Un grand cri monte... Aïe! malheur! du Caburle
un tourbillon effrayant enveloppe
la barque en son remous: un heurt terrible
tonne contre le Pont et tout se brise.
Guilhem, du contre-coup, au sein des vagues
est projeté, ayant l'Anglore dans ses bras.
Et il nage, battu par les tronçons de poutre,
et il nage, tenant à fleur d'eau son amie,
et tant qu'il peut il nage. Mais les flots irrités
le submergent enfin et sous la houle
il disparaît. Sur l'autre bord du Rhône
agenouillées, là-bas, pleurent les femmes,
criant et priant Dieu. De la chaussée,
où il s'était rendu après le bris des barques,
sauvant le petit mousse de l'équipe,
le bon Jean Roche à l'eau se jette encore.
Et de nager, cherchant le prince;
et de plonger, cherchant l'Anglore.
Mais vainement! Le fleuve, qui sait où?
les avait tous les deux emmenés pour toujours.