1. Enfans des Grecs! marchons en armes contre l'ennemi, et que son sang
odieux coule par torrens sous nos pas. Montrons-nous hommes: secouons le
joug du tyran ottoman. Levons-nous, et les fers de la patrie sont tous
rompus. Ombres généreuses des guerriers et des sages, contemplez le
combat qui va s'engager! Hellènes des âges passés, renaissez à la vie!
Au son de ma trompette, rompez votre sommeil, et joignez-vous à moi; et
marchant contre la ville aux sept collines[162], combattez, poursuivez
vos conquêtes jusqu'à ce que nous soyons libres.
[Note 162: Constantinople--Ἑπτάλοφος.]
Allons, enfans des Grecs! etc.
2. Sparte! ô Sparte! pourquoi demeures-tu plongée dans une léthargie
profonde? Eveille-toi, et réunis tes armées aux Athéniens, tes anciens
alliés! Rappelle Léonidas, ce héros des chants antiques, guerrier
terrible! guerrier fort! qui jadis vous sauva de la ruine; qui fit cette
diversion hardie dans les gorges des vieilles Thermopyles; qui, pour la
liberté de sa patrie, soutint avec ses trois cents soldats une longue
bataille contre le Perse; et, comme un lion furieux, expira dans une mer
de sang.
Allons, enfans des Grecs! etc.