Le duc d'Epernon s'attacha d'abord au duc d'Anjou (plus tard Henri
III), puis, pendant quelque temps, au roi de Navarre, et s'introduisit
à la cour, où il devint un des mignons de Henri III, qui le combla
d'honneurs et de richesses. Outre des sommes énormes, il reçut de lui
les gouvernements des Trois-Evêchés, du Bourbonnais, de l'Angoumois,
de la Saintonge, de l'Aunis, de la Touraine, de l'Anjou et de la
Normandie, la charge de colonel-général de l'infanterie en 1581 et
celle d'amiral, qu'il céda à son frère Bernard. Disgracié en 1588 et
exilé à Loches, il rentra en faveur l'année suivante. Après la mort de
Henri III, il refusa de servir Henri IV, et, se retirant avec une
partie de l'armée, il mit le roi dans l'obligation de lever le siège
de Paris. Plus tard, ayant fait sa soumission, il se montra le plus
hautain et le plus turbulent des grands officiers de la couronne.
Henri IV eut la faiblesse de recevoir plusieurs fois en grâce cet
orgueilleux vassal. On sait que, comme gouverneur de Guienne en 1622,
il s'y rendit odieux et eut de violents démêlés avec le parlement de
Bordeaux et l'archevêque de Sourdis, qu'il osa bâtonner, mais à qui il
fut obligé, l'année suivante, de demander pardon. Quand on étudie la
vie et le caractère du duc d'Epernon, il est presque impossible d'y
trouver un acte ou un trait qui ne mérite la réprobation générale.
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