Ce qui arriva aux comediens entre Vivain et Alençon. Autre disgrace de
Ragotin.
Tous les heros et heroïnes de la troupe comique partirent de bon matin
et prirent le grand chemin d'Alençon et arrivèrent heureusement au
Bourg-le-Roi[356], que le vulgaire appelle le Boulerey, où ils dînèrent
et se reposèrent quelque temps, pendant lequel on mit en avant si l'on
passeroit par Arsonnay, qui est un village à une lieue d'Alençon, ou si
l'on prendroit de l'autre côté pour éviter Barrée, qui est un chemin où
pendant les plus grandes chaleurs de l'été il y a de la boue où les
chevaux enfoncent jusqu'aux sangles. L'on consulta là-dessus le
charretier, lequel assura qu'il passeroit partout, ses quatre chevaux
etant les meilleurs de tous les attelages du Mans; d'ailleurs, qu'il n'y
avoit qu'environ cinq cents pas de mauvais chemin, et que celui des
communes de Saint-Pater, où il faudroit passer, n'étoit guère plus beau
et beaucoup plus long; qu'il n'y auroit que les chevaux et la charrette
qui entreroient dans la boue, parce que les gens de pied passeroient
dans les champs, quittes pour ajamber certaines fascines qui ferment les
terres afin que les chevaux n'y puissent pas entrer: on les appelle en
ce pays-là des éthaliers. Ils enfilèrent donc ce chemin-là. Mademoiselle
de l'Etoile dit qu'on l'avertît quand l'on en seroit près, parce qu'elle
aimoit mieux aller à pied en beau chemin, qu'à cheval dans la boue.
Angelique en dit autant, et semblablement la Caverne, qui apprehenda que
la charrette ne versât. Quand ils furent sur le point d'entrer dans ce
mauvais chemin, Angelique descendit de la croupe du cheval de Ragotin.
Le Destin fit mettre pied à terre à l'Etoile, et l'on aida à la Caverne
à descendre de la charrette. Roquebrune monta sur le cheval de l'Etoile
et suivit Ragotin, qui alloit après la charrette. Quand ils furent au
plus boueux du chemin et à un lieu où il n'y avoit d'espace que pour la
charrette, quoique le chemin fût fort large, ils firent rencontre d'une
vingtaine de chevaux de voiture, que cinq ou six paysans conduisoient,
qui se mirent à crier au charretier de reculer. Le charretier leur
crioit encore plus fort: «Reculez vous-mêmes, vous le ferez plus
aisement que moi.» De detourner ni à droit ni à gauche, cela ne se
pouvoit nullement, car de chaque côté il n'y avoit que des fondrières
insondables. Les voituriers, voulant faire les mauvais, s'avancèrent si
brusquement contre la charrette, en criant si fort, que les chevaux en
prirent tant de peur qu'ils en rompirent leurs traits et se jetèrent
dans les fondrières; le timonier se detourna tant soit peu sur la
gauche, ce qui fit avancer la roue du même côté, qui, pour ne trouver
point de ferme, fit verser la charrette. Ragotin, tout bouffi d'orgueil
et de colère, crioit comme un demoniaque contre les voituriers, croyant
pouvoir passer au côté droit, où il sembloit y avoir du vide: car il
vouloit joindre les voituriers, qu'il menaçoit de sa carabine pour les
faire reculer. Il s'avança donc; mais son cheval s'embourba si fort, que
tout ce qu'il put faire, ce fut de desetriver promptement et desarçonner
à même temps et de mettre pied à terre; mais il enfonça jusqu'aux
aisselles, et s'il n'eût pas étendu les bras il fût enfoncé jusqu'au
menton. Cet accident si imprevu fit arrêter tous ceux qui passoient dans
les champs, pour penser à y remedier. Le poète, qui avoit toujours bravé
la fortune, s'arrêta doucement et fit reculer son cheval jusqu'à ce
qu'il eût trouvé le sec. Les voituriers, voyant tant d'hommes qui
avoient tous chacun un fusil sur l'épaule et une epée au côté,
reculèrent sans bruit, de peur d'être battus, et prirent un autre
chemin.
[Note 356: A huit lieues N.-E. du Mans; ainsi nommé d'un château
qu'y fit bâtir, vers 1099, Guillaume Le Roux, pour tenir les Manceaux en
respect et se ménager une entrée facile dans la province.]
Cependant il fallut songer à remedier à tout ce desordre, et l'on dit
qu'il falloit commencer par M. Ragotin et par son cheval, car ils
etoient tous deux en grand peril. L'Olive et la Rancune furent les
premiers qui s'en mirent en devoir; mais, quand ils s'en voulurent
approcher, ils enfoncèrent jusqu'aux cuisses, et ils auroient encore
enfoncé s'ils eussent avancé davantage, tellement qu'après avoir sondé
en plusieurs endroits sans y trouver du ferme, la Rancune, qui avoit
toujours des expediens d'un homme de son naturel, dit sans rire qu'il
n'y avoit point d'autre remède pour sortir M. Ragotin du danger où il
etoit, que de prendre la corde de la charrette (qu'aussi bien il la
falloit decharger) et la lui attacher au cou et le faire tirer par les
chevaux, qui s'etoient remis dans le grand chemin. Cette proposition fit
rire tous ceux de la compagnie, mais non pas Ragotin, qui en eut autant
de peur comme quand la Rancune lui vouloit couper son chapeau sur le
visage, quand il l'avoit enfoncé dedans. Mais le charretier, qui s'etoit
hasardé pour relever les chevaux, le fit encore pour Ragotin: il
s'approcha de lui, et à diverses reprises le sortit et le conduisit dans
le champ où etoient les comediennes, qui ne purent s'empêcher de rire,
le voyant en si bel equipage; elles s'en contraignirent pourtant tant
qu'elles purent. Cependant le charretier retourna à son cheval, qui,
etant assez vigoureux, sortit avec un peu d'aide et alla trouver les
autres; en suite de quoi l'Olive et la Rancune, et le même charretier,
qui etoient déjà tous gâtés de la boue, dechargèrent la charrette, la
remuèrent et la rechargèrent. Elle fut aussitôt reattelée, et les
chevaux la sortirent de ce mauvais pas. Ragotin remonta sur son cheval
avec peine, car le harnois etoit tout rompu; mais Angelique ne voulut
pas se remettre derrière lui, pour ne gâter ses habits. La Caverne dit
qu'elle iroit bien à pied, ce que fit aussi l'Etoile, que le Destin
continua de conduire jusqu'aux Chênes-Verts, qui est le premier logis
que l'on trouve en venant du Mans au faubourg de Mont-Fort, où ils
s'arrêtèrent, n'osant pas entrer dans la ville dans un si étrange
désordre.
Après que ceux qui avoient travaillé eurent bu, ils employèrent le reste
du jour à faire secher leurs habits, après en avoir pris d'autres dans
les coffres que l'on avoit dechargés: car ils en avoient eu chacun en
present de la noblesse mancelle[357]. Les comediennes soupèrent
legèrement, à cause de la lassitude du chemin qu'elles avoient été
contraintes de faire à pied, ce qui les obligea aussi à se coucher de
bonne heure.
[Note 357: Ces sortes de présents étoient admis chez les acteurs, et
s'acceptoient sans honte. Molière fit, à ce que raconter Grimarest,
cadeau à l'un de ses anciens camarades, le comédien Mondorge, de 24
pistoles et d'un habit magnifique, et il avoit auparavant agi de la même
manière envers Baron, encore enfant, mais déjà acteur dans la troupe de
la Raisin. On lit dans le Ragotin de La Fontaine:
La Baguenaudière. ...Que dites-vous de mon habit de chasse?
La Rancune. Qu'il est beau pour jouer un baron de la Crasse.
La Baguenaudière. Je vous en fais présent, etc.
Cet habit est pour toi; fais m'en venir à bout.
(II,4.)
Et dans les Visionnaires de Desmarets:
Ces vers valent cent francs, à vingt francs le couplet:
Allez, je vous promets un habit tout complet.
dit-on au poète. Chappuzeau (l. III, ch. 18, du Théâtre franç.) donne de
curieux détails sur les dépenses extraordinaires que les comédiens
devoient faire pour leurs habits, tant à la ville qu'au théâtre, «étant
obligés de paroître souvent à la cour, et de voir à toute heure des
personnes de qualité.» Il nous apprend aussi, au même endroit, qu'en
certaines circonstances les gentilshommes de la chambre avoient ordre de
contribuer aux frais de ces habits.]
Les comediens ne se couchèrent qu'après avoir bien soupé. Les uns et les
autres etoient à leur premier sommeil, environ les onze heures, quand
une troupe de cavaliers frappèrent à la porte de l'hôtellerie. L'hôte
repondit que son logis etoit plein, et d'ailleurs qu'il etoit heure
indue. Ils recommencèrent à frapper plus fort, en menaçant d'enfoncer la
porte. Le Destin, qui avoit toujours Saldagne en tête, crut que c'etoit
lui qui venoit à force ouverte pour enlever l'Etoile; mais, ayant
regardé par la fenêtre, il aperçut, à la faveur de la clarté de la lune,
un homme qui avoit les mains liées par derrière; ce qu'ayant dit fort
bas à ses compagnons, qui etoient tous aussi bien que lui en etat de le
bien recevoir, Ragotin dit assez haut que c'etoit M. de la Rappinière
qui avoit pris quelque voleur, car il en etoit à la quête. Ils furent
confirmés en cette opinion quand ils ouïrent faire commandement à l'hôte
d'ouvrir de par le Roi. «Mais pourquoi diable (dit la Rancune) ne
l'a-t-il mené au Mans, ou à Beaumont-le-Vicomte, ou, au pis aller, à
Fresnay[358]? car, encore que ce faubourg soit du Maine, il n'y a point
de prisons; il faut qu'il y ait là du mystère!» L'hôte fut contraint
d'ouvrir à la Rappinière, qui entra avec dix archers, lesquels menoient
un homme attaché, comme je vous viens de dire, et qui ne faisoit que
rire, surtout quand il regardoit la Rappinière, ce qu'il faisoit
fixement, contre l'ordinaire des criminels; et c'est la première raison
pourquoi il ne le mena pas au Mans.
[Note 358: Petite ville du Maine, sur la Sarthe, à six lieues S.-O.
de Mamers.]
Or vous sçaurez que, la Rappinière ayant appris que l'on avoit fait
plusieurs voleries et pillé quelques maisons champêtres, il se mit en
devoir de chercher les malfaiteurs. Comme lui et ses archers
approchoient de la forêt de Persaine, ils virent un homme qui en
sortoit; mais quand il aperçut cette troupe d'hommes à cheval, il reprit
le chemin du bois, ce qui fit juger à la Rappinière que ce pouvoit en
être un. Il piqua si fort et ses gens aussi, qu'ils attrapèrent cet
homme, qui ne repondit qu'en termes confus aux interrogats que la
Rappinière lui fit, mais qui ne parut point de l'être; au contraire, il
se mit à rire et à regarder fixement la Rappinière, lequel tant plus il
le consideroit, tant plus il s'imaginoit de l'avoir vu autrefois, et il
ne se trompoit pas; mais du temps qu'ils s'etoient vus, l'on portoit les
cheveux courts et de grandes barbes[359], et cet homme-là avoit la
chevelure fort longue et point de barbe, et d'ailleurs les habits
differents; tout cela lui en ôtoit la connoissance. Il le fit neanmoins
attacher à un banc de la table de la cuisine qui etoit à dossier à
l'antique, et le laissa en la garde de deux archers, et s'en alla
coucher après avoir fait un peu de collation.
[Note 359: Tallemant dit de même en parlant du grand-père du marquis
de Rambouillet: «On portoit la barbe longuette en ce temps-là et les
cheveux courts.» (Hist. du marq. de Ramb.) C'étoit la mode encore sous
le règne de Henri IV, comme on peut le voir par les gravures et les
portraits du temps. François 1er avoit commencé à mettre en faveur les
cheveux courts et la barbe longue, pour cacher, dit-on, une blessure
qu'il avoit reçue au bas de la joue. Cette mode se transforma peu à peu
sous les règnes suivants, les cheveux s'allongeant et la barbe se
rétrécissant par degrés. Sous Henri IV on portoit les cheveux plus longs
que sous François 1er, mais courts encore, surtout relativement à
l'immense chevelure et à la non moins immense perruque qui alloient les
remplacer sous Louis XIII et Louis XIV. Quant à la barbe, qui alloit
bientôt devenir la maigre royale que chacun sait, elle gardoit encore
quelque chose de son ancienne prestance; elle prenoit dessus et dessous
le menton, pour descendre en s'effilant en pointe. Aussi Bassompierre,
en sortant de la Bastille, s'étonnoit-il de ne plus retrouver les barbes
de son temps. «Louis XIII, dit Dulaure, monta imberbe sur le trône de
son glorieux père. Les courtisans, voyant leur jeune roi sans barbe,
trouvèrent la leur trop longue: ils la réduisirent bientôt, etc.»
(Pogonologie, p. 37.) V., dans Tallemant, Historiette de Louis XIII, la
chanson:
Hélas! ma pauvre barbe.
Qu'est-ce qui t'a faite ainsi?
C'est le grand roi Louis
Treizième de ce nom,
Qui toute a ébarbé sa maison, etc.
Le même Louis XIII portoit d'abord les cheveux courts dans sa première
jeunesse, comme le prouve une médaille frappée à cette époque, mais
bientôt il laissa croître sa chevelure, qu'il ne tarda pas à porter dans
toute sa longueur.]
Le lendemain, le Destin se leva le premier, et, en passant par la
cuisine, il vit les archers endormis sur une mechante paillasse, et un
homme attaché à un des bancs de la table, lequel lui fit signe de
s'approcher, ce qu'il fit; mais il fut fort etonné quand le prisonnier
lui dit: «Vous souvient-il quand vous fûtes attaqué à Paris sur le
Pont-Neuf, où vous fûtes volé, et principalement d'une boîte de
portrait? J'etois alors avec le sieur de la Rappinière, qui etoit notre
capitaine. Ce fut lui qui me fit avancer pour vous attaquer; vous sçavez
tout ce qui se passa. J'ai appris que vous avez tout sçu de Doguin à
l'heure de sa mort, et que la Rappinière vous a rendu votre boîte. Vous
avez une belle occasion de vous venger de lui, car, s'il me mène au
Mans, comme il fera peut-être, j'y serai pendu sans doute; mais il ne
tiendra qu'à vous qu'il ne soit de la danse: il ne faudra que joindre
votre deposition à la mienne, et puis vous sçavez comme va la justice du
Mans[360].» Le Destin le quitta, et attendit que la Rappinière fût levé.
Ce fut pour lors qu'il temoigna bien qu'il n'etoit pas vindicatif, car
il l'avertit du dessein du criminel, en lui disant tout ce qu'il avoit
dit de lui, et ensuite lui conseilla de s'en retourner et de laisser ce
miserable. Il vouloit attendre que les comediennes fussent levées pour
leur donner le bon jour; mais le Destin lui dit franchement que l'Etoile
ne le pourroit pas voir sans s'emporter furieusement contre lui avec
justice; il lui dit de plus que, si le vice-bailli d'Alençon (qui est le
prevôt de ce bailliage-là) sçavoit tout ce manége, il le viendroit
prendre. Il le crut, fit detacher le prisonnier, qu'il laissa en
liberté, monta à cheval avec ses archers, et s'en alla sans payer
l'hôtesse (ce qui lui etoit assez ordinaire) et sans remercier le
Destin, tant il etoit troublé.
[Note 360: La justice du Mans devoit sans doute avoir acquis une
grande habileté et une promptitude remarquable, grâce à l'exercice que
lui donnoit l'esprit processif et litigieux des Manceaux. On sait, en
effet, qu'ils ont été renommés de tout temps, non moins que les
Normands, pour leurs habitudes chicanières. Boileau les associe à
ceux-ci dans ses Satires (XII, 341) et ses Epîtres (II, 31); il y
revient encore dans le Lutrin (I, 31). De même Racine dans les Plaideurs
(III, 3), Dufresnoy dans la Réconciliation normande (IV, 3), etc., ont
fait allusion à leur goût bien connu pour les procès. «Un Manceau vaut
un Normand et demi», dit le proverbe.]
Après son depart, le Destin appela Roquebrune, l'Olive et le Décorateur,
qu'il mena dans la ville, et allèrent directement au grand jeu de paume,
où ils trouvèrent six gentilshommes qui jouoient partie. Il demanda le
maître du tripot, et ceux qui etoient dans la galerie, ayant connu que
c'étoient des comediens, dirent aux joueurs que c'etoient des comediens,
et qu'il y en avoit un qui avoit fort bonne mine. Les joueurs achevèrent
leur partie et montèrent dans une chambre pour se faire frotter, tandis
que le Destin traitoit avec le maître du jeu de paume. Ces gentilhommes,
etant descendus à demi vêtus, saluèrent le Destin et lui demandèrent
toutes les particularités de la troupe, de quel nombre de personnes elle
etoit composée, s'il y avoit de bons acteurs, s'ils avoient de beaux
habits, et si les femmes etoient belles. Le Destin repondit sur tous ces
chefs; en suite de quoi ces gentilshommes lui offrirent service, et
prièrent le maître de les accommoder, ajoutant que, s'ils avoient
patience qu'ils fussent tout à fait habillés, qu'ils boiroient ensemble;
ce que le Destin accepta pour faire des amis en cas que Saldagne le
cherchât encore, car il en avoit toujours de l'apprehension.
Cependant il convint du prix pour le louage dû tripot, et ensuite le
Decorateur alla chercher un menuisier pour bâtir le theâtre suivant le
modèle qu'il lui bailla; et les joueurs etant habillés, le Destin
s'approcha d'eux de si bonne grâce, et avec sa grande mine leur fit
paroître tant d'esprit, qu'ils conçurent de l'amitié pour lui. Ils lui
demandèrent où la troupe etoit logée, et lui leur ayant repondu qu'elle
etoit aux Chênes-Verts en Mont-Fort, ils lui dirent: «Allons boire dans
un logis qui sera votre fait; nous voulons vous aider à faire le
marché.» Ils y allèrent, furent d'accord du prix pour trois chambres, et
y dejeunèrent très bien. Vous pouvez bien croire que leur entretien ne
fut que de vers et de pièces de theâtre, en suite de quoi ils firent
grande amitié, et allèrent avec lui voir les comediennes, qui etoient
sur le point de dîner, ce qui fut cause que ces gentilshommes ne
demeurèrent pas longtemps avec elles. Ils les entretinrent pourtant
agreablement pendant le peu de temps qu'ils y furent; ils leur offrirent
service et protection, car c'etoient des principaux de la ville. Après
le dîner l'on fit porter le bagage comique à la Coupe-d'Or, qui etoit le
logis que le Destin avoit retenu, et quand le theâtre fut en etat, ils
commencèrent à representer.
Nous les laisserons dans cet exercice, dans lequel ils firent tous voir
qu'ils n'etoient pas apprentis, et retournerons voir ce que fait
Saldagne depuis sa chute.