M. ANDRÉ KOECHLIN.--Je vous sous-amende et je demande que l'on dise:

«Le ministre de l'instruction publique pourra autoriser l'établissement

d'écoles _mixtes_.»

Dans ma commune, il y a une école mixte: catholiques, protestants,

israélites, tous y sont admis d'un commun accord.

_M. le ministre de l'instruction publique._--Cela va de droit. On ne

demande à aucun enfant, quand il se présente à l'école, de quelle

communion il est.

_M. le président._--Il semble que, législativement, il n'est pas d'usage

de dire: «_Tel ministre pourra_....» c'est au gouvernement qu'on donne

le droit. (_Sentiments divers._)

M. RENOUARD, _rapporteur_.--Je demande si, d'après sa rédaction, M.

Coulmann veut dire qu'une ordonnance royale sera nécessaire, ou s'il

entend que le ministre n'aurait besoin que d'un simple arrêté. Cette

dernière faculté aurait peut-être des inconvénients.

_M. le ministre de l'instruction publique._--Je ferai remarquer, en

réponse à l'observation de M. le président, qu'il y a dans la loi une

foule de dispositions qui contiennent des pouvoirs spécialement donnés

au ministre de l'instruction publique, qu'il y a aussi des lois donnant

tel droit au ministre des finances, au ministre de la guerre, etc., que

cela se reproduit continuellement dans vos délibérations, que cela veut

simplement dire qu'il ne sera pas besoin d'une ordonnance du roi, et

qu'un simple arrêté du ministre suffira.

L'amendement que j'avais consenti fut adopté.

M. Larabit (député de l'Yonne) demanda qu'au lieu des communes de 6,000

âmes de population, toutes les communes contenant 2,000 habitants

fussent tenues d'avoir une école primaire supérieure. Je repoussai son

amendement.

GUIZOT, _ministre de l'instruction publique_.--La première condition de

toute loi, c'est d'être possible à exécuter. Il s'agit ici d'imposer à

certaines communes l'obligation d'avoir une école primaire supérieure;

or, on ne peut imposer cette obligation qu'aux communes qui sont

réellement en état d'avoir une école primaire supérieure. La plupart des

communes de 2,000 âmes, dont a parlé le préopinant, ne sont pas en état

de subvenir à une telle dépense.

Histoire parlementaire de France, Volume 2. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 18 / 119 题