Felieh. Marcel conta ses embarras à Cheikh M'sel; celui-ci fit
assembler les bateliers du pays. Tous refusèrent de remonter jusqu'à
Kalehè-Bender. Cependant un patron déclara qu'il tenterait l'entreprise
contre une rémunération de quatre mille francs par belem--il en fallait
six:--encore ne répondait-il pas d'arriver à destination. Le cheikh
nous conseilla de faire une tentative auprès des bateliers turcs, plus
nombreux et plus audacieux que ceux de Mohammerah.
Sept heures plus tard, nous atteignions Bassorah. Nous voici installés
au vice-consulat de France, abandonné depuis plusieurs mois par son
locataire. La garde de la maison est confiée à un pauvre diable
de concierge miné par la fièvre. Un négociant autrichien, dont
l'habitation est contiguë, m'a fait offrir des meubles, qui lui
sont inutiles, assure-t-il. J'ai remercié: il y a bel âge que ces
superfluités ont cessé de m'être nécessaires. On est si heureux de
manquer de tout pour n'avoir à s'occuper de rien.
La chancellerie est actuellement dirigée par un négociant italien.
Cet agent apporte de mauvaises nouvelles: le _Sané_ n'ose franchir
la barre de Fau; il reste à Bouchyr. Plus d'espoir d'être secourus
et aidés; nous voilà donc encore et toujours livrés à nos propres
forces. La fatalité semble poursuivre les courriers de la mission:
l'un, parti de Suse, aurait succombé à une blessure dont il était
l'auteur involontaire; l'autre, expédié de Bassorah, et porteur de
deux télégrammes, revint avant-hier, déclarant que jamais on ne le
reprendrait sur le chemin de Daniel. Une entrevue avec le lion, son
épaule déchirée à la suite de ce colloque, un bain de plusieurs heures
dans le Karoun, où le fauve ne l'a point suivi, l'ont confirmé dans
cette détermination.
Les dépêches, trempées dans le fleuve, étaient devenues illisibles.
Comme je me désolais de ne pouvoir déchiffrer leur contenu, l'agent du
consulat m'a calmée:
«Madame, soyez sans inquiétude: ces deux télégrammes ne contenaient
rien de fâcheux. Dans l'un, signé Hachette, on vous réclamait un
manuscrit; l'autre annonçait l'arrivée du _Sané_.»
Bravo! le secret de la correspondance télégraphique est bien gardé à
Bassorah.
15 avril.--Grand vacarme cette nuit dans la rue qui longe le Consulat.
Des coups de feu retentissent.
[Illustration: LES BORDS DU KAROUN.]
Il s'agit de matelots anglais sur lesquels le poste a déchargé ses
armes. Ni mort ni blessé: Bacchus protège les ivrognes. La ville
est sous l'empire d'une terreur folle. Depuis que le sultan a
défendu d'appliquer la peine de mort, les vols et les assassinats se
multiplient dans des proportions effrayantes. La population paisible
est la proie de brigands organisés en société, société si prévoyante,
qu'elle possède une caisse de secours pour acheter l'élargissement des
membres compromis. Aussi bien n'ose-t-on s'aventurer dans les rues
après le coucher du soleil, et encore n'est-on pas en sécurité chez
soi. Les négociants, ne pouvant se fier aux agents de police, affiliés
à la bande, louent des veilleurs de nuit et transforment leur maison en
corps de garde. La semaine dernière les bandits dévalisèrent la maison
d'un Juif, à qui ils ne laissèrent comme fiche de consolation que deux
de ses femmes: les plus vieilles. Avant-hier ils s'introduisirent chez
un riche Arménien, M. Asfar.
Cinq personnes furent égorgées comme entrée de jeu. Les cris d'une
fillette de six ans, qui s'était jetée sur le corps sanglant de sa
mère, donnèrent l'éveil. Les coupables s'enfuirent, poursuivis par
les balles des gardiens postés sur les terrasses. On entendit des
gémissements, des cris déchirants. Le jour vint. Au pied du mur de
clôture qui limite le jardin gisaient deux cadavres sans tête; les
voleurs avaient sacrifié ceux des blessés qui ne pouvaient les suivre,
et laissé sur le terrain des corps incapables de compromettre les
survivants.
Douze personnes ont été mises en état d'arrestation; la tirelire de
prévoyance est bien garnie, les prisonniers ne moisiront pas sous les
verrous.
21 avril.--_Sur le Karoun._--Le lendemain de notre arrivée à Bassorah,
les bateliers furent assemblés par l'agent consulaire. Le refus de
remonter l'Ab-Dizfoul ne se fit pas attendre. Le soir même, nous
contractions un emprunt, changions en monnaie persane notre réserve
personnelle et repartions pour Felieh, désolés, mettant notre unique
confiance en Cheikh M'sel. Lorsqu'il comprit que tout espoir de nous
entendre à l'amiable avec des bateliers était perdu, le cheikh fit
appeler le chef de sa marine, un noir superbe:
«Arme six belems, désigne pour les conduire vingt-quatre nègres,
vigoureux et de bon courage. Chaque bateau sera rempli de dattes et
de riz. En outre, tu donneras à l'équipage l'autorisation de requérir
sur mes terres les moutons nécessaires à leur nourriture. Tes hommes
doivent remonter le Karoun, entrer dans l'Ab-Dizfoul et arriver jusqu'à
Kalehè-Bender, où sont les caisses des Faranguis. Tous seront ici
demain matin; Saheb leur comptera la moitié de la location, que je fixe
à trois cents francs par belem. J'ai dit.»
Comme le cheikh l'avait ordonné, vingt-quatre nègres d'une force
herculéenne venaient au rendez-vous. Ils prenaient les fonds et
baisaient les mains de leur maître.
«Qu'il soit fait comme j'ai ordonné.
--Sur nos yeux, ce sera fait.»
Notre émotion n'avait d'égale que notre reconnaissance; Cheikh M'sel
l'a bien compris.
Il était d'autant plus généreux à lui de s'occuper de nos affaires
qu'il avait de graves soucis. Des tribus campées au sud de Felieh
ont refusé l'impôt. La guerre a été déclarée, et l'on apprêtait les
navires, copiés, semble-t-il, sur les nefs de saint Louis, qui doivent
transporter les troupes du cheikh en plein pays rebelle.
Huit cents hommes vêtus à leur guise, mais armés d'excellents
_martinis_, s'empilaient sur les bateaux. Cordages, chaloupes,
bordages, échelles disparaissaient sous des grappes de têtes coiffées
de couffès aux couleurs éclatantes. Au-dessus de cette foule bariolée
étincelaient les fusils, dont aucun guerrier ne se dessaisit. Quel
enthousiasme! quel délire! Sur un signe du cheikh toute la tribu
l'eût suivi. Les cavaliers eux-mêmes eussent abandonné leurs chevaux,
inutiles dans un pays coupé de canaux et de marais. Mieux que le
coq, l'homme est un animal de combat. Rezal, le jeune frère de M'sel,
me pria d'intercéder pour lui.
[Illustration: DÉPART DU CHEIKH M'SEL POUR LA GUERRE.]
«Si j'écoutais mes parents et mes soldats, me répondit le cheikh, il
ne resterait ici que des femmes. Que ma mère n'est-elle là? Je lui
confierais la garde de Felieh et je partirais tranquille. Elle était le
plus vaillant guerrier de la tribu.... L'odeur de la poudre, qu'elle
aimait tant, ne la réveillera plus! Rezal doit me remplacer.»
Cheikh M'sel accompagne ses troupes, mais il ne conduira pas la
bataille. Les beaux jours sont passés où, capitaine de l'armée
paternelle, il se lançait furieux dans la mêlée, le sabre aux dents,
le pistolet au poing. Son beau-frère commandera les manœuvres, tandis
qu'assis sur un point culminant il suivra des yeux les péripéties du
combat.
Xerxès sur un trône pendant la bataille de Salamine.
Comme l'expédition s'éloignait, nous reprenions encore la route de
Bassorah, afin d'envoyer un télégramme au commandant du _Sané_ et le
prier de nous attendre une vingtaine de jours. Puis nous sommes montés
sur un septième belem, disposés à pousser les bateliers l'épée dans les
reins, si cela devient nécessaire. Trois cavaliers de Cheikh M'sel,
partis le même jour, portent à Suse un sac de krans et la nouvelle de
notre prochaine arrivée à Kalehè-Bender.
22 avril.--La remonte du Karoun est horrible! On doit haler les
bateaux ou avancer à la gaffe quand la végétation des rives
devient buissonneuse. Aucun abri contre un soleil intolérable; des
réverbérations éclatantes, des moustiques voraces, des mouches serrées
en légions si nombreuses, qu'habits, casques et figures sont noir de
jais. Nous souffrons cruellement. Les journées se passent sans que nous
échangions une parole. Parler serait gémir, mieux vaut se taire.
Il me semble par moments être coiffée d'une calotte de fer rouge.
L'enfer est vide et tous les diables sont ici. Les maxima journaliers
du thermomètre suspendu au mât varient entre 59 et 67 degrés
centigrades. A Paris, entouré du bien-être que donne une civilisation
raffinée, on gémit, on étouffe, on meurt, par des températures moitié
moins chaudes.
Au coucher du soleil le belem s'arrête, car nos hommes, par crainte des
lions, ne veulent pas marcher la nuit, et l'on respire pendant quelques
heures. Les bateliers profitent de ce repos pour tuer un mouton, le
dépecer et le cuire. Faute de manger la bête à moitié vivante, ils
risqueraient de se régaler de viande pourrie. Ahwaz approche, nous
l'atteindrons dans deux jours.
26 mai.--Tous en vie! sous pavillon français! à bord du _Sané_!
A quoi tient-il que je ne reprenne le chemin de France sous la forme
d'un colis plus léger et moins précieux que les autres? C'était écrit!
Avant d'atteindre Ahwaz, le Karoun décrit une grande boucle. Une
demi-étape sépare le barrage d'un village situé en aval du coude,
tandis que les mariniers doivent encore haler deux jours pour atteindre
la digue. Il nous sembla qu'abandonner le belem, c'était fuir une
fournaise. Des chevaux furent loués; nous partîmes.
La terre miroitait, éblouissante de blancheur, telle qu'une nappe
de craie; des colonnes d'air chaud montaient à nos visages, plus
suffocantes que les rayons du soleil lui-même. Des mouches suivaient
la caravane, bourdonnantes comme autour de cadavres en putréfaction,
ou s'abattaient sur nous aussi serrées que les anneaux d'une cotte de
mailles. Les chevaux marchaient lentement, les hommes étaient sans
voix, sans force pour les exciter.
Soudain, je me sens frappée à la nuque. La douleur s'élève vite
derrière les oreilles; un sang décoloré coule de mon nez et arrose la
selle.
La sensation de la mort m'est venue nette, sans autre angoisse qu'une
horrible douleur de tête: «Je vais mourir!» ai-je dit à Marcel.
On m'étendit sur le sol, où j'étais tombée comme une masse; des
manteaux et des selles on forma un abri quelconque. La nuit venue, mon
mari me chargea sur un cheval, et la petite caravane gagna Ahwaz.
Je retrouve mes souvenirs trois jours plus tard, dans la maison du
cheikh.
J'étais très malade, Marcel se désolait, mais les bateaux approchaient
de Kalehè-Bender.
Un matin on annonça l'apparition de M. Babin, de l'autre côté de
la rivière. Le surlendemain, les six belems portant les taureaux;
M. Houssay et Jean-Marie arrivaient à leur tour. La dysenterie, la
fièvre, l'insolation avaient exercé leurs terribles ravages sur nos
compagnons d'infortune; en quinze jours ils avaient vieilli de dix
ans, et pourtant, malgré tous leurs efforts, une volute du chapiteau
était demeurée en arrière. Obtenir que les bateliers revinssent sur
leurs pas fut impossible. De ces nègres beaux, superbes, il restait des
êtres maigres, hâves, la peau déchirée par les buissons des rives entre
lesquelles gémit le cours d'eau impétueux.
Depuis Ahwaz la flottille avait mis huit jours pour remonter à travers
des tourbillons et des rapides un torrent descendu en vingt heures.
J'avais repris courage; je proposai à Marcel de nous mettre à la
recherche du seïd tcharvadar qui s'était enfui, et d'aller tous deux
conquérir la volute; on se rit de moi.
Il était dit que nous devions réussir jusqu'au bout dans notre
entreprise. Mozaffer el Molk, obligé de quitter Dizfoul et Chouster en
pleine révolte, s'était dirigé sur Ahwaz, dans l'intention de passer
chez Cheikh M'sel les quelques jours de vacances que lui procuraient
ses administrés. Celui-ci nous eût même donné son navire à vapeur pour
remonter jusqu'au barrage, s'il n'eût craint de le voir revenir
bondé de visiteurs que, «par sa barbe!» il ne voulait pas recevoir.
[Illustration: L'ORDOU (L'ESCORTE DU GOUVERNEUR). (Voyez p. 353.)]
Le Khan traînait ses canons. Marcel alla le trouver et lui demanda
chevaux et artilleurs. Il consentit à les prêter sous la réserve que M.
Babin accompagnerait ses hommes, et qu'au retour, prolonge, charrettes,
harnais, plumes, papiers, crayons et meubles inutiles lui seraient
abandonnés. Marché conclu.
Dix jours plus tard, le _Sané_, que nous étions allés querir en rade de
Bouchyr, venait s'embosser devant la barre de Fau et recevait dans ses
flancs les trois cent vingt-sept caisses et les quarante-cinq tonnes de
bagages dont le transport nous avait coûté tant de peines.
Un incident diplomatique, suscité à la dernière heure, faillit entraver
le transbordement; l'attitude loyale de Cheikh M'sel, qui rentrait
triomphant à Felieh, l'énergie des officiers et des matelots français,
déjouèrent les embûches dressées sous nos pas.
Nous avons acquis, au prix d'un travail opiniâtre et d'efforts dont
nul ne soupçonnera jamais l'âpreté, des richesses archéologiques
inestimables. Les reliques des palais achéménides ne furent pas
arrachées à un monument superbe, mais ressuscitées des entrailles
avares de la terre et conquises au péril de notre vie. En ma qualité
d'historiographe des fouilles, il m'appartient de parler hautement
et sans fausse modestie. La mission de Susiane a livré une bataille
désespérée et, la Providence aidant, elle revient victorieuse.
A la générosité du roi, à ses nobles sentiments, la France doit une
collection inestimable; mais, sans l'appui constant de Cheikh M'sel, le
chapiteau du palais d'Artaxerxès serait encore à Kalehè-Bender. Et qui
de nous, dans l'état d'épuisement où nous ont laissés trois campagnes,
pourrait se promettre de l'y aller chercher?
Un des membres de la mission en serait pourtant capable; seul il dort
paisible et mange d'un appétit toujours frais; seul il a la force de
montrer d'impérieuses volontés: c'est Barrè bachy, nouvellement marié,
gras, rond, pimpant, magnifique, charmé de courir les aventures d'un
voyage de noce et d'aller, accompagné de sa belle, voir les moutons et
les brebis d'Europe.
Heureuse destinée que celle de l'Agneau en chef!
[Illustration]
INDEX ALPHABÉTIQUE
A
ABA, manteau sans manches porté par les Arabes, p. 64, 123, 139, 241,
329.
ABAMBAR (_réservoir d'eau_), p. 70.
ABBAS (Chah), roi de Perse, de la dynastie Sofie, monte sur le trône
en 1585. Son règne est un des plus brillants de l'histoire de l'Iran.
Des mosquées, des caravansérails construits par ses ordres embellissent
encore l'empire, p. 37, 40, 41, 201.
AB-DIZFOUL (COPRATÈS), rivière qui prend sa source dans les montagnes
des Bakhtyaris, traverse Dizfoul et se jette dans le Karoun, p. 281 et
_passim_.
AB-GARGAR, dérivation du Karoun, p. 58.
ABOU MOUSSA, lieutenant d'Omar, p. 169, 170.
ABYSSINIE, contrée de l'Afrique orientale, au sud du Soudan égyptien,
p. 14, 17, 18.
ACHÉMÉNIDE, dynastie qui régna en Perse depuis Cyrus jusqu'à Darius
Codoman, p. 2, 147, 197.
ACHPAZ (_cuisinier_), p. 137.
ADEN, ville et port d'Arabie, à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb.
Établissement portugais très important au moyen âge. Colonie anglaise,
p. 2, 13, 14, 19, 22, 23, 25, 27, 82.
AHWAZ, village bâti sur l'emplacement d'une ville antique. Barrage
sassanide, p. 51, 68, 166, 282, 283, 301, 323, 330, 332, 335, 349, 350.
AKHONDE, membre du bas clergé, p. 266.
ALBUQUERQUE, célèbre navigateur (1453-1515), fondateur de la puissance
portugaise dans l'Inde, p. 40.
ALEIKOUM SALAM (_à tous salut_), p. 155.
ALEP, ville de Syrie. Fabrique de tapis, d'étoffes de soie et d'or, p.
188.
ALEXANDRE le Grand, fils de Philippe et d'Olympias, roi de Macédoine,
vainqueur des Perses (356-323 av. J.-C.), p. 57.
ALLAH KERIM (_Dieu est grand_), p. 153.
AMAMA (_turban_), p. 266.
AMARAH, ville de création récente, bâtie sur les bords du Tigre, p. 188
et _passim_.
ANAM (_étrenne_). Elle diffère du bakhchich en ce qu'elle semble mieux
gagnée, p. 261, 252.
ANDÉROUN, appartement intérieur réservé aux femmes. Ce mot s'applique
également à l'habitation et à l'ensemble des personnes qui y vivent, p.
55, 212.
AOURAMAZDA, Dieu suprême de la religion mazdéique, p. 27, 28, 29, 162,
310.
APADANA, salle du trône où se tenaient, sous les Achéménides, les
grandes assises de la royauté, p. 97, 262, 265.
ARABIE, vaste presqu'île située au S.-O. de l'Asie, entre la mer Rouge
et le golfe Persique; villes principales: la Mecque, Médine, Aden,
Moka, Mascate, p. 21.
ARABISTAN, province persane située entre les montagnes des Bakhtyaris,
la Turquie d'Asie et le golfe Persique, capitales Chouster et Dizfoul,
p. 3, 52, 63, 169, 170, 194, 195, 333.
ARAC (_eau-de-vie de dattes_), p. 137, 333.
ARTAXERXÈS Ier _Longue-Main_, roi de Perse (472 à 425 av. J.-C.), fut
vaincu par les Grecs et obligé de signer la paix de Cimon (449), p. 97,
162, 265.
ARTAXERXÈS II _Mnémon_, roi de Perse (405 à 362 av. J.-C.), triomphe
à Cunaxa de son frère Cyrus et signe en 387 l'avantageux traité
d'Antalcidas, p. 97, 147, 363, 167, 260, 264, 265, 293, 299, 306, 309.
ATECHGA (_autel du feu_), p. 309.
ATOSSA, fille de Cyrus, épousa successivement Cambyse, Smerdis et
Darius Ier; mère de Xerxès. Voir «les Perses» d'Eschyle, p. 2.
B
BAB-EL-MANDEB, détroit qui unit la mer Rouge au golfe d'Aden, p. 13.
BABYLONE, ancienne capitale de la Chaldée, sur l'Euphrate.
BADGUIR, cheminée d'aération dressée au-dessus des maisons, p. 63.
BAGDAD, chef-lieu du pachalik de Bagdad sur le Tigre, capitale du
khalifat d'Orient sous les Abbassides, p. 56, 188, 221, 225.
BAHREÏN, groupe d'îles situé dans le golfe Persique, pêcheries
d'huîtres perlières, p. 36, 43, 44, 45, 47, 49, 202.
BAKHTYARI (_heureux_), importante tribu nomade campée dans les
montagnes qui séparent la Perse de la Susiane, p. 88, 129, 170, 171,
174, 219, 221.
BAROUN SAHEB (_maître de la pluie_), baromètre, p. 134, 135, 153, 175.
BASSORAH, ville relativement moderne, bâtie sur les alluvions du
Chat-el-Arab, p. 56 et _passim_.
BEND AKHIL, village situé au confluent du Karoun, de l'Ab-Dizfoul et de
l'Ab-Gargar. Tumulus antique, p. 51, 58, 301.
BENDER-ABBAS, anc. Gombroun, port persan sur la mer d'Oman. Sa
prospérité relative date de la prise d'Ormuz par chah Abbas, p. 37, 38,
41, 198.
BENGALE (Golfe), partie de l'Océan indien entre l'Indoustan et
l'Indo-Chine, p. 207.
BENI LAAM, importante tribu arabe campée sur les bords du Tigre, p.
143, 144, 166, 193, 210, 224, 229, 232, 245, 244, 270.
BENJAMIN DE TUDÈLE, écrivain juif, qui visita Suse et mourut en 1173,
p. 170.
BILDAR (_possesseur d'une pelle_). La pelle, en Susiane, sert à creuser
les canaux d'irrigation, p. 92, 93, 105.
BOMBAY, capitale de la province de Bombay (Inde anglaise), bâtie dans
une île de la mer d'Oman, 75,300, habitants, p. 28, 90, 207.
BOUCHYR BENDER, port sur le golfe Persique, centralise le commerce du
sud de l'Iran. Mauvais mouillage à une grande distance de terre, p. 1,
3, 51, 52, 53, 55, 193, 195, 210, 211, 212.
BUNGALOW, cabane de roseaux bâtie par les Indiens, p. 22, 24.
C
CAPAR, cabane de roseaux bâtie par les nomades arabes et persans, p.
108, 120, 123, 134, 174, 175.
CASSED (_courrier à pied_), p. 164, 166, 174.
CAUCASE, chaîne de montagnes qui s'étend entre la mer Noire et la mer
Caspienne, de Derbend à l'embouchure du Kouban, p. 1.
CEYLAN, grande île, possession anglaise au S.-O. de l'Indoustan,
capitale Colombo. Pêcheries de perles. p. 207.
CHAH-NAMEH (_Livre des Rois_), histoire légendaire des anciens rois de
Perse, p. 278.
CHAH ZADÈ (_fils de chah, prince du sang_), p. 328.
CHAÏ, monnaie de cuivre. Il y a 20 _chaïs_ ou 40 _pouls_ dans le kran,
p. 92, 245, 316.
CHALDÉE, partie S.-O. de la Babylonie ancienne, p. 217, 226, 309.
CHAOUR, cours d'eau qui sourd au nord de Suse, longe les flancs du
tumulus et se jette dans l'Ab-Dizfoul, p. 84 et _passim_.
CHAT-EL-ARAB, fleuve formé de la réunion du Tigre et de l'Euphrate, se
jette dans le golfe Persique, 144 kilomètres, p. 22, 52, 56, 57.
CHEIKH OTMAN, village situé au nord de la presqu'île d'Aden; le
gouvernement anglais a obligé les habitants de Malla à s'y transporter,
p. 24, 27.
CHIITE, musulman qui reconnaît Ali comme héritier légitime de Mahomet
et considère les Khalifes ses prédécesseurs comme des usurpateurs, p.
266.
CHIRAZ, capitale du Fars, occupe l'emplacement d'une ancienne ville
Achéménide. Tombeau d'Hafiz et de Saadi. Berceau du babysme, p. 50.
CHOA (Royaume du), l'un des États de l'Abyssinie, anc. cap. Ankober,
remplacée par Angolola, puis par Litué et Kaffa, p. 14.
CHOUSTER, une des capitales de l'Arabistan persan, p. 51, 63, 65, 69,
70, 73.
CONSTANTINOPLE, ancienne Byzance, appelée Stamboul par les Turcs,
capitale de l'Empire Ottoman, sur la rive européenne du Bosphore, prise
par les Turcs en 1453, p. 188, 196.
CTÉSIPHON, palais élevé par Kosroës sur les rives du Tigre. Voir _la
Perse, la Chaldée et la Susiane_ par J. Dieulafoy, p. 124, 221.
CYRUS, fondateur de l'empire des Perses, fils de Cambyse et de Mandane.
Il enleva le trône de Médie à Astyage (559 av. J.-C.?), vainquit
Crésus, roi de Lydie, s'empara de Babylone et périt, dit-on, dans une
expédition contre les Scythes (529), p. 260.
D
DAKHMA (_Tour du silence_), tour funéraire des sectateurs d'Aouramazda,
p. 28, 29, 104.
DANAKILS, nomades noirs campés sur les bords de la mer Rouge, p. 10, 11.
DANKALI, singulier de Danakils.
DANIEL. D'après la Bible, le prophète emmené captif à Babylone expliqua
les songes de Nabuchodonosor et, dans le festin de Balthazar, les trois
caractères mystérieux. Jeté dans la fosse aux lions, miraculeusement
sauvé, il obtint de Cyrus le renvoi des Juifs en Palestine. Deux
tombeaux: l'un à Suse, l'autre à Sousan, p. 3, 81, 83, 170 et _passim_.
DARIUS Ier, fils d'Hystaspe, roi de Perse (521-485 av. J.-C.), envoya
en Grèce une armée, qui fut vaincue à Marathon, p. 88, 97, 182, 214,
260, 261, 294, 311.
DESTOUR, chef des prêtres parsis. V. _Parsi_, p. 29.
DIZFOUL, deuxième capitale de la Susiane au point de vue officiel, mais
la première au point de vue commercial, bâtie sur l'Ab-Dizfoul, p. 55
et _passim_.
DJOUNDI CHAPOUR, ville sassanide, abandonnée après la conquête arabe,
p. 71, 260, 301.
DOCELLADJ, tumulus important dans les environs de Suse, p. 301.
DOLICHOCÉPHALE, terme d'anthropologie: celui dont le crâne est
relativement long et étroit, p. 120.
E
ÉLAM. Voir _Susiane_.
EULÆUS, cours d'eau situé anciennement au nord de Suse, p. 282, 301.
EUMÈNE, lieutenant d'Alexandre, resta fidèle à la famille de son
maître, fut livré à Antigone et mis à mort. (315 av. J.-C.), p. 59.
EURIPIDE, poète tragique grec; il nous reste de lui 10 pièces (480-406
av. J.-C.), p. 197.
F
FARANGUI, nom donné par les persans à tous les Européens, les Russes
exceptés, p. 92 et _passim_.
FARS, vieille Perse. Patrie originelle des perses aryens. Limitée
aujourd'hui par l'Irak Adjémi, l'Arabistan, le golfe Persique et le
Kirman. Pays très montagneux, coupé de vallées très fertiles, p. 1.
FATH ALY (Chah), neveu et successeur d'Aga Mohammed Khan, monte sur le
trône en 1797, p. 129.
FAU, barre vaseuse formée à l'embouchure du Chat-el-Arab, p. 57.
FELIEH, village bâti autour du palais de Cheikh M'sel Khan, sur les
bords du Chat-el-Arab, p. 55, 56.
FERACH, serviteur préposé à l'entretien des tentes et à leur
installation. Les ferachs sont aussi chargés d'attributions policières,
p. 71, 316.
FIRDOUZI (950-1030), né dans le Khorassan, fut attaché de bonne heure
à la cour et s'y fit connaître par d'heureux essais poétiques. Sur
l'ordre du sultan Mahmoud, il entreprit son poème héroïque, le «Chah
Nameh» qui lui coûta trente années de travail.
G
GABR (_tombeau_), p. 91 et _passim_.
GARAVOUL (_sentinelle_), p. 144, 157.
GÉDROSIE (Bélouchistan moderne), province de l'empire des Perses,
située entre la mer Érythrée et l'Indus, p. 1.
GOA, ville maritime de l'Indoustan, sur la côte de Malabar, chef-lieu
des possessions portugaises de l'Inde, 15 000 habitants, p. 32.
GOMBROUN, ancien nom de Bender-Abbas, p. 37, 201.
GUÈBRES, sectateurs de la religion de Zoroastre qui habitent la Perse,
p. 29.