METTERNICH.]

[15: _Au prince de Metternich._

Paris, le 2 décembre 1813.

Prince, j'ai mis sous les yeux de S. M. la lettre que V. Exc. a adressée

au duc de Bassano. La France, en acceptant sans restriction comme bases

de la paix, l'indépendance des nations, tant sous le point de vue du

continent que sous celui des mers, a _déjà reconnu en principe ce que

les alliés paraissent encore trouver manquant_; S. M. accédait par là à

toutes les conséquences de ce principe, dont le résultat final doit être

une paix basée sur l'équilibre de l'Europe, sur la reconnaissance de

l'intégrité des nations dans leurs limites naturelles, et de

l'indépendance totale des États, en sorte que personne ne puisse

prétendre à une domination ou à une suprématie, sous quelque forme que

ce soit, sur les autres. Cependant c'est avec la plus vive satisfaction

que j'annonce à V. Exc. que je suis autorisé par l'empereur, mon auguste

souverain, à déclarer que S. M. accepte les bases générales et sommaires

qui ont été communiquées par M. de Saint-Aignan. Elles entraîneront de

grands sacrifices du côté de la France; mais S. M. les fera sans peine,

si après cela l'Angleterre fournit les moyens d'arriver à une paix

générale et honorable pour chacun, qui, ainsi que V. Exc. l'assure, est

le voeu non seulement des puissances coalisées, mais même de

l'Angleterre.

Agréez, etc.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 6 · 第 57 / 79 题