A vos aimables vers j’étais loin de m’attendre;
Je les relis souvent, car ils sont si flatteurs!
Le piége est bien caché; vous avez su le tendre
Sous un monceau de fleurs.
Sage! n’en croyez rien; je suis bien loin de l’être,
Moi, vil jouet des passions;
Je me trompe souvent, même aujourd’hui peut-être
Je me repais d’illusions.
Oui, la grâce à l’esprit unie
De vos stances fait la beauté;
Vous y brillez par le génie,
Mais non pas par la vérité.
Bien que né sous le chaume, Magu n’a-t-il pas ici le ton de l’homme du
monde? Ne trouvons-nous pas dans cette ingénieuse composition la fine
plaisanterie, l’élégant badinage, l’exquise politesse du bel esprit?
Montrons maintenant le sage revenu de tristes déceptions, appréciant les
promesses des hommes à leur juste valeur, et, trop philosophe pour se
plaindre, ne condamnant que lui-même. Citons cette pièce remarquable,
d’un coloris si frais, d’un sentiment si vrai, d’un tour si vif, d’une
expression si nette et si précise: