Quelle condition sera la meilleure, ou de ceux qui commenceront
de respirer d'un tas de vexations et angoisses qui leur estoient
plus ordinaires que le manger, ou de ceux qui seront contraints de
mettre au croc les robes, les chaperons, les bonnets, les espées,
pour gaigner leur pain, comme le premier père, à la sueur de la
raye de leurs molles fesses? Helas! Sire, il y a je ne sçay combien
de millions de Turlupins en France, de souffreteux, dis-je, qui
reclament avec moy vostre bonté et justice, aussi depourveus de
bonne resolution que moy, et les ames desquels sont preoccupées
d'une telle desolation qu'il ne seroit pas besoin de rhetorique
pour leur persuader qu'il ne sçauroit arriver rien de pis que leur
condition presente. Ils sont tous vos fidèles subjets, et tellement
nourris en vostre obeissance que, quelque croyance qu'ils ayent,
ils esliront plustost leur perte que vostre disgrace; et c'est ce
qui doit inviter vostre royale et naturelle debonnaireté de leur
departir vostre soin paternel, et tendre vostre main à leur secours.
Si les affaires du monde se gouvernoient par souhaits, j'aurois
à faire le mesme souhait pour vostre pauvre royaume que faisoit
un philosophe antien pour tous les hommes: il souhaittoit que la
nature eust fait une fenestre au milieu de la poictrine d'un chacun,
au moyen de laquelle il eust esté loisible de voir à decouvert le
coeur, le foye, le poumon, les entrailles, et autres parties qui y
resident, et appliquer les remèdes des plus convenables lors que
la necessité y escherroit. Combien seroit-il plus à desirer que ce
grand architecte du monde eust fait une fenestre par laquelle Vostre
Majesté peut jetter la veue dans le coeur de vostre royaume, et s'y
promener d'un bout à autre avec les yeux! O que ce seroit un present
digne d'un roy s'il se trouvoit des lunettes bonnes à cet usage!
Pleust à Dieu en eussé-je donné une pinte de mon sang! Vous verriés
une infinité d'hommes trainer miserablement leur vie sous un eternel
travail, qui ne leur produit pour tout profit que quelques bouchées
de pain exposées aux extorsions et concussions de vos officiers,
et, d'une part, à la rigueur des exacteurs de vos tailles; d'autre,
à l'avarice des usuriers, à la vexation et rapine de vos sergens,
sans une infinité d'autres accidans qui les font mescognoistre
par eux-mesmes et s'estimer en leur creation au dessous des plus
abjects et contemptibles animaux. Vous arresteriez vostre regard
sur tant de mortuissantes images de la mort, sur tant de visages
mornes, plombez, haves et ressemblant plustost à des phantasmes
qu'à ce qu'ils sont, tandis vostre tendre coeur se fondroit tout
en pitié et se laisseroit saisir d'un aussi veritable et passionné
remors que celuy qui a fait meriter à un des rois vos predecesseurs,
qui portoit vostre mesme nom, le surnom de père du peuple. Il est
estrange d'ouyr dire que sous un règne si paisible, à l'ombre des
palmes eslevées par l'incomparable valeur de ce grand heros Henry
le Grand, d'heureuse memoire, sous un si fortuné genie que celuy
qui preside à vostre royale maison, aucune calamité autre que fort
legère vienne infester vos sujets; et toutesfois nous apprenons,
non par un bruit incertain, mais par le tesmoignage d'une infinité
de personnes dignes de foy, qu'en quelques unes de vos provinces on
en a veu ceste année plusieurs gesir roides morts de male rage de
faim. Jà à Dieu ne plaise que je voulusse procurer à Vostre Majesté
un si piteux et funeste spectacle! mais quand Dieu auroit permis,
pour le bien de vostre peuple, que quelc'un de ceux-là eust rendu
l'ame à vos pieds ou à vostre veue, je ne pense pas qu'après cela
il fust besoin de l'eloquence de monsieur Savaron[83], ou autre de
vos desputez, pour vous faire des supplications ou remonstrances
sur ce suject. Qu'on ne m'aille, maintenant, revoquer en doubte qui
auroit plus ou moins à perdre en la desertion des terres sises en
vostre royaume. J'ay souvent ouy plaindre vostre noblesse que leurs
fiefs leur raportent aujourd'huy beaucoup moins qu'ils ne faisoient
à leurs bisayeuls; qui ne comprend assez que ce deffaut ne vient
nullement de nostre commune mère nourrissière, qui exhibe tousjours
liberalement ses flancs pour y fouiller dedans et cueillir de ses
biens à pleines mains, ains plustost du decouragement du paysan,
lequel, considerant qu'il travaille moins pour sa chetive nourriture
que pour le luxe d'autruy, attelle ses beufs à regret, desrobe par
fois la semance à la terre, laisse en friche les possessions, et,
ce qui est plus deplorable, prend le sac et la besace, et s'exile
volontairement de son patrimoine pour aller à la requeste d'une
meilleure fortune. Ceste desolation ne s'arreste pas à la campagne:
il y a quantité de villes en France qui ont autrefois porté le nom
de bonnes, belles et florissantes, lesquelles, ores que de leur
enceinte elles puissent aller du pair avec les plus superbes des
provinces estrangères, estans par leur malheur posées hors de tout
commerce et abord de commoditez, soustiennent neantmoins de si
grandes et immenses charges, et, partant, sont accablées de tant de
misères, qu'à bon droit elles portent envie à l'heureuse condition
des hospitaux de Paris, et changeroient volontiers leurs murs avec
le benoist enclos qui defend ces bienaymés enfans de Dieu de la faim
et de l'oppression. De là vient que, quel ordre que puisse mettre le
Parlement et quelles diligences que fassent vos officiers, Paris,
qui estoit autrefois la nourricière des bonnes lettres, un theatre
de vertu, un abord de beaux esprits, est aujourd'huy la retraitte
de tant de fenéans, gens sans adveu, voleurs de nuict et de jour,
tireurs de laine, passe-Irlandois[84], charlatans, pipeurs, garces,
maquereaux. Ce sont tous gens qui se feussent contenus près de leur
foyer, si la necessité ne les en eust chassez, ausquels il est
aucunement pardonnable s'ils se sont laissez flatter à l'opulance
de la première ville du royaume; le danger, la honte, le vitupère,
attachez à quelque peu d'acquest, leur a semblé plus sortable qu'une
mort languissante. Mais pourquoy vay-je consumer inutilement le temps
au recit des maux qui sont si visibles et palpables? Il resteroit
maintenant de discourir des remèdes que vostre seule main, Sire,
assistée et guidée de celle du Tout-Puissant, y pourroit apporter,
si la modestie et la discretion ne me commandoit de m'en taire
après tant d'excellans esprits qui ont contribué de leur advis,
avec plus de grace que je ne sçaurois faire. Les cayers des estats
generaux parlent assez clair; les moyens et memoires du sieur du
Noyer[85], avec leurs supplemens, sont fort intelligibles, Dieu
mercy (excepté que, comme les plus fameux charlatans, il ne nous a
pas voulu descouvrir tout le secret de l'art). Toutesfois, puisque
la France est comparée à ces malades qui, pour l'estat deploré de
leur santé, estoient exposés en public à la veue de tout le monde,
au soulagement desquels il estoit permis à ung chacun d'apporter ce
que l'art, l'experience, ou son bon sens naturel luy suggeroit de
salutaire, il ne sera pas du tout hors de propos si soubs vostre
bon plaisir et en toute humilité je prends la hardiesse de dire
qu'en vain se travaille-on de remedier aux maux de ce royaume _nisi
causa morbi fugerit venis, et aquosus albo corpore langor_; si on
ne retranche les pensions[86], ne reduict les tailles et abolit les
subsides et gabelles, ne supprime un tiers pour le moings de ce
nombre effrené d'offices, et ne casse ou suspend pour cent ans le
droict annuel[87]. Quelcun me dira que je ne dis rien de nouveau,
et que pour estaller ung advis si trivial il ne falloit venir par
de si longues traverses. J'ay bien encores autre chose à dire;
cependant il est à notter que les choses bonnes ne sçauroient estre
assés inculquées, mesmement aujourd'huy que tant de gens conspirent
unanimement à la malice. Certainement, si on ne met la main à la
guerison de ces grandes ulcères, je deplore la condition de messieurs
les deputés qui se sont venus crotter à credit, le long de l'hyver,
sur ce quay des Augustins[88], pour attirer à leur retour sur eux
toute l'envie de la mauvaise issue, et les maudissons de tous leurs
concitoyens et compatriotes. Or, Sire, les moyens de pourvoir à ces
maux, comme ils sont très necessaires, sont aussi très aisés, par
la grace de Dieu. Pour le premier il suffiroit de dire à ceux qui
se trouveront les mains vuydes, et ausquels ce calice semblera ung
peu amer: _Deus dedit, Deus abstulit_; mais d'abondant pour leur
consolation on leur representera le tort qu'ils se faisoient par le
passé de vendre si sordidement leur fidelité; la candeur et la vertu
de leurs ayeulx, qui ne recherchoient autre loyer que l'honneur et
la gloire d'avoir fidellement et courageusement servy leur Roy, et,
finallement, le contentement d'esprit qui leur reviendra d'avoir
nettoyé leur conscience d'une tache si incessante et indigne de
la qualité qu'ils portent; et, s'il est besoin, on leur repetera
tout ce qui se lit dans le Caton françois sur ce subject, avec un
advertissement de mesnager d'ores en avant leur revenu avec plus
de retention et precaution, et n'engager ou estrousser[89] que
bien à propos les fiefs qui leur ont esté acquis par la valeur de
leurs ancestres. Il ne restera pour tout point de difficulté pour
le second, quand vous aurés passé sur le ventre au premier; il
ne vous sera pas plus malaisé d'accourcir vostre tribut qu'à ung
tailleur d'estraissir et appetisser la juppe d'ung geant pour en
faire une casaque de nain. Pour le troisiesme, qui concerne la plus
dangereuse playe, et comme une pernicieuse gangrène qui gaigne le
corps politique pour le perdre, il me semble que, sans s'arrester aux
cayers des deputez du tiers-ordre, qui sont en ce point recusables
pour la plus part, les plus violans et hardis remèdes sont les plus
convenables et les plus aysés quant et quant. Vous avez veu avec
combien d'allegresse on a embrassé les Memoires de Beaufort[90]
touchant le restablissement de la chambre de Justice, nonobstant
les oppositions du Financier[91], et quel fruict tout le monde en
attend. Ceux qui sçavent combien le maniement des loix requiert plus
de syncerité et integrité que celluy des finances, et combien le
public a plus d'interest à la conservation de l'un que de l'autre,
jugeront avec moy si l'establissemant d'une salle de justice pour
la recherche des malversations des officiers de justice sera moings
necessaire. Le fruict que j'en veux tirer est tel: vous supprimerez
quant et quant les offices de ceux qui seront attaincts et convaincus
d'avoir malversé en leurs charges, et, en ce faisant, ne sera besoin
d'autre fonds pour indemniser les depossedés que de bon nombre de
galères, dans lesquelles vous assignerés à chacun de mes galans ung
estat de mesme ordinaire de rames. O! que c'est ung beau moyen pour
reduire à centuries tant de legions innombrables de juges! Pour le
quatriesme, la cure en est bien si aysée que, sans vous donner la
peyne de supprimer nommement ceste peste, il suffist de la suspendre
pour trois ans pour en abolir à jamais la memoire. Reste seulement à
mettre hors d'interest les casuites, qui se trouvent avoir avancé une
notable somme, à ce qu'on dict. J'ay leur remboursement tout prest si
Votre Majesté erige la chambre dont est question, et me donne, sans
consequance, _ad tempus_ et par commission, ung estat de tresorier
des amandes qui se leveront sur les condamnez. C'est à ce dernier
point, Sire, que visent tous ceux qui desirent le restablissement de
la justice en son premier et ancien lustre, et son exercice aussi
rond, entier et prompt qu'il estoit du temps de nos aveux; car de
conserver la paulète[92], exterminer les espices et augmenter les
gages des officiers, ce seroit, à vray dire, nous faire tomber de
fiebvre en chaud mal; nous n'aurions pas meilleur compte de nos juges
que des ouvriers auxquels on a payé le prix faict avant main: nostre
besogne s'acheveroit à leur loysir. Je ne parle pas du vin du clerc,
des espingles de madame[93] et autres fictions de memoire: tout cela
est à deviner; mais pour de longueurs et langueurs insupportables,
je prevois qu'elles ne nous sçauroient manquer. Faittes mieux: tirés
du purgatoire l'ame du deffunct partisan, et espargnés à sa fille
les jeusnes, les coups de discipline et autres austeritez avec
lesquelles elle se resoult d'expier la coulpe de son père; effacez
de la conscience de cest autre transy le remords qui le ronge jour
et nuict et le faict dessecher comme un genet morfondu. Ce sont, en
somme, les points les plus importans de ma très humble remonstrance,
que je vous ai expliquez avec d'autant plus d'ardiesse que je les
ay creu autorisés des voeux de tous les bons François. De vous
aller icy deduire par le menu tous les maux qui ont aujourd'huy
cours par vostre royaume et vous discourir incontinent des remèdes,
je ne me sens pas les reins assez forts pour une declamation de
si longue haleine; après, ce seroit oster le mestier à messieurs
les deputez des estats-generaux, et vouloir faire, par une grande
temerité et presomption, en un quart d'heure, ce qu'à peine tant
de gens entendeus ensemble ont fait en cinq ou six moix. Quand il
aura pleu au Ciel et à vous, Sire, de me faire jouir du fruict de ma
très humble suplication, les ordonnances qui vous ont esté laissées
par les rois vos predecesseurs sont si belles, si sainctes, si
pleines d'equité, et celles que vous allez mouler sur les cayers
des dits estats si conformes aux desirs des gens de bien, qu'après
l'observance d'icelles j'estime que ce seroit impieté de souhaiter
une plus certaine et parfaite reformation. Si ne puis-je que pour
mon interest particulier je ne vous face encores ceste prière de
donner la plus prompte expedition et congé qui se pourra à messieurs
les deputez, qui ont depuis le mois d'octobre fait enrichir les
chambres garnies de plus d'un tiers. Ils s'endorment sur la besongne;
les bonnes gens oublient insensiblement leur pays, et pensent ou
voudroient bien, par charité réformative, que les estats durassent
encores quarante ou cinquante ans. J'en sçay qui ont enmené leurs
femmes; les autres ont loué maison pour un an; ceux-cy ont achepté
des meubles pour garnir ung hostel entier, comme s'ils ne deussent
bouger de leur vie de Paris; j'en cognoy qui espèrent de gagner les
douaires de trois ou quatre filles avant s'en retourner; ung autre
s'attend d'achepter à son fils ung estat de conseiller (ils seront
tantost à bon marché) des deniers provenans de la deputation. J'en
veis ung samedy dernier qui faisoit trotter derrière luy soixante
ou quatre-vingts charbonniers avec autant de charges de charbon,
qu'il ne sçauroit avoir bruslé de six mois. Prenez quelque pitié de
leur zèle et les randez à leurs femmes, qui les attendent à cuisses
ouvertes, _sicut terra sine aqua_; à leurs enfans, qui les auront
tantost mescogneus; à leur bercail, que le loup a beau infester
tandis que le pasteur s'endort à l'ombre. Je vous demande ce surcroy
d'obligation pour eux, et promets en tout cas en faire mon propre
debte, la peine qu'ils ont prise pour moy, qui fais plus qu'il plaist
à Dieu. Une partie du public merite bien ce petit tesmoignage de
recognoissance, qui ne sera pas le dernier que j'espère leur rendre.
Je reserve le remerciement et la louange deue à leurs sainctes
intentions et à la sincère sollicitude avec laquelle ils ont cooperé
au salut de la France après que je me seray dechargé envers Vostre
Majesté des actions de graces qu'exige de tout vostre peuple ung si
grand et si signalé benefice, et que j'auray acquitté les voeus que
j'ay faits avec tous vos fidelles subjects pour l'accroissement de
vostre gloire et continuation de toute prosperité en vostre royalle
maison. J'ay dict.
[Note 83: Président et lieutenant général en la
sénéchaussée et siége présidial de Clermont en Auvergne,
qui vint à Paris en qualité de député de sa province
aux états-généraux de 1614, et y soutint avec une ferme
éloquence les droits du tiers-état contre la noblesse et le
clergé. C'est à ce sujet qu'il fit paroître sa _Chronologie
des états généraux_, où il prouva que le tiers avoit
toujours eu entrée aux Etats, séance et voix délibérative.]
[Note 84: C'est-à-dire Irlandois en passage. Ces gueux
catholiques, chassés de leur île par les persécutions,
avoient infesté Paris pendant tout le temps de l'occupation
espagnole. On sait par d'Aubigné comment ils se
blottissoient dans les cavités du Pont-Neuf, inachevé, et
comment, la nuit venue, ils tiroient par les jambes et
précipitoient dans l'eau les passants qui leur refusoient
leur bourse pour aumône. C'étoient de dévotes gens
pourtant, ne demandant qu'à être canonisés. «Si l'on fait,
dit d'Aubigné, quelque difficulté de les sanctifier, il
faut avoir égard s'ils présupposoient ne faire mal qu'à
des hérétiques.» (_Hist. univ._, liv. 5, ch. 15.) En 1606,
on fit raffle de tous ceux qui se trouvoient encore à
Paris, on les entassa sur des bateaux et on les mit hors
de France. (L'Estoille, édit. Champollion, t. 2, p. 398.)
C'est à François Miron qu'on dut cette exécution. La ville
lui en fut très reconnoissante. (Félibien, _Preuves_, t. 2,
p. 34, 35.)]
[Note 85: Autre député des états qui prit vigoureusement
les intérêts du tiers, et demanda à grands cris les
réformes. Il est parlé de lui, ainsi que du sieur Estienne,
qui le soutenoit, dans le _Financier à Messieurs des
Estats_, p. 29.]
[Note 86: Dans le curieux petit livret que nous venons
de citer, il est aussi parlé (p. 9) de l'abus criant des
pensions, dont la somme augmentoit tous les jours, et qui,
après avoir absorbé le trésor du feu roi, mis en dépôt à la
Bastille, consumoient toutes les ressources de l'impôt.]
[Note 87: Sorte de droit de _paulette_ que payoient chaque
année les détenteurs d'office pour conserver leur charge à
leur succession. On s'étoit fait une belle ressource par
la création de cet impôt: «Les thrésoriers des parties
casuelles, lit-on dans le _Financier_ (p. 9), ont avancé
quatre cent mille livres sur l'espérance du droit annuel.»]
[Note 88: C'est dans la grande salle du couvent des
Augustins que les états-généraux de 1614 tinrent leurs
séances.]
[Note 89: Vendre par adjudication en justice.]
[Note 90: Beaufort et Juvigny faisoient alors courir des
_Mémoires_ contre le corps des financiers, dont ils avoient
fait long-temps partie. On accusoit leurs plaintes d'être
intéressées. «Si vous saviez pourquoi Juvigny et Beaufort
vous en parlent (de la chambre de justice), vous ne les
escouteriez point..... La part qu'ils ont eue aux deux
cent mil livres ordonnez aux denonciateurs qui ont trahy
leurs maistres et falsifié tant d'acquits et rooles a esté
trop petite pour eux; ils en veulent manger encores.» (_Le
Financier_, p. 11.)]
[Note 91: C'est le livret que nous venons de citer.]
[Note 92: La première chose demandée aux Etats de 1614 fut
la suppression de la _paulette_; mais on ne s'entendit
pas sur cette proposition entre la noblesse, qui l'avoit
pourtant faite, et le tiers, qui en auroit eu les profits.
La cour prit occasion de ces débats pour demander la
surséance. On n'y revint plus, et le droit de paulette fut
conservé.]
[Note 93: Petit droit qui, avec les épices, constituoit
les honoraires de la magistrature et de la bazoche. Les
mots _pot-de-vin_ et _épingles_ sont restés comme termes de
marché.]
_Sommaire traicté du revenu et despence des finances de France,
ensemble les pensions de nosseigneurs et dames de la cour, escrit par
Nicolas Remond, secretaire d'estat._