[1574] L’oiseau de proie _sor_ est celui qui a atteint sa taille, mais

n’a pas encore mué. Son nom lui vient de la couleur jaunâtre (ou

_sorette_, comme dit Tardif, chap. XV) de ses plumes.

[1575] Pondu.

[1576] Les en a empêchés.

[1577] Le Ms. C ajoute: _bons espreveteurs_.

[1578] C. ajoute: _plumes et_.

[1579] V. p. 288, n. 3.

[1580] Les premiers, les meilleurs.

[1581] Var. B, _hault_.

[1582] D’Arcussia (p. 8 et 36) et Sainte-Aulaire (p. 12) disent aussi

que le faucon _hagart_ (on mué des champs) est celui qui a déjà mué une

fois. D’Arcussia fait dériver ce nom du mot hébreu _agar_, signifiant

étranger. Il semble qu’il doit plutôt signifier _égaré_, _sauvage_, à

moins qu’attendu l’explication qu’en donne ici notre auteur, on ne le

fasse venir de _haga_, haie.

[1583] Qu’il a deux ans.

[1584] Var. B, _sores_.--Les plumes qui sont restées de son premier

plumage, de son plumage sor.

[1585] Peut-être l’auteur veut-il dire que cet oiseau se laissoit

emporter par son ardeur et conduisoit le fauconnier à de trop grandes

distances; mais cet inconvénient étoit propre à tous les oiseaux de

haute volerie ou de leurre.

[1586] On appelle _formé_, par opposition à _tiercelet_ (plus petit d’un

tiers), la femelle des oiseaux de proie.

[1587] Leurre, instrument en osier en forme de fer à cheval allongé

qu’on recouvroit des ailes de l’oiseau ou de la peau du quadrupède

(lièvre ou lapin), qu’on vouloit accoutumer l’oiseau de proie à voler.

(Voy. les planches de l’_Encyclopédie_, pl. 12, fig. 4). On plaçoit la

viande destinée à la nourriture de l’oiseau sur le leurre, et il s’y

paissoit. Il en résultoit qu’il connoissoit le leurre et qu’il revenoit

à son maître dès que celui-ci l’appeloit en tournant cet instrument:

c’est ce qu’on appeloit _leurrer_. Les oiseaux, ainsi dressés (le

faucon, le gerfaut, le lanier, le sacre, le hobereau et l’émerillon

étoient seuls susceptibles d’être dressés au leurre), suivoient les

chiens pendant la quete en volant et fondoient sur leur proie aussitôt

qu’elle se levoit, à la différence des oiseaux de poing (autour et

épervier), qui restoient sur le poing de leur maître jusqu’à ce que les

chiens eussent fait lever le gibier. Les oiseaux de leurre ou de haute

volerie étoient en outre seuls propres à certains vols, tels que ceux du

héron, du milan, etc. Huber, dans son excellent ouvrage (malheureusement

trop abrégé et sorte de prospectus d’un autre plus étendu qu’il comptoit

composer) sur le vol des oiseaux de proie, a décrit d’une manière bien

remarquable les différens moyens employés par ces deux espèces d’oiseaux

en conséquence de la forme de leurs ailes, et partant de ce principe

fondamental que les anciens fauconniers n’ont pas connu, il appelle les

premiers _rameurs_ et les seconds _voiliers_. L’instruction de ces deux

espèces d’oiseaux devoit donc différer, et en effet celle des premiers

constituoit l’art de la fauconnerie et celle des autres l’autourserie;

les langues de ces deux arts, comme leurs principes eux-mêmes,

présentoient de notables différences qu’on peut voir dans d’Arcussia, p.

176, et dans _le Veritable Fauconnier_ de Morais, p. 9 et 115. Une des

principales étoit que les oiseaux de leurre étoient chaperonnés, tandis

que ceux de poing ne l’étoient pas. Ces derniers mangeoient sur le poing

de leurs maîtres, les premiers sur le leurre, etc.

[1588] Hobereau.

[1589] Plante bien connue, _ruta_.

[1590] Tirailler, déchirer avec son bec. On donnoit ainsi à _tirer_ aux

oiseaux des morceaux secs et nerveux, tels que pattes de lièvre ou de

lapin et de volailles qu’on appeloit alors _tiroirs_.

[1591] Étoffe ou fourrure. On se servoit ordinairement de peau de lièvre

pour cet usage.

[1592] Changer souvent l’étoffe ou feutre que l’oiseau a sous la patte

et la remplacer par une autre échauffée dans son sein.

[1593] La poitrine, le poitrail. Les oiseaux gras ont, en effet, la

poitrine bombée et séparée au milieu par une petite fente.

[1594] Nom d’un oiseau de proie ignoble (c’est-à-dire non susceptible

d’être dressé); mais je n’ai pas vu qu’on se soit servi de cet oiseau

comme du duc ou de la chouette pour attirer les oiseaux dans les filets;

peut-être est-ce aussi le nom d’un filet ou autre engin, mais je ne le

trouve nulle part avec cette signification.

[1595] Il y a eu quelques exemples d’aigles dressés pour la chasse, mais

on n’a jamais fait un emploi suivi de ces oiseaux. Gaces de La Bugne

parle d’une espèce d’aigle qu’il appelle _milion_ (qui paroît être

l’aigle fauve à marque blanche sur la tête), qui prenoit la grue et

l’oie sauvage (f. X vj). Il dit que cet oiseau étoit rare en France, et

le regardant comme une curiosité plutôt que comme un oiseau utile, il

s’écrie que _ne desplaise au milion. Il n’est vol ne mès de faulcon_ (L.

V). L’illustre connétable Olivier de Clisson avoit un _milion_ dressé

qu’il légua au vicomte de Rohan, son gendre. (Voyez le mot _Milio_ dans

Du Cange où ce mot est mal traduit par _milan_. Le milan n’a jamais pu

être dressé et n’a jamais été redoutable aux faucons comme le dit

l’empereur Frédéric II, l. II, ch. LXIX du _Milion_, associé par lui à

l’aigle et au vautour.) Tardif qui compila un _Traité de fauconnerie_ à

la fin du XVe siècle, s’est assez étendu sur le vol de l’aigle, mais on

ne sauroit conclure de son ouvrage purement théorique et traduit en

partie d’auteurs orientaux que l’aigle fût communément employé de son

temps en France par les fauconniers. Guillaume Bouchet, qui écrivoit en

1567, dit que le poids de l’aigle étoit cause que les fauconniers des

princes en dressoient rarement, et d’Arcussia (_Convy_, p. 28 et XVe

_lettre de Philoïerax_) raconte des essais faits de son temps pour

dresser des aigles. L’aigle n’a donc jamais été employé habituellement

dans la fauconnerie. Quant au _griffon_, ce mot désigne sans doute le

_gerfaut_, ainsi nommé dans Marc-Paule et le plus gros des oiseaux de

leurre; je serois au reste tenté de croire que l’auteur parle ici

d’après des récits exagérés ou fabuleux de chasses faites en pays

étrangers.

[1596] Tardif est le seul écrivain qui dise que l’autour vole le

chevreuil (_il fiert petit chevreul et l’empesche tant que les chiens le

prennent plus faciment_), et je crois qu’il y a tout lieu de douter que

cette chasse, qui s’est faite en Asie, ait jamais été pratiquée en

France.

[1597] Canards.

[1598] Il graisse ses plumes.

[1599] Petites branches d’arbre.

[1600] Comme on a fait d’abord pour les dresser ou comme ci-dessus p.

296.

[1601] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.

[1602] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.

[1603] Cette qualification n’est pas donnée au lanier par les anciens

fauconniers, et d’Arcussia nous apprend (_Conférence_, p. 7) que de son

temps le lanier étoit appelé, seulement en Italie, _faucon vilain_, par

opposition au _faucon gentil_. Au temps où Buffon écrivoit, on ne se

servoit plus en France ni de laniers ni de sacres, et il n’a pu décrire

ces deux espèces. Il est fâcheux qu’il n’ait pas consulté Sainte-Aulaire

et d’Arcussia qui donnent de grands détails sur ces oiseaux (p. 16, 20,

28, et d’A. 39, 48). Ces deux auteurs n’ont cependant pas su d’où le

sacre était originaire. Franchières a dit (Liv. I, VI) qu’il venoit de

Russie et de Tartarie, et Pedro Lopez de Ayala qui écrivoit à la fin du

XIVe siècle un savant traité de fauconnerie resté inédit, confirme à peu

près cette opinion, puisqu’il le dit originaire de Norwége. Il dit qu’il

y a aussi des sacres en Roménie. Notre auteur dit que cet oiseau est

originaire de Flandre, parce qu’il en voyoit sans doute apporter à Paris

par les marchands venant de ce pays. Ayala nous apprend que ces

marchands d’oiseaux parcouroient d’abord les cours d’Allemagne, puis

venoient à Bruges; de là à Paris, puis en Brabant; de Brabant en

Angleterre, et enfin en Espagne.

[1604] Les mailles (Voy. p. 293) dessinées sur son plumage sont larges.

[1605] C’est une erreur. Le sacre (comme le lanier et le gerfaut) a les

jambes et les pieds bleus.

[1606] C’est le faucon _tagarote_ des Espagnols (voy. d’Arcussia, p. 52)

que du Guesclin rapporta d’Espagne à Charles V, comme on le voit dans

Gaces de La Bugne (f. X iij). Cet auteur, ainsi qu’Ayala, le dit

originaire d’Afrique.

[1607] D’Arcussia s’est élevé le premier contre l’opinion suivant

laquelle les différens noms du faucon (_gentil_, _pèlerin_, _passager_,

etc.) constitueroient des espèces différentes. Il dit que le faucon

_gentil_ est celui qu’on prend du 15 juin au 15 septembre, le _pèlerin_

celui qui est pris du 15 septembre au mois de janvier, et que les

variétés remarquées dans leur plumage proviennent des différences d’âge,

de nourriture, etc. (Voy. p. 7 et 28.) Au reste notre auteur dit aussi

que le faucon pèlerin est le même que le faucon gentil.

[1608] Mais plutôt lanneret. C’est une répétition de ce que nous avons

vu ci-dessus, p. 318 et 319.

[1609] De suite.

[1610] Mauvaise mine.

[1611] Minéral qui se trouve dans les mines d’or et de cuivre et dont on

tire l’arsenic. Le meilleur est celui qui se lève par écailles ou

feuilles comme le talc. L’auteur veut parler de celui-là quand il dit

plus bas que la feuille est meilleure, car il ne me paroît pas qu’il

veuille désigner ici la plante dite _orpin_ ou _anacampseros_ vulgò

_faba crassa_, suivant Bauhin, et _telephium_ ou _crassula major_, dans

le dictionnaire de Nicot. L’auteur du _Roi Modus_ conseille de ne pas

employer l’orpiment, comme trop dangereux (f. 92).

[1612] Je n’ai noté que celles qui me paroissent certaines, mais il y a

bien d’autres passages qui peuvent avoir été ajoutés par l’auteur.

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