M. LHERBETTE.--Il aurait dû y en avoir.

_M. le ministre de l'instruction publique_.--Je prie l'honorable M.

Lherbette de remarquer que je n'examine point la valeur intrinsèque du

précédent; je le cite, en fait, et je dis qu'il appartient à la même

époque que la réélection de M. Degouve de Nuneques.

Je pourrais citer d'autres exemples de la même nature; il est arrivé,

par exemple, qu'un ministre a passé d'un département à un autre; eh

bien! on peut dire que tel ou tel département ministériel est plus

important que tel autre; il y a même tel département auquel est attaché

un traitement plus considérable. Ainsi, M. le général Sébastiani a passé

du ministère de la marine au ministère des affaires étrangères, où il

jouissait d'un traitement plus considérable. Il ne fut pas soumis à la

réélection.

Le même fait a eu lieu pour l'amiral de Rigny, qui a passé du ministère

de la marine au ministère des affaires étrangères sans être soumis à la

réélection. Pourquoi? Parce qu'on a considéré que les fonctions

ministérielles étaient toutes pareilles, que les divers départements

ministériels étaient égaux entre eux, qu'il n'y avait là point

d'avancement, point de changement dans leur situation politique, qu'il

n'y avait, par conséquent, aucun des motifs moraux ou légaux qui ont

déterminé la loi de 1830.

La Chambre voit qu'ainsi, soit que l'on considère la question dans les

rapports du député avec les électeurs, ou dans ses rapports avec ses

fonctions, soit que l'on consulte les précédents, il n'y avait aucun

motif légal, impérieux, d'obliger M. le général Sébastiani à une

réélection. Il s'agissait de l'interprétation de la loi; nous l'avons

examinée avec une complète impartialité; nous n'avions aucun intérêt à

éluder la réélection. Toutes les fois que la loi a été claire, nous

avons accepté le voeu sans aucune hésitation. Je comprends qu'on ait,

sur cette question, des avis différents; mais les raisons qui ont réglé

notre conduite nous ont paru et nous paraissent encore les meilleures

pour donner à la loi cette interprétation.

La Chambre, du reste, décidera la question comme elle le jugera

convenable.

Histoire parlementaire de France, Volume 2. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 93 / 119 题