La langue française prit dans cette bouche un accent qu'elle ne
retrouva pas après lui; mais il en reste un certain écho dans la voix
des grands orateurs de la chaire qui lui succèdent sans l'égaler.
Ce n'est pas en vain qu'on élève le diapason de l'éloquence d'un
peuple. La voix s'éteint, l'orateur passe, mais le diapason reste.
L'instrument survit à l'artiste souverain qui l'a touché, et, quand
il naît un autre artiste, il trouve l'instrument tout monté sous sa
main. C'est ce qui eut lieu en France pour l'éloquence de la chaire,
cette haute littérature sacerdotale.