Les Grandes Chroniques de Saint-Denys. (Collect. Michaud et
Poujoulat.)
Bibliothèque de l’École des Chartes. In-8.
RIOLAN (J.). Opuscules anatomiques.
La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce, chambellan de
Philippe le Hardi. 1835. In-8.
DANIEL (G.). Histoire de France. (Édit. du P. Griffet.) 1761. 17
vol. in-4.
DE NANGIS (G.). Chronique latine. (Édit. de H. Géraud.) 1843. 2
vol. in-8.
BELLEFOREST. Histoire des Neuf Roys Charles de France. 1568. 1 vol.
in-fol.
SAINT-FOIX. Essais historiques sur Paris. (5ᵉ édit.) 1776. 7 vol.
in-12.
LA CROIX DU MAINE ET DU VERDIER. Les Bibliothèques françoises.
(Édit. de Rigoley de Juvigny.) 1772. 6 vol. in-4.
CORROZET (G.). Les Antiquitez, histoires et singularitez de Paris,
ville capitale du royaume de France. 1550. 1 vol. in-8.
VAISSETTE (J.). Histoire générale du Languedoc.
BRICE (G.). Description de Paris. 1752. 4 vol. in-12.
JUVÉNAL DES URSINS. Histoire de Charles VI. 1614.
LE LABOUREUR. Histoire de Charles VI, roy de France. 2 vol. pet.
in-fol.
BRANTOME. Œuvres complètes. (Édit. du _Panthéon littéraire_.)
MONSTRELET. Chroniques d’Enguerrand de Monstrelet. 1595. 3 vol.
pet. in-fol.
LABARRE. Mémoires pour servir à l’histoire de France et de
Bourgogne. 1729. 1 vol. in-4.
La Chronique scandaleuse.
COMINES (P. DE). Mémoires (Édit. de Lenglet du Fresnoy.) 1747. 4
vol. in-4.
BARBIER. Chronique de la régence et du règne de Louis XV,
1718-1763. (Édit. Charpentier.) 8 vol. in-12.
LISLE. Du Suicide: statistique, médecine, histoire et législation.
1855. 1 vol. in-8.
GAUTIER (TH.). Les Grotesques. 1856. 1 vol. in-18.
CIMBER et DANJOU. Archives curieuses de l’Histoire de France,
depuis Louis XI jusqu’à Louis XVIII. 1837-1840. 27 vol. in-8.
MOLINET (J.). Les Faicts et Dicts de feu de bonne mémoire maistre
Jehan Molinet. 1540. 1 vol. in-12.
Le Journal d’un bourgeois de Paris sous le règne de François 1ᵉʳ.
(Édit. de L. Lalanne.)
GIRAULT DE SAINT-FARGEAU. Les Quarante-huit Quartiers de Paris. (3ᵉ
édit.)
MAROT (C.). Œuvres complètes.
BÈZE (T. DE). Œuvres.
AMELOT DE LA HOUSSAIE. Mémoires historiques, politiques, critiques
et littéraires. 1722. In-12.
VARILLAS. Histoire de François Iᵉʳ. 1685. 2 vol. in-4.
BOURDIGNÉ (J. DE). Chronique d’Anjou.
BOUCHET (J.) Annales d’Aquitaine.
DREUX DU RADIER. Récréations historiques, critiques, morales et
d’érudition. In-12.
MALINGRE. Annales de Paris. In-fol.
Les Archives du Royaume.
LA PONNERAYE. Histoire de l’amiral Coligny. 1830. 1 vol. in-8.
D’AUBIGNÉ. Histoire universelle. 1620. 3 vol. in-fol.
ID. Les Tragiques. (Collect. Elzév.) 1 vol. in-16.
Le Mercure françois, ou Suite de l’Histoire de la paix commençant à
l’année 1605. 1611-1643. 25 vol. in-12.
Variétés historiques et littéraires. (Collect. Elzévirienne.)
Lettres de Malherbe à Peiresc.
CHRISTINE DE PISAN. Le Livre des fais et bonnes meurs du sage Roy
Charles V. (Collect. Michaud et Poujoulat.)
LE LABOUREUR. Les Tombeaux des personnes illustres. 1642. 1 vol.
in-4.
DU BREUL (J.). Le Théâtre des Antiquitez de Paris. 1612. 1 vol.
in-4.
DE FÉNIN (P.). Mémoires. (Publ. par Mlle Dupont.) 1837. 1 vol.
in-8.
SISMONDI. Histoire des Français.
MICHELET (J.). Histoire de France.
PALMA-CAYET (P.-V.). Chronologie novenaire. (Collect. Michaud et
Poujoulat.)
BOILEAU. Œuvres.
Le Bulletin du Bouquiniste. (Librairie Aubry.)
FÉLIBIEN et LOBINEAU. Histoire de la ville de Paris. 1725. 5 vol.
in-fol.
[Illustration]
[Illustration]
ACHEVÉ D’IMPRIMER
_Pour la première fois à Paris_
Le 5 mai 1863
PAR JOUAUST ET FILS
POUR AUG. AUBRY, LIBRAIRE A PARIS
Tiré à 500 exemplaires
[Illustration]
* * * * *
_DU MÊME AUTEUR_
RECHERCHES
HISTORIQUES ET CRITIQUES
SUR
LA MORGUE
LA BASSE GEOLE DU GRAND CHATELET.--DESCRIPTION DE LA MORGUE.
ADMINISTRATION.--STATISTIQUE.
ERREURS ET PRÉJUGÉS.--LA LÉGENDE DE LA MORGUE.
LES FILETS DE SAINT-CLOUD.
6015.--Paris, imp. de Jouaust et fils, rue Saint-Honoré, 338.
NOTES:
[1] SAUVAL, _Histoire et antiquités de la ville de Paris_ (1724. 3
vol. in-fol.), t. II, p. 583--_Traihouer_, _Traihoir_, _Trihouer_,
_Tyroer_, _Tiroye_.--Je n’en finirais pas, si je voulais citer toutes
les variantes de ce mot.
LA CROIX DU TIROIR.
Cette croix me met bien en peine:
Que fait-elle dedans ce lieu?
Seroit-ce une Croix de par Dieu,
Ou bien une croix de Lorraine?
Nenny, c’est la Croix du Tiroir,
La seule noble antique à voir,
Dedans ce village moderne:
Qu’elle est grande! On la voit de loin;
Mais sa disgrâce me lanterne:
Pourquoi l’a-t’on mise en ce coin?
Muse, c’est ce qu’il me faut dire;
Autrement, je crie aux voisins,
Et nous ne serons pas cousins
A la fin de cette Satire:
Brûle, comme magiciens,
Plustost tes livres et les miens...
Ha! ma mémoire s’est refaite:
Sçavez-vous pourquoy c’est, Badaults?
C’est qu’icy la reyne Gilette[2]
Fut tirée à quatre chevaux.
(_La Chronique scandaleuse_, ou _Paris ridicule_, de Cl. Le Petit, un
poëte sur lequel nous reviendrons plus longuement à la fin de notre
livre.)
Colletet n’a pas oublié non plus «ce carrefour noir de peuple», comme
dit Victor Hugo dans son admirable _Paris à vol d’oiseau_.
Sçais-tu quelle est cette fontaine?
Ce n’est pas la Samaritaine;
C’est l’autre que tu viens de voir,
C’est icy la Croix du Tiroir,
Place où Némésis punit le vice
Du honteux et dernier supplice.
Prens garde contre ce poteau
De t’aller casser le museau!
Ne t’es-tu point blessé la joüe?
C’est un voleur sur une roue
Qu’on expose là quelque temps,
Pour servir d’exemple aux passans.
(_Le Tracas de Paris._)
[2] Cl. Le Petit se trompe au sujet de la _reyne Gilette_.--Ce n’est
pas à la Croix du Tiroir que reine Gilette (Brunehaut) fut tirée à
quatre chevaux. V. la curieuse étude de M. X. Girault, _Dissertation
historique sur le lieu de supplice de Brunehaut_. In-8, 1811.
[3] Le siége épiscopal, qui remonte au moins au IIIᵉ siècle, n’a eu que
le titre d’évêché jusqu’en 1622.
[4] L’ESCHELLE DU TEMPLE.
Grâce, grâce, ou miséricorde!
S’en va-t’on pendre icy quelqu’un?
Est-ce une eschelle du commun,
Ou bien une eschelle de corde?
Non, c’est une eschelle de bois,
Où les Templiers autrefois
Ont confirmé, par leur exemple,
Pour aller au ciel où vit Job,
Qu’un bout de l’eschelle du Temple
Vaut toute celle de Jacob.
(_La Chronique scandaleuse_, ou _Paris ridicule_, de Cl. Le Petit.)
[5] LOYSEAU, _Œuvres_ (_Les Traitez des Seigneuries_). 1678, 1 vol.
in-fol.--De La Mare, _Traité de la Police_ (Paris, 1722, 4 vol.
in-fol.), t. I, liv. 1ᵉʳ, titre IX, p. 145.--Voir aussi le _Traicté des
Droicts honorifiques des seigneurs ès églises_ de Mathias Mareschal
(1665, 1 vol. in-4), et quelques arrêts curieux au sujet des conflits
qui s’élevaient entre les juridictions: _Arrêts et exécutions au
XIIIᵉ siècle._--_Anciens arrêts extraits des registres_ OLIM--REVUE
RÉTROSPECTIVE. 1833-1838, t. VIII, p. 5-14, etc.
A chaque instant, du reste, et selon le caprice du monarque, le nombre
des hauts justiciers augmentait ou diminuait: «(1487) Le Procureur du
Roi au Chastelet alla en divers lieux de la Prévosté et Vicomté de
Paris faire démolir les fourches patibulaires, carquans, eschelles,
et autres marques de haute justice, attendu que le roi Louis XI avoit
accordé à plusieurs droit de haute justice, qui fut révoqué par édit de
révocation générale de tous dons de portion du domaine aliéné depuis le
deceds de Charles VII que fit publier Charles VIII à son avénement à la
Couronne.» (Sauval, t. III, p. 481.)
[6] Sauval fait même venir de ce genre de supplice le nom de ce
carrefour: _Guigne-Oreille_, et en langage corrompu _Guillori_.--Nous
lisons dans Jaillot, _Recherches critiques, historiques et
topographiques sur la ville de Paris_ (5 vol. in-8, 1762), t. III, p.
15: «Le Rôle de la Taxe de 1313 porte qu’un Maréchal appelé _Guillori_
y demeurait. On trouve aussi un fief qui a le même nom, ce qui aura
sans doute engagé à le donner à ce carrefour.»
[7]
L’ESTRAPADE.
Enfin, tu vois bien l’Estrapade;
Triste et douloureuse escalade,
Où l’on fait monter quelquefois
Ces grands violateurs de loix,
Je parle de loix militaires,
Qui sont justes et fort sévères.
Item auprès est le gibet
Où le criminel, au colet
Une fois pris, n’en peut descendre,
Parce qu’il a gagné le pendre.
(_Les Tracas de Paris_, par F. Colletet.)
[8] LE PILORI.
Deschargeons icy nostre flegme
Dessus ce chilindre pourry:
Ce Gibet, nommé Pillory,
Mérite bien un apophthegme.
Quoiqu’il soit en estat piteux,
Il fait voir à ce siècle honteux
Qu’on faisoit autrefois justice;
Et conclut enfin contre luy,
L’ayant privé de son office,
Qu’on ne la fait plus aujourd’huy.
(_La Chronique scandaleuse_, ou _Paris ridicule_, de Cl. Le Petit.)
[9] PIGAGNIOL DE LA FORCE, _Description historique de la ville de
Paris_, etc. (10 vol. in-12, 1765), t. III, p. 518.
[10] SAUVAL, t. II, p. 585.
[11] DE LA VILLEGILLE, _Des Anciennes Fourches patibulaires de
Montfaucon_, etc. 1836, in-8, p. 23-25.--«Notum facimus quod, cum
contentio verteretur inter nos ex una parte et decanum et capitulum
parisiense ex altera, super quibusdam terris et vineis quas nos tenemus
ab eodem capitulo in Censu communi, videlicet in via que ducit apud
Rauredum undecim arpenta terræ en la longue Raie; quatuor arpenta et
dimidium quarterium juxta pressorium combustum, duo arpenta et dimidium
quarterium circa gibetum, quatuor decim arpenta, etc.» ARCHIVES DU
ROYAUME, _Section domaniale_, § 216.
[12] «Nicholaus Gibouyni vendidit capitule beate Marie parisiensis,
ad opus horarum ecclesie parisiensis in perpetuum, pro vigenti libris
parisiensibus jam sibi solutis, sicut confessus est coram nobis
trigenta solidos parisienses, augmentati census quos habebat et
percipiebat annuatim super tribus arpentis vinee site juxta pressorium
sancti Martini prope _gybetum_, in censiva ejusdem capituli, etc.»
[13] _Li romans de Berte aus grans piés_, publié par M. P. Paris (1832,
in-12).
[14] _La Satyre Ménippée_ (édit. de C. Nodier, 1824, 2 vol. in-8), t.
II, p. 173:
A chacun le cien, c’est justice.
A Paris seize quarteniers,
A Montfaucon seize piliers,
C’est à chacun son bénéfice.
Et plus loin, t. II, p. 192:
Seize Montfaucon vous appelle,
A demain crient les corbeaux,
Seize piliers de sa chapelle
Vous serviront de tombeaux.
Et Pierre de l’Estoile, _Journal de Henri III et de Henri IV_ (Collect.
Petitot, 5 vol. in-8.):
Les Seize ont ja pris possession
Des seize pilliers de Montfaucon,
Pourveu aussi qu’ils ne soient davantage;
S’ainsi estoit, ce seroit grand dommage,
Et en danger d’un différend entre eux.
Non, non, le gibet est fait à deux estages,
Il en pourra haut et bas trente-deux.
[15] C’est dans ce charnier que les magiciens venaient chercher des
cadavres, et en 1407 le Parlement donna mission au Prévôt de Paris de
poursuivre activement les individus qui dépouillaient les gibets des
charognes de ceux qui y avaient été pendus. (_Registres de la Tournelle
criminelle_, cités par Dulaure, édit. in-12, t. IV, p. 31.)
[16] SAUVAL: «Il y a un chapitre d’autres œuvres faites pour une
Justice de nouveau faite près la grande Justice de Paris, outre
Saint-Laurent, ladite Justice commencée depuis le vingt-sept mars 1416
sur une petite montagne, près de l’ancienne Justice.» (T. III, p. 269.)
«Petit gibet de bois, qui avait été fait près la grande Justice, lequel
a été abbatu et démoli en cette année, parce que ladite grande Justice
avait été rétablie cette même année.» (T. III, p. 270.)
«Autres œuvres faites pour une Justice de nouvel faite près de la
grande Justice, outre Paris:
«A Jean du Mont et Urbain Riant, charpentiers, pour avoir fait une
Justice qui servira tandis qu’on remettra à point la grande Justice
de la bonne ville de Paris, laquelle Justice est faite de quatre
pans de bois, de quatre potiaux cormiers, chacun de trois toises et
demie de haut, etc. Une eschelle pour ladite Justice de quatre toises
ou environ: payé ausdits charpentiers, pour lever peines seulement,
fournitures de chables et engins pour lever ladite Justice, douze
livres parisis; le Roy ayant fourni la charpente.
«A ____ maçon, pour avoir ouvré et besogné de leur mestier depuis le
27 mars 1416, en la Justice nouvellement ordonnée être faite outre
Saint-Laurent, hors Paris, sur une petite montagne près de l’ancienne
Justice, etc.» (T. III, p. 273.)
«Audit Jean Tiphaine la somme de 24 sols parisis, pour sa peine et
salaire d’avoir, au mois de novembre dernier passé, dépendu et enterré
les corps morts de ceux qui avoient été exécutés au petit gibet de bois
qui avoit été fait près de la grande Justice, et lequel petit gibet,
après ce que les corps ont été ainsi dépendus et enterrés, a été démoli
et abbatu, pour ce que la grande Justice a été refaite et remise à
point.» (T. III, p. 278.)
Dans les Comptes de l’année 1458, on trouve encore: «Œuvres et
réparations faites à cause d’un nouveau gibet fait outre la paroisse
Saint-Laurent, appelé le gibet de Montigny.--Ledit gibet naguères fait
de neuf près de la grande Justice de Paris, etc.» (T. III, p. 359.)
Et enfin: «Une petite Justice, faite de neuf, près la Justice de
Montfaucon, le lundy septiesme février 1485. Est fait mention de la
Justice nommée de Montigny, dont les pierres furent employées à faire
ladite nouvelle Justice, etc.--Et fut aussi un gibet joignant le grand
gibet, qui est en danger de choir et tomber de jour en jour, etc.» (T.
III, p. 475 et 476.)
[17] LOYSEAU, p. 8.
[18] A propos de cette expression, il nous a paru curieux de réunir
ici, sous les yeux du lecteur, la plupart des équivalents populaires
concernant la potence et ses victimes. Pour cela nous n’avons eu qu’à
puiser à pleines mains dans l’ouvrage de M. Francisque Michel, _Etudes
de philologie comparée sur l’argot_ (1856, in-8).
METTRE À LA BISE:
Se n’eusse eu mon assez
De Liétard tôt à ma devise,
Ge l’féisse _mettre à la bise_...
J’avoie si la chose emprise
Qu’enz el bois le féisse prendre,
Et à un chesne moult haut pendre.
(_Le Roman du Renart_, t. II, p. 301, v. 17,790.)
--VENDANGER A L’ESCHELLE:
Si une fois vous puis reveoir,
Je ne vous garderay que ung peu,
Vous ferez raisin de Vismeu,
_Vendangez_ serez _à l’eschelle_.
(_Le premier Volume des Catholiques Œuvres et Actes
des Apostres_, 1541, feuil. XV recto, col. 1.)
--CROITRE D’UN DEMI-PIED:
«Vien-t’en avec moy, et nous retirons, afin qu’on ne nous fasse
_croistre d’un demi-pied_ plus que nous ne voudrions.» (_Le
Morfondu_, comédie de P. de L’Arivey, a. V, sc. IV.)
--APPROCHER DU CIEL A RECULONS:
«Vous autres..., on vous pourroit bien avec une eschelle faire
_approcher du ciel à reculon_.»
(_Péripatétiques Résolutions et remontrances sententieuses du
docteur Bruscambille aux perturbateurs de l’Estat._ Edit. des
_Joyeusetes_, p. 10.)
--DANSER UN BRANLE EN L’AIR:
Je n’aurois qu’à siffler
Pour te faire, demain, _danser un branle en l’air_.
(_L’Avare dupé_, ou _l’Homme de paille_, sc. 5.)
_Variante_:
Le vigneron Coupe-Javelle
N’avoit porté poule ou dindon
Au président Croque-Lardon...
Ny Mars tiré ses pistolets,
Ny le filou sa tire-laine,
Ny Jean-Guillaume (_le bourreau_) pris a peine
De danser sur son chien de cou
Le petit bransle de Poitou.
(_Œuvres de Monsieur d’Assoucy._)
--JEAN-GUILLAUMER:
Le brave aventurier Mercure,
A qui le temps dure et redure
De vistement les yeux gommer
D’Argus, pour le _Jeanguillaumer_
Remet son flageolet en bourse.
(_Œuvres de Monsieur d’Assoucy._)
On disait aussi: _Chevalier de l’ordre de Jean Guillaume_ pour
_pendu_.
(Oudin, _Curiositez françoises_.)
--EPOUSER LE GIBET,--LA POTENCE,--LA VEUVE:
Le beau gibet _espouserés_
Pour estre de nopces tous troys.
(_Mistère de la Passion de J.-C._, sc. du crucifiement,
édit. de Vérard, 1490.)
Louis XI, écrivant à M. de Bressuire au sujet d’un certain Huisson,
annonce l’intention «de faire les préparatifs des nopces du gallant
avec une potence». (_Œuvres complètes_ de Brantôme, t. I, p. 193, col.
1.)
Mais, si je voulais citer, je n’en finirais plus, car: FAIRE LA LONGUE
LETTRE, TOMBER DU HAUT MAL (_Satyre Ménippée_, 1824, in-8, t. I, p.
47, 86 et 189); FAIRE LE SAUT, FAIRE LE SAUT SUR RIEN (_Le Facétieux
Réveille-matin des esprits mélancholiques_, 1654, p. 70); SERVIR DE
BOUCHON, DONNER LE MOINE PAR LE COU (_Curiositez françoises_, d’Oudin);
ETRE ÉVESQUE DE LA VILLE ET DES CHAMPS, DONNER LA BÉNÉDICTION PAR LES
PIEDS (_Moyen de parvenir_, t. II, p. 71); GARDER LES MOUTONS À LA
LUNE, FAIRE LE GUET AU CLAIR DE LA LUNE (_Contes et joyeux devis_ de B.
des Périers), etc., etc.; tout cela est synonyme.
[19] Tout le monde n’était pas aussi délicat, et il y avait près de
Montfaucon des lieux de débauche auxquels leur éloignement de la ville
donnait jouissance d’une certaine liberté. Maître Villon y allait
faire ripaille et gourgandiner avec René de Montigny et Colin de
Cayeux, deux coupeurs de bourses, de ses amis, qui furent bel et bien
branchés,--comme nous le verrons plus tard.
Tant parlèrent du bas mestier
Que fut conclud, par leur façon,
Qu’ilz yroyent, ce soir-là, coucher
Près le gibet de Montfaulcon,
Et auroyent, pour provision,
Ung pasté de façon subtile,
Et menroyent, en conclusion,
Avec eulx chascun une fille.
Et plus loin:
Et allèrent vers Montfaulcon,
Où estoit toute l’assemblée.
Filles y avoit à foyson,
Faisant chère desmesurée.
(_Œuvres complètes_ de Villon [collect. elzevirienne],
in-16, 1854: _La Repeue faicte auprès de Montfaulcon_,
p. 292.)
[20] SAUVAL: «A lui 79 sols parisis, pour oster les potences et corps
pendus, avec plusieurs têtes et quartiers attachés à icelles, tant
hors la porte Saint-Antoine, bois de Vincennes, que le Chastelet
Saint-Quentin devant Saint-Denys, et iceux fait mener pour être mis en
terre, tant au cimetière de Saint-Quentin qu’au cimetière de Saint-Paul
à Paris, pour obvier au gros air et infection qui pouvoit advenir au
grand multitude de peuple qui étoit au convoi de Madame, mère du Roi,
qu’on a apportée de Saint-Maur à Saint-Antoine des Champs, et d’illec
à Notre-Dame de Paris, pour illec faire ses obsèques et funérailles,
ainsi qu’il avoit été ordonné par le Roi.» (T. III, p. 615.)
[21] LEBEUF, _Dissertation sur l’histoire civile et écclésiastique_, t.
III, p. 408.
[22] SAUVAL, t. II, p. 587 et 649.--MÉZERAY, _Abrégé chronologique
de histoire de France_, 1667, t. III, p. 150.--FÉLIBIEN et LOBINEAU,
_Histoire de la ville de Paris_ (5 vol. in-fol., 1725), t. II, p. 717.
[23] SAUVAL, t. II, p. 586 et 587.
[24] SAUVAL: «A Colin Feucher, tourmenteur-juré audit Chastelet, qu’il
paya comptant le premier jour de septembre 1438, pour un grand sac de
treillis où fut mis le corps mort de feu le Mᵉ des Ponts de Paris,
cedit jour exécuté pour ses démérites ès Halles de Paris, cinq sols
parisis.» Et plus loin: «Le troisième jour de décembre ensuivant,
pour une braye neuve baillée à Robinet l’Ermite, de la garnison de
Compiègne, cedit jour exécuté ès dites Halles, qui n’en avoit point,
deux sols parisis.» (T. III, p. 337.)--Du reste, nous n’avons pas à
fournir ici les preuves de ce que nous avançons: elles se retrouvent çà
et là dans le courant de notre ouvrage.
[25] Jean Riolan, dans l’épître dédicatoire de ses _Opuscules
anatomiques_, dit que l’hôpital d’Imbert de Lions fut dans la suite
chargé de faire cette charité aux criminels.--SAUVAL, t. III, p. 587:
«Ce repas ressemble fort au petit repas que les dames juives faisoient
faire aux personnes condamnées à la mort, et au vin de myrrhe qu’ils
présentèrent à Jésus-Christ attaché en Croix, et qui a donné si fort
dans la tête des le Fèvres, des Baronius et des Casaubons». V. aussi t.
I, p. 482 et 574.
[26] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 717.--MÉZERAY, _Abrégé
chronologique_, t. III, p. 150.--SAUVAL, t. II, p. 349.
[27] SAUVAL, t. III, p. 362, 476, 509, etc.
[28] Rien n’est moins certain que la culpabilité de de Brosse, et
son orgueil fut peut-être son plus grand crime. «Voilà comme vescut
et se comporta, dit un de ses panégyristes, celluy qui, pour sa
grande puissance et authorité près du roi Philippe, est comparé par
un historien du temps _au cèdre de Liban eslevé au dessus des autres
arbres_. Mais il s’esmeut enfin un tourbillon de vent qui le porta par
terre, l’an 1277, sans qu’on ayt sceu au vray d’où en provint la cause,
sinon de l’ennui qu’aucuns conçurent contre luy, ce qui causa parmi le
peuple grand estonnement et murmure.»
Et plus loin: «Nulz ne se doit fier en sa grant haultesse ne en son
grant estat, car la roe de fortune, qui ne se tient en un estat, l’ara
tost devalé et mis bas.»
«Contre la volonté le roy
Fu-il pendu; il fut deffet
Plus par envie que par fet.»
[29] Dans _La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce_, nous
trouvons une pièce intitulée DE PIERRE DE LA BROCHE, QUI DISPUTE A
FORTUNE PAR DEVANT RESON, dont nous extrayons les trois dernières
strophes:
_Ci rent reson sentence._
Ainsi, Pierres, à tort te plains,
Et je croi bien qu’ele dit voir
De tes mauvaistiez es atains,
Ce puet chascuns moult bien véoir,
Et par jugement est contrains
A ceste paine recevoir:
Li anemis ne s’est pas frains
Qui te tenoit en son pooir.
Li baras son seigneur conchie:
Jà si ne le saura tarder;
Et cil qui sert de tricherie
Celui que il devroit garder,
Je di, par la virge Marie,
Qu’il seroit dignes de l’arder,
Por ce t’est la peine ajugie
Que tu recevras sanz tarder.
Droiz te condamne par droiture
Et je te conferm la sentence,
Mès sachiez que ce n’est cointure
De terrienne pénitance;
Mès la mort vient diverse et dure
Là où Diex vendra sans doutance:
Qui mal fet, ce dist l’escripture
Mal trovera: c’est une créance.
[30] P. G. DANIEL, _Histoire de France_ (édit, du P. Griffet, 1761, 17
vol. in-4), t. IV, p. 651.--G. DE NANGIS, _Chronique latine_, publiée
par H. Géraud (1843, 2 vol. in-8), t. I, p. 249.--MÉZERAY, _Histoire
de France_ (1643, 3 vol. in-fol.), t. I, p. 658 et 675.--_Les Grandes
Chroniques de Saint-Denys_ (Collection Michaud et Poujoulat), t. II,
p. 163.--_La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce, chambellan de
Philippe le Hardi_, publ. par A. Jubinal d’après un manuscrit, 1835,
in-8.
[31] _Jacobus dictus_ de Lor, dit de Nangis.--Vu la profession de cet
homme, ce nom pourrait bien être un surnom.
[32] Il y eut longtemps à droite, dans une petite cour, à l’entrée de
la Conciergerie de Paris, une statue sans piédestal et appuyée contre
le mur. On la regardait comme étant celle de Marigny, transportée là
lors de sa disgrâce.
[33] Cet acte, qui existe en original, a été publié par M. Lacabane,
_Bibliothèque de l’Ecole des Chartes_, t. III, 1ʳᵉ liv., p. 14.
[34] P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. V, p. 213. G. DE NANGIS,
_Chronique latine_, t. I, p. 415.--MÉZERAY, _Histoire de France_,
t. I, p. 721.--BELLEFOREST, _Histoire des Neuf Charles_ (1568, 1
vol. in-fol.), p. 138.--SAUVAL, t. II, p. 587.--SAINT-FOIX, _Essais
historiques sur Paris_ (1776, 5ᵉ édit., 7 vol. in-12), t. I, p.
314.--LA CROIX DU MAINE ET DU VERDIER, _Les Bibliothèques françoises_
(1772, 6 vol. in-4, édit. de Rigoley de Juvigny), t. I, p. 175.
[35] MÉZERAY, _Abrégé chronologique_, t. II, p. 836.--FÉLIBIEN et
LOBINEAU, t. I, p. 542.--CORROZET (G.), _Les Antiquitez, histoires et
singularitez de Paris, ville capitale du royaume de France_ (1550, 1
vol. in 8), p. 106.
[36] MÉZERAY, _Histoire de France_, t. I, 737.--ID., _Abrégé
chronologique_, t. II, p. 839.
[37] CORROZET dit: _sa mère_, folio 119.--«Cette alliance, que ne
mentionnent pas du reste les historiens de Jean XXII, est niée par
D. Vaissète. Suivant cet historien, Jourdain de l’Isle, seigneur de
Casaubon, aurait épousé Catherine de Grailli»--_Histoire de Languedoc_,
t. IV, p. 191.--DE NANGIS, t. II, p. 46, _note_ 1.
[38] Dignité écclésiastique.
[39] SAUVAL, t. II, p. 612.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p.
564.--MÉZERAY, _Histoire de France_, t. I, p. 759.--G. DE NANGIS,
_Chronique latine_, t. II, p. 85.
[40] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 565.
[41] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 565.
[42] G. DE NANGIS, _Chronique latine_, t. II, p. 153.--CORROZET (G.),
p. 109.
[43] GERMAIN BRICE, _Description de Paris_ (1752, 4 vol. in-12), t. II,
p. 59.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. I, p. 480.