[44] «La dame Carrouges estant venue à l’espectacle du combat dans un

chariot, le roy l’en fit descendre, l’en jugeant indigne, puisqu’elle

estoit criminelle (grande pitié pourtant!) jusqu’à la preuve de son

innocence, et la fit master sur un eschaffaut, attendant la miséricorde

de Dieu et la faveur des armes.»

[45] «A l’égard de ces lieux-là, quelquefois c’étoit devant le Louvre,

ou bien devant l’Hôtel-de-Ville; d’autrefois à la rue Saint-Antoine, ou

derrière le Prieuré de Saint-Martin, ou enfin au delà de Saint-Germain

des Prés.--Et de fait. Le Gris et Quarrouges se battirent dans celui

où la Trémoille et Courtenay s’étoient déjà batus»--Aujourd’hui le

Conservatoire des Arts-et-Métiers. (DE LA VILLE-GILLE.)

[46] L’Eglise permettait que ceux qui devaient se battre en combat

singulier fissent dire des messes, et la _Missa pro duello_ se trouve

dans les anciens missels.--Il est probable que cela lui rapportait

quelque chose. Avant de se battre, Legris avait fait prier Dieu,--et

ce lui fut vraiment utile!--dans tous les monastères de Paris; et

Carrouges, après le combat, encore tout couvert du sang de Legris

«fit une offrande à Notre-Dame, pour user des termes de Froissard,

qui signifient peut-être: offrir à la Vierge les armes de celui qu’il

venoit de tuer.»

[47] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, 1614, t. II, p. 371

(59).--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, liv. VI, p. 130.--P. G.

DANIEL, _Histoire de France_, t. VI, p. 575.--SAUVAL, t. II, p. 579 et

suiv.--BRANTOME (_Panthéon littéraire_), t. I, p. 704.

[48] SAUVAL, t. III, p. 258, _Comptes de la prévosté de Paris du terme

de l’Ascension 1399_.

[49] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 187.

[50] MONSTRELET, _Chroniques_ (1595, 3 vol. pet. in-fol.), t. I, p.

14.--CORROZET, _Les Antiquitez de Paris_, p. 127.

[51] LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 31, p.

752.--Selon SAUVAL (t. II, p. 611), ils auraient aussi été jetés à

l’eau à la Grève, vers le Port au Foin.--BELLEFOREST, _Histoire des

neuf Roys Charles de France_, p. 210.

[52] LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 33, p. 899.

[53] LABARRE, _Mémoire pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_ (1 vol. in-4, 1729), p. 104.

[54] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_, p. 114 et 117.

[55] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_, p. 129 et 137.

[56] SAUVAL, t. III, p. 339-357.--(_Les Chroniques_ de Louys de Valois

depuis 1460 jusqu’à 1483), autrement dites _La Chronique scandaleuse_,

p. 3.--_Mémoires_ de Messire Philippe de Comines (édit. de Lenglet du

Fresnoy, 4 vol. in-4, 1747), t. II, p. 1-172.

[57] _La Chronique scandaleuse_, p. 21.--La Révolution de 89 nous

a heureusement délivrés de ce cortége sinistre hurlant au suicide;

alors ont disparu claies et bourreaux, dont le XVIIIᵉ siècle faisait

encore ses délices. Nous lisons dans le journal de Barbier qu’un

ancien procureur du bureau des trésoriers de France, nommé Elie-Pierre

Barreau de Varrabe, surpris au moment où il commettait un vol vis-à-vis

Saint-Merri, se réfugia dans l’église, et là, se voyant près d’être

arrêté, se mit à genoux dans un confessionnal et se donna plusieurs

coups de couteau. Emmené mourant au Châtelet, il y expira trois jours

après. Or, par sentence du lieutenant-criminel en date du 8 février

1729, etc., etc., ce malheureux fut «dûment atteint et convaincu de

s’être volontairement homicidé lui-même; pour réparation de quoi son

cadavre, mis et traîné sur une claie, la face tournée contre terre,

attaché par les pieds au derrière d’une charrette, de la basse geôle

des prisons du Grand-Châtelet, en la place de Grève, et audit lieu

y être pendu par les pieds, par l’exécuteur de la haute justice, à

une potence qui pour cet effet y sera plantée; son corps y demeurera

vingt-quatre heures, et ensuite jeté à la voirie comme indigne de

la sépulture. Tous ses biens acquis et confisqués, etc.»--BARBIER,

_Chronique de la régence et du règne de Louis XV_, 1718-1763 (édit.

Charpentier, 8 vol. in-12), t. II, p. 63.--Nous pouvons renvoyer le

lecteur curieux à l’intéressant ouvrage du Dʳ LISLE, _Du Suicide:

statistique, médecine, histoire et législation_ (1855, 1 vol. in-8),

dans lequel se trouve un chapitre consacré à l’histoire du suicide chez

les différents peuples. Inutile de dire que nous sommes bien loin, à

propos des moyens à employer pour arrêter le suicide, d’être de l’avis

de ce médecin, qui croit beaucoup trop à l’efficacité de la claie et de

la confiscation.

[58] FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 852.--_La Chronique scandaleuse_,

p. 29.

[59] _La Chronique scandaleuse_, p. 3 et 56.

[60] _La Chronique scandaleuse_, p. 60.

[61] Semaine sainte.

[62] _La Chronique scandaleuse_, p. 79.

[63] Dans le _Petit Testament de maistre François Villon_, on parle

d’un René de Montigny,

Item, je laisse à ce noble homme,

René de Montigny, troys chiens,

qui n’a peut-être rien de commun avec le Montigny dont il est question

dans la deuxième ballade du _Jargon_.--Quant à Colin de Cayeux, nous le

retrouvons dans la _Belle Leçon de Villon aux enfants perduz_.

* * * * *

Se vous allez à Montpippeau

Ou à Ruel, gardez la peau;

Car pour s’esbattre en ces deux lieux,

Cuydant que vaulsist le rappeau,

La perdit Colin de Cayeulx.

[64] TH. GAUTIER, _Les Grotesques_, 1856, 1 vol. in-18.

[65] _Œuvres complètes de François Villon._

[66] _La Chronique scandaleuse_, p. 114.

[67] _Idem_, p. 154.

[68] Voir l’exécution du connétable de Saint-Pol.

[69] _Être en franchise_, _se mettre en franchise_, signifiait

se réfugier dans ces lieux qui autrefois jouissaient du _droit

d’asile_ et servaient de refuge aux criminels. Si la moitié de

Rome servait d’asile à tous les crimes, bien des endroits de notre

bonne ville de Paris possédaient ce singulier privilége. Ainsi:

_Notre-Dame_, où se réfugia Frédégonde, trouvant là un abri contre

les poursuites de Gontran, roi d’Orléans, et de Childebert, roi de

Metz, qui la demandèrent en vain à l’évêque Raimond pour en faire

justice.--_Saint-Jacques-la-Boucherie_: En 1358, Pierre Macé, garçon

changeur, assassina, rue Neuve-Saint-Merry, Jean Baillet, trésorier des

finances, puis se réfugia dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie;

Charles V ordonna alors à Robert de Clermont, comte de Normandie,

d’aller le prendre et de le faire pendre, ce qui fut exécuté.

L’évêque de Paris, Jean de Meulan, cria à l’impiété, fit enlever

le corps du gibet, et lui fit faire dans cette même église de

Saint-Jacques-la-Boucherie de fort belles funérailles:--c’était, on en

conviendra, peut-être trop d’honneur pour un pendu. Mais ce qu’il y a

de honteux, c’est que, peu de jours après, Robert de Clermont ayant

été tué dans une sédition, Jean de Meulan défendit de l’enterrer parmi

les fidèles.--_L’Hôtel-Dieu_: En 1365, Guillaume Charpentier assassina

sa femme; des sergents l’ayant arraché de l’Hôtel-Dieu, où il s’était

retiré, il porta plainte, et le Parlement, après avoir condamné les

sergents à l’amende, le fit rétablir dans son asile.--_Le Monastère

des Grands-Augustins_: Au coin de la rue Pavée et à l’angle formé par

l’église des Augustins, on voyait un bas-relief gothique représentant

_une satisfaction_ donnée en 1440 aux Grands-Augustins, par des

huissiers qui avaient osé arrêter dans leur cloître même un religieux

convaincu de crimes scandaleux.--Mais arrêtons-nous, et citons, pour

compléter un peu cette note, _l’Abbaye de Saint-Antoine_, _l’église

Saint-Merry_, _les Carmes de la place Maubert_, et _le Temple_, qui

servait d’asile aux duellistes et surtout aux débiteurs insolvables: ce

fut longtemps encore,--jusqu’à la Révolution,--le seul endroit de Paris

où les personnes poursuivies pour dettes n’avaient rien à craindre des

huissiers.

[70] HENRY COUSIN. V. la p. 48.

[71] _La Chronique scandaleuse_, p. 145.

[72] _Procès et condamnation d’Olivier le Dain: Extraits des registres

criminels du Parlement de Paris._--_Revue rétrospective_, t. X, p.

419-428.--P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. VIII, p. 11.--Extrait

d’un Mémoire publié pour la première fois, et qui existe manuscrit de

la _Bibliothèque impériale_, fond Saint-Germain, nº 209. (Collection

CIMBER et DANJOU, 1ʳᵉ série, t. I, p. 92 et 172.)--SAUVAL, t. II, p.

588.--MOLINET, _Faicts et Dictz_, p. 228.

[73] SAUVAL, t. III, p. 450.

[74] _Journal d’un Bourgeois de Paris sous le régne de François Iᵉʳ_,

publ. par L. Lalanne, p. 122.

[75] _Id._, p. 293.

[76] Les historiens ne sont pas d’accord sur cette date, l’Estoile dit

même 9 août 1524.

[77] «Il fut conduit au gibet de Montfaucon à une heure après midi, et

il chicana sa vie jusqu’à sept heures du soir, dans l’espérance que le

Roy lui envoyeroit sa grâce.»

[78] GIRAULT DE SAINT-FARGEAU, _Les quarante-huit Quartiers de Paris_,

3ᵉ édit.: «Le surintendant des finances Semblançay, condamné à mort

et pendu le 12 août 1524», p. 262; et immédiatement après, même page:

«Jacques de Beaune, surintendant des finances sous François Iᵉʳ, pendu

à Montfaucon le 14 août 1527.»--Inutile d’appuyer davantage sur une

pareille erreur.

[79] On verra plus loin que René Gentil ne joua aucun rôle dans cette

affaire.

[80] On connaît l’épigramme de Marot:

Lorsque Maillart, juge d’enfer, menoit

A Montfaucon Samblançay l’âme rendre,

A vostre advis, lequel des deux tenoit

Meilleur maintien? Pour vous le faire entendre,

Maillart sembloit homme que mort va prendre;

Et Samblançay fut si ferme vieillart

Que l’on cuydoit pour vray qu’il menast pendre

A Montfaucon le lieutenant Maillart.

[81] «En 1520, il y eut un cappitaine de lansquenets, de gens de bien,

qui eust la teste tranchée, parce qu’il cuyda tuer Monsieur de la

Chesnaye, secretayre du Roy, et lui cuyda avaller le col; mais il lui

couppa la main qu’il mit au devant et lui avalla l’épaule; parquoy il

en fut décapité, et le prenoit pour un aultre, assçavoir Monsieur de

Sainct-Blançay, maistre Jacques de Beaulne.» (_Journal d’un bourgeois

de Paris_, p. 85.)

Si, sept ans plus tard, en montant à l’échelle, Samblançay s’est

rappelé cette erreur, quel sourire amer ce souvenir n’a-t-il pas dû

amener sur les lèvres décolorées du vieillard!

AMELOT DE LA HOUSSAIE, _Mémoires historiques, politiques, critiques et

littéraires_, t. I, p. 387.--P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. IX,

p. 151.--P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 49.--VARILLAS, _Histoire

de François Iᵉʳ_ (2 vol. in-4, 1685), t. I, p. 245.

[82] P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 51.

[83] Jean de Bourdigné, dans sa _Chronique d’Anjou_, et Jean Bouchet,

dans ses _Annales d’Aquitaine_, disent tous deux que Samblançay fut

trahi par un de ses serviteurs nommé Prevost ou Prevot.

[84] DREUX DU RADIER, _Récréations historiques, critiques, morales

et d’érudition_, t. II, p. 225.--P. DE L’ESTOILE, _Journal_, t. I,

p. 51.--AMELOT DE LA HOUSSAIE, _Mémoires historiques, politiques,

critiques et littéraires_, t. I, p. 387.--MALINGRE, _Annales de Paris_.

[85] CORROZET, folio 185.

[86] A cette seconde exposition, qui eut lieu le 27 octobre 1572,

c’est-à-dire deux mois après la Saint-Barthélemy, on pendit en Grève,

comme complices de Coligny, Briquemaut, vieux soldat protestant, et

Cavagnes, maître des requêtes.

Cavagne et Briquemaut, signalés du cordeau,

comme dit d’Aubigné en ses _Tragiques_, et qui dans son _Histoire

universelle_ décrit ainsi leur supplice: Au passage de l’arrêt qui

dégradait de noblesse ses enfants, les déclarant infâmes et roturiers,

le vieux Briquemaut «s’escria et voulut promettre des services

particuliers au Roi pour allonger sa vie; Cavagnes (qui se fortifioit

par sentences des Psaumes) releva Bricmaut en la gloire de ses actions,

et, l’aïant rendu honteux de sa peur, les deux furent trainez sur des

clies, et le peuple les poursuivit et couvrit de fanges et d’oprobres.

Si tost qu’ils eurent esté pendus (sans avoir égard à leurs qualitez),

on leur osta premièrement leurs chemises et parties honteuses, pour

les faire en tout compagnons de l’amiral, de qui lors fut présentée et

exécutée l’éfigie de paille, sans y oublier un cure-dent en la bouche.

Le Roi, qui voullut voir ce plaisir des fenestres de la maison de

ville, contraignit le Roi de Navarre di estre présent.»

«Comme il faisoit nuit à l’heure de l’exécution, dit Brantôme, le roi

fit allumer des flambeaux et les fit tenir près de la potence, pour

mieux voir mourir les condamnés et contempler mieux leurs visages et

contenances.»

P. G. DANIEL, _Histoire de France_, t. X, p. 500 et 605.--LA PONNERAYE,

_Histoire de l’amiral Coligny_ (1830, 1 vol. in-8), p. 255.--P. DE

L’ESTOILE, _Journal_, t. I, p. 77.--D’AUBIGNÉ, _Histoire universelle_

(1620, 3 vol. in-fol.), t. II, liv. 1ᵉʳ, p. 32.--_Les Tragiques_ (1

vol. in-12, 1857 [collection elzevirienne]), p. 154.--SAUVAL, t. II, p.

589.--BRANTOME, _Histoire des Hommes illustres_.

[87] P. DE L’ESTOILE, t. 1, p. 282.

[88] P. DE L’ESTOILE, p. 308.

[89] _Le Mercure François_, t. I, p. 277-288.--_Variétés historiques_,

etc. (collection elzevirienne), t. II, p. 75-119: _Histoire des

insignes faulsetez et suppositions de Francesco Fava, médecin italien,

extraicte du procez qui luy a esté faict par Monsieur le grand Prevost

de la connestablie de France_.

M. Edouard Fournier, chargé par M. Jannet de réunir les différentes

pièces qui forment la collection des _Variétés historiques_, met en

note à propos de celle-ci: «Dans _l’Esprit du Mercure_, publié par

Merle en 1810, in-8, se trouve aussi, t. I, p. 7-24, sous ce titre:

(1608) _Cause célèbre_, un exposé très-détaillé de cette curieuse

affaire, emprunté sans doute à un numéro de l’ancien _Mercure_, que

nous n’avons toutefois pas pu retrouver.»

Nous venons de l’indiquer, c’est dans le t. I, p. 277-288.

[90] _Le Mercure françois_ (publ. par Richer), t. II, p. 131.--«Il y a

quelques jours que, sous couleur de rencontre fortuite, il se fit un

combat sur le Pont-Neuf; le tué, qui est un d’Arquy, gentilhomme de

M. d’Aiguillon, a été depuis deux jours promené dans un tombereau par

plusieurs endroits de la ville, et puis traîné à la voirie; le tueur,

qui est un Baronville, fils de Montescot, s’est sauvé en Angleterre,

par la recommandation, à ce que l’on dit, de M. le prince de Joinville.

Il fera bien de s’y tenir, et, par le traitement que l’on a fait au

mort, il jugera ce que l’on feroit au vivant s’il tomboit entre les

mains de la justice.» (_Lettres de Malherbe à Peiresc_, p. 211.)

[91] _Le Livre des fais et bonnes meurs du sage Roy Charles V_, par

Christine de Pisan, 3ᵉ part., ch. LII (Collect. Michaud et Poujoulat),

t. II, p. 121.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. II, p. 682.

[92] SAUVAL, t. II, p. 595 et 608; t. III, p. 258: «A Robin de Bras

et maistre Jean Germe, pour deux tombereaux, attelés chacun de deux

chevaux, par eux baillés et livrés, pour faire et accomplir la justice

faite à Paris des personnes de frère Pierre Tosant et frère Lancelot

Martin, à leurs vivans religieux Augustins, lesquels furent exécutés

à Paris pour leurs démérites: esquels deux tombereaux furent menés en

plusieurs lieux et carrefours notables de Paris.--A Guillemin de Creux

et Guillemin Porret, _clercs_, pour leurs peines et salaires d’avoir

écrit et doublé en parchemin, par l’ordonnance des gens du Conseil du

Roi, le procès criminel de feu Pierre Tosant et Lancelot Martin, etc.»

[93] Il était fils de Montaigu (ou Montagu), chevalier et chambellan

du roi, et de Biette de Cassinel, de la maison de Lucques;--ce qui

répond à l’anonyme de Saint-Denis prétendant qu’il était de _condition

médiocre_.

[94] «On lui vestit (dit Juvénal des Ursins, p. 248) une robe my partie

de blanc et de rouge, qui estoit comme on disoit sa devise.»

[95] «Et après fut porté le corps au gibet de Paris, et pendu au plus

hault, en chemise, à toutes ses chausses et esperons dorez.» (LABARRE,

1ʳᵉ partie, p. 2.)

[96] «Le mardi 17ᵉ jour de septembre (1412), jour de saint Cosme et

saint Damien, fut despendu, par nuyt, du gibet de Paris, Jean de

Montaigu.» (LABARRE, p. 12.)--«Le vingt-huitième jour de septembre l’on

alla de la part du Roy et du Duc de Guyenne, avec un grant Convoy de

torches, dépendre le tronc du corps de messire Jean de Montagu, etc.»

(LE LABOUREUR, t. II, p. 842.)

[97] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 248 et

309.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 92.--LE LABOUREUR, _Histoire

de Charles VI_, t. II, p. 712 et 842.--ID., _Les Tombeaux des personnes

illustres_, p. 280.--LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de

France et de Bourgogne_, p. 2, 1ʳᵉ partie.--J. DU BREUL, _Le Théâtre

des Antiquitez de Paris_, liv. 4, p. 1282.

[98] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_, 2ᵉ part., p. 129.

[99] LE LABOUREUR répète aussi ce fait: «Cette mort fut fort sensible

à grand nombre de personnes de condition, qui en parlèrent assez

librement, et, pour mieux prouver qu’il y avoit plus de cruauté que

de justice, ils ne manquèrent pas de faire remarquer que l’Exécuteur

mesme, et que plusieurs de ceux qui l’avoient condamné ou sollicité

contre luy, estoient péris en plusieurs manières dans la quinzaine d’un

si injuste supplice.»

[100] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 299.--LABARRE,

_Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p.

7.--P. DE FÉNIN, _Mémoires_, p. 23.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles

VI_, t. II, liv. 31, p. 806.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 140.

[101] LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_, p. 7.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 137.--LE

LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 31, p. 798.

[102] MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 157.

[103] «Et de ce on parla en mainte manière», dit P. de Fenin. En effet,

après le récit de Juvénal des Ursins, voici la version de Monstrelet.

Il dit que la Rivière était en prison, «où, en luy desespérant, comme

on luy meit sus, luy mesmes se frappa d’un pot d’estain plusieurs coups

en la teste, tant qu’il s’escervela et mourut; mais, pour dire la

vérité, il fut autrement», et Monstrelet raconte le coup de hachette

et conclut: «et luy (de Jacqueville), issu de là, sema et feit semer

aval la ville de Paris que luy-mesme dudit pot s’estoit occis, et puis

fut tenu pour plusieurs pour vérité.» Aussi Labarre ne donne-t-il que

la version du pot d’étain: «Car il estoit mort, et ce estoit tué d’une

pinte pleine de vin, dont il s’estoit cassé la teste et la cervelle.»

Le Laboureur raconte ainsi l’entrevue de Jacqueville et de la Rivière:

«Et en estant venus au démentir, l’autre luy raa un coup de marteau

de fer par la teste, qui l’étourdit de sorte qu’il ne put parler

depuis intelligiblement, et non pas mesmes accuser celuy qui l’avoit

assassiné.»

[104] «L’Anonyme de Saint-Denis dit qu’il fut décapité aux Halles le

samedi 4 juin. En 1413, le 4 juin tombait un Dimanche.» (_Note de Mˡˡᵉ

Dupont_: Pierre de Fénin.)--«Autrefois, dit Sauval, on exécutait les

Criminels les Fêtes et les Dimanches, de même que les autres jours.

Le lendemain de Pâques de l’année 1301, une maquerelle fut exposée à

l’échelle de Sainte-Geneviève; Pierre Remi fut mis en croix le jour

de saint Marc de l’an 1328, et un Chevalier convaincu de vols, de

violemens et de meurtres, fut mis à mort le premier Dimanche du mois de

mai 1344.»

[105] «Colin de Brie, dit Labarre, fut traisné comme Symonnet davant

dit, et couppé sa teste ès Halles, de ladite Bende, très-plein de

tyrannie, très-laide et cruelle personne.»

[106] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 319.--P.

DE FÉNIN, _Mémoires_, p. 34.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p.

170.--LABARRE, _Mémoires pour servir à l’histoire de France et de

Bourgogne_, p. 14.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv.

33, p. 873.--SAUVAL, t. II, p. 587.

[107] J. DU BREUL: «Jusques en l’an 1413 il y a eu une grosse tour que

l’on nommoit la Tour du Bois, vis-à-vis de la porte qui retient encore

le surnom de l’ancien hôtel de Nesle, et près du lieu où pour lors se

tenoit le marché aux moutons, où (selon Corrozet) Pierre des Essars,

par auparavant prévost de Paris, fut décapité sous le règne de Charles

sixiesme.»

[108] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 321.--LABARRE,

_Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, p. 14 et

18.--LE LABOUREUR, _Histoire de Charles VI_, t. II, liv. 33, p. 878 et

899.--MONSTRELET, _Chroniques_, t. I, p. 171.--J. DU BREUL, _Le Théâtre

des Antiquitez de Paris_, p. 5.--SISMONDI, _Histoire des Français_, t.

XII.--MICHELET, _Histoire de France_, t. IV, p. 253.

[109] JUVÉNAL DES URSINS, _Histoire de Charles VI_, p. 410.

[110] MONSTRELET, _Chroniques_, t. III, p. 52.--_La Chronique

scandaleuse_, p. 121 et 128.

[111] _Le Journal d’un bourgeois de Paris_, p. 67.

[112] SAUVAL, t. III, p. 621: «A Estienne le Febvre, pour avoir fait

ladite figure, quatre livres 8 sols parisis. Pour une torche pesant

deux livres de cire, 12 sols parisis. Pour une chemise froncée, pour

mettre sur ladite figure, 8 sols parisis. Pour une paire de chausses

noires, pour mettre sur ladite figure, 20 sols parisis. Pour le louage

d’une robe de drap noir doublée pour les paremens de demie ostade et

bordée à l’entour d’avocat, avec un pourpoint de velours noir, 12 sols

parisis.»

[113] _Le Journal d’un bourgeois de Paris._

[114] _Le Journal d’un bourgeois de Paris._

[115] P.-V. PALMA CAYET, _Chronologie novenaire_ (Collect. Michaud et

Poujoulat), t. III, p. 32.--_Revue rétrospective_, t. VII, p. 91-108:

_Arrêts et exécutions au XVIᵉ siècle_.--P. DE L’ESTOILE, t. I, p.

320.--FÉLIBIEN et LOBINEAU, t. III (_Preuves._)

[116] Cela résulte d’un acte en date du 3 décembre 1627, par lequel

le Chapitre Notre-Dame permet à Jean Berthault, conseiller du roi, de

faire tirer du plâtre d’une pièce de terre située près de Montfaucon;

il lui est toutesfois recommandé de ne pas endommager la butte sur

laquelle se trouve le gibet de Paris.

Voici à ce sujet une pièce plus importante; elle est de 1619: «Veu le

renvoy fait par le Roy en son conseil, le quinzième janvier dernier, du

placet présenté par M. Michel Ménard, advocat au parlement de Paris,

tendant à ce qu’il plût à Sa Majesté lui accorder et faire don de neuf

arpens de terre, ou plus grande quantité s’il s’y en trouve, ès environ

du lieu vulgairement appelé Montfaulcon, les terres où sont bâties les

fourches patibulaires, lesquelles terres ont de temps immémorial servi

à la voirie de ladite ville pour y jeter les immondices, et à présent,

à cause de l’hôpital Saint-Louis, ladite voirie a été transportée plus

loing, ensemble la restitution des fruits provenus desdites terres

que quelques particuliers se seroient emparés sans permission de Sa

Majesté; pour desdites terres jouir par ledit Ménard, ses hoirs et

ayans cause à perpétuité en propriété, et en disposer comme bon lui

semblera; mesme luy permettre de faire fouiller lesdites terres pour

en tirer les pierres à plastre et autres, si aucunes y a, à condition

de laisser ung quartier de terre si besoing est pour enterrer les

suppliciés par justice, comme il avoit accoutumé d’être fait cy-devant,

et de ne démolir aucune chose de ce qui est édifié audit lieu pour

marque de ladite Justice, et à la charge de payer annuellement et

perpétuellement..., etc.»

_Archives du Royaume, section administrative.--Extrait des registres

du Conseil d’Etat._--DE LA VILLEGILLE, _Des Anciennes Fourches

patibulaires de Montfaucon_, p. 89-90.

[117] JAILLOT, _Recherches historiques et topographiques sur Paris_

(_Quartier Saint-Martin_).

[118] Claude Le Petit est une personnalité qui tient de trop près à

notre sujet pour que nous ne nous y arrêtions pas un instant. C’était

un poëte, et quel poëte! et ne pourrait-on vraiment pas mettre ces

mots: _Portrait du peintre_, au-dessous de ce sonnet de sa façon?

LE POÈTE CROTTÉ:

Quand vous verrez un homme, avecque gravité,

En chapeau de clabaud, promener sa savate,

Et, le col étranglé d’une sale cravate,

Marcher arrogamment dessus la chrétienté;

Barbu comme un sauvage et jusqu’au cu crotté,

D’un haut de chausse noir, sans ceinture et sans patte,

Et de quelques lambeaux d’une vieille buratte,

En tous temps constamment couvrir sa nudité;

Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris) · 第 5 / 6 段