André divise ainsi méthodiquement le sujet qu'il se propose de traiter:
1º Quid sit amor et undè dicatur[250].
[250] Ce qu'est l'amour et d'où il prend nom.
Quel est l'effet d'amour.
Entre quelles personnes peut exister amour.
De quelle façon l'amour s'acquiert, se conserve, augmente, diminue,
finit.
A quels signes connaît-on d'être aimé, et ce que doit faire l'un des
amants quand l'autre manque à sa foi.
2º Quis sit effectus amoris.
3º Inter quos possit esse amor.
4º Qualiter amor acquiratur, retineatur, augmentetur, minuatur,
finiatur.
5º De notitia mutui amoris, et quid unus amantium agere debeat, altero
fidem fallente.
Chacune de ces questions est traitée en plusieurs paragraphes.
André fait parler alternativement l'amant et la dame. La dame fait des
objections, l'amant cherche à la convaincre par des raisons plus ou
moins subtiles. Voici un passage que l'auteur met dans la bouche de
l'amant:
... Sed si forte horum sermonum te perturbet obscuritas, eorum tibi
sententiam indicabo[251].
[251] Mais si par hasard l'obscurité de ce discours vous embarrasse,
je vais vous en donner le sommaire.
De toute antiquité il y a en amour quatre degrés différents:
Le premier consiste à donner des espérances, le second dans l'offre
du baiser.
Le troisième dans la jouissance des embrassements les plus intimes.
Le quatrième dans l'octroi de toute la personne.
Ab antiquo igitur quatuor sunt in amore gradus distincti:
_Primus_, in spei datione consistit.
_Secundus_, in osculi exhibitione.
_Tertius_, in amplexus fruitione.
_Quartus_, in totius concessione personæ finitur.