Depuis un mois, le jeune ménage était installé dans une ravissante
maison des Champs-Elysées, arrangée, Dieu sait avec quels soins! par
Jean Lantier, devenu le beau-père du docteur Lorilleux; M. et madame
Divorne étaient repartis pour Lannion, enchantés de leur belle-fille,
lorsqu'un matin, un monsieur se présenta qui tenait essentiellement,
disait-il, à parler à Pascal.
Ce visiteur était coquettement vêtu, malgré l'heure matinale. Il
portait, par-dessus son habit bleu-barbeau, une douillette de couleur
claire, doublée de satin blanc, il avait des gants paille. Pour ne pas
déranger l'ordre merveilleux de sa chevelure blonde, il tenait son
chapeau à la main.
Le domestique pensa d'abord que cet étranger si bien frisé sortait de
quelque bal et se trompait de porte; mais, comme il insistait sous
prétexte d'affaires très urgentes, il se décida à l'introduire dans le
cabinet de son maître.
--Bonjour, cher enfant, dit la voix de miel de M. de Saint-Roch; j'ai
voulu vous surprendre dans votre bonheur; me pardonnez-vous cette
indiscrétion qui est ma seule récompense?
Pascal ne jugea pas à propos d'offrir un siége à l'ambassadeur.
--Eh bien, cher client, continua le négociateur, bénissons-nous notre
ami? Je ne vous avais pas trompé, hein? papa Gerbeau s'est gentiment
exécuté; peste! trois cent mille francs....
--Je suis fort pressé ce matin, interrompit Pascal.