[106: «Henri IV avait déjà établi une manufacture de tapisseries, à
l'instar de celle de Flandre, sous la direction des sieurs Comans et de
la Planche.» _Encyclopédie._]
[107: Avant St. Louis et depuis, les clercs et les moines étaient
presque les seuls qui sussent lire; et personne ne leur enviait le petit
nombre d'ouvrages dont ils étaient possesseurs et dont ils faisaient de
continuelles copies. La bible, quelques traits des pères de l'église,
des canons, des missels, des livres historiques et de plain-chant
formaient dans ce temps toute la bibliothèque de nos rois. Saint-Louis,
qui semble avoir eu pendant quelque temps le projet de créer un dépôt
public de livres, n'y donna point de suite, puisqu'il légua sa
bibliothèque aux Jacobins. Le roi Jean n'avait que six volumes de
science et d'histoire et trois ou quatre de dévotion. La bibliothèque
royale fut véritablement fondée par Charles V, qui plaça une collection
de neuf cents dix volumes, collection immense pour le temps, dans une
tour du Louvre, à la voûte de laquelle il ordonna qu'on appendît trente
petites lampes d'argent, afin qu'on y pût travailler à toute heure.
Sous le règne désastreux de Charles VI, elle fut dispersée par le duc de
Bedfort qui, pour mieux voiler ses déprédations, acheta pour une somme
modique tous les livres qui la composaient (et que personne n'avait le
droit de lui vendre pendant l'absence et la proscription de l'infortuné
et glorieux Charles VII). Par ordre du duc de Bedfort, de ce prétendu
régent de France, tous ces livres furent envoyés en Angleterre avec les
archives du royaume déposées également dans la tour du Louvre. Cette
bibliothèque fut rétablie par Charles VIII, et augmentée de manuscrits
apportés de Naples, de la bibliothèque de Pétrarque, de celle du duc de
Milan, du cardinal Strozzi, et surtout de beaucoup de livres imprimés.
Elle s'accrut sous Louis XII des livres que le duc d'Orléans avait dans
son château de Blois. François Ier incorpora cette collection à celle
qu'il avait commencé de former à Fontainebleau; elle devint ensuite
très-considérable par l'achat qu'il fit faire d'auteurs grecs et latins.
Henri II contribua encore plus à son augmentation par l'ordonnance qui
enjoignait aux libraires de fournir un exemplaire en vélin et relié de
chaque livre dont on leur accorderait le privilège. Henri IV fit revenir
cette bibliothèque à Paris, et y ajouta celle de Catherine de Médicis.
Elle fut d'abord déposée dans une salle du collége de Clermont; ensuite
dans une grande salle des Cordeliers; sous Louis XIII elle fut
transportée dans une maison de la rue de la Harpe où elle fut
singulièrement enrichie de manuscrits syriaques, turcs, arabes, et
persans. Colbert la plaça dans la rue Vivienne et fit réunir dans le
même local les autres curiosités[108] qu'elle contient. M. de Louvois
lui destinait les bâtimens de la place Vendôme; ce projet s'évanouit
avec lui. De la rue Vivienne elle fut définitivement transférée dans un
démembrement du palais du cardinal Mazarin où elle se trouve
aujourd'hui. _Extraits de M. de St. Victor et de M. de Jouy._
M. Van Praet a bien voulu m'apprendre que la Bibliothèque royale
contient actuellement quatre cent cinquante mille volumes imprimés et
pareil nombre de pièces fugitives placées dans des cartons, et plus de
cent mille manuscrits. L'intérieur de l'établissement ne peut être mieux
tenu; et le jardin, où l'on admire une Diane de Houdon, vient d'obtenir
depuis peu des ornemens très-soignés. _Note de l'Auteur._]
[108: Par les ordres de Louis XIV, M. Vaillant parcourut plusieurs fois
l'Italie et la Grèce, il en rapporta une infinité de médailles
singulières. Cette collection augmentera chaque jour. M. de
Saint-Sauveur rapporte en France neuf cents médailles grecques, parmi
lesquelles il y en a plusieurs en or, en argent, inédites, et qui sont
dignes de fixer l'attention des antiquaires et des connaisseurs.]
[109: Un décret impérial fut rendu tout exprès à ce sujet.]
[110: D'autres manuscrits sont couverts de velours et de bas-reliefs en
vermeil, en cuivre doré et en ivoire, ciselés d'une manière admirable
pour le temps.]
[111: Espèce d'armoires couvertes de verres où sont exposés les
manuscrits les plus curieux dans toutes les langues connues.]
[112: _Le chat et un vieux rat_, Fable VIII, livre 3.]
[113: À quelques expressions près, tout ceci est tiré d'un manuscrit de
la bibliothèque.]
[114: En sus les _Registres des taxes de la chancellerie romaine;
trente-cinq feuillets d'un autre manuscrit des Épîtres de St.-Paul_.]
[115: Fêtes républicaines et impériales.]
[116: Soixante-quatre ou soixante-cinq millions de revenus, assure-t-on;
on en avoue près de cinquante.]
[117: Ne corrigera-t-on jamais nos architectes de cette frivolité de
plans qui, malgré nos révolutions successives, semble être un mal
héréditaire et incurable? La fête nautique de la Villette en est une
preuve toute récente; on croirait que nos décorateurs n'ont pas la
moindre idée de l'élégance des yachts hollandais. Cependant, personne
n'ignorait que la cour devait assister à l'ouverture du canal, et se
promener sur le bassin. Les Français qui ont un peu voyagé et fait par
eau un trajet plus long que celui de Paris à Saint-Cloud, se
contenteront-ils de ces draperies à demi usées, de ces guirlandes
flétries et de ces frêles colonnes de papier granit? Deux simples
pyramides en marbre, dépositaires d'une inscription, n'eussent-elles pas
mieux conservé l'époque de cette imposante inauguration. Au surplus
l'amour-propre des directeurs de la fête devrait être un peu
décontenancé, puisque, même pendant la cérémonie, les vents se sont
insolemment joué de cette architecture mesquine et ridicule.]
[118: Fameuses marchandes de modes de Paris.]
[119: Vus à la dernière exposition.]
[120:
Telle au milieu des nuits la féconde rosée
Fait renaître les fleurs d'une plante épuisée;
Telle, en nos coeurs flétris l'aurore du bonheur
Fait briller un sourire au sein de la douleur,
Change les jours de deuil en des jours d'allégresse,
Les pleurs du désespoir en des transports d'ivresse;
Il est né, ce Joas que demandaient aux cieux
Des Français réunis les soupirs et les voeux;
Il est né; vous, soldats, que chérissait son père,
Veillez sur ses destins pour consoler sa mère;
Et que sous vos lauriers, qui couvrent son berceau,
S'élève en paix ce lys échappé du tombeau;
Ce lys qui va fleurir à côté de la rose
Dont ma voix a chanté la grâce à peine éclose;
Ce lys qu'Amour prédit, espoir consolateur
Que semblait menacer le plus affreux malheur.
Qu'à jamais le bouton de cette fleur chérie
S'entr'ouvre en parfumant notre belle patrie,
Et que le peuple, heureux sous le sceptre des rois,
Bénisse les Bourbons, leurs vertus et leurs lois!
]
[121: Ces accidens arrivent souvent au milieu des préparatifs que l'on
fait pour les cérémonies publiques et pendant le déménagement que ces
fêtes occasionent. Dans ces momens ceux que ces soins regardent s'en
rapportent peut-être trop à des subalternes, et la surveillance relative
à la conservation des ornemens inhérens à l'édifice devient presque
nulle; pourvu que les lustres et les candélabres soient solidement
fixés, pourvu que la tenture tienne et qu'elle soit drapée avec grâce,
peu importe au décorateur ou au tapissier que le marteau qui assure le
clou fasse sauter en l'air un fleuron, une rosace, dont la fracture rend
si malheureusement incomplète la sculpture la plus belle et la plus
riche.]
[122: On a reblanchi cette église, lorsque le mastic de Dill était le
seul enduit qui lui convînt; près de neuf ans se sont écoulés depuis la
restauration, et ceux qui ont vu la cathédrale sous M. de Juigné, ont
peine à la reconnaître, tant sa tenue est négligée. En vain, on y
cherche les effets du bon goût, d'une propreté sévère, et ce bel ordre
qui embellit les plus petits objets. Eh! que ne dirais-je pas si,
bravant la crainte d'être taxé de censeur minutieux, j'entrais dans une
foule de détails; ici, la plupart des tableaux sont sans encadrement,
mais en revanche de petites images ou gravures en ont de bois doré. Là,
telle chapelle a continuellement l'air d'un garde meuble: plus loin,
tout est poudreux et flétri, et après avoir fait l'an dernier, avec le
plus grand soin, jusqu'aux moindres ogives des toîtures, on ne
s'aperçoit pas que le placement et le déplacement brusque de siéges
entassés en pyramide contre les bas-reliefs du quatorzième siècle qui
sont adossés au choeur, risquent chaque jour d'ajouter de nouvelles
mutilations à celles déjà trop nombreuses du temps et de l'impiété. La
loueuse de chaises, je le sais, n'est pas obligée d'être amateur des
arts; mais les conservateurs de cette basilique ne devraient-ils pas
l'être pour elle? et s'ils ferment les yeux, rien, à mon avis, ne peut
excuser leur insouciance.]
[123: Et même d'autres plus grands de la même matière, dont on décore
avec tant de magnificence, St.-Sulpice, St.-Louis en l'île; cette manie
gagne partout.]
[124: On y voyait alors la chapelle en nacre, du roi de Sardaigne, qui
lui a été rendue; et les insignes de Charlemagne, reportés depuis au
Garde-Meuble de la couronne. On ne montre plus au trésor de Notre-Dame
que les vases sacrés et les ornemens d'église.]
[125: _Lettres sur l'Italie_, tome 1er, page 103. Description de
l'hôpital de Pise.]
[126: Académus, citoyen d'Athènes, dont la maison servit à enseigner la
philosophie; il donna son nom aux trois sectes de Platon, d'Arcésilas et
de Carnéade.]
[127: Entre autres un portrait charmant de Marie Stuart.]
[128: On y fait dans ce moment quelques réparations.]
[129: Cette grille n'a pas même l'entretien le plus ordinaire, et
ressemblera bientôt aux clôtures en fer du Jardin des plantes et de
quelques autres endroits publics, que la rouille mine et dévore faute
d'une couche de peinture que l'on prodigue ailleurs avec si peu de
convenance.]
[130: Marmontel a fait cette censure avant moi dans la description d'un
palais, où, dit-il, «l'irrégularité choquante des cheminées gothiques se
perd dans le couronnement.» (_L'heureux divorce_, Contes moraux.)]
[131: Car je ne puis faire entrer en ligne de compte deux génies qui
soutiennent les armes de France.]
[132: À ce sujet, on peut faire une observation très-vraie, et qui
devrait être l'objet d'une utile réforme; un coup de pinceau
presqu'inaperçu indique le palais de l'Institut et de la Chambre des
Pairs; tandis que l'enseigne du moindre marchand est en lettres de
cuivre doré; et cependant, où serait-il raisonnable de placer le luxe et
la magnificence?]
[133: On s'étonne encore à juste titre, que le sol du terre-plein ne
soit pas plus solidement uni et qu'il n'ait pas été métamorphosé en un
jardin fermé. Combien n'est pas encore insignifiante cette seconde
balustrade à hauteur d'appui si pauvrement dessinée, et qui d'abord
était si peu propre à garantir des enfans vifs et pétulans, qu'on s'est
vu forcé aussitôt de garnir cet espèce de balcon d'un treillis en fil de
fer parfaitement semblable à ceux que les plus modestes propriétaires
font mettre aux croisées basses des rez-de-chaussée! Enfin, comment
n'a-t-on pas substitué deux pavillons égaux et plus décens à cette
petite guérite et à cette loge pitoyable, puisqu'on les croit
nécessaires?]
[134: Salle des Pas-Perdus ou grande salle du palais.]
[135: Ce roi le fut en tout. Cependant les historiens, les biographes,
les auteurs de mémoires ont laissé dans les esprits beaucoup
d'incertitude sur la taille de ce monarque; des discussions assez vives
s'élèvent même quelquefois dans la société à ce sujet, parmi des
personnes que leur naissance et leur âge auraient dû mettre à portée de
conserver sur ce point des traditions précises. Les uns le font petit,
d'autre grand, ceux-ci d'une taille moyenne; M. l'abbé Lafont d'Aussonne
a fait un ouvrage intéressant par ses recherches sur ce fait si
contesté; mais, le docteur Guy-Patin, auteur très-véridique, a fixé tous
les doutes; appelé auprès de Louis XIV pour donner une consultation,
lorsqu'en 1558 sa majesté tomba malade à Calais, il écrivit:
«Le roi est un prince bien fait, _grand_ et fort, qui n'a pas encore
vingt ans.» _Lettres choisies de Guy-Patin_, page 229, lettre 71;
édition de 1685.]
[136:
«J'ai trop aimé la guerre.»