Note II

Touchant le baroque scrupule de Robert qui, on se le rappelle, craignait

de m’avoir scandalisé en parlant de choses religieuses dans un cercle de

joueurs, je tiens à dire ceci: ce serait le fait d’un Pharisien de

prendre la mouche pour une raison de ce genre. On peut parler de Dieu

partout, pourvu que ce soit avec les sentiments qui conviennent. Pour

rassurer Robert, dans une lettre que je n’ai pas citée, je lui rapportai

une anecdote personnelle: l’hiver passé, vers onze heures du soir,

j’étais au casino de la jetée-promenade, à Nice, en compagnie d’un

lieutenant de chasseurs-alpins et d’un autre jeune homme, tous deux bons

catholiques. C’était, n’est-ce pas, un endroit peu propice aux

conversations d’ordre religieux. L’orchestre fignolait des valses

langoureuses; cinq cents rastaquouères jargonnaient autour de nous; des

gourgandines luxueuses jouaient de la prunelle; pas bien loin, les écus

tintaient et une cohue d’adorateurs du hasard vidaient leurs poches aux

petits chevaux.

Eh bien, pendant ce temps-là, nous parlions de l’amour de Dieu et je

commentais à mes jeunes amis sainte Lydwine et Catherine Emmerich. Et je

vous prie de croire que nous ne donnions pas la moindre attention aux

choses mal édifiantes et saugrenues qui se passaient là.

Quand l'esprit souffle · 第 65 / 90 题