Les réservistes de la marine ont été appelés lundi dernier dans les
ports de Brest, Cherbourg et Toulon, et vont être embarqués pour une
période d'exercices qui durera jusqu'au 15 juillet.
Pour la première fois, ils vont faire leur service à la mer; jusqu'à
présent, on se contentait de les caserner dans les ports et de leur
faire faire à terre des exercices purement militaires.
Nous croyons que le ministre a été bien inspiré en prenant une mesure
qui retrempe les réservistes de la marine, soit dit sans vouloir faire
un jeu de mots facile, dans un métier pour lequel un entraînement
continu est si nécessaire.
Nos matelots eux-mêmes préféreront certainement les exercices de leur
profession à ceux du métier militaire pour lequel ils professent une
aversion, plus simulée d'ailleurs que véritable.
Ils aiment en effet, par dessus tout, les manoeuvres de débarquement
dans lesquelles ils jouent un rôle tout à fait militaire.
Dans tout navire de guerre, une certaine quantité d'hommes, pouvant
aller jusqu'au tiers de l'équipage, est embrigadée, pour faire partie de
la «Compagnie de débarquement». Cette Compagnie se fractionne par
pelotons, sections ou escouades en groupant les hommes par bordées,
divisions et sections, et chacun de ces groupes se compose d'hommes se
connaissant, habitués à manoeuvrer ensemble et appartenant à diverses
spécialités, manoeuvre, timonerie, etc., afin de pouvoir se suffire en
cas d'isolement.
Nous ne décrirons pas les diverses opérations parfaitement réglementées,
qui régissent la mise en terre d'une compagnie de débarquement. Cette
manoeuvre s'effectue avec la rapidité et l'entrain familiers à notre
marine; les marins y trouvent d'ailleurs une diversité fort agréable à
la monotonie du service à bord. Ces grands enfants y prennent un plaisir
de collégiens en promenade. Quant à la façon dont ils se comportent dans
ces «promenades» et dont ils y soutiennent l'honneur du pavillon, les
plages de Tunisie, du Tonkin, de Madagascar, en ont gardé le souvenir.