Le Pirée, mai 1876.
Athènes est une ville d'Orient que je désirais connaître. J'ai
réussi à pousser jusque-là, en compagnie de mon camarade
l'ingénieur; nous n'avons pu y passer qu'une heure, et de nuit. Deux
chevaux nous ont promenés ventre à terre dans Athènes, pendant une de
ces belles nuits claires de la Grèce; nous avons rappelé à la hâte
tous nos souvenirs classiques et, durant une heure, les vieux monuments
ont défilé sous nos yeux, comme en rêve: les vieux temples de marbre
pentélique, l'Acropole, les Propylées, le Parthénon. Les jardins
embaumaient le myrte et les lauriers-roses...
Cette course au clocher nous a laissé une impression vive et
délicieuse que nous n'aurions point connue si nous avions vu Athènes
tranquillement et en plein jour, comme des touristes anglais...