Verlaine dit, quelque part, que sa première communion se fit sans aucune
ferveur. Et cependant, au chapitre IX de son livre: _Confessions_, il
écrit ceci: «Je ressentis alors, pour la première fois, cette impression
presque physique que tous les pratiquants de l’Eucharistie éprouvent de
la Présence absolument réelle dans une sincère approche du Sacrement. On
est investi: Dieu est là dans notre chair et dans notre sang. Les
sceptiques disent que c’est la Foi seule qui produit cela en
l’imaginant. Non, et l’indifférence des impies, la froideur des
incrédules quand, par dérision, ils absorbent les Saintes Espèces, est
l’effet même de leur péché, la punition temporelle du sacrilège...»
Comment expliquer cette contradiction? Je crois que Verlaine applique à
sa première communion d’enfant ce qu’il éprouva lors de sa première
communion en prison, après son retour à Dieu. Cette sensation si
exactement notée de la Présence Réelle dut être la récompense octroyée à
son sincère repentir. Notons, en passant, que cette seconde communion
eut lieu à la fête de l’Assomption.