Voici l'analyse du traité de Nemours (7 juillet 1585):
«Il y fut convenu qu'il n'y aurait désormais en France qu'une seule
religion; que les ministres huguenots sortiraient du royaume dans un
mois, et dans six mois tous les autres qui ne voudraient pas rentrer
dans la religion catholique; que tout hérétique, pour la seule raison
d'hérésie, serait incapable de posséder aucune charge, dignité ou
bénéfice; que les chambres mi-parties appelées chambres de l'édit
seraient supprimées; que le roi autoriserait ce traité par un édit
irrévocable; et que lui, son conseil et tous les corps du royaume le
confirmeraient par leur serment; qu'il serait enregistré au parlement
et exécuté sans délai; qu'on retirerait des mains des huguenots les
villes qu'on leur avait cédées; que le cardinal de Bourbon aurait
Soissons pour ville de sûreté; le duc de Mercœur, Dinan et Le
Conquet, en Bretagne; le duc de Guise, Verdun, Toul, Saint-Dizier et
Châlons; le duc de Mayenne, le château de Dijon, la ville et château
de Beaune; le duc d'Aumale, Saint-Esprit de Rue, en Picardie; que le
gouvernement de Bourbonnais, vacant par la mort du sieur de Ruffec,
serait donné au duc d'Elbeuf; que le cardinal de Bourbon aurait, pour
sûreté de sa personne, soixante-dix gardes à cheval et trente
arquebusiers; et les ducs de Mercœur, de Guise et Mayenne, trente
gardes à cheval; et que tout ce qui avait été fait et entrepris par la
Ligue catholique serait avoué et approuvé du roi, comme fait pour son
service et pour celui de l'Etat. A tout cela il fut ajouté que la
citadelle de Lyon serait rasée, que le roi fournirait aux Ligués la
somme de deux cent mille écus, dont les deux tiers seraient employés à
payer les troupes étrangères qu'ils avaient levées, et qu'il donnerait
cent autres mille écus pour bâtir une citadelle à Verdun, outre
l'entretien des gardes qu'il accordait aux princes ligués.
«Tel fut le fameux édit de Nemours, que l'on put appeler le triomphe
des rebelles et l'anéantissement de l'autorité royale.» (_Page 198._)