Il est à remarquer, dit Bascle de Lagrèze, comme une particularité
historique très curieuse, que tous les historiens se sont trompés sur
la date de la naissance de Henri IV, qu'ils fixent au 13 décembre.
Voici ce que nous lisons dans le Journal des naissances et morts des
princes de Béarn, tenu par l'évêque d'Oloron: «Ce 14 de décembre 1553,
ma dicte Jehanne, princesse de Navarre, accoucha de son troisième fils
à Pau en Béarn, entre une et deux heures après minuict. Lequel fut
baptisé le mardi VIe jour de mars dudict an, audit lieu de Pau; et
furent ses parrains, le roi de Navarre, son grand-père, qui le nomma
Henry, et Monseigneur le cardinal de Vendôme, son oncle paternel, et
fut sa marraine, la sœur du roi de Navarre, veufve de feu Monseigneur
de Rohan.» (_Page 11._)
* * * * *
On connaît la première strophe du motet religieux et populaire que,
selon la tradition, Jeanne d'Albret aurait chanté à la naissance de
Henri IV.
En voici la traduction:
Notre-Dame du bout du pont,
Venez à mon aide en cette heure!
Priez le Dieu du ciel
Qu'il me délivre vite,
Qu'il me donne un garçon;
Tout, jusqu'au haut des monts, l'implore.
Notre-Dame du bout du pont,
Venez à mon aide en cette heure!
Au sujet de ce cantique publié pour la première fois dans le _Château
de Pau_, l'auteur donne ce détail archéologique: «Voyez-vous en face
de l'aile méridionale du château, au milieu du Gave, les piliers à
demi ruinés d'un vieux pont qui n'existe plus? Au bout de ce poit,
s'élevait jadis une chapelle dédiée à la Vierge, et célèbre par la
renommée de ses miracles. C'est à Notre-Dame du bout du pont que les
Béarnaises adressaient leurs prières, dans toutes leurs peines, dans
toutes leurs souffrances, et surtout dans les douleurs de
l'enfantement...» (_Page 10._)