Du courage des femmes.
I tell thee proud Templar, that not in thy fiercest battles hadst thou
displayed more of thy vaunted courage, than has been shewn by woman
when called upon to suffer by affection or duty.
_Ivanhoe_, tome III, page 220.
Je me souviens d'avoir rencontré la phrase suivante dans un livre
d'histoire: «Tous les hommes perdaient la tête; c'est le moment où les
femmes prennent sur eux une incontestable supériorité.»
Leur courage a une _réserve_ qui manque à celui de leur amant; elles se
piquent d'amour-propre à son égard, et trouvent tant de plaisir à
pouvoir, dans le feu du danger, le disputer de fermeté à l'homme qui les
blesse souvent par la fierté de sa protection et de sa force, que
l'énergie de cette jouissance les élève au-dessus de la crainte
quelconque qui, dans ce moment, fait la faiblesse des hommes. Un homme
aussi, s'il recevait un tel secours dans un tel moment, se montrerait
supérieur à tout; car la peur n'est jamais dans le danger, elle est dans
nous.
Ce n'est pas que je prétende déprécier le courage des femmes: j'en ai
vu, dans l'occasion, de supérieures aux hommes les plus braves. Il faut
seulement qu'elles aient un homme à aimer; comme elles ne sentent plus
que par lui, le danger direct et personnel le plus atroce devient pour
elles comme une rose à cueillir en sa présence[80].
[80] Marie Stuart parlant de Leicester après l'entrevue avec Élisabeth
où elle vient de se perdre.