XI

Depuis un mois, le jeune ménage était installé dans une ravissante

maison des Champs-Elysées, arrangée, Dieu sait avec quels soins! par

Jean Lantier, devenu le beau-père du docteur Lorilleux; M. et madame

Divorne étaient repartis pour Lannion, enchantés de leur belle-fille,

lorsqu'un matin, un monsieur se présenta qui tenait essentiellement,

disait-il, à parler à Pascal.

Ce visiteur était coquettement vêtu, malgré l'heure matinale. Il

portait, par-dessus son habit bleu-barbeau, une douillette de couleur

claire, doublée de satin blanc, il avait des gants paille. Pour ne pas

déranger l'ordre merveilleux de sa chevelure blonde, il tenait son

chapeau à la main.

Le domestique pensa d'abord que cet étranger si bien frisé sortait de

quelque bal et se trompait de porte; mais, comme il insistait sous

prétexte d'affaires très urgentes, il se décida à l'introduire dans le

cabinet de son maître.

--Bonjour, cher enfant, dit la voix de miel de M. de Saint-Roch; j'ai

voulu vous surprendre dans votre bonheur; me pardonnez-vous cette

indiscrétion qui est ma seule récompense?

Pascal ne jugea pas à propos d'offrir un siége à l'ambassadeur.

--Eh bien, cher client, continua le négociateur, bénissons-nous notre

ami? Je ne vous avais pas trompé, hein? papa Gerbeau s'est gentiment

exécuté; peste! trois cent mille francs....

--Je suis fort pressé ce matin, interrompit Pascal.

Mariages d'aventure · 第 17 / 34 题