[14: _Au duc de Bassano._
Francfort-sur-le-Mein, 25 novembre 1813.
Monsieur le duc, le courrier que V. Exc. a expédié de Paris le 16 est
arrivé ici hier. Je me suis empressé de mettre sous les yeux de LL. MM.
II. et de S. M. le roi de Prusse la dépêche dont vous m'avez honoré. LL.
MM. ont vu avec plaisir que l'entretien confidentiel avec M. de
Saint-Aignan a été considéré par S. M. l'empereur des Français comme une
preuve des intentions pacifiques des hautes puissances alliées. Animées
des mêmes intentions, constantes dans leurs vues et inséparables dans
leur alliance, elles sont prêtes à entrer en négociation, aussitôt
qu'elles auront la certitude que S. M. l'empereur des Français reconnaît
les bases générales et sommaires que j'ai indiquées dans ma conférence
avec le baron de Saint-Aignan. Il n'est pas fait mention de ces bases
dans la dépêche de V. Exc. Elle se borne à énoncer un principe auquel
tous les gouvernements européens prennent part, et qui forme le premier
objet de leurs voeux. Mais enfin ce principe, étant trop général, ne
peut pas remplacer les bases énoncées. LL. MM. désirent donc que S. M.
l'empereur Napoléon veuille se déclarer sur ces bases, afin d'empêcher
que des difficultés insurmontables n'arrêtent les négociations dès leur
ouverture. Les alliés n'ont aucune difficulté à admettre le choix de la
ville de Manheim. Sa neutralisation, et les règles de la police, telles
que V. Exc. les propose, sont parfaitement conformes à l'usage, et
peuvent avoir lieu en tout cas.
Agréez, etc.