Regnier, sat. XIII, v. 230.]

Quelle condition sera la meilleure, ou de ceux qui commenceront

de respirer d'un tas de vexations et angoisses qui leur estoient

plus ordinaires que le manger, ou de ceux qui seront contraints de

mettre au croc les robes, les chaperons, les bonnets, les espées,

pour gaigner leur pain, comme le premier père, à la sueur de la

raye de leurs molles fesses? Helas! Sire, il y a je ne sçay combien

de millions de Turlupins en France, de souffreteux, dis-je, qui

reclament avec moy vostre bonté et justice, aussi depourveus de

bonne resolution que moy, et les ames desquels sont preoccupées

d'une telle desolation qu'il ne seroit pas besoin de rhetorique

pour leur persuader qu'il ne sçauroit arriver rien de pis que leur

condition presente. Ils sont tous vos fidèles subjets, et tellement

nourris en vostre obeissance que, quelque croyance qu'ils ayent,

ils esliront plustost leur perte que vostre disgrace; et c'est ce

qui doit inviter vostre royale et naturelle debonnaireté de leur

departir vostre soin paternel, et tendre vostre main à leur secours.

Si les affaires du monde se gouvernoient par souhaits, j'aurois

à faire le mesme souhait pour vostre pauvre royaume que faisoit

un philosophe antien pour tous les hommes: il souhaittoit que la

nature eust fait une fenestre au milieu de la poictrine d'un chacun,

au moyen de laquelle il eust esté loisible de voir à decouvert le

coeur, le foye, le poumon, les entrailles, et autres parties qui y

resident, et appliquer les remèdes des plus convenables lors que

la necessité y escherroit. Combien seroit-il plus à desirer que ce

grand architecte du monde eust fait une fenestre par laquelle Vostre

Majesté peut jetter la veue dans le coeur de vostre royaume, et s'y

promener d'un bout à autre avec les yeux! O que ce seroit un present

digne d'un roy s'il se trouvoit des lunettes bonnes à cet usage!

Pleust à Dieu en eussé-je donné une pinte de mon sang! Vous verriés

une infinité d'hommes trainer miserablement leur vie sous un eternel

travail, qui ne leur produit pour tout profit que quelques bouchées

de pain exposées aux extorsions et concussions de vos officiers,

et, d'une part, à la rigueur des exacteurs de vos tailles; d'autre,

à l'avarice des usuriers, à la vexation et rapine de vos sergens,

sans une infinité d'autres accidans qui les font mescognoistre

par eux-mesmes et s'estimer en leur creation au dessous des plus

abjects et contemptibles animaux. Vous arresteriez vostre regard

sur tant de mortuissantes images de la mort, sur tant de visages

mornes, plombez, haves et ressemblant plustost à des phantasmes

qu'à ce qu'ils sont, tandis vostre tendre coeur se fondroit tout

en pitié et se laisseroit saisir d'un aussi veritable et passionné

remors que celuy qui a fait meriter à un des rois vos predecesseurs,

qui portoit vostre mesme nom, le surnom de père du peuple. Il est

estrange d'ouyr dire que sous un règne si paisible, à l'ombre des

palmes eslevées par l'incomparable valeur de ce grand heros Henry

le Grand, d'heureuse memoire, sous un si fortuné genie que celuy

qui preside à vostre royale maison, aucune calamité autre que fort

legère vienne infester vos sujets; et toutesfois nous apprenons,

non par un bruit incertain, mais par le tesmoignage d'une infinité

de personnes dignes de foy, qu'en quelques unes de vos provinces on

en a veu ceste année plusieurs gesir roides morts de male rage de

faim. Jà à Dieu ne plaise que je voulusse procurer à Vostre Majesté

un si piteux et funeste spectacle! mais quand Dieu auroit permis,

pour le bien de vostre peuple, que quelc'un de ceux-là eust rendu

l'ame à vos pieds ou à vostre veue, je ne pense pas qu'après cela

il fust besoin de l'eloquence de monsieur Savaron[83], ou autre de

vos desputez, pour vous faire des supplications ou remonstrances

sur ce suject. Qu'on ne m'aille, maintenant, revoquer en doubte qui

auroit plus ou moins à perdre en la desertion des terres sises en

vostre royaume. J'ay souvent ouy plaindre vostre noblesse que leurs

fiefs leur raportent aujourd'huy beaucoup moins qu'ils ne faisoient

à leurs bisayeuls; qui ne comprend assez que ce deffaut ne vient

nullement de nostre commune mère nourrissière, qui exhibe tousjours

liberalement ses flancs pour y fouiller dedans et cueillir de ses

biens à pleines mains, ains plustost du decouragement du paysan,

lequel, considerant qu'il travaille moins pour sa chetive nourriture

que pour le luxe d'autruy, attelle ses beufs à regret, desrobe par

fois la semance à la terre, laisse en friche les possessions, et,

ce qui est plus deplorable, prend le sac et la besace, et s'exile

volontairement de son patrimoine pour aller à la requeste d'une

meilleure fortune. Ceste desolation ne s'arreste pas à la campagne:

il y a quantité de villes en France qui ont autrefois porté le nom

de bonnes, belles et florissantes, lesquelles, ores que de leur

enceinte elles puissent aller du pair avec les plus superbes des

provinces estrangères, estans par leur malheur posées hors de tout

commerce et abord de commoditez, soustiennent neantmoins de si

grandes et immenses charges, et, partant, sont accablées de tant de

misères, qu'à bon droit elles portent envie à l'heureuse condition

des hospitaux de Paris, et changeroient volontiers leurs murs avec

le benoist enclos qui defend ces bienaymés enfans de Dieu de la faim

et de l'oppression. De là vient que, quel ordre que puisse mettre le

Parlement et quelles diligences que fassent vos officiers, Paris,

qui estoit autrefois la nourricière des bonnes lettres, un theatre

de vertu, un abord de beaux esprits, est aujourd'huy la retraitte

de tant de fenéans, gens sans adveu, voleurs de nuict et de jour,

tireurs de laine, passe-Irlandois[84], charlatans, pipeurs, garces,

maquereaux. Ce sont tous gens qui se feussent contenus près de leur

foyer, si la necessité ne les en eust chassez, ausquels il est

aucunement pardonnable s'ils se sont laissez flatter à l'opulance

de la première ville du royaume; le danger, la honte, le vitupère,

attachez à quelque peu d'acquest, leur a semblé plus sortable qu'une

mort languissante. Mais pourquoy vay-je consumer inutilement le temps

au recit des maux qui sont si visibles et palpables? Il resteroit

maintenant de discourir des remèdes que vostre seule main, Sire,

assistée et guidée de celle du Tout-Puissant, y pourroit apporter,

si la modestie et la discretion ne me commandoit de m'en taire

après tant d'excellans esprits qui ont contribué de leur advis,

avec plus de grace que je ne sçaurois faire. Les cayers des estats

generaux parlent assez clair; les moyens et memoires du sieur du

Noyer[85], avec leurs supplemens, sont fort intelligibles, Dieu

mercy (excepté que, comme les plus fameux charlatans, il ne nous a

pas voulu descouvrir tout le secret de l'art). Toutesfois, puisque

la France est comparée à ces malades qui, pour l'estat deploré de

leur santé, estoient exposés en public à la veue de tout le monde,

au soulagement desquels il estoit permis à ung chacun d'apporter ce

que l'art, l'experience, ou son bon sens naturel luy suggeroit de

salutaire, il ne sera pas du tout hors de propos si soubs vostre

bon plaisir et en toute humilité je prends la hardiesse de dire

qu'en vain se travaille-on de remedier aux maux de ce royaume _nisi

causa morbi fugerit venis, et aquosus albo corpore langor_; si on

ne retranche les pensions[86], ne reduict les tailles et abolit les

subsides et gabelles, ne supprime un tiers pour le moings de ce

nombre effrené d'offices, et ne casse ou suspend pour cent ans le

droict annuel[87]. Quelcun me dira que je ne dis rien de nouveau,

et que pour estaller ung advis si trivial il ne falloit venir par

de si longues traverses. J'ay bien encores autre chose à dire;

cependant il est à notter que les choses bonnes ne sçauroient estre

assés inculquées, mesmement aujourd'huy que tant de gens conspirent

unanimement à la malice. Certainement, si on ne met la main à la

guerison de ces grandes ulcères, je deplore la condition de messieurs

les deputés qui se sont venus crotter à credit, le long de l'hyver,

sur ce quay des Augustins[88], pour attirer à leur retour sur eux

toute l'envie de la mauvaise issue, et les maudissons de tous leurs

concitoyens et compatriotes. Or, Sire, les moyens de pourvoir à ces

maux, comme ils sont très necessaires, sont aussi très aisés, par

la grace de Dieu. Pour le premier il suffiroit de dire à ceux qui

se trouveront les mains vuydes, et ausquels ce calice semblera ung

peu amer: _Deus dedit, Deus abstulit_; mais d'abondant pour leur

consolation on leur representera le tort qu'ils se faisoient par le

passé de vendre si sordidement leur fidelité; la candeur et la vertu

de leurs ayeulx, qui ne recherchoient autre loyer que l'honneur et

la gloire d'avoir fidellement et courageusement servy leur Roy, et,

finallement, le contentement d'esprit qui leur reviendra d'avoir

nettoyé leur conscience d'une tache si incessante et indigne de

la qualité qu'ils portent; et, s'il est besoin, on leur repetera

tout ce qui se lit dans le Caton françois sur ce subject, avec un

advertissement de mesnager d'ores en avant leur revenu avec plus

de retention et precaution, et n'engager ou estrousser[89] que

bien à propos les fiefs qui leur ont esté acquis par la valeur de

leurs ancestres. Il ne restera pour tout point de difficulté pour

le second, quand vous aurés passé sur le ventre au premier; il

ne vous sera pas plus malaisé d'accourcir vostre tribut qu'à ung

tailleur d'estraissir et appetisser la juppe d'ung geant pour en

faire une casaque de nain. Pour le troisiesme, qui concerne la plus

dangereuse playe, et comme une pernicieuse gangrène qui gaigne le

corps politique pour le perdre, il me semble que, sans s'arrester aux

cayers des deputez du tiers-ordre, qui sont en ce point recusables

pour la plus part, les plus violans et hardis remèdes sont les plus

convenables et les plus aysés quant et quant. Vous avez veu avec

combien d'allegresse on a embrassé les Memoires de Beaufort[90]

touchant le restablissement de la chambre de Justice, nonobstant

les oppositions du Financier[91], et quel fruict tout le monde en

attend. Ceux qui sçavent combien le maniement des loix requiert plus

de syncerité et integrité que celluy des finances, et combien le

public a plus d'interest à la conservation de l'un que de l'autre,

jugeront avec moy si l'establissemant d'une salle de justice pour

la recherche des malversations des officiers de justice sera moings

necessaire. Le fruict que j'en veux tirer est tel: vous supprimerez

quant et quant les offices de ceux qui seront attaincts et convaincus

d'avoir malversé en leurs charges, et, en ce faisant, ne sera besoin

d'autre fonds pour indemniser les depossedés que de bon nombre de

galères, dans lesquelles vous assignerés à chacun de mes galans ung

estat de mesme ordinaire de rames. O! que c'est ung beau moyen pour

reduire à centuries tant de legions innombrables de juges! Pour le

quatriesme, la cure en est bien si aysée que, sans vous donner la

peyne de supprimer nommement ceste peste, il suffist de la suspendre

pour trois ans pour en abolir à jamais la memoire. Reste seulement à

mettre hors d'interest les casuites, qui se trouvent avoir avancé une

notable somme, à ce qu'on dict. J'ay leur remboursement tout prest si

Votre Majesté erige la chambre dont est question, et me donne, sans

consequance, _ad tempus_ et par commission, ung estat de tresorier

des amandes qui se leveront sur les condamnez. C'est à ce dernier

point, Sire, que visent tous ceux qui desirent le restablissement de

la justice en son premier et ancien lustre, et son exercice aussi

rond, entier et prompt qu'il estoit du temps de nos aveux; car de

conserver la paulète[92], exterminer les espices et augmenter les

gages des officiers, ce seroit, à vray dire, nous faire tomber de

fiebvre en chaud mal; nous n'aurions pas meilleur compte de nos juges

que des ouvriers auxquels on a payé le prix faict avant main: nostre

besogne s'acheveroit à leur loysir. Je ne parle pas du vin du clerc,

des espingles de madame[93] et autres fictions de memoire: tout cela

est à deviner; mais pour de longueurs et langueurs insupportables,

je prevois qu'elles ne nous sçauroient manquer. Faittes mieux: tirés

du purgatoire l'ame du deffunct partisan, et espargnés à sa fille

les jeusnes, les coups de discipline et autres austeritez avec

lesquelles elle se resoult d'expier la coulpe de son père; effacez

de la conscience de cest autre transy le remords qui le ronge jour

et nuict et le faict dessecher comme un genet morfondu. Ce sont, en

somme, les points les plus importans de ma très humble remonstrance,

que je vous ai expliquez avec d'autant plus d'ardiesse que je les

ay creu autorisés des voeux de tous les bons François. De vous

aller icy deduire par le menu tous les maux qui ont aujourd'huy

cours par vostre royaume et vous discourir incontinent des remèdes,

je ne me sens pas les reins assez forts pour une declamation de

si longue haleine; après, ce seroit oster le mestier à messieurs

les deputez des estats-generaux, et vouloir faire, par une grande

temerité et presomption, en un quart d'heure, ce qu'à peine tant

de gens entendeus ensemble ont fait en cinq ou six moix. Quand il

aura pleu au Ciel et à vous, Sire, de me faire jouir du fruict de ma

très humble suplication, les ordonnances qui vous ont esté laissées

par les rois vos predecesseurs sont si belles, si sainctes, si

pleines d'equité, et celles que vous allez mouler sur les cayers

des dits estats si conformes aux desirs des gens de bien, qu'après

l'observance d'icelles j'estime que ce seroit impieté de souhaiter

une plus certaine et parfaite reformation. Si ne puis-je que pour

mon interest particulier je ne vous face encores ceste prière de

donner la plus prompte expedition et congé qui se pourra à messieurs

les deputez, qui ont depuis le mois d'octobre fait enrichir les

chambres garnies de plus d'un tiers. Ils s'endorment sur la besongne;

les bonnes gens oublient insensiblement leur pays, et pensent ou

voudroient bien, par charité réformative, que les estats durassent

encores quarante ou cinquante ans. J'en sçay qui ont enmené leurs

femmes; les autres ont loué maison pour un an; ceux-cy ont achepté

des meubles pour garnir ung hostel entier, comme s'ils ne deussent

bouger de leur vie de Paris; j'en cognoy qui espèrent de gagner les

douaires de trois ou quatre filles avant s'en retourner; ung autre

s'attend d'achepter à son fils ung estat de conseiller (ils seront

tantost à bon marché) des deniers provenans de la deputation. J'en

veis ung samedy dernier qui faisoit trotter derrière luy soixante

ou quatre-vingts charbonniers avec autant de charges de charbon,

qu'il ne sçauroit avoir bruslé de six mois. Prenez quelque pitié de

leur zèle et les randez à leurs femmes, qui les attendent à cuisses

ouvertes, _sicut terra sine aqua_; à leurs enfans, qui les auront

tantost mescogneus; à leur bercail, que le loup a beau infester

tandis que le pasteur s'endort à l'ombre. Je vous demande ce surcroy

d'obligation pour eux, et promets en tout cas en faire mon propre

debte, la peine qu'ils ont prise pour moy, qui fais plus qu'il plaist

à Dieu. Une partie du public merite bien ce petit tesmoignage de

recognoissance, qui ne sera pas le dernier que j'espère leur rendre.

Je reserve le remerciement et la louange deue à leurs sainctes

intentions et à la sincère sollicitude avec laquelle ils ont cooperé

au salut de la France après que je me seray dechargé envers Vostre

Majesté des actions de graces qu'exige de tout vostre peuple ung si

grand et si signalé benefice, et que j'auray acquitté les voeus que

j'ay faits avec tous vos fidelles subjects pour l'accroissement de

vostre gloire et continuation de toute prosperité en vostre royalle

maison. J'ay dict.

[Note 83: Président et lieutenant général en la

sénéchaussée et siége présidial de Clermont en Auvergne,

qui vint à Paris en qualité de député de sa province

aux états-généraux de 1614, et y soutint avec une ferme

éloquence les droits du tiers-état contre la noblesse et le

clergé. C'est à ce sujet qu'il fit paroître sa _Chronologie

des états généraux_, où il prouva que le tiers avoit

toujours eu entrée aux Etats, séance et voix délibérative.]

[Note 84: C'est-à-dire Irlandois en passage. Ces gueux

catholiques, chassés de leur île par les persécutions,

avoient infesté Paris pendant tout le temps de l'occupation

espagnole. On sait par d'Aubigné comment ils se

blottissoient dans les cavités du Pont-Neuf, inachevé, et

comment, la nuit venue, ils tiroient par les jambes et

précipitoient dans l'eau les passants qui leur refusoient

leur bourse pour aumône. C'étoient de dévotes gens

pourtant, ne demandant qu'à être canonisés. «Si l'on fait,

dit d'Aubigné, quelque difficulté de les sanctifier, il

faut avoir égard s'ils présupposoient ne faire mal qu'à

des hérétiques.» (_Hist. univ._, liv. 5, ch. 15.) En 1606,

on fit raffle de tous ceux qui se trouvoient encore à

Paris, on les entassa sur des bateaux et on les mit hors

de France. (L'Estoille, édit. Champollion, t. 2, p. 398.)

C'est à François Miron qu'on dut cette exécution. La ville

lui en fut très reconnoissante. (Félibien, _Preuves_, t. 2,

p. 34, 35.)]

[Note 85: Autre député des états qui prit vigoureusement

les intérêts du tiers, et demanda à grands cris les

réformes. Il est parlé de lui, ainsi que du sieur Estienne,

qui le soutenoit, dans le _Financier à Messieurs des

Estats_, p. 29.]

[Note 86: Dans le curieux petit livret que nous venons

de citer, il est aussi parlé (p. 9) de l'abus criant des

pensions, dont la somme augmentoit tous les jours, et qui,

après avoir absorbé le trésor du feu roi, mis en dépôt à la

Bastille, consumoient toutes les ressources de l'impôt.]

[Note 87: Sorte de droit de _paulette_ que payoient chaque

année les détenteurs d'office pour conserver leur charge à

leur succession. On s'étoit fait une belle ressource par

la création de cet impôt: «Les thrésoriers des parties

casuelles, lit-on dans le _Financier_ (p. 9), ont avancé

quatre cent mille livres sur l'espérance du droit annuel.»]

[Note 88: C'est dans la grande salle du couvent des

Augustins que les états-généraux de 1614 tinrent leurs

séances.]

[Note 89: Vendre par adjudication en justice.]

[Note 90: Beaufort et Juvigny faisoient alors courir des

_Mémoires_ contre le corps des financiers, dont ils avoient

fait long-temps partie. On accusoit leurs plaintes d'être

intéressées. «Si vous saviez pourquoi Juvigny et Beaufort

vous en parlent (de la chambre de justice), vous ne les

escouteriez point..... La part qu'ils ont eue aux deux

cent mil livres ordonnez aux denonciateurs qui ont trahy

leurs maistres et falsifié tant d'acquits et rooles a esté

trop petite pour eux; ils en veulent manger encores.» (_Le

Financier_, p. 11.)]

[Note 91: C'est le livret que nous venons de citer.]

[Note 92: La première chose demandée aux Etats de 1614 fut

la suppression de la _paulette_; mais on ne s'entendit

pas sur cette proposition entre la noblesse, qui l'avoit

pourtant faite, et le tiers, qui en auroit eu les profits.

La cour prit occasion de ces débats pour demander la

surséance. On n'y revint plus, et le droit de paulette fut

conservé.]

[Note 93: Petit droit qui, avec les épices, constituoit

les honoraires de la magistrature et de la bazoche. Les

mots _pot-de-vin_ et _épingles_ sont restés comme termes de

marché.]

_Sommaire traicté du revenu et despence des finances de France,

ensemble les pensions de nosseigneurs et dames de la cour, escrit par

Nicolas Remond, secretaire d'estat._

Variétés Historiques et Littéraires (06/10) Recueil de piéces volantes rares et curieuses en prose et en vers · 第 13 / 118 题