lui soumettre les idées les plus propres, suivant moi, à avancer la
pacification des Romagnes, et je crois encore que si, dès cette époque,
Votre Sainteté eût consenti à une séparation administrative de ces
provinces et à la nomination d'un gouvernement laïque, elles seraient
rentrées sous son autorité.
Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouvé impuissant à
arrêter l'établissement du nouveau régime. Mes efforts n'ont abouti qu'à
empêcher l'insurrection de s'étendre, et la démission de Garibaldi a
préservé les Marches d'Ancône d'une invasion certaine.
Aujourd'hui le Congrès va se réunir. Les puissances ne sauraient
méconnaître les droits incontestables du Saint-Siège sur les Légations.
Néanmoins, il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir à la
violence pour les soumettre; car si cette soumission était obtenue à
l'aide des forces étrangères, il faudrait encore occuper les Légations
militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les
haines et les rancunes d'une grande portion du peuple italien, comme la
jalousie des grandes puissances; ce serait donc perpétuer un état
d'irritation, de malaise et de crainte.
Que reste-t-il donc à faire? car enfin, cette incertitude ne peut pas
durer longtemps. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers
que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret
sincère, et quelque pénible que soit la solution, ce qui me paraîtrait le
plus conforme aux intérêts du Saint-Siège, ce serait de faire le
sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint-Père, pour le repos de
l'Europe, renonçait à ces provinces qui, depuis cinquante ans, suscitent
tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange, il demandât aux
puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du
retour immédiat de l'ordre. Alors, le Saint-Père assurerait, à l'Italie
reconnaissante, la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège, la
possession paisible des États de l'Église.
Votre Sainteté, j'aime à le croire, ne se méprendra pas sur les
sentiments qui m'animent; elle comprendra la difficulté de ma situation;
elle interprétera avec bienveillance la franchise de mon langage, en se
souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et pour
son auguste chef.
J'ai exprimé, sans réserve, toute ma pensée et je l'ai cru indispensable
avant le Congrès. Mais je prie Votre Sainteté, quelle que soit sa
décision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite que
j'ai toujours tenue à son égard.
En remerciant Votre Sainteté de la bénédiction apostolique qu'elle a
envoyée à l'Impératrice, au Prince Impérial et à moi, je lui renouvelle
l'assurance de ma profonde vénération.
De Votre Sainteté, votre dévot fils,
NAPOLÉON.
Palais des Tuileries, le 31 décembre 1859.
Cette pièce est tirée du _Journal des Débats_ du 12 janvier 1860.
INDEX BIOGRAPHIQUE
DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE
(Les noms suivis d'un astérisque sont ceux qui ont été déjà
donnés, avec plus de détails, dans l'index biographique du tome
I; ceux qui sont suivis de deux astérisques ont été donnés dans
le tome II, et ceux qui sont suivis de trois astérisques sont
donnés dans le tome III.)
A
ABERDEEN (lord), 1784-1860 *. Diplomate et homme d'État anglais.
ABZAC (le marquis D'), 1822-1905. Venance d'Abzac, général de
brigade en France, fut, durant de longues années, premier aide de
camp du maréchal de Mac-Mahon. Le général d'Abzac fut promu
officier de la Légion d'honneur en 1859, et commandeur en 1873.
Il avait épousé Mlle Dorothée de Lazareff.
ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du Roi
Louis-Philippe.
ALBE (le duc D'), 1821-1881. Luis duc d'Albe avait épousé, en
1844, la comtesse de Montijo, sœur aînée de l'Impératrice
Eugénie.
ALBUFÉRA (la duchesse D') **, 1791-1884. Née de Saint-Joseph.
ALEXANDRE II (l'Empereur de Russie), **, 1818-1881.
ALLEGRI (Grégoire), 1587-1640. Compositeur de musique sacrée.
Allegri doit surtout sa réputation à un _Miserere_ qu'on chante
régulièrement le samedi saint dans la chapelle Sixtine, à Rome.
ALWENSLEBEN (le comte Albert D') ***, 1794-1858, ministre d'État
en Prusse.
ALWENSLEBEN (le comte Gustave D'), 1803-1881. Entré, en 1821,
dans l'armée prussienne, le comte Alwensleben fit, avec le prince
de Prusse, la campagne en 1848 contre les insurgés dans le
grand-duché de Bade. Lieutenant-général depuis 1863, Alwensleben
prit part à la guerre de 1870-1871, et se retira du service en
1872.
ANCELOT (Jacques-Arsène-François-Polycarpe), 1794-1854.
Littérateur français, auteur dramatique. Ancelot remplaça M. de
Bonald à l'Académie française.
ANDREA DEL SARTO, 1488-1530. Le vrai nom de ce célèbre peintre
florentin était Andrea Vannucchi.
ANTONELLI (le cardinal), 1806-1876. Premier ministre du Pape Pie
IX. Le Pape Grégoire XVI fit Antonelli prélat et assesseur au
tribunal supérieur. Successivement délégué à Orvieto, à Viterbe,
à Macerata, Antonelli devint, en 1841, sous-secrétaire d'État au
ministère de l'Intérieur, grand trésorier en 1845, cardinal en
1847; puis ministre des Finances et président de la consulte
d'État. En 1848, le cardinal Antonelli fit partie de la
commission qui rédigea le statut libéral de mars. Devenu l'un des
conseillers les plus influents auprès du Pape Pie IX, le Cardinal
conseilla la fuite à ce Pontife, après le meurtre du comte Rossi,
en 1848. Lors de la rentrée du Pape Pie IX, à Rome, le cardinal
Antonelli fut nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères,
poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.
APPONYI (le comte Rodolphe), 1812-1876. Diplomate autrichien:
attaché très jeune à l'ambassade d'Autriche à Paris, il passa à
celle de Saint-Pétersbourg où il épousa, en 1840, la fille du
comte Alexandre Benkendorff (nièce de la princesse Lieven).
Devenu ministre à Carlsruhe, puis à Turin et à Munich, le comte
Apponyi fut nommé ambassadeur à Londres et ensuite à Paris. Il
mourut à Venise.
AQUILA (le comte D'), 1824-1897. Louis, prince de Bourbon, fils
du second mariage de François Ier, Roi de Naples, et de
l'Infante Isabelle d'Espagne, épousa, en 1844, à Rio-Janeiro, une
princesse de Bragance, fille de Pierre Ier, Empereur du
Brésil. Le comte d'Aquila était grand-amiral brésilien et
chevalier de la Toison d'or.
ARENBERG (le prince Pierre D'), 1790-1877.
ARENBERG (Auguste-Marie-Raymond D'), 1753-1832. Prit le titre de
comte de la Marck à la mort de son grand-père maternel, et c'est
sous ce nom qu'il figure aux États généraux de 1789. Le comte de
la Marck s'y déclara d'abord en faveur du Tiers État; mais il se
rapprocha bientôt de la Cour, se lia d'amitié avec Mirabeau et
devint l'intermédiaire de ses relations avec la Famille Royale.
Mirabeau mourut entre ses bras et le nomma son exécuteur
testamentaire.
ARJUZON (le comte D'), 1800-1874. Gentilhomme de la chambre du
Roi Charles X, le comte d'Arjuzon débuta dans la carrière
politique comme conseiller général du canton de Montfort, dans
l'Eure. Député au Corps législatif sous le second Empire, il
s'associa à tous les actes du règne de Napoléon III, et devint
chambellan de l'Empereur, qui le fit officier de la Légion
d'honneur en 1861.
ARNIM-HEINRICHSDORFF (le comte Henri D'), 1791-1859. Diplomate et
homme d'État prussien.
AUERSWALD (M.-Rodolphe D'), 1795-1886. Homme d'État prussien.
Élevé avec le prince Guillaume de Prusse (le futur Empereur
d'Allemagne), Auerswald commença par la carrière des armes. Il
s'en retira en 1820, pour occuper, en province, plusieurs postes
administratifs. Après la révolution de 1848, Auerswald fut chargé
de présider le nouveau ministère
Hansemann-Kühlwetter-Schreckenstein. Élu ensuite député, il
siégea dans les rangs de la droite. En 1858, le Prince-Régent
appela Auerswald à faire partie du ministère _de la nouvelle
ère_, comme ministre sans portefeuille. Auerswald entreprit alors
la réorganisation de l'armée, qui fut cause d'un conflit avec la
Chambre prussienne, dura des années et fut la raison de la chute
du ministère libéral en 1862. M. de Bismarck le remplaça alors à
la tête des affaires.
AUGIER (Émile), 1820-1889. Poète dramatique français, membre de
l'Académie, où, en 1858, il remplaça M. de Salvandy, Augier fut
nommé sénateur par décret impérial en 1870, pour services rendus
par ses productions littéraires.
AUGUSTENBOURG (le duc D'), 1798-1869. Chrétien, duc
d'Augustenbourg, habitait en Silésie la terre de Primkenau, dans
les environs de Sagan.
AUMALE (le duc D') **, 1822-1893. Henri d'Orléans, quatrième fils
du Roi Louis-Philippe.
AUTRICHE (l'archiduc Léopold D'), 1823-1893. Ce prince était fils
de l'archiduc Regnier, qui fut vice-Roi du royaume de Lombardie,
et de la princesse de Savoie-Carignan, sœur du Roi
Charles-Albert de Sardaigne.
AUTRICHE (l'archiduchesse Élisabeth D') ***, 1831-1903. Cette
princesse était fille du palatin de Hongrie.
AUTRICHE (l'archiduc Regnier D'), 1783-1853. Vice-Roi du royaume
lombardo-vénitien, époux de la princesse Élisabeth de
Savoie-Carignan, sœur du Roi Charles-Albert de Sardaigne.
AUTRICHE (l'archiduchesse Marie-Henriette D'), 1836-1902. Cette
princesse épousa, en 1853, le duc de Brabant qui, en 1865, monta
sur le trône de Belgique, sous le nom de Léopold II.
AUTRICHE (l'impératrice Élisabeth D'), 1837-1898. Duchesse en
Bavière, épousa, en 1854, François-Joseph, Empereur d'Autriche.
Elle mourut à Genève, assassinée par un anarchiste.
AUTRICHE (l'archiduc Étienne D'), 1817-1867.
Étienne-François-Victor, propriétaire de la seigneurie de
Halzappel-Schaumbourg; palatin de Hongrie, propre frère de
l'archiduchesse Henriette, qui épousa le Roi des Belges.
AUTRICHE (l'archiduchesse Marguerite D'), 1840-1858. Cette
princesse, fille du Roi de Saxe, avait épousé, en 1856,
l'archiduc Charles-Louis, frère de l'Empereur François-Joseph
Ier.
AUTRICHE (l'archiduc Maximilien D'), 1832-1867. Second frère de
l'Empereur François-Joseph Ier, servit d'abord comme
vice-amiral dans la marine autrichienne et fut quelque temps
gouverneur du royaume lombardo-vénitien. A la suite de
l'expédition française du Mexique en 1864, Maximilien fut
proclamé Empereur, par l'assemblée des notables de ce pays; après
avoir tenté en vain d'y organiser un gouvernement monarchique
régulier, et abandonné par Napoléon III, il fut pris à Queretaro
et fusillé en 1867.
AVENAS (Mme Aimée D'). Religieuse du Sacré-Cœur. Mme d'Avenas
était d'une famille originaire de Lyon. Elle avait dirigé les
études des pensionnats confiés aux soins spéciaux des dames de
l'ordre du Sacré-Cœur, et avait été chargée, par ses
supérieures, de fonder la maison d'Orléans. Quand la maladie vint
l'atteindre, Mme d'Avenas fut envoyée à Bruxelles où elle mourut,
vers l'année 1865, dans une maison de son ordre.
AVIGDOR (Jules). Député de Nice où il possédait de belles
maisons, M. Avigdor avait fondé à Turin le journal _la Voix de
l'Italie_. Il eut un duel avec M. de Cavour à propos d'un article
sur la question des impôts, où M. Avigdor attaquait le
_Risorgimento_, dans des termes qui mettaient en doute l'honneur
et la délicatesse de son rédacteur, le comte de Cavour.
AYEN (le duc D'), 1826-1895. Jules, duc d'Ayen, prit le titre de
duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père. En 1851 il avait
épousé Mlle de Champlâtreux, petite-fille de M. Molé.
AYEN (la duchesse D'), née en 1831. Clotilde de La
Ferté-Meun-Molé de Champlâtreux, mariée au duc d'Ayen, en 1851,
qui devint duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père.
B
BADE (la grande-duchesse Stéphanie DE) **, 1789-1860. Née de
Beauharnais.
BADE (la grande-duchesse Louise DE), née en 1838. Fille de
l'Empereur Guillaume Ier et de l'Impératrice Augusta. Cette
princesse, aussi charmante que distinguée, épousa, en 1856, le
grand-duc de Bade.
BALBI-SENAREGA (le marquis James DE), né en 1800. Mort en 1878.
BALBI (la marquise DE), née en 1800. Morte en 1862. Épouse du
marquis James de Balbi-Senarega.
BALLANCHE (Pierre-Simon) ***, 1776-1847. Membre de l'Académie
française.
BAOUR-LORMIAN (Pierre-Marie-François-Louis), 1770-1854. Poète et
auteur dramatique français. Il entra à l'Académie en 1815, pour y
remplacer le chevalier de Boufflers.
BARANTE (le baron DE) *, 1782-1866. Diplomate et historien
français.
BAROCHE (M.), 1802-1870. Baroche fit toute sa carrière au
barreau; en 1850, il fut nommé ministre de l'Intérieur, après le
coup d'État, et en juin 1863, ministre de la Justice. En 1864, M.
Baroche fut nommé sénateur.
BARROT (Odilon) *, 1791-1873. Homme politique français.
BAUFFREMONT (la princesse Laurence DE) **, 1802-1862, née
Montmorency.
BAVIÈRE (le duc Maximilien en), 1808-1888. Père de l'Impératrice
d'Autriche, de la Reine de Naples, de la duchesse d'Alençon, et
de plusieurs autres enfants.
BAVIÈRE (la duchesse en), 1808-1892. Née princesse de Bavière.
Elle épousa, en 1828, le duc Maximilien en Bavière.
BÉARN (le prince DE), 1802-1871. Louis-Hector de Galard, comte de
Brassac, comte et prince de Béarn, était fils de Pauline de
Tourzel, celle qui avait partagé la captivité de Louis XVI et de
la Famille Royale au Temple. Officier d'état-major, le prince de
Béarn fut chargé de suivre, à la suite de l'armée russe, les
opérations de la guerre contre les Turcs, en 1828. De retour en
France, il entra dans la diplomatie où il occupa les différents
postes et fut fait sénateur en 1854.
BEAUCHESNE (M. DE). 1804-1873. Ancien gentilhomme de la chambre
du Roi, sous la Restauration, fut nommé, en 1825, chef au cabinet
des Beaux-Arts et, en 1830, devint chef de section aux Archives.
Son principal ouvrage a pour sujet: _Louis XVII, sa vie, son
agonie, sa mort_, ouvrage couronné par l'Académie.
BEAUVAU-CRAON (la princesse DE), 1824-1862, Marie d'Aubusson de
la Feuillade épousa, en 1840, le prince de Beauvau-Craon.
BECKX (Pierre-Jean), 1795-1891. Général des Jésuites. Originaire
de Belgique, Beckx entra dans l'ordre des Jésuites dont il fut
nommé général en 1853. Son habileté et sa fermeté contribuèrent
puissamment aux succès obtenus par les Jésuites dans les divers
pays de l'Europe. Lors de la suppression à Rome des couvents de
son ordre, le Père Beckx se retira à _Fiesole_ d'où il ne cessa
d'inspirer le journal la _Civita Catolica_.
BEDEAU (le général), 1804-1863. Le général se distingua dans
toutes les guerres d'Afrique et fut exilé lors du coup d'État du
2 décembre.
BEDMAR (le marquis DE), 1821-1883. Député aux Cortès, plus tard
sénateur et conseiller d'État en Espagne, le marquis de Bedmar
fut nommé, par le Roi Alphonse XII, ambassadeur à
Saint-Pétersbourg. En 1853, il fut témoin de la fille du comte de
Montijo, lorsqu'elle épousa Napoléon III et devint l'Impératrice
Eugénie.
BELGES (le Roi Léopold des) *. 1790-1865. Léopold Ier, prince
de Cobourg.
BELGES (la Reine Louise des) *, 1812-1850, née princesse
d'Orléans, première femme de Léopold Ier.
BELGIOJOSO (la princesse DE) *, 1808-1868. Née Christine
Trivulzio.
BELMONT (le marquis DE), 1804-1857. Chambellan de l'Empereur
Napoléon III et chevalier de la Légion d'honneur, M. de Belmont
fut nommé député au Corps législatif comme candidat officiel et
donna son approbation à tous les actes du gouvernement impérial.
BELLINI (Jean), mort vers 1516. Peintre vénitien.
BENEDEK (L. DE), 1804-1878. Général autrichien. Il se distingua
dans la campagne de 1848 contre le Piémont, sous les ordres de
Radetsky, et dans la guerre de Hongrie en 1849; mais il fut battu
par l'armée prussienne en 1866.
BENKENDORFF (le comte Constantin DE), 1817-1858. Aide de camp
général de l'Empereur de Russie, neveu de la princesse de Lieven,
le comte de Benkendorff épousa, en 1848, la princesse Louise de
Croy.
BERESFORD (le vicomte DE), 1770-1854. William Carr, général
anglais. Après avoir servi en Amérique, aux Indes, en Égypte, en
Irlande, il fut appelé en Portugal où il devint généralissime de
l'armée portugaise. Beresford battit le général Soult à Albuféra
et commanda un corps d'armée sous Wellington. En 1814, il entra à
Bordeaux avec le duc d'Angoulême et, bientôt après, fut appelé à
la Chambre des lords en récompense de ses services.
BERG (le comte), 1790-1874, général russe, appartenant à une
famille livonienne. Le comte Frédéric-Guillaume Berg commença sa
carrière militaire par la guerre de 1812; prit part ensuite à
toutes les guerres que fit la Russie avec l'étranger, et
contribua beaucoup à soumettre l'insurrection de Pologne en 1830.
Le comte Berg fut de nouveau envoyé à Varsovie en 1863. Il s'y
associa aux sévérités excessives mises en vigueur pour dompter ce
malheureux pays dont il prit le commandement général. En 1829, le
comte Berg avait épousé en Italie la comtesse Cicogna qui sut,
par sa bonté, conquérir toutes les sympathies en Pologne.
BERNSTORFF (le comte Albert DE) ***, 1809-1873. Homme d'État
prussien.
BERTIN (Armand), fils de Bertin l'aîné. C'est à lui que revient
principalement l'honneur d'avoir fait tenir au journal des
_Débats_ le rôle prépondérant qu'il a rempli dans le journalisme
français.
BERRY (la duchesse DE) *, 1798-1870. Princesse des Deux-Siciles.
BERRYER (Antoine) *, 1790-1868. Avocat français.
BETHMANN-HOLWEG (Maurice-Auguste DE) ***, 1795-1877.
Jurisconsulte allemand.
BILLAULT (M.), 1805-1863. D'abord avocat, puis député et
sous-secrétaire d'État en 1840, M. Billault devint président du
Corps législatif sous le second Empire; deux fois ministre de
l'Intérieur; puis, en 1860, ministre sans portefeuille. Durant
cette période, il soutint la politique impériale avec beaucoup de
talent.
BIOT (Édouard-Constant), 1803-1850. Fils du célèbre astronome,
membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1847,
Biot fut un des premiers en France à démontrer les avantages des
chemins de fer, et s'adonna aux recherches historiques.
BISMARCK-SCHOENHAUSEN (le prince DE), 1815-1898. Ministre de
Guillaume Ier, roi de Prusse, et son collaborateur pour la
reconstruction de l'Empire d'Allemagne.
BIXIO (Jacques-Alexandre), 1808-1865. Savant et homme politique
français, quoique né en Italie à Chiavari. Venu jeune en France,
Bixio y fit ses études. En 1831, il fonda, avec M. Buloz, _la
Revue des Deux Mondes_. Lors de la révolution italienne, Bixio
fut nommé ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. Élu plus
tard député, il accepta le portefeuille de l'Agriculture en 1868.
BLUCHER DE WAHLSTADT (le prince DE), 1742-1819. Général des
armées prussiennes, dont il prit le commandement en 1813. Blücher
entra un des premiers en France en 1814; il décida, en 1815, le
gain de la bataille de Waterloo et fut toujours un ennemi
implacable des Français.
BOBOLA (le Père André), 1590-1657. Issu d'une des plus anciennes
familles de la Pologne, André Bobola se fit prêtre et entra dans
la société de Jésus en 1611. Pendant les guerres de la Pologne
contre les Suédois et les Russes, Bobola prêcha, avec tant de
ferveur, contre le schisme orthodoxe, que les Russes l'appelèrent
_voleur d'âmes_. Bobola dut s'enfuir d'une maison de son ordre,
dont il était supérieur, à Bobrusk, devant les Cosaques qui le
poursuivirent à Pinsk et à Ianow où il fut tué par eux le 16 mai
1657, après le plus affreux martyre.
BOEGER (le docteur), 1813-1875. Auguste Bœger, médecin militaire
prussien, soigna le roi Frédéric-Guillaume IV pendant les quatre
années que dura la maladie qui finit par l'emporter.
BOIGNE (la comtesse DE) *. 1780-1866. Née Adèle d'Osmond.
BOISGELIN (Marguerite DE), née Mlle Lepelletier de Morfontaine.
Elle était la sœur de la comtesse Ernest de Talleyrand. Le fils
de Mme de Boisgelin épousa Mlle Duclère, dont le père (Belge)
avait été l'homme d'affaires des Rohan d'Autriche. Par sa mère,
Mme de Boisgelin était la petite-fille de Lepelletier de
Saint-Fargeau.
BONNECHOSE (le cardinal DE), 1800-1883. Mgr de Bonnechose fut
nommé archevêque de Rouen en 1858 et reçut le chapeau de cardinal
en 1863.
BONALD (le cardinal DE), 1787-1870. Entré dans les ordres en
1811, M. de Bonald fut promu en 1839 à l'archevêché de Lyon et
créé cardinal en 1841.
BONAPARTE (Jérôme) *, 1784-1860. Roi de Westphalie.
BONAPARTE (le prince Jérôme-Napoléon), 1822-1891. Fils du Roi de
Westphalie et de sa seconde femme la princesse Catherine de
Würtemberg. Ce prince épousa lui-même la princesse Clotilde de
Savoie, fille du Roi Victor-Emmanuel II, de Sardaigne.
BONIN (Édouard DE) ***, 1793-1863. Général prussien, qui, en
1852, devint ministre de la Guerre.
BOURBON-CHALUS (le comte DE), frère cadet du comte de
Bourbon-Busset, commandant du corps des guides de Lamoricière,
avec le grade de lieutenant dans l'armée pontificale.
BOURQUENEY (le baron, puis comte DE) *, 1800-1869. Diplomate
français, ambassadeur et sénateur.
BOYEN (le général DE), mort en 1886. Hermann de Boyen avait été
aide de camp du prince de Prusse durant de longues années et
devint plus tard général d'infanterie. En 1850, M. de Boyen
épousa la princesse Fanny de Biron-Courlande.
BRABANT (le duc DE), 1835-1909. Fils aîné du Roi des Belges,
Léopold Ier, et de la princesse Louise d'Orléans, fille aînée
du Roi Louis-Philippe. Ce prince monta sur le trône de Belgique,
en 1865, à la mort de son père. Il avait épousé, en 1853,
l'archiduchesse Marie-Henriette d'Autriche.
BRABANT (la duchesse DE), 1836-1902. Marie-Henriette,
archiduchesse d'Autriche, épousa, en 1853, le duc de Brabant, qui
monta sur le trône de Belgique en 1865.
BRASSIER DE SAINT-SIMON (le comte DE), 1798-1872. Diplomate
prussien. Le comte Brassier de Saint-Simon occupa le poste de
Constantinople jusqu'en 1869, et fut alors transféré à Turin,
puis à Florence, lorsque la capitale du royaume d'Italie y fut
transportée. Il mourut à son poste.
BREADALBANE (le marquis DE), 1796-1862. John, marquis de
Breadalbane fut chargé par la Reine Victoria d'Angleterre, en
1861, de remettre solennellement l'ordre de la Jarretière au Roi
de Prusse qui venait de monter sur le trône.
BRIFAUT (Charles) ***, 1787-1867. Poète et littérateur français.
BROGLIE (le duc Victor DE) *, 1785-1870. Ministre en France sous
le Roi Louis-Philippe.
BROGLIE (la duchesse DE) *, 1797-1840. Fille de Mme de Staël.
BROGLIE (le prince Albert DE), 1821-1901. Fils aîné du duc Victor
de Broglie, le prince Albert devint duc en 1870, à la mort de son
père. Écrivain très distingué, il fut élu à l'Académie française
dès 1863. Durant la présidence du maréchal de Mac-Mahon, le duc
de Broglie fut chef de son cabinet.
BRUNNOW (le baron) ***, 1796-1875. Diplomate russe.
BRYAS (Mme DE), 1790-1866. Marie-Thérèse d'Hunolstein, fille du
comte d'Hunolstein, maréchal de camp et député de la Moselle en
1815.
BUDBERG (le baron André DE), 1820-1881. Diplomate russe; fils du
général de Budberg qui fut gouverneur de Saint-Pétersbourg. En
1846, le baron André commença sa carrière diplomatique, et devint
en 1851 ministre plénipotentiaire à Berlin. En 1862, il fut nommé
ambassadeur à Paris. Après avoir donné sa démission en 1868, M.
de Budberg rentra à Saint-Pétersbourg où il devint membre du
Conseil de l'Empire.
BUOL-SCHAUENSTEIN (le comte DE) **, 1797-1865. Diplomate
autrichien.
BULOW (Mme DE), 1802-1889. Fille de Guillaume de Humboldt, elle
avait épousé le baron Henri de Bülow, diplomate prussien.
BUNSEN (le chevalier DE) ***, 1791-1860. Diplomate allemand.
BURGHERSH (lord), né en 1824. Ernest Fitzroy-Neville, lord
Burghersh, fils aîné de lord Westmorland. Officier dans la garde
écossaise.
BYRON (lord) **, 1788-1824. Célèbre poète anglais.
C
CADORE (le marquis DE), 1827-1882. Le marquis de Cadore servit
d'abord dans la marine et entra plus tard dans la diplomatie. Il
fut pendant quelque temps chargé d'affaires à Rome, puis ministre
de France à Bade et à Munich. Le marquis de Cadore avait épousé,
en 1854, la fille du marquis de Bonneval. Il devint duc en 1870 à
la mort de son père.