Nous partons du port de Boulaq; le palais d'un bey mamelouk, devenu
aujourd'hui l'École polytechnique, la mosquée blanche qui l'avoisine,
les étalages des potiers qui exposent sur la grève ces bardaques de
terre poreuse fabriquées à Thèbes qu'apporte la navigation du haut Nil,
les chantiers de construction qui bordent encore assez loin la rive
droite du fleuve, tout cela disparaît en quelques minutes. Nous courons
une bordée vers une île d'alluvion située entre oulaq et Embabeh, dont
la rive sablonneuse reçoit bientôt le choc de notre proue; les deux
voiles latines de la cange frissonnent sans prendre le vent.
--_Battal! Battal!_ s'écrie le reïs.