GUIZOT, _ministre de l'instruction publique_.--Quand

M. le président du conseil est venu dire à cette tribune que le

ministère persistait dans son système, ce n'est pas certainement pour

l'abandonner, comme le dit l'honorable préopinant. Mais le ministère n'a

pas la prétention de ne retirer aucun fruit des discussions de cette

Chambre. Le ministère n'a pas la prétention que les amendements qui

peuvent être proposés dans le sein de cette Chambre ne l'éclairent

jamais sur ce qu'il peut être utile d'ajouter ou de modifier dans ses

propositions. M. le président du conseil a dit la chose du monde la plus

naturelle et la plus simple; il a dit que le ministère persistait dans

sa proposition et dans l'avis de la commission, mais qu'il y avait, dans

les observations provoquées par le débat et dans l'amendement de M.

Vivien, des dispositions qui pouvaient modifier utilement la proposition

du gouvernement. Le ministère ne pense pas qu'il y ait un abîme, comme

le disait l'honorable préopinant, entre la proposition de M. Vivien et

celle du gouvernement; plus cette discussion sera approfondie, plus vous

verrez que cet abîme n'existe pas. Nous pensons qu'aux termes des

promesses de la Charte de 1830, l'article 75 de la constitution de l'an

VIII ne doit pas être maintenu; nous pensons que la loi doit donner des

garanties et aux citoyens et aux agents du pouvoir. L'amendement de M.

Vivien nous paraît contenir le germe de quelques-unes de ces doubles

garanties, et c'est dans cet esprit, c'est pour perfectionner le système

du gouvernement en complétant les garanties, soit des fonctionnaires

publics, soit des libertés publiques, que nous demandons le renvoi à la

commission avec laquelle nous nous entendrons. (_Marques nombreuses

d'adhésion._)

Histoire parlementaire de France, Volume 2. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 91 / 119 题