--Chambre des députes.--Séance du 11 mars 1835.--
J'ai raconté dans mes _Mémoires_[4] la crise ministérielle qui éclata à
la fin de février 1835, par la retraite du maréchal Mortier, et qui se
termina, le 12 mars, par la reconstitution du cabinet sous la présidence
du duc de Broglie, ministre des affaires étrangères. Pendant cette
crise, le comte de Sade adressa au ministère en dissolution des
interpellations sur les causes de cet incident et la situation qui en
résultait. Je lui répondis:
GUIZOT, _ministre de l'instruction publique_.--Messieurs, lorsque samedi
dernier la même discussion s'est élevée dans la Chambre, lorsque j'ai
annoncé que des combinaisons se préparaient qui probablement
atteindraient bientôt leur terme, j'étais loin de croire que ces
combinaisons demeureraient sans résultat. Depuis, il en a été tenté
d'autres qui sont restées également infructueuses. Aujourd'hui, nous
sommes, mes collègues et moi, nous sommes assis sur ces bancs uniquement
pour nous acquitter d'un double devoir, pour ne pas laisser les affaires
en souffrance, et pour donner à la couronne le temps de chercher en
liberté la solution de la question qui nous occupe tous.
[Note 4: Tome III, p. 287-294.]
Nous sommes en ce moment, je le répète, étrangers à toute nouvelle
tentative pour cette solution. L'honorable préopinant vient de le dire
lui-même: «Les ministres qui quittent le pouvoir ne sauraient être
rendus responsables.»