J.-F. Samazeuilh a recueilli les détails relatifs à l'expédition de
Marguerite contre Villeneuve-sur-Lot:
«C'est la reine de Navarre qui conduisit elle-même ses troupes au
siège de Villeneuve. Quelques pratiques dans la partie de cette place
située sur la rive gauche du Lot lui firent livrer les portes. Mais
Nicolas de Cieutat, seigneur de Pujols, premier consul, défendit
l'autre partie, sur la rive droite, avec autant de succès que de
courage. Marguerite s'empare de ce magistrat, qui se présentait devant
elle pour lui offrir de respectueuses observations, et le faisant
conduire à la vue des remparts de Villeneuve, elle mande au fils de
Cieutat que son père va périr, s'il ne rend la place à l'instant.
«Que l'on juge de la douleur de ce jeune commandant. Cependant il se
recueille, il se ranime à la pensée qu'il est possible de sauver à la
fois et Villeneuve et le premier consul. Aux signes qu'il fait comme
pour parlementer, les gens de Marguerite s'approchent avec leur
prisonnier. Aussitôt la porte s'ouvre et vomit sur eux vingt braves.
L'ennemi, surpris, déconcerté, cède à cette généreuse attaque, et le
père, délivré, rentre dans la ville avec ses libérateurs. Bientôt on
entend un bruit de fanfares sur la route de Périgord. De toutes parts
on annonce l'arrivée du roi de Navarre; des prisonniers, adroitement
relâchés, portent cette nouvelle au camp de Marguerite, et cette
princesse s'enfuit vers Agen.» (_Page 199._)