O bonne sœur, merci! mais vite, le temps passe,
Et du jour expirant le sourire s’efface.
Hâtons-nous, hâtons-nous! vous savez mon désir;
Sachons mettre à profit cet instant de loisir.
Tout menace; exerçons notre agile puissance,
Car, si nous ne pouvons détruire l’influence
Des démons de la nuit, mes sœurs, nous savons bien
Du mal semé par eux nous faire un peu de bien.
LES TROIS FÉES _se tenant par la main_.
Le cercle magique
Sur l’herbe reluit;
Lueur fantastique
Brille dans la nuit.
Chant cabalistique
Murmure sans bruit
L’appel fatidique;
Son fatal que suit
L’esprit prophétique.
Vite, l’heure fuit.
(_Une flamme s’élève tout à coup sous le chêne; les fées y jettent
chacune quelques herbes qu’elle consume lentement. Les fées tournent
autour dans le cercle magique, en murmurant très bas des mots que
couvrent entièrement le frémissement toujours croissant des arbres et le
chant des sylphes dans le lointain._)