XXXVI.

Loin de reconnaître l'insuccès de la campagne de Mayenne (1586) en

Guienne et en Gascogne, les partisans de la Maison de Guise exaltèrent

outre mesure les prétendus exploits d'un de leurs princes. Mais les

réformés ne laissèrent point passer ces éloges sans critique. La

réplique suivante de Du Plessis-Mornay donnera une idée de cette

polémique:

«La vérité est que 15 ou 16 arquebusiers furent taillés en pièces.

Pour telle victoire on n'accorda jamais triomphe à Rome. Mais il

aurait dû dire que le sieur de Béthune, gouverneur de Monflanquin, lui

défit, en ce temps, une compagnie de gendarmes entière; que celles de

Clairac, en moins d'une semaine, lui taillèrent en pièces 18 corps de

garde... De même nature sont les conquêtes qu'il fit du Mas-d'Agenais,

Damazan, Tonneins, Meilhan, etc., et faut dire qu'il est malicieux ou

mauvais capitaine; car on sait qu'il y a deux sortes de places: les

unes qui peuvent soutenir les efforts d'une armée, les autres, non.

Celles-là, on les débat jusqu'à l'extrémité, ce que M. de Mayenne a

très bien expérimenté; celles-ci, et de cette espèce sont celles qu'il

nomme, on les garde pour faire vivre les troupes et pour être au

large, si longtemps qu'on peut, résolu de les quitter, à la venue

d'une grande force. Et de fait, Le Mas et Damazan sont deux villettes

qui ne valent pas Toury en Beauce; et la reine de Navarre ayant fait

prendre Tonneins par ses gardes, le roi de Navarre les y força, le

même jour, à coups de main. Et Meilhan qu'il dit ici, a été, depuis,

repris sans peine par le sieur de Vivans, qui le tient aujourd'hui.

Mais pensons certainement qu'ils ont bien peu de villes, puisqu'ils

font mine de ces villages.» (_Page 231._)

Henri IV en Gascogne (1553-1589) · 第 85 / 129 题