PREMIÈRE FÉE.

O bonne sœur, merci! mais vite, le temps passe,

Et du jour expirant le sourire s’efface.

Hâtons-nous, hâtons-nous! vous savez mon désir;

Sachons mettre à profit cet instant de loisir.

Tout menace; exerçons notre agile puissance,

Car, si nous ne pouvons détruire l’influence

Des démons de la nuit, mes sœurs, nous savons bien

Du mal semé par eux nous faire un peu de bien.

LES TROIS FÉES _se tenant par la main_.

Le cercle magique

Sur l’herbe reluit;

Lueur fantastique

Brille dans la nuit.

Chant cabalistique

Murmure sans bruit

L’appel fatidique;

Son fatal que suit

L’esprit prophétique.

Vite, l’heure fuit.

(_Une flamme s’élève tout à coup sous le chêne; les fées y jettent

chacune quelques herbes qu’elle consume lentement. Les fées tournent

autour dans le cercle magique, en murmurant très bas des mots que

couvrent entièrement le frémissement toujours croissant des arbres et le

chant des sylphes dans le lointain._)

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 57 / 139 题