[151] Nº 2 307. Voir le catalogue de la Bibl. du Conservatoire de

Bruxelles, par M. Wotquenne, I, p. 443.

[152] Tome XLI.

[153] Il est remarquable que Fétis en parle, en août 1827, dans la

_Revue musicale_ (voir Nuitter et Thoinan), et que, dans l'article de

son _Dictionnaire_ sur Luigi Rossi, il omet de citer l'_Orfeo_, qu'il

connaissait pourtant.

[154] C'était d'ailleurs le défaut de presque toute l'époque, du moins

de presque tout l'opéra de ce temps. Comme le dit M. Amintore Galli,

dans son _Estetica della musica_ (1900, Turin, p. 537), «dans la

première moitié du XVIIe siècle, régnait sur l'opéra la mesure ternaire,

et le rythme de la grave sarabande. Les rythmes de danse et les passages

vocalisés caractérisent les oeuvres de ce temps d'incubation

mélodramatique».

[155] Il s'agit de la scène du Satyre et d'Aristée.

[156] _Recueil d'excellents airs italiens de différents auteurs d'après

Brossard_, Bibl. Nat. Rés. Vm. 1108.

[157] «Le récitatif italien est un méchant usage du chant et de la

parole.»

[158] _Lettre sur les Opera._

[159] Malgré Rinuccini, et l'éveil assez intéressant pour l'histoire

littéraire d'une suite de dramaturges musicaux,--comme Gabriello

Chiabrera, Alessandro Striggio, poète de l'_Orfeo_ de Monteverde,

Ottavio Tronsarelli (33 _Drammi musicali_, 1632, Rome), Girolamo

Bartolommei (_Drammi musicali_, 1656), dont une _Teodora_ et un

_Polietto_, publiés en 1632, dans un volume de tragédies sacrées, ont

vraisemblablement inspiré les célèbres oeuvres de Corneille. Le premier

de ces _Drames musicaux_ de 1655, une _Cerere racconsolata_, est

précisément dédié «_all' Eminentissimo Sig. Cardinale Giulio

Mazzarini_». (Voir H. Hauvette: _Un précurseur italien de Corneille_,

1897, Grenoble).

M. Angelo Solerti avait commencé dernièrement la publication des

_libretti_ musicaux de la première moitié du XVIIe siècle. (Voir dans

ses _Albori del Melodramma_, Milan, Sandron, les volumes II et III

consacrés à l'oeuvre de Rinuccini, Chiabrera, Striggio, Campeggi, St.

Landi, O. Corsini, etc.)--La mort a malheureusement interrompu cette

entreprise, comme tant d'autres précieux travaux de ce grand érudit.

[160] Combien Rameau n'a-t-il pas eu à en souffrir!

[161] Déjà certains l'osèrent, aux XVIIe et XVIIIe siècles: Péri, Loreto

Vittori, Ferrari, Manelli, Stradella, Mattheson, etc.

[162] _Trattato della musica scenica._--Doni mourut, l'année même

d'_Orfeo_, en 1647.

[163] St-Évremond lui-même reproche à Luigi--ainsi du reste qu'à Cavalli

et à Cesti--de sacrifier le drame à la musique, et de faire oublier ses

héros par le charme de son art:--«L'idée du musicien va devant celle du

héros dans les Opera: c'est Luigi, c'est Cavallo, c'est Cesti qui se

présentent à l'imagination», et non leurs personnages. (_Lettre sur les

Opera._)

[164] Voir, par exemple, l'arietta d'Euridice: «_Quando un core

inamorato_», p. 298 des _Studien zur Geschichte der italienischen Oper

im 17. Jahrhundert_ (tome I) de M. Hugo Goldschmidt.--On trouvera dans

cet excellent ouvrage, qui a paru en même temps que paraissait dans _la

Revue d'Histoire et de Critique musicales_ l'étude présente sur Luigi

Rossi, de nombreux fragments de l'_Orfeo._

[165] Ainsi, dans le _Recueil d'airs italiens_, aux armes de

Charles-Maurice le Tellier, archevêque de Reims (Bibl. Nat. Rés. Vm

1115. Inventaire Vm^{7} 17), p. 109-119, le 11e air: _Non sara, non fù,

non è_, qui débute par un mouvement vif à 4 temps, passe dans un adagio

à 3/2, puis revient au 4.--Dans le même recueil, l'air: _Anime voi che

sete dalle furie_ (p. 59-68).--Voir aussi dans le recueil, déjà cité, de

Brossard: _Deh, deh, soccorri;--Chi trovasse una speranza;--Non sempre

ingombra;_ etc.--Il en est de même dans le recueil de _Cantates_ (Bibl.

Nat. Rés. Vm. 1175 [27]).

[166] Voir p. 301 du livre cité de M. H. Goldschmidt, l'air d'Euridice:

_Fugace e labile è la beltà_, que M. Goldschmidt rapproche de l'air

célèbre du _Rinaldo_ de Haendel: _Lasoia ch'io pianga._

[167] Sur les vocalises et les «passages» vocaux dans les oeuvres de

Luigi, voir le tout récent ouvrage de M. H. Goldschmidt: _Die Lehre von

der vokalen Ornamentik_ (1er vol. 1907).

[168] Acte III. Scène X. Nous publions, à la fin du volume, cette

admirable scène, restée inédite jusqu'à présent.

[169] Acte II, scène 9 (Voir p. 305 des _Studien_ de Goldschmidt).

[170] Acte II, scène 5. Délicieux trio des Grâces, où chaque voix, à son

tour, reprend la phrase initiale: _Pastor gentile_.

Acte III, scène 9. Charmant choeur à 3: _Dormite, begli occhi,_ qui fait

penser à _Céphale et Procris_ de Grétry (p. 303 des _Studien_ de

Goldschmidt).

[171] _Volkommener Kapellmeister_, 1739 (p. 345).

[172] Acte III, scène 1.--Le burlesque se mêle bizarrement au

pathétique: Aristée, fou de désespoir, chante un trio bouffe avec Momus

et le Satyre (Acte III. scène 4).--Il y a dans l'_Orfeo_ nombre d'airs

bouffes, et assez réussis, qui annoncent l'_opéra buffa_ du XVIIIe

siècle.

[173] Voir notre Supplément musical.

[174] «Le fameux Luiggi Rossi, qui est un des premiers qui ait donné aux

airs italiens ce tour non seulement sçavant et recherché, mais aussi ce

tour et ce chant gracieux qui les fait encor admirer de nos jours par

tous les connaisseurs.» (_Catalogue de Brassard_, 1724).

[175] Burney, dans son _Histoire de la musique_ (t. IV, p. 152-157),

note l'élégance de ses airs, leur modernisme et leurs hardiesses

harmoniques.

[176]

«Je ne m'estonne point de voir à tes beaux airs

Soumettre les démons, les monstres, les enfers,

Ny de leur fier tyran l'implacable furie.

Le chantre Tracieu dans ces lieux pleins d'effroy

Jadis en fit autant; mais de charmer l'envie,

Luiggy, c'est un art qui n'appartient qu'à toi.»

[177] «_Solus Gallus cantat_... Luigi ne pouvait souffrir que les

Italiens chantassent des airs, après avoir ouï chanter a M. Nyert, à

Hilaire, à la petite Varenne.» (_Lettre sur les Opera_.)

[178] Voir Nuitter et Thoinan.--De Nyert avait été formé, d'ailleurs, à

l'école romaine. Il était à Rome en 1630. (Voir la notice de Tallemant

des Réaux, t. IV, p. 428 et suiv., sur _De Nyert, Lambert et Hilaire_.)

C'est à de Nyert qu'est dédiée la fameuse épitre de La Fontaine contre

l'Opéra.

[179] M. Henri Quittard vient de publier un certain nombre de ces

Dialogues dans le _Bulletin français de la S. I. M._ (15 mai 1908).

[180] A la vérité, je n'ai pas trouvé trace, dans ses manuscrits, de

musique écrite sur d'autres textes que des textes italiens; et, jusqu'à

nouvel ordre, rien n'autorise à dire, comme a fait M. Ademollo, que

Luigi fut le premier à écrire «sur des paroles françaises et pour des

artistes français».

[181] «Il faisait peu de cas de nos chansons, excepté de celles de

Boisset, qui attirèrent son admiration.» (_Lettre sur les Opera_.)

«Les airs de Boisset, qui charmèrent autrefois si justement toute la

cour, furent laissés bientôt pour des chansonnettes; et il fallut que

Luigi, le premier homme de l'univers en son art, les vint admirer

d'Italie, pour nous faire repentir de cet abandonnement et leur redonner

la réputation qu'une pure fantaisie leur avait ôtée.» (St-Evremond,

_Observations sur le goût et le discernement des François_.)

Ce grand artiste, pour qui Luigi fait une exception si flatteuse parmi

les musiciens français, et que certains des amateurs distingués du XVIIe

siècle, Maugars, Lecerf de la Viéville, Bacilly, opposent aux maîtres

d'Italie, comme le représentant le plus parfait de notre art

national,--attend encore aujourd'hui une étude qui le remette en sa

pleine lumière.

[182] «Il admira le concert de nos violons, il admira nos luths, nos

clavessins, nos orgues...» (St-Évremond.)

[183] Il ne peut s'agir ici de la qualité que Lecerf de la Viéville

reconnaît aux chanteurs français: à savoir, «de mieux prononcer».

Tallemant, dans sa notice sur de Nyert, dit que c'est aux Italiens qu'il

avait pris «ce qu'il y avait de bon dans leur manière de chanter», et

«qu'avant lui et Lambert, on ne savait guère ce que c'était de prononcer

bien les paroles». (IV, 428.)

[184] St-Évremond, _Lettre sur les Opera_.

[185] Mon érudit confrère, M. A. Wotquenne, a bien voulu me signaler le

passage suivant de Pitoni (_Notizie de' contrappuntisti e compositori di

musica_): «Luigi Rossi, napolitain: un grand nombre de ses cantates,

opéras (_commedie_) et _canzoni_ sont encore recherchés aujourd'hui par

les étrangers. Il mourut en 1653, et fut enterré à S. Maria in Via Lata,

à Rome, où on lit l'éloge suivant: _Aloysio de Rubeis Neapolitano

phonasco toto orbe celeberrimo, regnis regibusque noto, cujus ad tumulum

Armonia orphana vidua amicitia æternum plorant, Joannes Carolus de

Rubeis sibi fratrique amantissimo cui cor persolvit in lacrimas

sepulchrum posuit anno MDCLIII.»_ (Collection La Fage, mss. franc.,

nouvelle acquisition, nº 266.)

Luigi Rossi avait été en relations, sans doute dans les dernières années

de sa vie, avec Christine de Suède. Nous avons de lui un _Lamento_ sur

la mort de Gustave-Adolphe.

[186] «J'ai essayé, dit Perti, de suivre du mieux que j'ai pu les trois

plus grandes lumières de notre profession, Rossi, Carissimi et Cesti.

J'ai pris pour escorte ces trois grandes âmes...»

[187] Entre autres, une _Scelta di canzonette italiane di diversi

autori_, dedicate all'eccellentissimo Henrico Howard, duca di Norfolk, e

gran marescial d'Inghilterra, Printed at London, by A. Godbid and J.

Playford, in Little-Britain, 1679.

[188] Certains se souvenaient, pourtant: entre autres, La Fontaine, et

son ami De Nyert, à qui les bruyants succès de Lully ne faisaient pas

oublier l'_Orfeo_:

«Toi qui sais mieux qu'aucun le succès que jadis

Les pièces de musique eurent dedans Paris,

Que dis-tu de l'ardeur dont la cour échauffée

Frondoit en ce temps-là les grands concerts d'_Orphée_,

Les passages d'Atto et de Leonora,

Et ce déchaînement qu'on a pour l'Opéra?»

(_Épître à de Nyert, 1677_).

[189] En terminant ces pages, dans la _Revue d'Histoire et de critique

musicales_ d'octobre 1901, nous exprimions le désir «qu'on entreprît de

rassembler l'oeuvre disséminé de Luigi Rossi, et de publier au moins une

sélection des airs et des cantates, dont les bibliothèques de Paris, de

Belgique, d'Italie, et surtout d'Angleterre, possèdent encore une

quantité prodigieuse (à la seule _Christ Church Library d'Oxford_, 112

cantates; au _British Museum_, 31 cantates et duos, 2 _madrigali

spirituali_, etc.)».--Ce voeu est sur le point d'être réalisé. M. Alfred

Wotquenne, à qui l'histoire de la musique du XVIIe et du XVIIIe siècles

doit déjà tant de découvertes, a rassemblé à la Bibliothèque du

Conservatoire de Bruxelles les copies de toutes les cantates connues de

Luigi Rossi; et il prépare en ce moment une étude sur ce maître, avec la

collaboration de M. Gevaert, qui fut le premier peut-être, de notre

temps, à avoir l'intuition de la grandeur artistique de Luigi, et à

ressusciter ses oeuvres, dans la belle collection des _Gloires de

l'Italie_.

[190] Sénecé, _Lettre de Clément Marot touchant ce qui s'est passé à

l'arrivée de J.-B. Lully aux Champs-Élysées_ (1688, Cologne).

[191] «Un petit homme d'assez mauvaise mine et d'un extérieur fort

négligé.» (Sénecé.)

[192] _Comparaison de la Musique italienne et de la Musique française_,

par Lecerf de La Viéville de la Fresneuse (1705, Bruxelles).

Cet ouvrage est une suite de six dialogues entre des gens de

distinction, qui se rencontrent, soit dans un théâtre d'opéra de

province, à une représentation de _Tancrède_ de Campra, soit chez un

d'entre eux.

Ces amateurs passionnés discutent sur les mérites respectifs de la

musique italienne et de la musique française; et ce leur est un prétexte

pour faire l'apologie de Lully. Déjà ils sont un peu loin de leur héros,

qui est mort depuis dix-huit ans, quand se tiennent ces conversations.

Seul, le plus âgé de la société a vu Lully. Ils sont à la limite où va

disparaître la génération qui l'a connu, et, avec elle, tant de précieux

souvenirs. Ils le savent. Un d'entre eux dit:

«Profitez de la mémoire de ces messieurs. Il est temps de ramasser ces

particularités... elles vieillissent; dans quelques années d'ici, elles

se perdraient; vous les perpétuerez; et la mémoire de votre héros vous

aura cette obligation.»

C'est donc, d'après l'intention même de l'auteur, un recueil de la

tradition orale, des conversations de la cour et des musiciens sur

Lully. C'est à ce titre que je le citerai fréquemment, dans ces Notes.

Si tout n'en est pas rigoureusement exact, l'essentiel est que ce livre

reflète l'opinion publique d'alors et l'image qu'elle s'était faite de

Lully.--Image flattée, sans doute, puisque l'auteur est un fanatique de

Lully. Image très vivante toutefois, et à travers laquelle il n'est pas

difficile de retrouver l'homme réel.

Lecerf de la Viéville a été mis à contribution par presque tous ceux qui

ont parlé de Lully après lui; mais ils se sont bien gardés, pour la

plupart, de le nommer, tout en le pillant effrontément. Ainsi,

Boscheron, dans sa _Vie de Quinault_ (1715);--Titon du Tillet, dans son

_Parnasse françois_ (1732);--Le Prevost d'Exmes, dans son _Lully

musicien_ (1779).

[193] L'histoire est trop connue pour qu'on la raconte ici. Je renvoie

le lecteur au livre excellent de Nuitter et Thoinan: _Les Origines de

l'Opéra français_ (1886).

[194] Il le fit, comme il disait.--«Le raccommodement fut si complet et

si sincère, écrit Walckenaer, que La Fontaine supprima sa satire qui n'a

été imprimée qu'après sa mort, et qu'il fit depuis pour Lully deux

dédicaces en vers, l'une pour l'opéra d'_Amadis_ et l'autre pour celui

de _Roland_.»

[195] C'était alors le nom du quartier Saint-Roch, qui avait une double

butte formée par l'accumulation des détritus de Paris.

[196] Dans un livre très curieux, intitulé: _Lully homme d'affaires,

propriétaire et musicien_ (1891).

[197] Lettre d'un inconnu à Cabart de Villeneuve (citée par M. E.

Radet).

[198] D'après l'inventaire de ses biens, qui fut fait en 1687.

[199] «Le glouton», comme l'appelle encore La Fontaine.

[200] Lecerf de la Viéville.

[201] Lors du traité de Nimègue, il fit tirer, en face de son hôtel, un

feu d'artifice en l'honneur de la paix et du Roi. Pour la naissance du

duc de Bourgogne, il donna une représentation gratuite de _Persée_ au

peuple de Paris, «en y ajoutant des agréments extraordinaires. On

entrait dans la salle par un arc de triomphe, qui, au sortir de la

représentation, parut en feu; et un soleil s'éleva peu à peu au-dessus.

Ce soleil était composé de plus de mille lumières vives. On tira ensuite

plus de soixante fusées, les unes après les autres, et l'on fit couler

jusqu'à minuit une fontaine de vin.»

[202] Un des personnages de Lecerf faisant la critique d'un passage

d'_Amadis_, le chevalier réplique: «Mon pauvre ami, Lully est Lully,

comme a dit M. de La Bruyère; mais Lully était homme, et homme adonné à

ses plaisirs.»

[203] «Bon mari?» demande Lecerf.--«Pas mauvais. Il appelait toujours

Lambert: Beau-père.»

A la vérité, Saint-Évremond insinue que, si Lully avait perdu sa femme,

il n'eût pas fait autant de bruit qu'Orphée:

On t'aurait vu bien plus de fermeté

Que n'eut Orphée en son sort déplorable:

Perdre sa femme est une adversité;

Mais ton grand coeur aurait été capable

De supporter cette calamité.

En tout, Lully, je te tiens préférable.

[204] «Il prenait pour ses menus plaisirs le débit de ses livres, 7 à 8

000 livres de rente, et il laissait sa femme gouverner le reste.»

(Lecerf du la Viéville.)

[205] «... Veut que ladite dame son épouse conduise tout ce qui concerne

ladite Académie de musique ou Opéra, sans aucune exception ni

réserve...»

[206] Racontée par Lecerf.--Quelle qu'en soit l'exactitude, cette

légende, immédiatement formée après la mort de Lully, reflète l'opinion

qu'il avait donnée de lui à ses contemporains.

[207] Lecerf ajoute que, «retourné dans son lit, il fit un air

burlesque: _Il faut mourir, pécheur, il faut mourir_». Mais, comme

Lecerf lui même ne semble pas très sur de la vérité du fait, nous

partagerons son doute.

[208] Notre-Dame des Victoires, sa paroisse.

[209] Pour les grandes cérémonies, les deux bandes des violons et la

Grande Écurie se réunissaient sous la direction du surintendant.

Lully était depuis 1652 «inspecteur de la musique instrumentale», et

depuis 1653 «compositeur de la Chambre»,--poste où il avait succédé à

l'Italien Lazzarini.

[210] Elle comptait quatorze chanteurs, huit enfants, et un joueur de

cornet (serpent). Nulle mention d'organiste. Elle interprétait des

messes et motets à 4, 5 et 6 voix, sans accompagnement instrumental,

sous la direction de deux sous-maîtres de la chapelle, qui servaient

tour à tour par semestre.--(Voir Michel Brenet: _La musique sacrée sous

Louis XIV_, dans la _Tribune de Saint-Gervais_, février-avril 1899.)

[211] Depuis la nomination, en 1663, de Henry Dumont, comme sous-maître,

il y avait eu un premier essai de renouvellement dans l'esprit de la

chapelle royale. L'orgue s'y était introduit, avec une ou deux parties

de violons ou de violes. Mais ce fut surtout depuis l'établissement du

Roi et de la cour à Versailles que le style changea. Lully offrit sa

troupe de chanteurs et d'instrumentistes, et il fournit lui-même les

modèles du style nouveau; il écrivit de grands Psaumes à 8 ou 10 voix en

deux choeurs, avec un orchestre complet,--vrais opéras religieux, ou

cantates dramatiques, comprenant des récits, des airs, des duos, trios,

choeurs, symphonies, d'un caractère grandiose et parfois pathétique, mais

assez peu religieux.--(Voir M. Brenet, ibid., et H. Quittard, _Henry

Dumont_.)--Tout ce côté du génie de Lully mériterait une étude spéciale,

non moins que son activité singulièrement riche et brillante pour les

Ballets de cour et les divertissements royaux. Il n'entrait point dans

notre dessein de nous y attacher dans ces _Notes_, qui cherchent

seulement à esquisser son rôle dans l'histoire de notre tragédie

musicale.

[212]

Il faut vingt clavecins, cent violons pour plaire.

Ses concerts d'instruments ont le bruit du tonnerre,

Et ses concerts de voix ressemblent aux éclats

Qu'en un jour de combat font les cris des soldats.

(La Fontaine, _Epitre à M. de Niert_.)

[213] Lettres patentes du 12 mars 1672, autorisant Lully à établir à

Paris une Académie Royale de Musique «pour faire des représentations des

pièces de musique, composées tant en vers français qu'autres langues

étrangères».

[214] «Défenses contre toutes personnes de faire aucunes représentations

accompagnées de plus de deux airs et de deux instruments, sans la

permission par écrit du sieur Lulli.» (1672.)--Ordonnance du 30 avril

1673, interdisant aux comédiens de se servir de plus de deux voix et de

six violons. Etc.

[215] Entre autres, la vieille ennemie: la maîtrise, La Confrérie de

Saint-Julien-des-Menestriers, qui avait longtemps fait échec à la

Musique du Roi, et qui même, un moment, sous le «roi des violons»

Guillaume Dumanoir, avait été sur le point d'absorber sa rivale, sans

que le surintendant Boesset protestât. Elle s'attaqua à Lully, et

prétendit lui disputer le monopole de l'éducation de ses violons. Mal

lui en prit. Lully la fit confondre par un jugement injurieux, en 1673.

Le «roi des violons» renonça officiellement à sa royauté illusoire, en

1685.--(Voir J. Ecorcheville, _Vingt suites d'orchestre du XVIIe s.

français_, 1906, et Schletterer, _Geschichte der Spielmannszunft in

Frankreich und der Pariser Geigerkönige_, 1884, Berlin.)

[216] «Lully était de Florence,» dit Lecerf, «apparemment un petit

paysan de là autour».--«Moi, qui suis Florentin,» disait-il

lui-même.--Le duc de la Ferté vit à Florence, chez le grand-duc, un

vieux jardinier qui était son oncle ou son cousin, et portait son nom.

[217] Lecerf de la Viéville.

[218] Ibid.

[219] _Raisons qui prouvent manifestement que les compositeurs de

musique ou les musiciens qui se servent des clavessins, luths et autres

instrumens d'harmonie pour l'exprimer, n'ont jamais été et ne peuvent

être de la communauté des anciens jongleurs et ménestriers de Paris_,

1695. (Bibl. Nat.)

Nicolas Métru, de Bar-sur-Aube, était maître de chapelle des Jésuites à

Paris. François Roberday, de Paris, fut valet de chambre de la reine

Anne d'Autriche, puis de la reine Marie-Thérèse, organiste des

Petits-Pères, et mourut avant 1682. Nicolas Gigault, de Paris, né vers

1625, mort vers 1707, fut organiste de Saint-Nicolas-des-Champs, de

Saint-Martin-des-Champs et de l'hôpital du Saint-Esprit. Il eut

l'honneur d'être non seulement le maître de Lully, mais, peu avant sa

mort, le juge de Rameau, dans un concours d'orgue, en 1706.

M. A. Guilmant a publié, dans les _Archives des Maîtres de l'orgue des

XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles_, deux recueils de musique d'orgue de

Gigault et Roberday, avec d'excellentes notices de M. A. Pirro.

[220] _Cérémonial_ de Paris, rédigé par Martin Sonnet, en 1682.

[221] Le _livre des Noëls_ de Gigault, comme le _livre d'orgue_ de

Roberday, publiés par M. Guilmant, sont écrits aussi bien pour orgue que

pour clavecin, luth, violes, violons et flûtes, ainsi qu'ils s'en

expliquent dans leurs préfaces. Gigault était inscrit sur le rôle des

«compagnons qui montrent à danser et à jouer des instruments». Il

donnait probablement des concerts chez lui. Roberday prit part, en 1671,

dans l'église des Petits Pères, à un concert de 130 musiciens: violons,

hautbois, trompettes, timbales et orgue.

[222] Pendant le séjour de Cavalli à Paris, Roberday, qui imprimait

alors son _Livre d'orgue_ (1660), lui demanda un sujet de fugue, «afin

que son livre fût honoré du nom de ce maître».

[223] Écrit en 1665.

[224] Voir un curieux exemple de Gigault, publié par M. Pirro, dans la

_Revue musicale_ du 1er octobre 1903,--une marche de septièmes avec

altération ou broderie de la quinte.

Roberday fait même, dans la préface de son _Livre d'orgue_, une

audacieuse revendication de la liberté de l'art à l'égard des règles

d'école:

«Il se trouvera dans cet ouvrage, dit-il, quelques endroits peut-être un

peu trop hardis aux sentiments de ceux qui s'attachent si fort aux

anciennes règles qu'ils ne croient pas qu'il soit jamais permis de s'en

départir. Mais il faut considérer que la musique est inventée pour

plaire à l'oreille; et, par conséquent, si je leur accorde qu'un ouvrier

ne doit jamais sortir des règles de son art, ils doivent aussi demeurer

d'accord que tout ce qui se trouvera être agréable à l'oreille doit

toujours être censé dons les règles de la musique. C'est donc l'oreille

qu'il faut consulter sur ce point.»

Cette déclaration, pleine de bon sens et de sain réalisme, n'a pas été

perdue pour Lully.

[225] De ces dissonances, disent Perrault et Titon du Tillet, il a fait

«les plus beaux endroits de ses compositions par l'art qu'il a eu de les

préparer, de les placer et de les sauver».

Hardiesse toute relative! Quand, à la fin du siècle, la musique de

Bononcini commença à se répandre en France, les Lullystes poussèrent les

hauts cris: «... Des dissonances à faire frayeur!.. Des duretés

continuées jusqu'où on peut aller... Ce n'est pas supportable.

Heureuses, les oreilles de plomb!». (Lecerf de la Viéville:

_Éclaircissement sur Bononcini_, 1706.)

[226] _Airs_ (manuscrits) _de Boesset, Lambert, Lully, Le Camus_, etc.

(Bibl. Nat. Rés.--V^{m7}, 501.)

Les _Airs_ (imprimés) _à 1, 2, 3 et 4 parties avec la basse continue,

composés par MM. Boesset, Lambert, Lulli_, 1689, Ballard,--contiennent

le même air, mais avec des variantes appréciables.

Voir encore, de Lambert, l'air: _Pour bien chanter d'amour_,--ou: _Je

goûtais cent mille douceurs_;--ou ses chansons d'inspiration populaire,

bâties sur des mélodies de vaudevilles, aux rythmes dansants, comme:

_Hélas, que n'es-tu seulette_.

M. H. Quittard vient de publier une intéressante étude sur le style des

_Dialogues_ de Lambert, dans le _Bulletin français de la S. I. M._ (15

mai 1908).

[227] _Airs_ (manuscrits) _de Boesset_, etc.

Musiciens d'autrefois · 第 21 / 25 段