XXV.

Le duc d'Epernon s'attacha d'abord au duc d'Anjou (plus tard Henri

III), puis, pendant quelque temps, au roi de Navarre, et s'introduisit

à la cour, où il devint un des mignons de Henri III, qui le combla

d'honneurs et de richesses. Outre des sommes énormes, il reçut de lui

les gouvernements des Trois-Evêchés, du Bourbonnais, de l'Angoumois,

de la Saintonge, de l'Aunis, de la Touraine, de l'Anjou et de la

Normandie, la charge de colonel-général de l'infanterie en 1581 et

celle d'amiral, qu'il céda à son frère Bernard. Disgracié en 1588 et

exilé à Loches, il rentra en faveur l'année suivante. Après la mort de

Henri III, il refusa de servir Henri IV, et, se retirant avec une

partie de l'armée, il mit le roi dans l'obligation de lever le siège

de Paris. Plus tard, ayant fait sa soumission, il se montra le plus

hautain et le plus turbulent des grands officiers de la couronne.

Henri IV eut la faiblesse de recevoir plusieurs fois en grâce cet

orgueilleux vassal. On sait que, comme gouverneur de Guienne en 1622,

il s'y rendit odieux et eut de violents démêlés avec le parlement de

Bordeaux et l'archevêque de Sourdis, qu'il osa bâtonner, mais à qui il

fut obligé, l'année suivante, de demander pardon. Quand on étudie la

vie et le caractère du duc d'Epernon, il est presque impossible d'y

trouver un acte ou un trait qui ne mérite la réprobation générale.

(_Page 184._)

Henri IV en Gascogne (1553-1589) · 第 74 / 129 题