les nations indiennes: elle est rompue
par les Agniers.--M. d'Aillebout relève M. de Montmagny comme gouverneur
de la Nouvelle-France.--La guerre devient extrêmement vive entre les
Iroquois et les Hurons: succès prodigieux des premiers; les Hurons ne
pouvant leur tenir tête sont dispersés, les uns vers le lac Supérieur,
d'autres vers la baie d'Hudson, le reste vers le bas St.-Laurent
(1649-50).--La Nouvelle-Angleterre fait proposer au Canada un traité de
commerce et d'alliance perpétuelle.--M. de Lauson succède à M.
d'Aillebout.--Les Iroquois après leurs victoires sur les Hurons, lâchent
leurs bandes sur les établissemens français.--M. d'Argenson vient
remplacer M. de Lauson.--Le dévouement de Daulac sauve le Canada.--Les
Iroquois, demandent et obtiennent la paix.--Le baron d'Avaugour arrive
comme gouverneur à Québec; remontrances énergiques qu'il fait à la cour
sur l'abandon de la colonie; on y envoie 400 hommes de
troupes.--Dissentions entre le gouverneur et l'évêque, M. de
Pétrée.--Célèbre tremblement de terre de 1663.--Rappel de M. d'Avaugour
auquel succède M. de Mésy.--La compagnie des cent associés rend le
Canada au roi et se dissout (1663). p. 219.
CHAP. II.--_Guerre civile en Acadie_.--1632-1667.
La France redevenue maîtresse de toute l'Acadie par le traité de
St.-Germain, la divise en trois parties qu'elle concède au commandeur de
Rasilli, gouverneur, à Charles Etienne de la Tour et à M. Denis.--Ces
concessionnaires prennent Pemaquid [Penobscot] sur les Anglais.--Ils se
font la guerre entre eux; la Tour demande des secours au Massachusetts
qui consulte la Bible pour savoir s'il peut en donner; réponse
favorable. Traité de paix et de commerce entre l'Acadie et la
Nouvelle-Angleterre, et la Tour est abandonné.--Héroïsme de sa femme qui
repousse deux fois les troupes de Charnisé, successeur de
Rasilli.--Trahie par un étranger qui se trouve parmi ses suivans, elle
tombe avec le fort qu'elle défend au pouvoir de l'ennemi qui fait pendre
ses soldats, et l'oblige elle-même d'assister à l'exécution une corde au
cou.--Elle meurt de chagrin.--La guerre civile continue en
Acadie.--Cromwell y envoie une expédition qui s'empare de Port-Royal et
de plusieurs autres postes [1654]; et il concède à la Tour, qui se met
sous la protection de l'Angleterre, au chevalier Temple et à Brown,
cette province qui fut ensuite rendue à la France par le traité de Bréda
en 1667.
CHAP. III.--_Gouvernement Civil du Canada_.--1663
Le chevalier de Mésy arrive en Canada; motifs de sa nomination comme
gouverneur général.--Il fait une réponse menaçante aux ambassadeurs
iroquois qui s'en retournent dans leur pays.--Efforts et plan de Colbert
pour peupler la colonie.--Sa population en 1663; manière dont s'y
forment les établissemens; introduction du système féodal; tenures en
_franc-aleu_ et à titre de _fief_ et _seigneurie_, emportant les mêmes
privilèges et les mêmes servitudes à peu près qu'en France; le roi se
réserve la suzeraineté; mais accorde le droit de haute, moyenne et basse
justice à la plupart des seigneurs, qui cependant ne s'en prévalent
point.--Pouvoir absolu des gouverneurs,--Administration de la justice
jusqu'en 1663,--Arrivée de M. Gaudais, commissaire royal--Nouvelle
organisation du gouvernement.--Erection du conseil souverain par lequel
doivent être enregistrés les édits, ordonnances, &c, pour avoir force de
loi--Séparation des pouvoirs politique, administratif et
judiciaire.--Introduction de la coutume de Paris.--Création de tribunaux
inférieurs pour les affaires civiles et criminelles à Montréal et aux
Trois-Rivières, sous le nom de juridictions royales.--Nomination d'un
Intendant: ses fonctions embrassent l'administration civile, la police,
la grande et la petite voierie, les finances et la marine.--Cour de
l'intendant.--Juge-consul.--Justices seigneuriales.--Commissaires des
petites causes.--Election d'un maire et de deux échevins qui sont
remplacés par un syndic des habitations.--Cours prévôtales établies en
Canada,--Mesures de précaution prises par les rois de France pour
empêcher les idées de liberté et d'indépendance de naître dans les
colonies.
CHAP. IV.--_Gouvernement Ecclésiastique du Canada_. 1663.
Missions établies en Canada; elles sont desservies d'abord par les
Franciscains [Récollets], et plus tard par les Jésuites, et relèvent de
l'archevêché métropolitain de Rouen.--La Nouvelle-France est érigée en
vicariat-apostolique [1657], puis en évêché [1670].--M. de Laval premier
évêque de Québec; caractère de ce prélat.--Opposition et difficultés que
suscite sa nomination.--M. de Queylus refuse de le
reconnaître.--Etablissement du Séminaire de Québec, auquel toutes les
dîmes du pays sont affectées à condition qu'il pourvoira à la
subsistance des curés.--Ces dîmes, fixées au 13ème par l'évêque, sont
réduites au 26ème par le conseil souverain.--Les Récollets s'offrent à
desservir les paroisses gratis.--Les curés d'abord amovibles sont rendus
inamovibles par l'édit de 1679, qui confirme en outre l'arrêt du conseil
souverain touchant la quotité des dîmes.--Depuis la conquête les curés
sont nommés sujets à révocation.--Opinions diverses sur les avantages et
désavantages de ce système.--Fabriques paroissiales.--Contributions pour
la bâtisse des églises.--Institutions de bienfaisance et
d'éducation.--L'éducation populaire extrêmement négligée.--Caractère du
clergé canadien sous le régime français.--Les débats au sujet des
libertés de l'Eglise gallicane n'ont point d'écho en
Canada.--Jansénisme.--Quiétisme.--Ils font quelques adeptes en Canada.
LIVRE IV.
CHAP. I.--_Luttes de l'Etat et de l'Eglise_.--1663-1682.
Le conseil souverain: division au sujet du syndic des habitations.--M.
de Mésy suspend les conseillers de l'opposition.--Moyen étrange qu'il
veut employer pour les remplacer.--Nouveaux membres nommés.--M. de
Villeray passe en France pour porter les plaintes contre lui.--Il est
révoqué; sa mort.--M. de Courcelles lui succède.--Arrivée de M. de
Tracy, vice-roi, de M. de Courcelles et de M. Talon 1er intendant, d'un
grand nombre d'émigrans et du régiment de Carignan.--La liberté du
commerce est accordée à la colonie, sauf certaines réserves.--Guerre
contre les Iroquois.--Deux invasions de leurs cantons les forcent à
demander la paix.--M. de Tracy repasse en France.--Le projet de
franciser les Indiens échoue.--L'intendant suggère de restreindre
l'autorité du clergé, dans les affaires temporelles.--Travaux et
activité prodigieuse de Talon: impulsion qu'il donne à l'agriculture et
au commerce.--Licenciement du régiment de Carignan à condition que les
soldats s'établiront dans le pays.--Talon passe en France.--Le
gouverneur empêche les Iroquois d'attirer la traite des pays occidentaux
à la Nouvelle-York; et apaise les Indiens prêts à se faire la
guerre.--Mortalité effrayante parmi eux.--Talon, revenu en Canada, forme
le vaste projet de soumettre à la France tout l'occident de
l'Amérique.--Traité du Sault-Ste.-Marie avec les nations occidentales
qui reconnaissent la suprématie française.--Fondation de Catarocoui
(Kingston).--Le comte de Frontenac remplace M. de Courcelles: ses
talens, son caractère.--Discours qu'il fait au conseil souverain.--Lois
nombreuses décrétées touchant l'administration de la justice et d'autres
objets d'utilité publique.--Suppression de la compagnie des Indes
occidentales.--Division entre M. de Frontenac et M. Perrot gouverneur de
Montréal; celui-ci est emprisonné au château St.-Louis.--Le clergé
appuie M. Perrot. Le conseil souverain est saisi de l'affaire qui est
finalement renvoyée au roi.--M. Duchesneau relève M. Talon.--Querelles
avec M. de Pétrée au sujet de la traite de l'eau-de-vie.--Dissensions
entre le gouverneur et M. Duchesneau: ils sont rappelés tous
deux.--Rivalité de l'Eglise et du gouvernement.--Arrivée de M. de la
Barre qui vient remplacer M. de Frontenac.
CHAP. II.--_Découverte du Mississipi_.--17 _juin_, 1673.
Des découvertes des Français dans l'intérieur de l'Amérique
septentrionale.--Voyageurs et missionnaires.--Les Jésuites: activité et
courage des missionnaires de cet ordre.--Voyages au Nord: le P. Le Quen
découvre le lac St.-Jean (Saguenay) 1647; et Desprès Couture pénètre par
cette route à la baie d'Hudson(1663).--Voyages dans l'Est et dans
l'Ouest: le P. Druillettes va du St.-Laurent à la mer par les rivières
Chaudière et Kénébec.--Les lacs Erié, Huron et Michigan sont
successivement visités.--Deux jeunes traitans se rendent en 1659 à la
tête du lac Supérieur et jusqu'aux Sioux; nombreuses tribus de ces
contrées.--Excursions apostoliques des PP. Raimbault, Jogues et Mesnard;
les PP. Allouez et Dablon s'avancent jusqu'aux limites de la vallée du
Mississipi, où ils sont informés par les Indigènes qu'elle est arrosée
par un grand fleuve.--Le P. Marquette et Joliet, de Québec, choisis par
Talon pour aller reconnaître la vérité de ce rapport, parviennent à ce
fleuve le 17 juin 1673, et le descendent jusqu'à la rivière des
Arkansas.--Sensation que fait en Canada cette découverte.--La Salle
résout de descendre le nouveau fleuve jusqu'à la mer.--Il bâtit à
Niagara le premier vaisseau (le Griffon) qui ait navigué sur les lacs
Érié, Huron et Michigan; il construit le fort des Miâmis, et le fort de
Crèvecoeur sur la rivière des Illinois.--Le P. Hennepin remonte le
Mississipi jusqu'au Sault-St.-Antoine, et tombe entre les mains des
Sioux.--Difficultés et embarras de tous genres de la Salle, qui triomphe
de tous les obstacles et réussit enfin à reconnaître le Mississipi
jusqu'à la mer en 1682, et donne le nom de Louisiane aux immenses
contrées que traverse ce fleuve.--Il va rendre compte de ses découvertes
à Louis XIV, après s'être fait précéder à Paris par le P. Mambré;
gracieux accueil qu'il reçoit du roi.
CHAP. III.--_Le massacre de Lachine_.--1682-1689.
Administration de M. de la Barre: caractère de ce gouverneur; il se
laisse prévenir contre les partisans de M. de Frontenac, et
particulièrement contre la Salle. La guerre étant imminente, il convoque
une assemblée des notables; leurs cahiers; l'on demande des colons au
roi.--Louis XIV, qui force par la révocation de l'édit de Nantes 500,000
Huguenots à s'expatrier, n'a que 200 hommes à envoyer au
Canada.--Dongan, gouverneur de la Nouvelle-York, malgré les ordres de sa
cour, excite les Iroquois à la guerre.--La Barre s'en laisse imposer par
ces barbares qui le trompent, et qui lèvent enfin le masque en attaquant
le fort de Crèvecoeur aux Illinois.--Maladresse de Dongan qui veut
réunir tous les cantons contre les Français.--Le gouverneur part de
Montréal avec une armée pour attaquer les Iroquois; lenteur et désordre
de sa marche; il arrive à la baie de la Famine (lac Ontario); disette
dans le camp; paix honteuse avec l'ennemi.--M. de la Barre est rappelé
et remplacé par le marquis de Denonville, dont l'administration est
encore plus malheureuse que celle de son prédécesseur.--Il veut exclure
les traitans anglais et les chasseurs Iroquois de la rive gauche du
St.-Laurent et des lacs.--Dongan rassemble les chefs des cantons à
Albany et les engage à reprendre les armes.--M. Denonville, instruit de
ces menées par le P. Lamberville, se décide à les prévenir.--Sous
prétexte d'une conférence, il attire plusieurs chefs de ces tribus en
Canada, les saisit et les envoye chargés de fers en France.--Noble
conduite, des Onnontagués envers le P. Lamberville, instrument innocent
de cette trahison.--On attaque les Tsonnonthouans avec 2700 hommes; ils
tendent une ambuscade; l'on réduit tous leurs villages en cendres.--On
ne profite point de la victoire. Fondation de Niagara.--Pourparlers
inutiles pour la paix; perfidies profondément ourdies de le Rat, chef
huron, pour rompre les négociations: la guerre continue.--Le chevalier
de Callières propose la conquête de la Nouvelle-York.--Calme trompeur
dans la colonie: massacre de Lachine le 24 août (1689).--Ineptie du
gouverneur; il est révoqué.--Guerre entre la France et l'Angleterre.--M.
de Frontenac revient en Canada; il tire le pays de l'abîme, et le rend
par ses talens et par sa vigueur bientôt victorieux de tous ses ennemis.
FIN DES SOMMAIRES.
ERRATA.
[Note du transcripteur: Les erreurs typographiques citées ici ont été
corrigées dans le texte.]