[Note 27: Le luxe des panaches étoit une des grandes
dépenses des courtisans. Une plume d'un demi-quart d'écu
étoit du dernier misérable. Le Mascarille des _Précieuses_
(scène 10) se vante que chaque brin des siennes lui coûte
un louis d'or.--Les panaches se portaient surtout à
l'armée, ce qui fait dire par du Lorens, dans une de ses
_Satyres_, 1624, in-8, p. 60:
Si la guerre n'étoit un moyen de voler,
Sans ailes ni sans _plume_ on n'y voudrait aller.]
[Note 28: Comme les Espagnols, grands mangeurs d'escargots
et d'oignons, et que toutes les caricatures du temps nous
représentent largement pourvus de ces denrées. V. _Musée de
la Caricature_, premières livraisons.]
[Note 29: On connoît ce passage de la _Luciade_ où Lucius,
changé en âne, retrouve sa forme humaine après avoir mangé
une couronne de roses. V. la traduction de P. L. Courier,
_Oeuvres_, édit. du _Panthéon littéraire_, p. 135.]
[Note 30: On n'est pas bien d'accord sur l'origine de
cette locution proverbiale. Il se pourroit qu'elle vînt
de l'anecdote dont nous avons déjà parlé (t. 5, p. 186),
et qui nous montre François Ier se décidant tout à coup
à substituer la langue françoise à la langue latine dans
les tribunaux, parce-qu'un seigneur que la cour avoit
_debouté_ (debotaverat) avoit cru être _débotté_ par elle.
Cette importante mesure auroit, en effet, été prise ainsi
_à propos de bottes_. M. Quitard pense cependant que cette
expression est plus ancienne. Il dit l'avoir retrouvée
dans un livre antérieur au règne de François Ier, avec une
note marginale qui en attribuoit l'origine aux exactions
que les Anglois, maîtres de la France, commettoient contre
les paysans, jusque là qu'ils prélevoient de fortes dîmes
et de grosses sommes pour leurs souliers et leurs bottes.
(Quitard, _Dictionnaire des Proverbes_, p. 163-164.)]
[Note 31: C'est ce que G. Naudé, dans le _Mascurat_, in-4,
p. 187, appelle des chapeaux en pot à beurre.]
[Note 32: Sur ces _moustaches_ ou cheveux tombant sur les
côtés de la perruque, V. le t. 3, p. 243.--Celles qu'on
appeloit _cadenettes_ devoient leur nom à l'un des frères
de Luynes, Honoré d'Albert, seigneur de _Cadenet_. Ménage
nous l'avoit appris depuis long-temps; les _Historiettes_
de Tallemant nous l'ont confirmé. V. édit. P. Paris, t. 1,
p. 399.]
[Note 33: Sur ces diverses formes de chapeaux, voir _le
Satyrique de cour_, dans notre t. 3, p. 245.]
[Note 34: C'étoit la prononciation à la mode, due à
l'imitation de l'accent efféminé des Italiens. «On n'ose
plus, dit Henry Estienne dans son _Dialogue du nouveau
langage françois italianizé_, Paris, 1579, on n'ose plus
écrire _françois_, _françoise_, sous peine d'être appelé
pédant.» Courval Sonnet, qui avoit vu les progrès de cette
mauvaise prononciation, et qui la trouvoit tout à fait
triomphante sous Louis XIII, à l'époque même où parut la
pièce que nous reproduisons, s'en explique ainsi dans une
de ses _satyres_:
Bref, que dirai-je plus? Il faut dire il _allèt,
Je crès, françès, anglès, il disèt, il parlèt_.
C'est donc inutilement que les doctes, Pasquier en tête,
avoient proscrit cet accent exotique. «Le courtisan aux
mots douillets, écrivoit-il dans sa quatrième lettre à
Ramus, nous couchera de ces paroles: «_reyne_ (au lieu de
_royne_), _allèt_, _tenèt_, _menèt_ ... Ni vous, ni moi,
je m'asseure, ne prononcerons, et moins encore écrirons,
ces mots de _reyne_, _allèt_, _menèt_.» V. _Lettres de
Pasquier_, in-fol., t. 2, p. 46, 57-58.]
[Note 35: On sait que le _landit_ étoit la foire qui se
tenoit à Saint-Denis dans la dernière quinzaine de juin.]
[Note 36: V. _le Satyrique de cour_, dans notre t. 3, p.
248, note.]
[Note 37: Cette poudre, dont nous avons déjà parlé, t. 3,
p. 253, note, resta long-temps en faveur pour la toilette
des hommes comme pour celle des femmes, surtout pour les
perruques:
Le matin y met de l'ambre,
De la pommade, de l'iris,
_Des poudres du nom de Cypris_,
Qui s'attachent à la pommade.
_Vers à la Fronde sur la mode des hommes, présentés
aux curieux du temps..._, 1650, in-4.
«Diane, lit-on dans le _Francion_, édit. de 1663, p. 267,
se plaignit à sa servante de ce qu'il y avoit eu quelque
gueux qui avoit fait de l'ordure dedans son banc. Ce fut
cela qui l'en fit sortir; mais la poudre de Cypre dont
vous étiez couvert vous empescha de sentir une si mauvaise
odeur.»]
[Note 38: Ce qui donne raison à ce joli distique de Martial
dans l'une de ses épigrammes (liv. 2, épigr. 12):
Hoc mihi suspectum est, quod oles bene, Posthume, semper.
Posthume, non bene olet, qui bene semper olet.]
[Note 39: V. notre t. 3, p, 257-258.]
[Note 40: C'est, comme on sait, le vieux proverbe latin
qui se trouve dans les _Mimes_ de Publius Syrus: _Vino
vendibili hedera non opus est._]
Mais j'ay pensé oublier le principal: c'est que, pour porter
proprement telles bottes, il faut s'accoustumer à dire: _chouse_,
_je venés_, _je disés_, _j'estés_, _Anglés_, _Francés_, et autre
tel barraguin estranger; et qui n'a ceste pièce en sa valise, qu'il
se garde bien pour son honneur de porter des bottes de cordonnier,
soit de la savaterie, car elles sont aujourd'huy cause d'un grand
bruit, d'autant que les maistres cordonniers sont sur le point de
se bien galer avec les savetiers, car il n'y a qu'eux qui vendent
des bottes frippées à un quart d'escu ou vingt sols. Ils veulent
aussi aux ferronniers de la vallée de Misère[41] pour les vieux
esperons. Autre grand debat s'est esmeu entre les maquinons, vendeurs
de chevaux, avec les sus dits savetiers, car ils veulent sçavoir,
quoy qu'il en soit, d'où ils ont tant de bottes, et eux ne vendent
point de chevaux, et asseurent en leurs articles qu'il y a de la
tromperie, veu qu'il ne peut avoir tant de bottes sans chevaux[42].
Mais l'affaire n'a point esté si aigre, car les savetiers ont
représenté (descouvrant le secret du sus dit gentil-homme sans nom)
que les grandes boues de Paris estoient cause de telle confusion
de bottes[43], et qu'un homme a plus tost trouvé vingt sols pour
une paire de bottes que vingt escus pour un meschant cheval, joint
qu'elles sont propres du tout pour espargner souliers, bas de
chausses, se garder des crottes et espargner le foin et l'avoine
pour un cheval; et, qui plus est, un homme botté et esperonné
est estimé, peu s'en faut, gentil-homme, et a plus de credit à
la rotisserie et au tripot, attendant les foins nouveaux[44].
Ces considerations diligemment et meurement pesées, burelées et
justifiées, les commoditez des bottes recognues si grandes, qui
sera si hardy d'en oser medire? Voyons-nous pas qu'elles servent
en tout temps pour aller à pied sans cheval? Y a-il rien de plus
gentil et mirlifique que voir un homme perruqué, escharpé, botté et
esperonné? Est-ce pas un traict d'espargne provenant d'un bon esprit?
Le pauvre Platon fut estimé fol autrefois parce qu'il descendit de
cheval aussi tost qu'il y fut monté. Il me semble d'en avoir ouy
la cause, et ay ouy dire que ce fut parcequ'il se recogneut estre
sans bottes. Ainsi, par consequent, je concluds, soit en baroco[45],
padesmo ou autrement, comme on le trouvera meilleur, qu'un homme est
tousjours plus asseuré des chiens avec des bottes qu'avec un bas de
toile, principalement quand les esperons y tiennent, et qu'il ne
doit pour son honneur aller à cheval sans bottes. Ainsi se trouve
verifiée ceste generale et merveilleuse prediction du grand Artus,
au large bonnet flocqué[46], qui vivoit du temps de son grand frère
Desiré[47], bon homme des Entomures[48], souz le pilier verd des
gras fromages, aux hasles, qui a predit qu'au temps que les grues
pondroient en l'air on verroit de très grandes merveilles, à sçavoir
des chevaux en pourpoint et des hommes bottez sans mule. Finalement,
pour eviter à toutes questions, noises, frais et debats, a esté d'un
mutuel accord et consentement conclud, clos et arresté entre tous
les autres estats qui y pourroient ou voudroient pretendre quelque
interest, et les sus dits savetiers, tant des hasles, savaterie,
rue de la Poterie et ailleurs, tous ès lieux de leur fripperie,
assemblez à la Table Roland[49], et partout où le vin a esté trouvé
le meilleur, que les dits savetiers n'achepteront ny vendront
desormais, tant en gros qu'en detail, aucunes bottes, tant crottées
qu'autrement, si le cheval, mulet ou asne à selle ne les cautionne
duement et suffisamment; mais il est apparent et notoire qu'il n'y
a point de cheval à l'estable faute d'avoine, de foin et d'argent,
qui est le pis, ergo gluc, etc. Les bottes sans cheval sont fessées,
biffées et annulées, et remises ès pieds et jambes de ceux qui auront
le moyen de les entretenir avec leurs despendances, et ce soubs ceste
moderation:
Vade pede quando copia deficit equi.
Je vay botté en attendant un cheval.
Je vous conseille donc, bonnes gens bottez sans cheval, laissez ces
bottes aux seigneurs et gentils-hommes qui ont moyen d'avoir des
chevaux. Cela vous eschaufe trop les jambes et vous empesche. Aussi
n'avez-vous accoustumé d'en porter, comme n'estant vostre estat. Je
vous assure qu'on se mocquera de vous, et ce que je voy arriver de
pis, c'est qu'il les faudra à la fin vendre à mespris pour payer voz
gistes, car les hostesses de Paris n'ont que faire de bottes: elles
veulent d'argent. Adieu; soyez sages.
[Note 41: C'est aujourd'hui le quai de la Mégisserie. Aux
derniers siècles, on lui donnoit aussi le nom de quai de
la _Ferraille_, qu'il devoit aux ferronniers dont il est
ici question. Vers la fin du règne de Louis XV, ils en
furent éloignés en vertu d'une ordonnance de police que le
chevalier de Piis formuloit ainsi, avec une richesse de
rimes sans égale:
Enjoignons aux vieux ferailleurs
De vendre leur vieux fer ailleurs.]
[Note 42: «N'est-ce pas, dit Hortensius, faisant, au
liv. 10 du _Francion_, «l'oraison démonstrative» des
bottes, n'est-ce pas grand avantage, si l'on veut aller
se promener, que de paroistre chevalier, estant seulement
botté, encore que l'on n'ait point de cheval, d'autant
que ceux qui vous voient s'imaginent qu'un laquais tient
vostre monture plus loin? Aussi un estranger s'estonnoit-il
un jour où il pouvoit croistre en France assez de foin
et d'avoine pour nourrir les chevaux de tant d'hommes
qu'il voyoit bottez à Paris; mais l'on le guerit de son
ignorance, luy remontrant que les chevaux de ceux qu'il
avoit veus ne coustoient guère à entretenir.»]
[Note 43: «Car, dit encore l'Hortensius du _Francion_,
il n'y a rien de plus commode pour espargner les bas de
soye, à qui les crottes font une guerre continuelle,
principalement dedans Paris, qui, à cause de sa boue, fut
appelé Lutèce. N'y a-t-il pas un adage qui dit que verolle
de Rouen et crotte de Paris ne s'en vont jamais qu'avec la
pièce?» C'est en effet l'abondance continuelle des boues
dans Paris qui avoit amené cet usage des bottes, devenu si
général. «Ceux d'entre nous, dit le commissaire La Mare,
qui ont vu le commencement du règne de Sa Majesté (Louis
XIV), se souviennent encore que les rues de Paris étoient
si remplies de fange que la nécessité avoit introduit
l'usage de ne sortir qu'en bottes.» (_Traité de la police_,
t. 1, p. 560.)]
[Note 44: «C'est, dit encore l'Hortensius de _Francion_
dans sa fameuse oraison _à propos de bottes_, c'est une
nécessité aux braves hommes d'en porter s'ils veulent
paroistre ce qu'ils sont, et à beaucoup d'autres s'ils
veulent paroistre ce qu'ils ne sont pas. Si l'on est vêtu
de noir, l'on vous prend pour un bourgeois; si l'on est
vêtu de couleur, l'on vous prend pour un joueur de violon
ou pour un bateleur, spécialement si l'on a un bas de soye
de couleur différente; mais arrière ces opinions quand l'on
a des bottes, qui enrichissent toutes sortes de vêtements!»]
[Note 45: Dans l'école, le quatrième mode de syllogisme de
la seconde figure s'appeloit syllogisme en _barôco_, et
il méritoit à tous égards d'être l'origine de notre mot
_baroque_.]
[Note 46: C'est-à-dire avec des _flocques_ ou des
_houppes_.]
[Note 47: Artus Désiré, cet étrange écrivain, ce
pamphlétaire du catholicisme, qui devança par ses virulents
libelles les sermons des prédicateurs de la Ligue. Si
les quelques détails qu'on donne ici sur lui sont vrais,
ce sont à peu près les seuls que l'on ait sur sa vie. V.
l'abbé d'Artigny, _Mémoires_, t. 2, p. 49.]
[Note 48: C'est-à-dire bon aux coups de poings, aux rudes
horions, comme le frère Jean de Rabelais.]
[Note 49: Ce cabaret, dont nous avons déjà parlé, t. 1,
p. 195, se trouvoit près le Châtelet. V. _les Visions
admirables du pèlerin du Parnasse_, et l'analyse curieuse
que Nodier a faite de ce livre, _Bullet. du Biblioph._,
août 1835, p. 10.]
_Les etrennes de Herpinot[50], presentées aux dames de Paris, desdiez
aux amateurs de la vertu, par C. D. P.[51], comedien françois._
_A Paris, jouxte la copie imprimée à Rouen, chez Michel Talbot,
imprimeur, demourant rue du Gril._
1618. In-8.
[Note 50: Ce Herpinot étoit un joueur de farces qui avoit
son échafaud aux halles, vers la pointe Saint-Eustache,
comme Jean de Pont-Alais avoit eu le sien avant lui. Ses
farces étoient au gros sel et de _haulte gresse_, comme
on en pourra juger par cette pièce, écrite sous son nom,
ce qui n'empêchoit pas que, par ironie ou par antiphrase,
on n'appelât Herpinot le _Caton des halles_. V. Leber,
_Recherches d'un homme grave sur un farceur_, p. 13-14, et
le _Catalogue de la Bibliotheque_, nº 2623.]
[Note 51: Ces initiales ne cachent-elles pas le nom d'un
certain de La Porte, comédien de Bourges, qui écrivoit
alors des pièces du genre de celle-ci, et même des pasquils
satiriques. L'Estoille (édit. Champollion, t. 2, p. 448) en
cite un de lui contre les jésuites que M. du Puy lui avoit
recommandé, et dont il donne ainsi le titre: _Prologue de
La Porte_, comédien de Bourges. Il le trouva _mal basti_ et
_gauffé_, c'est-à-dire écrit dans ce _gof_ parisien, dans
ce langage des halles que Catherine de Médicis aimoit tant
et parloit si bien, selon le _Scaligerana_, et que plus
d'une phrase de cette pièce reproduit dans toute sa pureté.
Ce de La Porte, comédien, d'après quelques détails contenus
dans ce qui va suivre, auroit joué aux halles sous le nom
d'Adenot, et y auroit précédé Herpinot, pour lequel il
écrit ici. Ces étrennes même pourroient bien n'être qu'une
adresse du prédécesseur recommandant son successeur à ses
pratiques.]
Mes dames, voicy un don incomparable, produit de la bienveillance de
vostre très intime et fidelle Herpinot, premier joueur de cornemuse,
sorty du tige d'Apolon et de Pan, grand aumonier de ce qu'il trouve
et baron de nul lieu, et gouverneur de son vent soufflé du plus
profond de ses grègues, entonné au bout d'une pièce de bois percé, et
fait entendre en ce premier jour d'année en vostre faveur, en vous
donnant le meilleur timbre de son harmonie et le meilleur plat de son
mestier, pour et à celle fin de vous faire mourir de rire et vous
donner autant de contentement comme il a eu à etudier ce ballet qu'il
vous garde pour vos estrennes, qui est sur le chant:
Gaudinette, je vous aime tant[52],
air fort nouveau et amoureux, lequel vous promet vous faire entendre
se par cas il se trouve disposé à vous venir trouver, et que la
gelée n'empesche son entreprise, car il désire vous entretenir
jusqu'au carême. Prenant tousjours de quelque chose de nouveau, et
principalement en ce premier jour d'année, il se monstre vaillant de
vous faire paroistre son affection en son petit ouvrage, que vous
recevrez, s'il vous plait, de la main de vostre mignard Herpinot,
avec plusieurs beaux stances et sonnets vouez et desdiez aux pieds
de vos autels, et par ce moyen vous vous apresterez à luy presenter
les siennes de votre part, lesquelles il desire de recevoir avec une
affection toute particulière, et autant sinsaire qu'amiable, comme
il s'apert que ce n'est un homme lequel divulgue jamais l'amitié que
les dames luy portent, et aime mieux leur dire quelques gaillardises
en segret qu'en compagnie, comme, par exemple, par ce discours,
qu'il presente aux dames de Paris pour leurs etrennes secrettement,
comme une trompette qui sonne la retraite, car le sire Herpinot ne
dit chose qu'il ne veuille bien que le curieux sache, parce qu'il
s'en pourra servir en parfaite occurance. Voilà comme Herpinot se
gouverne en ce subtil subjet, et ne croyez pas qu'il ressemble à une
infinité d'amoureux, lesquels passeront cent fois par une porte où
il y aura quelque fille de chambre, laquelle aura servy en chambre
vingt ans pour le moins sans n'avoir nullement fait servir son lit,
mais aura bien fait servir celuy du maistre[53]. A force de jouer
à la faucette, le pauvre amoureux viendra cent fois à la porte pour
tacher de parler à madame la cheville, luy demander s'il luy plaist
de l'avoir pour agreable et l'aimant. Douée d'une infinité de belles
parolles et de discours, de dons et de presens, elle luy fera un beau
refus, se disant fille de bonne maison, et non de bordeau, l'appelant
insolent et indiscret en parolle, tant soit peu touché de la vérité
contre son honneur. Mais le sire Herpinot n'est pas de ceste façon
basty, car il propose en soy-mesme ce qu'il a envie de dire, comme,
par exemple, les Etrennes des dames de Paris, où il dit:
_Sonnet._
Je vous supplie de recevoir
Ce present qu'Herpinot vous donne,
Car son coeur seul vous abandonne,
Belles, si le voulez avoir.
Ce n'est rien si ne me voyez
En ma force, qui est si grande,
Car je dance la sarabande
Sur l'entredeux de vos beautez.
Je joue de ma cornemuse
Et fais dancer toutes les Muses
De ma flutte et mon flajolet.
J'invoque la deesse Flore
Vous donner, au point de l'aurore,
Un bouton de rose ou d'oeillet.
[Note 52: Chanson qui fut alors très célèbre. Il est fait
allusion à l'héroïne, fille unique et de bonne maison, dans
ce vers d'une des _satyres_ de du Lorens (1624, in-8, p.
127):