CXIV

Et Maître Apian conclut, hochant la tête:

--«L'esprit est messager! Lorsque les barques

devant le Malatra faisaient descise,

ah! je le pressentais, que cette malheureuse

(car elle doit avoir, jetée à la rivière,

fait triste fin) devait tôt ou tard

amener sur nous quelque malencontre.

Ah! mes sept barques! mes beaux chevaux haleurs!

Dire que tout cela est foudroyé, en ruine!

C'est la fin du métier... Pauvres collègues,

oui, vous pouvez bien dire: Adieu la belle vie!

Il a crevé pour tous, aujourd'hui, le grand Rhône.»

Et alors, de l'épaule au tour de la ceinture

ayant enroulé sur leur corps les câbles

et les restants d'agrès qu'ils avaient recueillis,

à pied toute la troupe, en suivant le rivage,

remonta vers Condrieu, sans autre plainte.

[Illustration]

[Illustration]

Le Poème du Rhône, en XII chants. Texte Provençal et Traduction Française · 第 278 / 296 题