La voie qui me restait à suivre était désormais toute tracée. Réparer
le mal que j'avais fait, tel était mon devoir et la détermination
que j'avais prise. Je suis heureux aujourd'hui du témoignage de ma
conscience qui me dit que je n'ai pas forfait à mon serment.
Il me fallait, aller rejoindre Angeline. L'affreux malheur qui était
venu fondre sur elle me l'avait rendu encore plus chère, s'il était
possible, car à l'amour paternel que je lui portais rejoignait un
sentiment d'incommensurable pitié.
Je passai le reste de la journée à acheter des provisions en abondance
ainsi que des étoffes et des vêtements de toutes sortes. Le lendemain
matin, accompagné de quatre hommes vigoureux que j'avais choisis et
engagés, je me dirigeai vers le Lac St. Jean où je devais la rencontrer.
Nous marchâmes pondant quatre jours et quatre nuits sans prendre que
justement le temps nécessaire pour les repas et le repos qui nous
étaient indispensables, j'avais hâte d'arriver et pourtant je redoutais
le moment où elle me demanderait des nouvelles d'Attenousse, car je
savais que ce serait la première question que sa mère et elle me
poseraient.
La quatrième nuit, du haut d'une éminence, par un beau clair de lune,
je pus contempler le campement d'une partie de la tribu qui reposait
paisiblement sur les bords du lac. Je voyais la fumée qui s'échappait de
chaque toit et s'élevait en ondoyant pour se perdre dans l'immensité des
cieux.
Je pressai alors ma poitrine à deux mains pour arrêter les palpitations
de mon coeur qui semblait prêt à en sortir. Un des indiens qui
m'accompagnait me désigna la demeure d'Angeline. Je sentais en
descendant la pente qui y conduisait mes jambes faiblir sous moi. Les
chiens de garde poussaient des hurlements inquiets et plaintifs pour
avertir leurs maîtres que des étrangers arrivaient, j'avançais toujours
malgré la certitude où j'étais que j'allais porter le désespoir dans cet
intérieur. Quelques sauvages sortirent pour se rendre compte de ce bruit
insolite. Presque tous me reconnurent lorsque je passai devant eux, mais
ils rentrèrent précipitamment, croyant que c'était plutôt mon esprit qui
venait les visiter tant ils étaient certains de ma mort et tant était
grande la superstition qui les dominait, malgré les lumières que le
christianisme leur avait données.
Enfin, je réussis à dominer quelque peu mon émotion et me dirigeai vers
la demeure de ma pauvre Angeline. Mes deux chiens que j'avais laissés
avant mon départ et qui avaient toujours montré pour elle un attachement
sans bornes, étaient étendus à la porte l'oeil et l'oreille au guet,
comme deux vigilantes sentinelles. Lorsqu'ils entendirent le bruit de
mes pas, ils se levèrent et poussèrent d'affreux hurlements auxquels
répondirent tous les autres chiens de la tribu, puis dès qu'ils virent
que nous nous avancions vers la porte qu'ils gardaient soigneusement,
ils s'élancèrent vers nous le poil hérissé, l'oeil ardent, nous montrant
deux rangées de dents formidables. On eut dit qu'ils voulaient nous
barrer le passage. Je me sentis touché de ce dévouement si vrai et si
désintéressé; je les appelai par leurs noms, ils reconnurent ma voix.
D'un saut, ils furent auprès de moi, vinrent me lécher les mains, firent
mille cabrioles en avant et autour de moi, allèrent japper joyeusement
à la porte pour leur apprendre qu'un ami arrivait puis recommençaient
leurs gambades tant leur joie était délirante.
Je n'étais plus enfin qu'à quelques pas de l'habitation, lorsque la
porte s'ouvrit et deux femmes parurent sur le seuil. L'une d'elles
tenait une carabine, l'autre pressait un jeune enfant sur sa poitrine.
Toutes deux avaient été éveillées en sursaut par le bruit inusité et
craignaient sans doute une attaque de quelques tribus ennemies, attaques
qui n'étaient que trop fréquentes dans ces temps-là. Je les reconnus du
premier coup d'oeil; c'étaient la mère d'Attenousse et mon Angeline.
Mes forces voulurent m'abandonner, mais je réussis à prendre le
dessus.--Hélika, s'écria la vieille en se reculant épouvantée pendant
qu'Angeline s'élançant à ma rencontre venait jeter son enfant dans mes
bras et me sauter au cou. Je les pressai un instant toutes deux sur mon
coeur.
--Père, me dit Angeline, je t'attendais. Va-t-il bientôt nous revenir?
Elle n'osait prononcer le nom de son époux. Je pus alors, pressé de ses
questions, me débarrasser de son étreinte et ordonner aux sauvages qui
portaient mes effets de les déposer à la porte de la hutte et leur
enjoignis de se retirer. Je leur avais expressément défendu de raconter
la mort tragique d'Attenousse et je pouvais compter sur leur discrétion.
Puis prenant Angeline et son enfant dans mes bras, comme je l'avais fait
les deux jours qui avaient précédé mon départ, j'entrai dans la cabane
et les assis sur mes genoux.
Pendant, ce temps, la vieille mère disséquait chacun des traits de ma
figure comme si elle eut voulu y lire la terrible nouvelle que j'allais
leur annoncer et qu'elle semblait anticiper.
L'accablement dont mon âme était en proie ne put leur échapper, elles
semblèrent comprendre qu'un grand malheur était arrivé, et les
sanglots d'Angeline me tirèrent de l'abîme de douleurs où j'étais
enfoncé.--"Angeline, ma bonne, ma chère enfant, lui dis-je en
l'embrassant, ton mari était trop parfait pour la terre, il ne pouvait
vivre au milieu des méchants qui rôdent autour de nous. Dieu a voulu
qu'il me chargeât de te donner avec nous tous un rendez-vous dans le
ciel, car il l'a appelé à lui. Une affreuse maladie l'a saisie à son
arrivée aux Trois-Rivières, il un est mort entouré de tous les secours
de la religion bénissant ton nom, celui de sa mère et faisant des voeux
pour le bonheur de son enfant. Il m'a chargé de prendre soin de vous
tous et je ne faillirai pas à l'engagement que j'ai contracté sur son
lit de mort. Plutôt m'arracher le coeur que de me séparer de ton enfant
à laquelle j'ai voué tout l'amour, que j'ai porté à la mère et que je
ressens pour toi aujourd'hui."
J'avais dit ces paroles qui ne comportaient qu'une partie de la vérité,
les yeux baissés et l'esprit encore noyé dans le souvenir des scènes
affreuses que j'avais vues se dérouler depuis mon arrivée dans la ville.
Quand je levai la tête, Angeline ne pleurait plus, son regard était
perdu dans le vide, un frisson agitait tous ses membres, sa pâleur était
extrême. La mère continuait à m'examiner et malgré les efforts qu'elle
faisait avec la stoïque énergie du sauvage pour dissimuler ce qu'elle
éprouvait, je pus voir clairement qu'elle pressentait tout ce qui était
arrivé.
Je déposai Angeline sur son lit, je la couvris de mes baisers, l'inondai
de mes larmes et nous tentâmes, la mère et moi, tous les efforts
possibles pour tâcher du la faire revenir à elle. Elle fut longtemps,
bien longtemps avant que de pouvoir reprendre ses sens. Heureusement
qu'une idée lumineuse me frappa. Je couchai auprès d'elle la petite
Adala et lui ayant dit tout bas que sa mère allait mourir si elle
n'essayait pas par ses caresses de la rappeler à la connaissance. Cette
enfant était d'une intelligence bien supérieure à son âge, on eut dit
qu'elle comprenait l'importance de ce que je lui avais dit et elle
répéta les mots que je lui avais appris: "Maman si tu mourais que ferait
Adala?" et elle l'embrassait à chacune de ses paroles. Ces accents naïfs
qui peuvent faire surgir la mère de la tombe à la voix de son enfant
premier-né eurent l'effet désiré.
--Oh! Adala, dit-elle en la pressant avec transport, seules désormais
sur la terre qu'allons-nous devenir, car tu es orpheline et ne comprends
pas encore toute la perte que tu as faite en étant privée de l'appui
de ton père, et des larmes abondantes inondèrent ses joues. Agenouillé
auprès du lit, je suivais avec anxiété cette scène navrante; toutefois,
j'augurai bien des larmes que versait Angeline, car il me semblait
qu'elles devaient la sauver. Je regrettai alors de ne pas lui avoir dit
toute la vérité, mais quelles consolations aurais-je pu lui offrir; une
consolation est-elle possible dans cette vallée de larmes?
Mais pourquoi m'appesantirais-je davantage sur ces tristes
évènements?.....
A force de bons soins, la santé d'Angeline parut se rétablir et chaque
soir, une prière était dite en commun dans la tribu pour le repos de
l'âme du malheureux Attenousse.
Toutefois la position n'était guère tenable. D'un moment à l'autre, un
mot indiscret de quelqu'enfant de la tribu, pouvait tout compromettre,
car chacun savait ce qui s'était passé avant et après l'exécution, et je
craignais qu'il en vint quelque chose aux oreilles d'Angeline et qu'on
lui apprit de quelle manière Attenousse était mort. Je me décidai donc
un jour de fuir ces endroits à jamais néfastes, d'amener avec moi mes
infortunées protégées, d'aller demeurer dans un lieu ignoré, auprès d'un
lac qui se trouve dans les profondeurs des bois, vis-à-vis Ste. Anne
de la Pocatière, autrefois Ste. Anne de la Grande Anse. Je fis mes
préparatifs en conséquence: j'achetai un fort grand canot, engageai des
hommes et le surlendemain, accompagnés d'une embarcation montée par
de puissants rameurs qui devaient nous prêter secours au besoin, nous
descendîmes le Saguenay et quelques jours après nous traversions le
fleuve.
Est-il besoin de vous dire que la veille de mon départ, j'avais visité
plusieurs de mes amis et leur avais exposé le but et la raison qui me
forçaient de les abandonner. Ils comprirent parfaitement, ces enfants
de la nature, quel était le sentiment qui guidait ma conduite, ils
voulurent même m'offrir des venaisons, fumées et des pelleteries dont
j'aurais trouvé un avantageux débit. Je les remerciai avec effusion pour
ces preuves d'amitié qu'ils me donnaient, et lorsque le lendemain, je
doublai le cap qui les séparait à jamais de ma vue, je pus apercevoir
leurs silhouettes mal effacées. Ils venaient nous dire adieu malgré
l'heure matinale du départ, et tâchaient de se mettre à l'abri des
rochers pour que nous ne les vissions pas, tant ils semblaient
comprendre combien il nous était pénible de nous séparer d'eux. Je n'en
ai revus que peu d'entre eux depuis que j'habite les bords du Lac à
la Truite, ceux-là je les ai toujours reçus avec bonheur parce
qu'ils m'apportaient l'expression sincère de l'amitié que tous nous
conservaient.
Nous débarquâmes donc à Ste. Anne à un endroit qu'on appelle encore
aujourd'hui le Cap Martin. L'église se trouvait alors à une bien faible
distance de ce lieu, montrant son clocher d'où trois fois par jour,
comme c'est encore la coutume, la cloche invitait les fidèles à la
prière.
Je m'assurai de suite d'une demeure confortable. Un brave habitant,
moyennant rétribution, me céda une partie de sa maison. J'y installai
Angeline, son enfant et la vieille qui n'avait pas voulu se séparer
d'elles et je m'établis leur pourvoyeur. Chaque jour, je m'évertuais à
trouver de nouveaux plats qui pussent satisfaire leurs goûts, car, en
dépit de tous mes efforts, je voyais la santé d'Angeline faiblir d'un
jour à l'autre malgré tous les soins que nous prenions d'elle. Pourtant
elle parut se ranimer pendant quelque temps. Bien que plongée dans une
affreuse tristesse dont je ne pouvais la tirer, j'avais réussi à lui
faire prendre un peu d'exercice. La vieille indienne l'entourait de
toute espèce de prévenances et me secondait dans ce que j'essayais pour
la distraire. Je lui avais dit tout ce que j'avais caché à Angeline
et par un accord tacite, jamais allusion n'avait été faite aux jours
passés.
Ainsi s'écoulèrent six mois non pas de bonheur, mais au moins de paix et
de tranquillité; chacun dévorant sa peine en silence.
Mais un jour arriva où, entraîné par le désir incessant de chasser,
je m'éloignai de la demeure pour m'enfoncer dans les bois. Lorsque je
revins, la désolation était à son comble. Angeline, comme à l'ordinaire,
avait été faire une promenade, elle avait rencontré dans sa course
une de ces commères obséquieuses qui ont toujours la bouche pleine de
nouvelles. Elle lui avait raconté dans tous ses détails le supplice
qu'un sauvage avait enduré aux Trois-Rivières. elle lui avait rapporté
toutes les atroces calomnies qui avaient pesées sur lui et auxquelles
elle-même ajoutait foi. Elle tenait, disait-elle, tous ces détails d'un
sien cousin qui était parti des Trois-Rivières la veille de l'exécution
et qui les tenaient lui-même de trois sauvages qui avaient vu commettre
le meurtre pour lequel l'indien avait été exécuté. Il avait ajouté de
plus que ces trois hommes erraient dans les bois d'alentour.
Ce coup devait être le dernier qui allait frapper Angeline. Nous la
mîmes au lit le soir avec une fièvre considérable et dans un état de
délire complet. La Providence dans ses décrets avait décidé qu'elle n'en
sortirait plus vivante.
Je glisse rapidement sur ces événements parce que je sens mon être se
déchirer à chacune des péripéties que j'aurais à raconter dans les
différentes phases de sa maladie. Lorsqu'un des derniers jours de mai,
le bon médecin de campagne vint me presser la main, qu'il m'invita à le
reconduire jusqu'au bout de l'avenue, je sentis, à l'émotion de sa voix,
que je n'avais plus rien à espérer des secours des hommes. Il m'annonça
donc que mon enfant bien aimée n'avait plus que peu de jours à
appartenir à la terre. Sa constitution, ajouta-t-il, a été minée
insensiblement par des causes que je ne puis comprendre; elle était née
forte et vigoureuse. C'est à son tempérament et à vos bons soins qu'elle
a dû de vivre jusqu'aujourd'hui. L'énergie de sa volonté a pu lui faire
surmonter bien des crises causées par un mal moral, mais cette dernière
a été au-dessus de ses forces. Dans deux ou trois jours au plus dit-il
en me prenant la main et la serrant affectueusement, Dieu aura mis un à
ses souffrances.
A cette désolante déclaration je sentis mes jambes fléchir sous moi
heureusement que j'avais à ma portée un poteau auquel je pus me retenir,
car j'allais choir. Je demeurai longtemps plongé dans l'abîme de ma
douleur. Je ne sais depuis combien de temps j'étais là lorsqu'une main
amicale vint se poser sur mon épaule. Je fis un soubresaut, comme quand
on est soudainement éveillé au milieu d'un affreux cauchemar. C'était le
bon curé qui venait faire sa visite quotidienne à ma chère malade. Le
docteur était passé chez lui et lui avait raconté l'état de désespoir
dans lequel il m'avait laissé. Il comprit que toutes ces consolations
banales qu'on prodigue quelquefois à ceux qui pleurent étaient
superflues, aussi nous acheminâmes nous en silence vers la maison. Avant
que d'y entrer, le bon prêtre me fit promettre de n'y paraître que
lorsqu'il m'appellerait afin que la malade ne vit pas l'altération de ma
figure.
Quand j'entrai au signal convenu, les traits de ma pauvre Angeline
n'avaient plus rien qui appartint à la terre. Son regard était tourné
vers les cieux et de ses lèvres s'échappait une fervente prière. Le
bruit de mes pas la tira de cet état extatique. Elle me fit signe
d'approcher, me tendit la main et me présenta son front à baiser comme
elle avait coutume de le faire depuis mon retour.
Enfin, vous l'avouerai-je, je ne me sens plus la force de vous exprimer
les souffrances innombrables que j'ai éprouvées pendant les deux jours
et deux nuits qui précédèrent sa mort. Bercé de temps en temps entre le
découragement ou l'espérance, dès qu'une lueur d'amélioration se
faisait entrevoir je redoublais, s'il était possible, mes soins et ma
sollicitude. La mère et moi nous étions constamment à son chevet dans
un morne silence troublé seulement par la respiration haletante de la
mourante et le tic-tac de l'horloge dont l'aiguille, comme le doigt de
l'inexorable destin nous montre à chaque seconde que nous avons fait un
pas vers l'éternité.
Les regards de la malheureuse mère, chargés de tristesse rencontraient
parfois les miens et nous baissions la tête comme si nous eussions
craint, de laisser apercevoir les sentiments de souffrances auxquels nos
coeurs étaient en proie.
Le soir de la troisième journée tout parut renaître à l'espérance l'état
de la malade nous semblait s'être considérablement amélioré. Tout
joyeux, je me livrais à l'espoir et de suite j'envoyai quérir le
médecin.
Nous sommes toujours si heureux d'espérer même lorsque tout est perdu.
Il arriva en toute hâte, prit le pouls de la malade, ausculta sa
poitrine, lui dit quelques paroles d'encouragement puis faisant signe
de l'accompagner à la porte: "le soleil de demain, me dit-il, ne la
trouvera pas vivante."
Dans la soirée, elle reçut tous ses derniers sacrements. Vers minuit,
je vis que le moment fatal approchait mais j'avais un dernier devoir à
remplir et je résolus de le faire avec toute l'énergie que j'avais mis
autrefois à faire le mal. C'était un pardon que je voulais obtenir, car
je ne me dissimulais pas que si j'avais abandonné la voie du crime,
c'était dû aux prières de mes bons parents, de mes soeurs et d'Angeline.
Après que son action de grâces fut finie, je priai l'assistance de se
retirer et prosterné, la face contre terre, je demandai pardon à mon
enfant pour tout ce que je lui avais fait endurer à elle-même, lui
racontai l'histoire de son enlèvement et les souffrances atroces
qu'enduraient ses parents par sa disparition.
J'attendais les paroles qu'elle allait prononcer comme un criminel qui
doit recevoir sa sentence.
--Père, me dit-elle après un moment de silence, viens, m'embrasser. Je
remets entre tes mains Adala, c'est mon trésor, c'est ma vie que je le
confie.
Telles furent les dernières paroles que j'entendis de sa bouche
angélique.
Je fis ensuite rentrer les assistants. La respiration de la mourante
devenait de plus en plus oppressée, ses lèvres seules remuaient pour
répondre aux prières des agonisants. Ses mains étaient jointes et ses
yeux tournés vers le ciel. Un instant après que nous eûmes fini de
prier, une légère teinte parut colorer ses joues: "j'y vais, j'y Vais,"
prononça-t-elle comme si elle se fut adressée à quelqu'être surnaturel
et ce fut tout!!!.......................................
En ce moment, Adala s'éveilla en souriant et demanda sa mère, elle
tendit ses bras vers elle et l'embrassa en l'appelant. Hélas sa pauvre
mère n'était plus qu'un cadavre!
Deux jours après, Angeline fut déposée dans sa dernière demeure où elle
dort encore aujourd'hui sous un gazon émaillé de fleurs sauvages en
attendant le jour où nous nous réunirons. Une pauvre croix de pierre sur
laquelle est gravé son nom, avertit le passant indifférent qui foule les
tombes du cimetière, qu'elle repose là.
Quand la cérémonie funèbre fut terminée, je pris Adala dans mes bras, la
pressai sur ma poitrine et lui dis avec transport: "Oh non, mon Adala,
tu ne resteras pas orpheline, car désormais tu seras ma seule richesse,
mon seul bonheur."