VOYAGE EN FRANCE

J’espère que les délégués du tourisme, qui vont se réunir, sauront

trouver un rôle et une place d’honneur pour notre grand touriste, pour

Ardouin-Dumazet, qui a parcouru, et souvent à pied, le bâton à la main,

la France entière, et qui a rédigé ses observations en cinquante-cinq ou

soixante volumes, car l’œuvre continue. Ayant tout vu, il trouve sans

cesse à revoir et peut à peine consentir à se déclarer satisfait d’une

œuvre que tout le monde juge admirable et unique. Il avait déjà rédigé

un «Voyage en France» fort complet, mais des changements économiques

considérables s’étaient produits. Il reprit son bâton et recommença le

pélerinage. Il avait réservé cette révision à son fils, mais la mort le

lui prit, il y a quelques années, et il se mit seul courageusement à la

tâche. Cette œuvre est d’une telle nature, si précise et si pénétrante,

qu’elle instruit même les vieux provinciaux, passionnés de leur pays, et

qu’elle leur révèle des aspects nouveaux de la région où ils vivent et

d’où ils n’ont jamais détourné les yeux. Il sait allier l’exactitude au

pittoresque et, véridique comme une enquête économique, il a des

enthousiasmes de paysagiste devant les aspects variés qui se sont

successivement offerts à ses explorations patientes et réfléchies. Peu

de personnes, peut-être, ont lu d’un bout à l’autre ces soixante

volumes, mais il n’est, non plus, de curieux qui n’en ait voulu

connaître quelques-uns, ceux qui concernent sa province natale, la

région de ses souvenirs d’enfance. C’est dire que partout

Ardouin-Dumazet a des admirateurs et des fidèles. Les touristes

assemblés trouveront certainement moyen, j’en suis sûr, d’honorer ce

grand touriste, ce grand découvreur de son pays.

La fin de l'art · 第 63 / 71 题