16 mars.

«Hier, nous avons peu avancé en cinq heures de voyage, parce que les

eaux ont baissé et que nous échouons à tout instant.

«Aujourd’hui j’ai donné le signal du départ dès les premières lueurs du

jour, car je suis persuadé que si le fleuve continue à baisser, nous

serons exposés à de grands dangers. La viande sèche et salée est

épuisée, et comme nous avons consommé notre dernier morceau de sel avant

d’atteindre la source, nous n’avons absolument plus rien avec quoi

assaisonner les haricots et la farine de manioc moisie, les seuls

aliments qui nous restent. Le peu de biscuits que j’ai trouvé dans la

chalana _Gastao_, quand le 5 de ce mois, avant l’attaque des sauvages,

j’ai passé la revue des vivres, a été par moi offert à la Commission

péruvienne qui n’est pas, comme nous, habituée à la farine de manioc.

«Actuellement, nous nous trouvons dans une véritable pénurie: On ne peut

pêcher à cause de la violence du courant, la chasse est entravée par les

indigènes et nous avons mangé notre dernier morceau de viande à notre

dîner d’aujourd’hui!... Quelle triste perspective lorsqu’on a devant soi

près de 2,000 kilomètres à parcourir!

Un explorateur brésilien Deux mille kilomètres de navigation en canot dans un fleuve inexploré et complètement dominé par des sauvages féroces et indomptables (extrait du Journal du capitaine de frégate baron de Teffé) · 第 10 / 14 题