_A la fin des mots_, le =t=, comme l’_s_, en principe ne se prononce

pas: _acha_(t), _avoca_(t), _étroi_(t), _bonne_(t), _livre_(t),

_tombai_(t), _crédi_(t), _peti_(t), _calico_(t), _tripo_(t),

_prévô_(t), _défau_(t), _ragou_(t), _institu_(t), _cha_(t)-_huan_(t),

_vacan_(t), _accen_(t), _événemen_(t), _sain_(t), _poin_(t), _fron_(t),

_défun_(t), _dépar_(t), _concer_(t), _transpor_(t), _meur_(t),

_accour_(t), etc., etc.[811]. Les exceptions sont même beaucoup plus

rares que pour l’_s_ parmi les mots proprement français. Naturellement

elles affectent surtout des monosyllabes, qui sont en quelque sorte

renforcés ou élargis par cette prononciation.

=1º Après= _a_, il n’y a que les adjectifs _fa_t et _ma_t, avec les

termes d’échecs _ma_t et _pa_t; _adéqua_(t) et _immédia_(t) n’en sont

plus, ni _opia_(t), quoique l’Académie ait encore maintenu le _t_ en

1878.

Il faut ajouter cependant les mots latins, _exea_t, _fia_t, _staba_t,

_magnifica_t, _viva_t, qui ne sont pas en voie de se franciser dans la

prononciation; on entend bien parfois _des viva_(ts), mais c’est une

fâcheuse analogie, amenée sans doute par le pluriel[812].

Après _=oi=_, il n’y a rien, pas plus _doi_(gt) que _adroi_(t) ou

_pourvoi_(t). Toutefois, quand _soit_ est employé seul, on fait

volontiers sonner le _t_, pour renforcer le mot, comme on l’a déjà vu

ailleurs.

=2º Après= _e_, il n’y a que _ne_t, _fre_t et _se_(p)t.

Pour _ne_t, il ne saurait y avoir de discussion[813].

Pour _fre_t, tous les dictionnaires maintiennent _fre_(t). Ils

pourraient peut-être se corriger, parce que la marine marchande ignore

absolument cette prononciation: or quel est l’usage qui doit prévaloir

ici, sinon précisément celui de la marine marchande?

Enfin, pour _se_(p)t, il faut naturellement dire _sè_ devant un pluriel

commençant par une consonne: _se_(pt) _sous_, _se_(pt) _cents_,

_se_(pt) _mille_[814]. Malheureusement nos cuisinières, marchands et

comptables ne connaissent guère d’autre prononciation que _se_(p)t,

en toute circonstance, sous le fallacieux prétexte que l’on pourrait

confondre _se_(pt) _sous_ et _se_(pt) _cents_ avec _seize sous_ et

_seize cents_! Et leur prononciation a passé peu à peu de la cuisine à

la salle à manger, du comptoir au salon. Essayons encore de réagir si

nous pouvons, mais je crains fort qu’il ne faille bientôt céder sur ce

point[815].

A _ne_t, _fre_t et _se_(p)t on fera bien de ne pas ajouter _juille_t,

pas plus qu’_alphabe_t, la prononciation du _t_ dans ces mots étant

surannée ou dialectale. Quant à _ce_t, il ne s’écrit que devant une

voyelle, et nécessairement il se lie.

On prononce naturellement le _t_ dans quelques mots latins ou

étrangers: _e_t _cetera_[816], _hic e_t _nunc_, _hic jace_t, _lice_t,

_tace_t, _clare_t, et _water-close_t; mais _débe_(t) et _place_(t)

sont francisés depuis fort longtemps; _croque_(t), _cricke_(t),

_ticke_(t) le sont aussi, et même _pick-pocke_(t), et souvent

_water-close_(t)[817].

Après =ai=, il n’y a pas d’exceptions, sauf une tendance très marquée à

faire sentir le _t_ du substantif _fait_, au singulier, surtout quand

il est final ou accentué: _en fai_t, _au fai_t, _par le fai_t, _voie de

fai_t, _voici le fai_t, _il est de fai_t, _je mets en fai_t, _je l’ai

pris sur le fai_t, _c’est un fai_t, et même _c’est un fai_t _constant_,

_c’est le fai_t _d’un honnête homme_, _le fai_t _de mentir_, _le fai_t

_du prince_; mais on ne doit jamais faire sentir le _t_ au pluriel, ni

dans _fai_t _divers_, singulier identique au pluriel, ni dans _en fai_t

_de_ ou _tout à fai_t.

=3º Après= _i_, le _t_ sonne encore presque toujours dans les mots

qui viennent de mots latins en _-itus_ et _-itum_: _coï_t, _introï_t,

_obi_t, _bardi_t, _aconi_t, _ri_t (même mot que rite), _prétéri_t,

_pruri_t et _transi_t; mais on a cessé généralement de le prononcer

dans _subi_(t) aussi bien que dans _gratui_(t). Il en est de même dans

_ci-gî_(t). On le prononce encore le plus souvent dans _grani_t, mais

_grani_(t) se répand.

On le prononce aussi, naturellement, dans _hui_t, avec la seule

restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des

consonnes: _page hui_t, _in-dix-hui_t, _le hui_t _mai_, et aussi, par

liaison, _hui_t _hommes_, mais _hui_(t) _sous_, _hui_(t) _cents_,

_hui_(t) _mille_[818].

Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou

non, dans _accessi_t, _satisfeci_t et même _défici_t, malgré l’usage

de quelques personnes, aussi bien que dans _incipi_t, _suffici_t,

_explici_t, _exi_t et _affidavi_t, ainsi que dans _voorui_t et

_dead-hea_t[819].

4º Après _o_, le _t_ ne sonne plus aujourd’hui que dans _do_t, où il

ouvre l’_o_, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le

mot avait autrefois deux formes, un masculin _do_(t) et un féminin

_dote_ (cf. _aubépin_ et _aubépine_); le féminin se serait ici conservé

avec l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en _-ot_

qui soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation _do_(t) est

aujourd’hui particulière au sud-ouest[820].

5º Dans les finales _-aut_ et _-ault_, le _t_ ne sonne jamais[821];

pas davantage dans _-eut_, ni dans _-out_ et _-oult_, les mots

étrangers, _lock-ou_t, _vermou_t, _knou_t, _raou_t et _stou_t, mais non

_racahou_(t).

Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)_oû_(t) que dans _debou_(t),

malgré l’usage de quelques provinces[822].

=6º Après= _u_, le _t_ final sonne toujours dans un certain nombre de

mots savants: _azimu_t, _cajepu_t, _occipu_t, _sincipu_t et _compu_t,

avec _u_t et _capu_t; quelquefois aussi, mais à tort, dans _scorbu_(t)

et _précipu_(t); de plus, dans les interjections _chu_t et _zu_t, et

dans les monosyllabes _lu_t, _ru_t et _bru_t[823]. La province y ajoute

généralement un autre monosyllabe, _bu_t, malgré _débu_(t), mais à

Paris on prononce toujours _bu_(t)[824].

=7º Après les voyelles nasales= (les mots en _-ant_ et _-ent_ sont

particulièrement innombrables), le _t_ ne sonne pas plus en français

qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale,

comme dans _exem_(pt), _vin_(gt), _prom_(pt), _rom_(pt), _corrom_(pt),

_interrom_(pt).

Il a longtemps sonné dans _ving_(t), comme sonnaient l’_s_ et l’_x_

de _troi_s et _deu_x, conformément à l’usage de tous les noms de

nombre; c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait _cente_ pour

_cen_(t), qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le _t_ de

_vingt_ sonne encore dans _vin_(g)t _et un_, par liaison, et aussi

dans _vin_(g)t-_deux_, _vin_(g)t-_trois_, etc., malgré la consonne

qui suit, soit par un souvenir de _vin_(g)_t et deux_, _vin_(g)_t

et trois_, où se faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec

_trente-deux_, _quarante-quatre_, _cinquante-sept_, etc. Mais il ne

sonne pas dans _quatre-vin_(gt)_-un_, _-deux_, _-trois_, etc., et

cela se comprend: s’il sonnait par exemple dans _quatre-vingt-trois_,

ce serait _quatre fois vingt-trois_, et non _quatre fois vingt

plus trois_; il y a des siècles que cette distinction a été faite

inconsciemment. Il est vrai que tous ces _t_, devant _deux_, deviennent

nécessairement des _d_: _vin_d d_eux_; ce n’est pas une raison

cependant pour prononcer _vin_(g)te_-deux_[825].

Le _t_ sonne encore dans quelques mots étrangers, comme _can_t ou

_pippermin_t[826].

=8º Restent= _les consonnes_. Le _t_ ne sonne pas après un _r_:

_écar_(t), _exper_(t), _ressor_(t), _cour_(t), et aussi _heur_(t), où

il a longtemps sonné; _spor_(t) lui même est francisé, et _dog-car_(t)

à peu près; mais _flir_t garde son _t_, même quand on le francise[827].

En revanche, le _t_ sonne après et avec les consonnes _c_, _l_, _p_,

_s_.

Pour les mots en _=-ct=_, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus

excepter que les mots en _=-spect=_, _ami_(ct) et _instin_(ct), mais

non _exa_ct, _abje_ct, _verdi_ct, _distri_ct, _succin_ct et _distin_ct,

ni aucun autre[828].

Les mots en _=lt=_ ne sont pas des mots français: _cobal_t, _mal_t,

_smal_t, _spal_t, _vel_dt, _vol_t, sauf le vieux mot _mou_lt, et

_indu_lt, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de

_lt_[829].

Si des mots en _=pt=_ nous éliminons _se_(p)t, examiné tout à l’heure,

où le _p_ ne sonne pas, et les mots en _-empt_ et _-ompt_, où ne

sonnent ni _p_ ni _t_, il reste trois ou quatre mots savants où

les deux consonnes se prononcent: _ra_pt, qui a longtemps flotté,

_conce_pt, _transe_pt et _abru_pt[830].

Le groupe final _=st=_ se prononce dans quelques mots, la plupart

étrangers: _ha_st (armes d’), _balla_st, _to_(a)st, _e_st et _oue_st,

_le_st, _zi_st et _ze_st, _whi_st, _o_st et souvent _compo_st. Il est

muet dans le verbe _e_(st)[831].

Ajoutons pour terminer que l’_h_ après le _t_ final, qui d’ailleurs

est toujours d’origine étrangère, ne change rien en français au son

du _t_; mais naturellement le _t_ suivi d’un _h_ se prononce toujours:

_feldspa_th, _ane_th, _zéni_th, _mammou_th, _lu_th et _bismu_th[832].

2º Le T intérieur et le groupe TI.

_Dans le corps des mots_, le _=t=_ se maintient difficilement entre

deux consonnes, si la dernière n’est pas un _r_, comme dans _as_t_ral_.

Aussi est-il devenu muet dans _as_(th)_me_ et _as_(th)_matique_,

_is_(th)_me_ et _is_(th)_mique_, et même _pos_(t-s)_criptum_ et parfois

_pos_(t)_dater_: c’est toujours la répugnance du français à prononcer

trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et

c’est ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les

autres, à moins qu’elle ne soit un _s_[833].

Dans les mots en _=-iste=_, comme dans les mots en _=isme=_, le

peuple laisse volontiers tomber la syllabe finale: _artis_(te),

_anarchis_(te). Il dit de même _prétex_(te) ou _insec_(te): paresse de

langage, qu’il faut éviter.

L’_h_ ne change rien au _t_, bien entendu: t(h)_éâtre_, t(h)_on_,

t(h)_ym_, _at_(h)_ée_, _got_(h)_ique_, etc.

* * * * *

Mais la question la plus intéressante concernant le _t_ intérieur est

celle de son traitement devant l’_i_ suivi d’une voyelle.

La règle générale n’est pas douteuse: _Devant un_ i _suivi d’une autre

voyelle_, _le_ t _prend le son de l’_s _dur_[834].

Cette règle s’applique notamment à la plupart des mots en _=-tie=_

et _=-tien=_, à presque tous les mots en _=-tiaire=_, _=-tiel=_,

_=-tieux=_, _=-tion=_, avec tous leurs dérivés, et à une foule d’autres

mots: _supréma_t_ie_, _iner_t_ie_, _béo_t_ien_, _ter_t_iaire_,

_torren_t_iel_, _ambi_t_ieux_, _na_t_ion_, _na_t_ional_, etc., et

aussi bien _nup_t_ial_, _gen_t_iane_, _spar_t_iate_, _pa_t_ient_,

_pa_t_ience_, _sa_t_iété_, _pé_t_iole_, etc., etc.[835]

En réalité cette prononciation nous vient tout simplement de la

prononciation adoptée depuis des siècles, à tort ou à raison, pour

le latin[836]. Aussi appartient-elle essentiellement à des mots

d’origine savante, tandis que les mots d’origine populaire conservent

en principe le son normal du _t_, notamment quand l’_i_ fait diphtongue

étymologiquement avec un _e_, comme dans _pi_t_ié_.

On peut dire pourtant que la prononciation sifflante est la règle

générale, d’abord parce que les mots de formation savante sont les plus

nombreux, ensuite parce que les mots nouveaux ont ordinairement suivi

l’analogie des précédents, et que les mots isolés qui sont restés en

dehors de la règle tendent souvent à s’y soumettre. On constate même

ce phénomène curieux d’une prononciation d’origine savante devenant

populaire, et altérant par cela même d’autres mots savants, faute de

pouvoir altérer les mots les plus usités.

J’ajoute qu’il est plus facile d’énumérer les exceptions que les cas

où la règle s’applique, ainsi qu’on le fait parfois, non sans beaucoup

d’omissions.

Les exceptions sont d’ailleurs nombreuses, et il y en a de toutes les

sortes. On se rappelle la réponse de Nodier à Dupaty, qui prétendait

qu’_entre deux_ =_i_= le _t_ avait toujours le son de l’_s_: «La règle

est sans exceptions,» répondait-il à Nodier. Et Nodier de répliquer,

du tac au tac: «Mon cher confrère, prenez _picié_ de mon ignorance,

et faites-moi l’_amicié_ de me répéter seulement la _moicié_ de ce

que vous venez de dire.» Ceci se passait à l’Académie, où l’on peut

croire que les rieurs ne furent pas pour Dupaty. Mais ce n’était là

qu’un exemple, et il y a d’autres exceptions même entre deux _i_, sans

compter les autres combinaisons, qui sont multiples[837].

I.--Il y a d’abord deux catégories de mots qu’il faut éliminer, parce

que la prononciation sifflante est impossible ou à peu près. Ce sont:

1º _Tous les mots dans lesquels le =t= est déjà précédé d’une

sifflante_, _s_ ou _x_, ce qui empêche absolument le _t_ de s’altérer,

aussi bien en latin qu’en français: _bas_t_ion_, _ques_t_ion_,

_immix_t_ion_ (une douzaine de mots en =_-tion_=); _dynas_t_ie_,

_modes_t_ie_, _amnis_t_ie_ (une douzaine de mots en =_-tie_=);

_bes_t_ial_, _bes_t_iole_, _ves_t_iaire_, etc., etc.[838].

A cette catégorie appartiennent aussi _é_t_iage_, _châ_t_ier_ et

_chré_t_ien_ avec sa famille, autrefois _e_st_iage_, _cha_st_ier_ et

_chre_st_ien_.

2º _Tous les imparfaits et subjonctifs présents_, où le _t_ ne

peut pas changer le son qu’il a dans les autres formes: _é_t_ais_,

_é_t_ions_, _é_t_iez_, _por_t_ais_, _por_t_ions_, _por_t_iez_, que nous

_men_t_ions_, que vous _men_t_iez_, etc.[839].

De plus, pour le même motif, les participes féminins des verbes en

_tir_: _sor_t_i_, _sor_t_ie_, _anéan_t_i_, _anéan_t_ie_, etc., avec

les substantifs de formation française dérivés des mêmes verbes:

_rô_t_ie_, _garan_t_ie_, _par_t_ie_, _sor_t_ie_, et le féminin

d’_appren_t_i_[840].

II.--Voici maintenant toute la collection des _mots d’origine populaire

où =-ti-= est suivi d’un_ e, _et où le groupe =ie= est une diphtongue

étymologique_, le latin ayant à la place une voyelle unique, devant

laquelle le _t_ n’a pas pu s’altérer. Ce sont:

1º Les trois substantifs en =_-tié_=: _pi_t_ié_, _moi_t_ié_,

_ami_t_ié_, avec _inimi_t_ié_[841];

2º Les adjectifs et substantifs en =_-tier_= ou =_-tière_=, à

suffixe _-ier_, féminin _-ière_, comme _en_t_ier_ ou _héri_t_ier_,

_jarre_t_ière_ ou _taba_t_ière_: ils sont près de deux cents[842];

3º Les mots qui ont le suffixe =_-ième_=, à savoir _sep_t_ième_,

_hui_t_ième_, _ving_t_ième_, etc., avec _quan_t_ième_ ou

_pénul_t_ième_[843];

4º Les formes verbales de _tenir_ et ses composés, t_ient_ ou

_con_t_ient_, _dé_t_iendra_ on _main_t_iendrait_, avec les dérivés

_entre_t_ien_, _main_t_ien_, _sou_t_ien_[844];

5º Enfin les mots t_iède_, t_iers_ et t_ien_, où le _t_ est initial, et

_an_t_ienne_, où il ne l’est pas[845].

III.--Il y a encore un certain nombre de mots d’origines diverses.

1º Voici d’abord trois mots en =_-tie_=: _or_t_ie_, d’origine

populaire[846]; _so_t_ie_, dérivé populaire de _sot_, qui avait deux

_t_ autrefois comme _sottise_, et qui a gardé sa prononciation en

devenant savant; enfin _tu_t_ie_, qui ne vient pas du latin[847].

_Épizoo_t_ie_ est encore flottant[848].

2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où =_ti-_= a

résisté à l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord

_éléphan_t_iasis_ ou _é_t_iologie_, sans compter _tiare_; d’autre part

tous les mots où le _t_ est séparé de l’_i_ par un _h_, ce _th_ étant

grec: _sympa_t(h)_ie_, _py_t(h)_ie_, _corin_t(h)_ien_; de sorte qu’ici

non seulement l’_h_ ne change rien au _t_, mais aide à le conserver

intact[849].

Pourtant la tendance générale est telle que le mot _chrestoma_t(h)_ie_

a été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la

prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est _tie_

et non _cie_, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer.

3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en =_-ti_=, à savoir:

d’une part le mot _cen_ti_are_, qui a gardé devant le mot _are_ la

prononciation uniforme du préfixe _centi-_, quoiqu’une diphtongue s’y

soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par

le préfixe _anti-_, comme _an_ti_alcoolisme_, où il n’y a point de

diphtongue.

4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: _galima_t_ias_,

qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à _Ma_th_ias_; _é_t_ioler_,

_é_t_iolement_, qui se rattachent peut-être à _é_t_eule_; et aussi

l’espagnol _pa_t_io_[850].

Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut

longue sans doute, mais celle des mots où le _t_ est sifflant l’eût

été davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus

difficile à classer méthodiquement[851].

3º Le T double.

Le _=t= double_ se prononce encore simple assez généralement, et

autrefois il n’y avait point d’exception.

Parmi les mots commençant par =_att-_=, qui sont fort nombreux, il

n’y a guère qu’_a_t-t_ique_ et _a_t-t_icisme_ où l’on soit à peu près

obligé de prononcer deux _t_[852]; mais il faut avouer que cette

prononciation commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots

où elle ne s’impose nullement, comme _a_t-t_enter_, _a_t-t_entif_,

_a_t-t_énuer_, _a_t-t_errer_, _a_t-t_ester_, _a_t-t_iédir_,

_a_t-t_itré_, _a_t-t_itude_, _a_t-t_ouchement_, _a_t-t_raction_,

_a_t-t_ributif_, _a_t-t_rister_, _a_t-t_rition_.

Cette prononciation est plus correcte dans _ba_t-t_ologie_,

_intermi_t-t_ent_ et _intermi_t-t_ence_, _commi_t-t_imus_ et

_commi_t-t_itur_, _gu_t-t_ural_ et _gu_t-t_a-percha_; mais elle atteint

aussi depuis plus d’un siècle d’autres mots, comme _sagi_t-t_aire_,

_li_t-t_éraire_, _li_t-t_éral_, _li_t-t_érature_, _li_t-t_oral_ et

_pi_t-t_oresque_.

Elle est d’ailleurs légitime dans les mots qui viennent de l’italien,

où les deux consonnes se prononcent régulièrement: _conce_t-t_i_,

_vende_t-t_a_, _je_t-t_atura_, _dile_t-t_ante_, _libre_t-t_o_ et

_libre_t-t_iste_, _grupe_t-t_o_, _tu_t-t_i_ et _so_t-t_o voce_,

et aussi dans _gu_t-t_a-percha_. Mais on ne prononce plus qu’un

_t_ généralement dans _ghe_(t)t_o_ et _confe_(t)t_i_, qui se sont

popularisés, souvent aussi dans _larghe_(t)t_o_[853].

On ne prononce jamais qu’un _t_ dans _sco_(t)t_ish_[854].

V et W.

Le =_v_= s’appelait autrefois =_u_= consonne, et ne se distinguait pas

typographiquement de l’_u_[855].

Du _v_ simple il n’y a rien à dire, sinon qu’il faut éviter de le

supprimer devant _oi_, et de dire (v)_oiture_, (v)_oilà_, _la_(v)_oir_,

au _r_(ev)_oir_[856].

Le =_v_= allemand se prononce =_f_=; mais cela ne nous intéresse guère

que pour les noms propres non francisés[857].

Le _v_ a aussi le son de l’_f_ à la fin des noms slaves, surtout après

un _o_, où il est souvent double[858].

Le =_w_= n’est pas français. Mais le _w_ germanique se prononce comme

le _v_ français, ainsi que celui du polonais _redo_w_a_[859].

Le =_w_= anglais demande plus d’attention.

En principe, devant une voyelle, il a le son de la semi-voyelle _ou_:

w_ater-closet_ ou w_aterproof_, w_attman_, w_arf_, w_hist_, w_hig_,

w_isky_, w_ig_w_am_, w_orkhouse_, _s_w_ell_, _tram_w_ay_, _rail_w_ay_,

_sand_w_ich_[860]. Mais quand il se francise, c’est presque toujours

en _v_; ainsi il est complètement francisé en _v_ dans w_agon_ et ses

dérivés, à peu près dans w_arrant_ et ses dérivés, souvent aussi dans

w_aterproof_, quoiqu’on ne francise pas _oo_, et dans w_ater-closet_

ou w_attman_. S’il s’est francisé définitivement en _ou_ dans w_hist_,

c’est parce que le mot ne s’est pas répandu dans le peuple; mais

_tram_w_ay_ a beaucoup de peine à se franciser tout à fait avec le son

_ou_, qui pourtant semble l’emporter[861].

Nous avons réduit _aw_ à _au_ dans _outl_aw, _l_aw_n-tennis_,

_tomah_aw_k_, _dr_aw_back_[862].

Nous avons accepté pour l’anglais _ew_ la prononciation _iou_; ainsi

pour _mild_ew, qui eut la chance d’être appris par l’oreille et non

par l’œil; mais nous l’écrivons beaucoup mieux _mildiou_, comme il

convient. _Intervi_ew se prononce indifféremment _viev_ ou _viou_, et

le premier finira sans doute par s’imposer, ne fût-ce qu’à cause du

dérivé _intervi_ew_er_, pour lequel la prononciation _viou-ver_ est

assez ridicule[863].

L’anglais _ow_ se prononce comme _o_ fermé dans _b_o(w)-_wind_o(w),

_r_o(w)_ing_, _arr_o(w)-_root_, _sn_o(w)-_boot_, et quelquefois

_co_(w)-_boy_ (pour _caouboï_); d’autre part nous réduisons

facilement _ow_ à _ou_ dans _cl_ow_n_, _teag_ow_n_, _c_ow_pox_ ou

_br_ow_ning_[864].

X et Z

1º L’X final.

_A la fin des mots français_, l’=_x_= n’est plus généralement qu’un

signe orthographique qui tient simplement la place d’un _s_[865]. Aussi

ne se prononce-t-il pas plus que l’_s_ du pluriel, notamment après

_u_, dans tous les mots en _-aux_, _-eux_, _-oux_, au singulier comme

au pluriel: _fau_(x), _veau_(x), _aïeu_(x), _heureu_(x), _dou_(x),

_genou_(x), etc., etc.[866]. Il n’y a même pour ceux-là aucune

exception, pas même pour _deu_(x), dont l’_x_ s’est amui, comme l’_s_

de _troi_(s), quoiqu’il se soit conservé dans _six_ et _dix_, dont nous

allons parler[867].

L’_x_ final ne se prononce pas davantage dans _pai_(x), _fai_(x) et ses

composés, ni dans les mots en _-oix_[868].

Il ne se prononce pas non plus dans _pri_(x), _perdri_(x) et

_crucifi_(x), ni dans _flu_(x), _reflu_(x), _influ_(x)[869].

On vient de voir que l’_x_ final se prononce par exception dans les

noms de nombre _six_ et _dix_, comme se prononcent les consonnes

finales de _cin_q, _sep_t, _hui_t, _neu_f; mais ceci demande des

explications.

D’abord cet _x_ devrait s’écrire _s_, comme autrefois, car il a

conservé ici le son de la langue vulgaire, où il a toujours sonné comme

un _s_: _j’en ai si_x, _page di_x, _Charles di_x, _le si_x _mai_, _le

di_x _août_.

En second lieu, il faut excepter, bien entendu, suivant la règle des

adjectifs numéraux, les cas où _six_ et _dix_ sont suivis d’un pluriel

commençant par une consonne: _di_(x) _francs_, _si_(x) _sous_, _si_(x)

_cents_, _di_(x) _mille_[870].

Mais d’autre part, si le pluriel commence par une voyelle, ce n’est

encore pas le son normal de l’_s_ qu’on entend; car il se produit alors

simplement un phénomène de liaison, d’où il résulte que l’_s_ est

doux[871]. De là la différence qu’il y a entre _si_x _hommes_ (si-zom)

et _si_x _avril_ (si-savril): le nom du mois n’étant pas multiplié,

_dix_ et _six_ se prononcent _dis_ et _sis_ devant _avril_, _août_,

_octobre_, comme devant _mai_, _juin_ ou _septembre_. A vrai dire, on

prononce souvent _si zavril_ comme _si zhommes_, comme on dit aussi

_entre si zet huit_, mais ce sont des abus de liaison; au pis aller,

pour _si_x _et huit_, on peut choisir entre le son dur et le son

doux, tandis que pour _si_x _hommes_ on n’a pas le choix: l’_s_ est

nécessairement doux.

On fait aussi la liaison par analogie, et quoiqu’il n’y ait pas

multiplication, dans _dix-huit_ (dizuite) et ses dérivés.

Par analogie avec _di_x_-huit_, on prononce également un _s_ doux

dans _di_x_-neuf_, comme on prononce le _t_ dans _ving_t_-quatre_ ou

_ving_t_-neuf_.

Dans _di_x_-sept_, l’_x_ garde le son de l’_s_ dur à cause de l’autre

_s_ qui suit: _dis-sète_; d’ailleurs, quand on parle vite, on dit

facilement _di-sète_, l’_s_ double se réduisant à un, comme dans tous

les mots populaires[872].

On prononce de même avec un _s_ dur les termes de musique

_si_x_-quatre_ ou _si_x_-huit_, quoiqu’il y ait multiplication, parce

qu’en réalité ce n’est pas _quatre_ et _huit_ qui sont multipliés,

mais seulement les notes représentées par ces chiffres, de sorte que

les deux chiffres qui indiquent la mesure restent toujours distincts;

_sizuit_ est donc encore un abus de liaison, d’ailleurs très tolérable.

* * * * *

Comme _six_ et _dix_, _coccy_x se prononce avec un _s_ simple, au moins

par euphonie[873].

* * * * *

En dehors de _six_, _dix_ et _coccyx_, quand l’_x_ final se prononce,

il se prononce _cs_. Mais cela n’a lieu que dans des mots grecs, latins

ou étrangers, comme _inde_x, _sile_x ou _sphin_x[874].

2º L’X intérieur.

Comment on Prononce le Français Traité complet de prononciation pratique avec le noms propres et les mots étrangers · 第 17 / 36 段