LXIV

--Chambre des députes.--Séance du 11 mars 1835.--

J'ai raconté dans mes _Mémoires_[4] la crise ministérielle qui éclata à

la fin de février 1835, par la retraite du maréchal Mortier, et qui se

termina, le 12 mars, par la reconstitution du cabinet sous la présidence

du duc de Broglie, ministre des affaires étrangères. Pendant cette

crise, le comte de Sade adressa au ministère en dissolution des

interpellations sur les causes de cet incident et la situation qui en

résultait. Je lui répondis:

GUIZOT, _ministre de l'instruction publique_.--Messieurs, lorsque samedi

dernier la même discussion s'est élevée dans la Chambre, lorsque j'ai

annoncé que des combinaisons se préparaient qui probablement

atteindraient bientôt leur terme, j'étais loin de croire que ces

combinaisons demeureraient sans résultat. Depuis, il en a été tenté

d'autres qui sont restées également infructueuses. Aujourd'hui, nous

sommes, mes collègues et moi, nous sommes assis sur ces bancs uniquement

pour nous acquitter d'un double devoir, pour ne pas laisser les affaires

en souffrance, et pour donner à la couronne le temps de chercher en

liberté la solution de la question qui nous occupe tous.

[Note 4: Tome III, p. 287-294.]

Nous sommes en ce moment, je le répète, étrangers à toute nouvelle

tentative pour cette solution. L'honorable préopinant vient de le dire

lui-même: «Les ministres qui quittent le pouvoir ne sauraient être

rendus responsables.»

Histoire parlementaire de France, Volume 2. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 82 / 119 题