LVI.

TRADUCTION

DE LA CHANSON ROMAIQUE.

Μπενω µες᾿ τὸ περιζολι,

Ὠραιοτάτη Χαηδή, κ.τ.λ.

La chanson que je traduis est en grande faveur parmi les jeunes

Athéniennes de toutes les classes. Elles la chantent en rond, chacune

entonnant tour à tour un vers, qui est répété en chœur par la troupe

entière. J'ai souvent entendu cela dans nos «χὀροι» durant l'hiver de

1810-11. L'air est plaintif et assez joli.

1. J'entre dans ton jardin de roses, Haïdée[163], belle adorée! Tous les

matins Flore y repose: c'est bien elle que je vois en toi. Oh! vierge

aimable! je t'implore à genoux: reçois mon hommage sincère, reçois-le

d'une bouche qui ne chante que pour t'adorer, et qui tremble pourtant de

ce qu'elle a chanté. Comme la branche, au gré de la nature, donne à

l'arbre, le parfum des fleurs et la richesse des fruits, ainsi brille

dans ses yeux, dans tous ses traits, l'ame de la jeune Haïdée.

[Note 163: La vraie prononciation de ce mot (Χαηδή) c'est _Ha-i-di_.

(_N. du Tr._)]

2. Mais le plus aimable jardin devient odieux, quand l'amour en

abandonne les bosquets; donnez-moi de la ciguë,--puisque ma flamme ne

peut plaire, cette herbe a plus de parfum que les fleurs. La liqueur

exprimée de ce calice empoisonné[164] rendra la coupe bien amère: mais

quand je boirai le breuvage mortel pour échapper à ta barbarie, mon ame

y trouvera saveur douce. O cruelle, en vain je t'implore pour sauver à

mon cœur ces horribles angoisses. Rien ne te rendra donc à mon sein? Hé

bien! ouvre-moi les portes du tombeau.

[Note 164: Cela n'est pas exact, scientifiquement parlant: c'est moins

de la fleur de la ciguë que de la plante tout entière que l'on retire un

suc vénéneux.

(_N. du Tr._)]

3. Comme le guerrier qui s'avance au combat avec le sûr espoir du

triomphe, ainsi toi, sans autres dards que tes yeux, as-tu percé mon

cœur d'une blessure profonde. Ah! dis-le moi, chère ame, dois-je

succomber aux souffrances qu'un sourire dissiperait? L'espérance que

jadis tu m'ordonnas de nourrir serait-elle une trop forte récompense de

mes tourmens? Sombre aujourd'hui est le jardin de roses, belle, mais

perfide Haïdée[165]! Flore y languit flétrie, et pleure avec moi sur ton

absence.

[Note 165: _Beloved but false Haïdee_! M.A.P. traduit: «_Tendre_, mais

trompeuse Haïdée.» Contre-sens,--et même _contre bon sens_: car un amant

ne dit pas que sa maîtresse est tendre, au moment même où elle est

inexorable.

(_N. du Tr._)]

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 180 / 250 题