_Encyclopédie des Chemins de Fer et des machines à vapeur_, à l'usage
des praticiens et des gens du monde; par Félix TOURNEUX, ingénieur,
ancien élève de l'École Polytechnique. I vol--1844. _Jules Renouard_.
Le titre d'encyclopédie, dans le sens académique du mot, est trop
général pour l'ouvrage de M Félix Tourneux; aussi l'a-t-il restreint en
indiquant qu'il ne traitait que des chemins de fer et des machines à
vapeur. Acceptons-le donc dans ses limites, et voyons comment M.
Tourneux s'est tiré de la tache immense s'était imposée. On n'attend pas
de nous une analyse de cet ouvrage. En effet, si quelque chose se refuse
à l'analyse, c'est un livre de cette forme, un dictionnaire où l'on peut
aller chercher l'explication du terme qui embarrasse, du phénomène dont
on ne s'explique pas les causes.
Les deux plus grandes inventions industrielles des temps modernes sont
sans contredit la machine à vapeur comme agent, et la locomotion rapide
comme effet. De la première datent les grands progrès dans toutes les
branches manufacturières, dans l'exploitation des mines, dans
l'alimentation et l'assainissement des villes. Les chemins de fer, qui
ne sont encore qu'à leur aurore, ont déjà réalisé des merveilles, et
l'esprit se perd à suivre jusque dans leurs dernières conséquences les
résultats probables de leur emploi. Il était donc important de fixer dès
à présent l'état de la science, de poser pour ainsi dire un jalon qui
pût, par la suite, servir de terme de comparaison pour constater le
progrès et l'amélioration. D'ailleurs, dans notre temps de paix, la
langue industrielle, la langue des travaux publics doit être à la portée
de tous, et rien ne pouvait être plus utile, pour la vulgariser, qu'un
livre qui en donnât les éléments, et permît à chacun et à tous
d'employer les termes propres en connaissance de cause. Vous dire si
l'ouvrage est complet nous paraît impossible: l'auteur doit le savoir
mieux que nous, et probablement il prépare déjà les matériaux d'une
édition plus complète, si tant est qu'il ait omis quelque chose. Ce que
nous pouvons dire, c'est que nous nous sommes imposé la tache de trouver
l'auteur en défaut, que nous avons cherché tous les mots de la langue
des travaux publics qui nous sont venus à l'esprit et toujours nous
avons trouvé le mot cherché, et, avec ce mot, une explication claire,
succincte et complète; une explication telle qu'aux praticiens elle
rappelle en quelques lignes les notions qui peuvent les intéresser, et
qu'aux gens du monde elle donne la définition limpide d'un terme
technique trop souvent inintelligible pour eux, et la solution qu'ils
auraient en vain cherchée ailleurs.
Vous ne pouvons mieux terminer qu'en transcrivant ce que dit l'auteur
lui-même de l'esprit qui l'a guidé dans la rédaction de son livre:
«L'auteur est du nombre de ceux qui pensent que jamais, et sur quoi que
ce soit, l'humanité ne donnera son dernier mot. Peut-être la machine à
vapeur et les chemins de fer ont-ils tracé à l'industrie une voie dans
laquelle elle demeurera longtemps. Peut-être, au contraire, doivent-ils
céder la place à d'autres agents de production et de mouvements plus
énergiques encore inconnus à cette heure. Quel que soit leur avenir, ils
auront contribué pour une forte part au progrès de la puissance morale
et matérielle de l'homme dans la génération présente; ils auront été une
manifestation nouvelle de la faculté que Dieu a mise en nous de
développer et d'étendre à notre profit les oeuvres, immortelles de sa
création.»