«_Unthrifty loveliness why dost thou spend_
_Upon thy self thy beauty's legacy_?
«_For having traffic with thy self alone_
_Thou of thy self thy sweet self dost deceive.»_
(SHAKESPEARE, Sonnets).
Qu'ils sont rares, ceux dont la personnalité est assez complète pour
se griser d'elle-même! Tous ces autres à qui il faut non seulement les
autres, mais tous les stimulants et tous les poisons venus du dehors
pour enivrer leur désir, cette pauvreté.
Être à la fois son autel, son encens et sa divinité?
La rose sent-elle son parfum?
Les plus belles roses fleurissent solitairement sur leurs tiges.
D'elles-mêmes sort leur encens.
La chair des corps adolescents, qui gardent dans leurs ombres bleues
comme le souvenir des extatiques clairs de lune où ils se sont baignés.
Adolescence sans amour et pleine d'amour.
Avoir un amour non partagé, quelle richesse, mais comment la dépenser?
Joie partagée; joie augmentée ou diminuée?
Être à soi-même son couple?
Diogène, en philosophe qu'il était, pourvoyait lui-même à ses désirs...