ZÉTULBÉ.

PUBLICATIONS

ILLUSTRÉES.

_La Nouvelle Héloïse,_ édition illustrée par MM. Tony Johannot, Em.

Wattier, Eug. Lepoittevin, Karl Girardet, C. Roqueplan, H. Baron, T.

Frère, C. Rogier, etc. 2 vol. grand in-8º, 100 livrais. à 25 c. Paris,

13, rue de la Michodière.

[Illustration.]

C'est presque un devoir pour l'_Illustration_ d'encourager toutes les

publications illustrées; aussi s'empressera-t-elle, dans le double

intérêt des éditeurs et du public, de prêter de temps en temps une de

ses pages aux meilleures gravures sur bois des ouvrages nouveaux qui

désireront profiter de sa générosité. Hier encore nous annoncions _le

Diable à Paris_. cette charmante collection de cent dessins de Gavarni,

que publie notre ami Hetzel, avec un texte composé par les célébrités

littéraires de l'époque; demain, Grandville et quelques-uns de ses _Cent

Proverbes_ prendront la place que nous accordons aujourd'hui à la

_Nouvelle Héloïse_, ou plutôt à MM. Tony Johannot et Em. Wattier.

Le besoin d'une _Nouvelle Héloïse_ illustrée se faisait, à ce qu'il

paraît, généralement sentir en France et à l'étranger, si l'on en juge

par le grand succès qu'a obtenu, dès les premières livraisons, l'édition

que publie M. Barbier. Jean-Jacques Rousseau nous semblait assez

illustre pour se passer d'_illustrations_, et nous ne comprenions pas,

quant à nous, l'intérêt que des images, si admirables qu'elles soient,

peuvent ajouter aux lettres de Saint-Preux et de Julie. Mais la majorité

du public ne partage pas notre opinion. Elle demande des gravures, même

pour les chefs-d'oeuvre de la langue française; elle les achète, elle

les contemple avec ravissement!... Quel reproche la critique a-t-elle le

droit d'adresser aux éditeurs?

[Illustration.]

Il faut avouer, d'ailleurs, que M. Barbier n'a reculé devant aucun

sacrifice pour satisfaire la passion favorite de ses souscripteurs; il

leur donne chaque semaine, outre une feuille de texte parfaitement

imprimée sur du beau papier, quatre ou cinq jolis dessins de MM. Em.

Wattier, Karl Girardet, C. Roqueplan, E. Lepoittevin, T. Frère, H.

Baron, etc., et un grand sujet, tiré à part sur papier de Chine, par

Tony Johannot.--Les dessins ci-joins sont choisis au hasard parmi cette

intéressante collection.--Voila d'abord Julie rêvant à Saint-Preux sous

un bosquet, et Saint-Preux rêvant à Julie sur un banc. Ici les deux

amants sont réunis: «Que mon rusé maître était timide alors, écrivait

Julie, qu'il tremblait en me donnant la main pour sortir du bateau. Ah!

l'hypocrite, il a beaucoup changé!» M. Tony Johannot nous les montre

ensuite faisant ensemble quelque lecture aussi dangereuse que celle qui

perdit Françoise de Rimini et son malheureux amant; enfin Julie, à

genoux, écrit à Saint-Preux, en baignant son papier de ses larmes et en

élevant à lui ses supplications.

[Illustration.][Illustration.]

La _Nouvelle Héloïse illustrée_ sera publiée en cent livraisons du prix

de 25 c. L'ouvrage complet formera deux volumes in-8, contiendra 250

beaux dessins, dont 30 à 40 tirés à part sur papier de Chine, et sera

terminé au mois de décembre 1844. Son heureux éditeur nous promet pour

l'année prochaine les _Confessions de Jean-Jacques Rousseau_ illustrées.

L'_Émile_ aura son tour. Que les nombreux amateurs de livres illustrés

se rassurent, leur félicité n'aura jamais de fin.

Bulletin bibliographique.

_Les Slaves de Turquie_, Serbes, Monténégrins, Bosniaques, Albanais et

Bulgares, leurs ressources, leurs tendances et leurs progrès politiques;

par M. Cyprien Robert. 2 vol. in-8.--Paris, 1844. _Jules Labille_. 15

fr.

Droit d'un séjour de plusieurs années parmi les Slaves d'Orient, cet

ouvrage a pour but, nous apprend son auteur, de faire connaître ses huit

millions de montagnards qui couvrent les Balkans de l'Adriatique à la

mer Noire. On s'est proposé de décrire leur état actuel, leurs moeurs

privées et politiques, leurs provinces, leurs villes; d'exposer les

ressources de leur sol, leur commerce intérieur et extérieur, et les

avantages qui résulteraient pour l'Europe de leur régénération. En

racontant l'histoire contemporaine de ces belliqueuses peuplades, on

indique par quels moyens elles seront rendues à leur constitution

naturelle et à l'existence politique qu'elles réclament depuis quarante

ans, par tant d'insurrections ou mal comprises ou totalement ignorées

parmi nous.

«Les représentants des grandes puissances aux conférences de Londres ont

résolu, il y a dix ans, ajoute M. Cyprien Robert, de la manière la plus

fausse et la plus malheureuse la question de la Grèce, parce qu'ils ont

voulu la résoudre à huis clos et sans le concours de la discussion

publique de tous les intérêts. Il importe que la même faute ne soit pas

répétée pour la question slave, qui remplace aujourd'hui la question

grecque, si tristement ajournée. C'est dans le but de signaler les

écueils, d'éclairer l'opinion publique sur la face principale de la

question d'Orient, et sur le moyen de la résoudre sans rompre

l'équilibre européen, que cette publication a été conçue. On a cherché à

saisir et à développer les idées d'après lesquelles ces peuples sont

destinés à agir; on a voulu à la fois annoncer ce qui se prépare en

Orient, et commenter les événements incompris qui s'y sont passés depuis

un demi siècle. Ce livre deviendra, nous l'espérons, un guide pour les

voyageurs, un manuel pour les diplomates, et un recueil de documents

nouveaux pour tous les amis de l'histoire, de l'ethnographie et de la

littérature.»

Les Slaves de Turquie se divisent en six livres principaux, précédés par

une introduction. M. Cyprien Robert s'est d'abord efforcé de nous faire

connaître l'_état actuel_ et les _moeurs privées et politiques_ des

peuples divers qui composent la grande famille gréco-slave. Après un

aperçu général sur ce monde trop peu connu, il décrit ses principaux

États, il expose leurs ressources et leur avenir, leurs tendances

sociales et leurs rapports avec l'empire d'orient, les productions de

leur sol, leurs systèmes de culture, leurs arts, leur industrie et leur

commerce. A une peinture animée des aspects pittoresques de ces pays,

succèdent ensuite des détails pleins d'intérêt sur les superstitions,

les usages et les fêtes populaires des habitants; enfin, leurs moeurs

politiques, leur constitution naturelle, le système fédéral, les octrois

et les douanes turques, la chute du commerce français et les moyens de

le relever en orient, remplissent les deux derniers chapitres de cette

introduction.

Les divisions politiques de la péninsule gréco-slave sont, comme M.

Cyprien Robert le fait remarquer, des divisions toutes naturelles,

déterminées chacune par un groupe de montagnes, avec l'ensemble de

plateaux qu'il supporte, et de rivières ou de bassins qui en émanent; à

l'abri de chacun de ces groupes, une nation se trouve établie avec ses

diverses tribus, qui forment autant de provinces: ces grandes divisions

territoriales, au nombre de cinq, sont: au sud, la Romélie, qui comprend

tout le pays des Donnoi, ou des Grecs; à l'ouest, vers l'Adriatique, les

trois provinces dites d'Albanie; au nord-ouest, les vastes contrées

formant autrefois le royaume serbe, et connues aujourd'hui sous le nom

d'Hertse-Govine, Monténégro, Bosnie, Croatie et Serbie; à l'est, les

nombreux pachaliks de l'ancien État bulgare, situés le long de la mer

Noire et du Danube; enfin, de l'autre côté du fleuve, la longue région

appelée Moldavie et Valachie, qui, impuissante si elle est isolée,

devient formidable et florissante, si elle s'allie, comme boulevard, à

un grand empire.

Ces cinq parties de la Turquie d'Europe, si naturellement distinctes que

jamais aucun pouvoir n'a pu et ne pourra les confondre dans l'opinion de

M. Cyprien Robert, sont occupées par cinq nationalités, toutes à peu

près d'égale force, mais on prédomine numériquement la race slave,

puisqu'en Turquie seulement la population slave s'élève à près de huit

millions. Cette population est partagée, il est vrai, en deux peuples

qui diffèrent complètement de goût et de tendances, les Bulgares et les

Serbes. Les Bulgares, au nombre de quatre millions et demi, n'aiment que

la paix et l'agriculture; les Serbes, qui, non compris ceux d'Autriche,

sont, dans la seule Turquie, deux millions cinq cent mille, aiment

surtout la vie aventureuse du guerrier et du pâtre. Mais les uns et les

autres ont juré d'être libres, et dans leurs luttes pour l'indépendance,

ils trouveraient, s'ils étaient vaincus, comme leurs alliés les

Moldo-Valaques, l'hospitalité chez les montagnards du sud. M. Cyprien

Robert a consacré les cinq premiers livres des _Slaves de Turquie_ aux

principales branches de ces deux peuples, _les Monténégrins, la

principauté de Serbie, les Bosniaques, les quatre Albanies et les

Bulgares_.

Chacun de ces livres est divisé à son tour en cinq ou six chapitres. AM.

Cyprien Robert décrit d'abord le pays, il expose son organisation

politique, il peint ses moeurs de ses habitants, il raconte leur

histoire, et enfin, après avoir résumé leur situation actuelle, il nous

apprend quel peut et quel doit être, selon lui, leur avenir.

Le livre VI et dernier a pour titre: l'_Union bulgaro-serbe_. M. Cyprien

Robert paraît ne pas douter que cette union n'ait lieu tôt ou tard.»

C'est une admirable combinaison de la nature, dit-il, qui a rapproché la

nation turbulente et toujours prête au combat des Serbes, de la race non

moins vigoureuse, mais plus paisible, des industrieux Bulgares. L'un de

ces peuples ne peut former sans l'autre une société complète; mais l'un

supplée à ce qui manque chez l'autre, et tous les deux réunis peuvent se

passer du monde entier. On trouverait difficilement deux nations dont le

parallèle prêtât à un plus riche développement d'antithèses et

d'analogies. C'est surtout quand on passe de la butte du pâtre serbe de

Macédoine à la cabane du laboureur bulgare de la Romélie, qu'on est

frappé de la différence des moeurs. Le Serbe est sans doute d'une nature

plus élevée; il a un sens plus délicat pour la poésie, un amour plus

ardent de la gloire, un costume plus riche, une plus ferme conscience de

sa nationalité. Dans son humble résignation, le Bulgare possède

cependant des vertus solides qui manquent à son brillant voisin: il sait

mieux éviter les extrêmes; il est plus sérieux, plus constant dans ses

entreprises; doué de moins d'imagination, il l'emporte par les qualités

du coeur Il est loin, d'ailleurs, de manquer de courage. Dès qu'il aura

une patrie à défendre, il combattra avec intrépidité.... Aucun obstacle

sérieux ne s'oppose, dès à présent, à ce que les races serbe et bulgare

combinent leurs intérêts, et se prêtent un mutuel secours pour résister

à leurs ennemis communs, qui évidemment ne sont plus les Turcs,

désormais trop affaiblis, mais les grandes puissances voisines.»

Dans le dernier chapitre de son sixième livre, M. Cyprien Robert résume

les résultats qu'aurait, dans son opinion, l'union bulgaro-serbe pour

l'empire ottoman et l'équilibre européen.--Ne pouvant pas le suivre sur

le terrain dangereux de la politique, nous nous contenterons de citer

les deux phrases qui terminent son ouvrage: «Une invasion et la prise de

Constantinople par les Russes ne feraient qu'ajourner pour un temps

meilleur la coalition libératrice des Serbes et des Bulgares. Tant que

ce fait primitif et inhérent même des deux peuples n'aura pu devenir un

fait légal et public, l'agitation continuera de se propager dans

l'ombre, et la question d'Orient ne sera pas résolue.»

Qu'on ne l'oublie pas toutefois, ce livre remarquable n'est pas

seulement un ouvrage politique; comme M. Cyprien Robert, nous espérons

qu'il deviendra «un guide pour les voyageurs, un manuel pour les

diplomates, et un recueil de documents nouveaux pour tous les amis de

l'histoire, de l'ethnographie et de la littérature.»

_Une Lyre à l'Atelier_, poésies par Paul Germigny (A. Grivot), tonnelier

à Châteauneuf. Deuxième édition.

Il y a quelques mois, Béranger écrivait au poète-tonnelier de

Châteauneuf: «Vous êtes poète, monsieur, et poète des mieux inspirés....

Simple ouvrier, sans instruction, dites vous, comment, jeune encore,

avez-vous deviné les secrets de notre versification? Comment êtes-vous

arrivé à une pureté de langage fort rare aujourd'hui? J'ai pu apprécier

toutes ces difficultés, et Dieu sait le mal que j'ai eu à en triompher.

Je remarque aussi que chez vous la méditation précède presque toujours

la mise en oeuvre de vos sujets, d'un choix habituellement poétique.

Sans doute on trouve encore quelques traces de négligence dans vos vers,

mais on ne les aperçoit qu'en les relisant.

«De plus que le métier, vous avez une sensibilité réelle; on peut même

dire que c'est là votre muse. J'espère qu'elle vous inspirera longtemps,

et que vous donnerez une suite à ce premier volume, en vous engageant

toutefois à rester dans la route que vous avez prise, c'est-à-dire à ne

pas trop faire de vers, à bien choisir vos sujets, et à les disposer

habilement avant de vous livrer au travail de la rime.

«Nous autres vieillards, nous aimons à faire les pédagogues;

pardonnez-moi quelques petites observations critiques qui vous

prouveront au moins que je vous ai lu avec attention... Presque toutes

vos compositions sont conçues et exécutées avec goût et talent. Ce qui

me surprend autant que leur mérite, c'est que votre nom n'ait pas eu

plus de retentissement à Paris. Beaucoup d'éloges ont été prodigués à

des vers qui sont loin de valoir les vôtres, et je regrette de vivre

loin du monde des journaux; ce qui m'empêche d'en obtenir la justice qui

vous est due. Croyez du moins qu'il y a près de la capitale un petit

coin où on la rend tout entière au poète tonnelier du Blaisois; c'est

celui du vieux chansonnier qui se dit de coeur tout à vous.

«Béranger.»

Que pourrions nous ajouter aux éloges et aux conseils de Béranger? les

premiers vers du poète-tonnelier, seulement, adressés à M. l'abbé

Bidault:

Dans la fatigue et les sueurs nourrie,

Vers vous, Bidault, ma muse ose voler;

Accueillez-la cette fille chérie

D'un artisan qu'elle sait consoler.

Petit oiseau que ses plumes nouvelles

Au haut des airs n'emportent point encor,

Depuis longtemps méditant son essor,

Au bord du nid elle agitait ses ailes.

Jusqu'à vos pieds haletante elle arrive;

Votre sourire a pu l'encourager.

Protégez-la, car souvent à la rive

L'esquif joyeux touche pour submerger.

Sur tant d'esprits que le vôtre façonne.

Voyant vos soins et vos leçons pleuvoir,

Elle n'a pu, dans les champs du savoir,

Aller glaner où tout autre moissonne.

Quand, jeune encor, les accents de sa bouche

De mon travail endormaient les douleurs,

Souvent sa main, pour amollir ma couche,

De sa guirlande y secoua les fleurs;

Et puis sa voix me disait, dans un rêve:

«En vain le sort se plaît à le flétrir,

A son printemps l'arbuste doit fleurir

Quand dans son sein il sent monter la sève.

...............................................................

Si le nom du tonnelier de Châteauneuf n'a eu jusqu'à ce jour qu'un

faible retentissement dans la capitale, la faute en est-elle à la presse

parisienne? Ce petit volume, publié à Orléans, ne lui était pas parvenu;

comment aurait-elle pu deviner son existence?... Quant à nous, nous

sommes heureux de réparer une injustice involontaire; nous accorderons

toujours des encouragements et des éloges à tous les poètes qui

publieront des vers aussi chastes et aussi élégants que ceux dont M. A.

Grivot nous envoie la collection sous le pseudonyme de Paul Germigny.

_Un Été en Espagne_, par Augustin Challamel, avec vignettes. Un vol.

in-18.--Paris. _Challamel_. 3 fr. 25 c.

L'ingénieux auteur de _l'Histoire Musée de la République française_, M.

Augustin Challamel, a employé l'été dernier à parcourir une partie de

l'Espagne. Il est allé de Bayonne à Burgos, de Burgos à Madrid; puis à

Tolède, à Grenade, à Cordoue, à Séville: chemin faisant, il a visité

toutes les curiosités qu'il pouvait voir sans trop se déranger; et de ce

voyage il a rapporté une petite relation d'une simplicité remarquable.

Nous ne saurions trop louer surtout la sage réserve de M. Augustin

Challamel. Bien qu'il manifeste souvent une admiration exagérée pour la

mauvaise poésie de M. Victor Hugo (il doit pourtant préférer la bonne),

il n'a fait aucun usage, ni des systèmes, ni de la langue de l'école

romantique; doué d'un esprit fin et observateur, il possède en outre des

connaissances aussi étendues que variées; il sait, de plus, comment se

fabriquent les livres modernes: il pouvait donc ou amuser ses lecteurs

par des anecdotes aussi anciennes que le monde et inventées à plaisir,

ou les ennuyer par d'orgueilleux semblants d'érudition; il a mieux aimé

raconter sans aucune prétention ses aventures et ses observations

personnelles, tantôt en prose, tantôt en vers. Aussi ce petit livre se

fait-il lire avec beaucoup d'intérêt et de plaisir. Évidemment M.

Augustin Challamel n'a pas encore le désir de devenir académicien ou

pair de France. Le public lui en saura gré.

_Rudiment des Chanteurs, ou Théorie du Mécanisme du Chant, de la

Respiration et de la Prononciation_; par madame Claire Hennelle, née

Wuiet, professeur de chant.--Paris, _Meissonnier_, 22, rue Dauphine. 4

fr. 50.

«C'est dans la direction du souffle, dit l'auteur, que réside tout le

mécanisme du chant. Qui s'en occupe? Nous n'avons pas la manière

d'exercer notre gosier, et ce n'est qu'à force d'exercice que nous

pouvons arriver, sans savoir comment, à une véritable souplesse. Comment

se fait-il, dans une capitale comme la nôtre, où les plus belles voix

abondent, où les plus savants maîtres se trouvent réunis, que nous

n'ayons pas plus de chanteurs? C'est que les grands maîtres sont appelés

pour coordonner l'ensemble, donner la forme et soigner les accessoires,

et qu'eux-mêmes dédaignent de poser les toasts sans lesquelles pourtant

rien n'est certain. Tout enseignement demande des toasts. Elles manquent

au chant.» Ces lignes nous paraissent suffire pour indiquer clairement

le but que s'est proposé madame Claire Hennelle en écrivant le _Rudiment

des Chanteurs_. L'ouvrage est divisé en trois chapitres. Le premier

traite de la formation du son; de l'appui et de la direction de l'air:

de la rupture de l'air et du port de la voix; des sons blancs; de la

cadence; de l'appui des notes; de l'allongement du souffle: de la

fausseté de la voix; des sons filés; des gammes chromatiques; de la

mesure, de la nuance; du registre de la voix; du passage de la voix de

poitrine à la voix de tête, ou de fausset. Le chapitre deuxième traite

de la respiration; le troisième, de la prononciation. Quelques

considérations générales fort judicieuses terminent ce petit ouvrage

didactique où l'on trouve à chaque page les preuves d'une excellente

méthode, d'une longue expérience et d'un goût éprouvé.

L'Illustration, No. 0062, 4 Mai 1844 · 第 8 / 13 题