être aussi sacré qu'une capitulation militaire. On ne consent à rendre
une place qu'avec des conditions qui paraissent acceptables; autrement
la défense continuerait. Comment donc qualifier la conduite de l'ennemi
qui entre en possession d'une place à certaines conditions, et qui
ensuite refuse d'exécuter ces mêmes conditions, sans lesquelles la place
ne lui aurait pas été rendue? Cependant il y avait pour nous un grand
motif de consolation. Les militaires n'aiment point à capituler; ils
craignent toujours le reproche de n'avoir pas tiré tout le parti
possible de leur situation, de n'avoir pas défendu assez longtemps la
place qui leur était confiée, ou d'avoir traité à des conditions plus
désavantageuses que celles qu'ils auraient pu obtenir. L'Empereur était
sévère à cet égard; mais la violation de la capitulation prouvait assez
qu'elle nous était favorable. L'injustice de l'ennemi justifiait la
garnison de Dresde, et personne ne nous a blâmés d'avoir traité à des
conditions que l'ennemi refusait d'accomplir. Au commencement de 1814,
M. de Fontanes, dans un discours à l'Empereur, à l'occasion des
négociations qui avaient lieu pour la paix, se plaignait de la mauvaise
foi des alliés, qui prolongeaient les conférences pour gagner du temps.
_S'ils étaient sincères_, disait-il, _s'ils voulaient sérieusement la
paix, auraient-ils violé la capitulation de Dresde et fermé l'oreille
aux nobles plaintes du guerrier qui commandait la garnison?_
L'ordre du prince Schwartzenberg était d'envoyer les soldats en Bohême
et les officiers en Hongrie. Cette séparation me fut très-sensible. J'ai
dit qu'il ne restait que 700 hommes de ma brigade; mais c'étaient les
compagnons de nos dangers et de nos fatigues; tous m'avaient suivi sur
le champ de bataille, plusieurs avaient été blessés. Dans les guerres
désastreuses, les plus courageux résistent toujours le plus longtemps.
L'énergie morale donne ou du moins remplace la force physique; et si à
la fin d'une campagne un régiment se trouve réduit à 100 hommes, soyez
sûr que ces 100 hommes sont de bons soldats. Leur départ m'affligea
d'autant plus que je ne devais plus les revoir. Les soldats étaient usés
malgré leur jeunesse, ou peut-être à cause de leur jeunesse. La rigueur
de la saison, la fatigue des marches, la mauvaise nourriture, le manque
de soins, en firent périr un grand nombre, et des 33,000 hommes qui
figurent dans la capitulation de Dresde, bien peu rentrèrent en France à
la paix.
Trois semaines s'étaient ainsi écoulées, et le 3 décembre, les officiers
partirent en une seule colonne pour Presbourg. Je crois que le maréchal
Saint-Cyr resta à Tœplitz. Le comte de Lobau et tous les généraux
marchèrent avec les officiers du 1er corps. Le mois de décembre fut
consacré à ce triste voyage. Nous arrivâmes à Presbourg le 6 janvier. Ce
voyage n'eut rien de remarquable. On avait eu grand soin de nous faire
éviter les grandes villes telles que Prague et Brün en Moravie. La
guerre avait épargné les pays que nous parcourions, et nous fûmes assez
bien accueillis. Malgré la rancune que nous gardions à la mémoire du
général Moreau, je ne pus revoir à Laun sans quelque émotion la maison
où il fut transporté, le lit où il rendit le dernier soupir. Je logeai
dans une autre ville de Bohême chez la veuve du marquis de Favras, l'une
des premières victimes de la Révolution. Sa fille avait épousé un homme
de qualité du pays et fort riche. Toutes deux ne rêvaient déjà que
Restauration. Elles donnèrent cependant à dîner à quelques officiers
généraux présents, auxquels elles voulaient bien pardonner leur uniforme
depuis qu'ils étaient vaincus.
Pendant cette marche, le comte de Lobau, qui ne nous quittait pas,
observait attentivement la tenue des officiers et surtout des chefs de
corps. Plusieurs ne s'occupaient que d'eux-mêmes, et mettaient à profit
l'argent provenant de la vente des chevaux et des voitures qu'ils
avaient pu se procurer à la sortie de Dresde. Ils voyageaient en voiture
et faisaient bonne chère; d'autres partageaient avec les officiers de
leur corps le peu dont ils pouvaient disposer.
On remarquait particulièrement le colonel Lafond, du 51e (division
Teste), qui fit toute la route à pied, à la tête des officiers de son
régiment. Le comte de Lobau notait tout cela pour en rendre compte à
l'Empereur, qui, sans doute, en aurait tiré parti dans des moments plus
heureux. Ce n'est point du temps perdu que celui qu'on passe avec des
prisonniers de guerre. Les hommes qui ne sont plus retenus par leurs
devoirs militaires se livrent davantage à leurs bons ou mauvais
penchants. La distance entre les grades se rapproche; les qualités, les
défauts se montrent plus à découvert; il y a des traits de courage, de
faiblesse, de désintéressement, d'égoïsme; c'est une épreuve pour les
autres et c'en est une pour soi-même. J'ai eu le malheur de faire deux
fois partie d'une colonne de prisonniers de guerre, dans des âges
divers, avec des grades bien différents, et en 1807 comme en 1813, j'ai
fait de bien curieuses et quelquefois de bien tristes observations.
On assigna autour de Presbourg des cantonnements aux officiers du 1er
corps. Le comte de Lobau et le général Cassagne allèrent à Œdembourg;
plusieurs obtinrent la permission de rester à Presbourg, entre autres
les généraux O'Méara, Chartran et moi. Mon premier soin fut de faire mon
établissement dans ce lieu d'exil, car l'exil pouvait être long. J'avais
pour officier d'ordonnance depuis quelque temps M. Petit, adjudant-major
au 7e léger; je ne voulus abandonner ni lui ni même le soldat qui lui
servait de domestique. J'avais toujours mon aide de camp Chabrand, un
cuisinier et un valet de chambre. Cela faisait six personnes à nourrir;
c'est beaucoup pour un prisonnier de guerre. Heureusement que tout était
bon marché en Hongrie. Je trouvai un logement fort convenable pour nous
tous dans une maison occupée par la haute bourgeoisie. Quant à la
dépense, elle fut réglée avec la plus stricte économie, et j'espérais
que mes ressources me permettraient de continuer ce genre de vie aussi
longtemps que durerait notre captivité.
Mes compagnons m'offrant peu de ressource, je fis connaissance avec
quelques personnes de la ville qui me plurent beaucoup, entre autres
avec le baron de Braunecker, directeur de la poste, que je voyais
presque tous les jours. Cette relation m'était d'autant plus précieuse
que je savais exactement par lui des nouvelles de l'armée, qui chaque
jour devenaient plus intéressantes et plus affligeantes. C'était un fort
bon homme, aimable, obligeant. J'eus occasion de voir aussi un homme de
la conduite la plus légère que j'aie jamais connu. Il avait à cette
époque près de soixante ans. Séparé de sa femme depuis longtemps, il
s'était fait un autre ménage à son choix, et il avait plusieurs enfants
de la personne qui était établie chez lui comme femme légitime. Il avait
eu de plus toutes les intrigues du monde avec beaucoup de femmes de
Presbourg et des environs, et il en contait des détails incroyables. Il
donna un jour une grande soirée dont sa maîtresse faisait les honneurs.
Je ne fus pas peu surpris d'y voir le vicaire apostolique, la première
autorité religieuse de la ville, ainsi que des personnes d'un rang
élevé, des femmes d'une conduite respectable.
Le général autrichien Haddick, commandant à Presbourg, avait épousé une
femme fort bien élevée. Je les voyais quelquefois; mais les autorités de
la ville étaient si mal disposées pour nous qu'ils n'osaient me faire
aucune politesse; on se serait compromis en donnant à dîner à un
Français. Tous les huit jours, la municipalité de la ville, qu'on
appelle le comitat, venait demander au général pourquoi je n'étais pas
au village de Somerein, qui m'avait été assigné pour cantonnement. Il
demandait si l'on avait à se plaindre de moi; on répondait que non, et
il les renvoyait en leur disant: «qu'il n'y avait donc pas
d'inconvénient à ce que je restasse à Presbourg.» Le général lui-même, à
la paix, m'a raconté ces détails.
Il ne faut pas demander à Presbourg la tenue, la distinction, la
conversation des salons de Paris; cependant on y trouve une société
douce et agréable, des mœurs faciles, des hommes sans prétention, des
femmes légères. On est reçu partout à toute heure sans toilette et sans
cérémonie. La conversation m'amusait assez par le mélange du latin, du
français, de l'allemand et quelquefois du hongrois, qui se croisaient et
se répliquaient l'un à l'autre, selon que chacun de ces idiomes
répondait mieux à la pensée de l'interlocuteur. J'aurais pu mieux passer
mon temps. Nous étions à 12 lieues de Vienne; il y avait dans cette
ville des anciens amis de ma famille, qui m'auraient obtenu facilement
la permission d'y venir. Je ne m'adressai à aucun d'eux, trouvant plus
convenable à ma dignité de prisonnier de guerre de rester avec mes
camarades, et surtout de ne solliciter en rien nos vainqueurs, ni les
émigrés, que nous appelions encore nos ennemis.
Le moment approchait où ces tristes qualifications allaient disparaître,
et où tous les Français se trouveraient réunis sous la même bannière;
mais auparavant il fallut passer par bien des angoisses. Nous apprenions
successivement le passage du Rhin, l'invasion de la France, les progrès
toujours croissants des armées alliées. Il faut être militaire pour
comprendre notre irritation et notre douleur. Il y avait peu de mois que
nous étions encore les maîtres de l'Europe, et déjà notre patrie était
envahie. Elle allait être entièrement conquise; l'Empereur perdait sa
couronne, la France son indépendance, et nous ne pouvions plus défendre
des intérêts aussi chers. Désarmés, retenus loin de la France, nous
étions réduits à lire ces tristes récits dans des journaux allemands,
dont les mensonges et la jactance augmentaient encore notre affliction.
Les inquiétudes particulières se joignaient aux calamités publiques.
Nous n'avions pas de nouvelles de nos familles, et dans de pareilles
circonstances, tous les malheurs étaient à craindre. Les négociations de
Châtillon ne nous donnaient qu'un faible espoir. Pour traiter avec
Napoléon, les alliés voulaient détruire sa puissance, et nous savions
qu'il n'y consentirait pas. Cependant son génie pouvait encore surmonter
tant d'obstacles. Malgré tous les déguisements des journaux étrangers,
nous admirions l'énergie de sa défense. Les jeunes officiers surtout,
dans l'enthousiasme des victoires de Brienne et de Champeaubert,
voyaient l'Empereur chasser les alliés de l'autre côté du Rhin.
L'expérience de mes trente ans ne me permettait déjà plus de partager
cette illusion. Les alliés voulaient en finir; les souverains avaient
abandonné leurs capitales et le soin de leurs États pour marcher contre
l'ennemi commun. La France, usée et affaiblie par ses victoires mêmes,
ne pouvait résister longtemps à l'Europe entière; mais qu'arriverait-il
quand l'Empereur aurait succombé? On parlait de la Régence, d'un autre
général français, d'un prince étranger. Les deux derniers partis
n'étaient pas possibles. Quel autre général aurait osé se mettre à la
place de Napoléon et détrôner le fils de son souverain? Et comment un
prince étranger aurait-il été assez téméraire pour braver l'irritation
que son gouvernement eût causée à la France entière? On désirait donc et
l'on espérait encore dans les chances les plus favorables
l'établissement de la Régence. Au milieu de ces perplexités, un autre
parti témoignait ouvertement ses espérances. Des princes, proscrits
depuis vingt-cinq ans, reparaissaient sur le sol de la France. M. le
comte d'Artois à Langres, M. le duc d'Angoulême à Bordeaux, ne venaient
point, comme Henri IV, reconquérir leur royaume; ils n'étaient point
rappelés par le vœu du pays; ils marchaient derrière les baïonnettes
étrangères. Ils n'avaient d'espoir que dans la conquête de la France;
ils triomphaient de nos revers, ils s'affligeaient de nos succès[67]. Et
c'étaient des princes français, des princes dont les ancêtres avaient si
glorieusement régné sur les nôtres, des princes que nous étions habitués
à respecter, et qui alors, par la fatalité de leur situation, ne nous
inspiraient plus que de l'éloignement, de la tristesse et de l'amertume.
Une petite coterie d'émigrés, à Presbourg, accueillait au contraire avec
des transports de joie cette espérance encore éloignée et qui, pour eux,
était déjà une certitude. À leurs yeux, le rétablissement du roi
ramènerait le rétablissement de l'ancien régime; car l'ignorance et la
folle confiance ont toujours caractérisé les émigrés. Un ancien
président du parlement disait: «Le roi va revenir, j'aurai ma
présidence.» On pense bien que nous ne recherchions pas une société
pareille; aussi je n'en parle que par ouï-dire.
Enfin arriva la nouvelle de la prise de Paris; ce fut pour nous une
horrible journée. Le baron de Braunecker me donna au moins des détails
rassurants. Je me renfermai ensuite dans ma chambre, pour ne pas être
témoin de l'odieux triomphe des habitants de la ville. Les nouvelles se
succédaient avec rapidité; nous apprîmes successivement l'abdication de
l'Empereur, l'exclusion de la Régence et le rétablissement des Bourbons.
L'irritation des officiers fut portée au comble; ils ne connaissaient
point les princes, dont ils n'avaient jamais entendu parler; ils
n'avaient aucune idée de l'ancien régime, et leur ignorance était telle,
qu'un jeune officier à qui l'on dit que le roi allait revenir, répondit
avec surprise: «Cela est singulier, je croyais que le roi avait péri
dans la Révolution.»
Pour moi, qui prévoyais depuis longtemps ce résultat, j'étais fort
disposé à m'y soumettre. Je cherchais à oublier les fatals auspices sous
lesquels nos princes revenaient parmi nous, leur funeste entourage, le
lien qui les attachait à nos ennemis. Je m'efforçais de ne voir en eux
que les descendants de nos anciens rois, que les représentants de cette
race auguste qui a fait pendant tant de siècles la gloire et le bonheur
de la France; je songeais à leurs bonnes intentions, à leurs vertus, à
leurs malheurs; en un mot, je tâchais d'oublier le présent pour ne
songer qu'au passé et à l'avenir. Mais je demandais qu'ils se
conformassent franchement et complétement aux idées de notre siècle.
Point de cocarde blanche, point de réminiscence de l'ancien régime.
Enfin que le nouveau règne date de 1814, non 1795. Ce fut mon premier
mot, ma première pensée; je sentais que le mal était là, et, sans m'en
rendre compte, je devinais la crise des Cent-jours.
Les officiers, qui ne connaissaient que le temps présent, allaient plus
loin encore, et les concessions que je demandais ne les auraient
nullement satisfaits. Ils ne voulaient que la Régence et qualifiaient
d'usurpation le gouvernement qui se mettrait à la place du fils de leur
Empereur.
Je causai beaucoup avec eux; je cherchai à leur inspirer des sentiments
plus raisonnables et plus patriotiques. Sans doute l'héritier de
l'Empereur était son fils, mais les alliés déclaraient qu'ils ne
traiteraient ni avec Napoléon, ni avec aucun membre de sa famille. Le
roi de Rome partait avec sa mère; la France reconnaissait le nouveau
gouvernement. Fallait-il donc sacrifier à une fidélité chimérique nos
devoirs envers le pays? La révolution qui venait de s'accomplir avait eu
lieu malgré nous; nous avions mille fois exposé notre vie pour éloigner
de la patrie les armées étrangères, pour sauver la couronne de
l'Empereur. La destinée ne l'avait pas voulu; aujourd'hui nous devions
nous rappeler seulement que nous étions citoyens de la France. Les
Bourbons ne méritaient pas tous les reproches de leurs ennemis. Pendant
leur long exil, ils étaient restés Français au fond du cœur; ils
gémissaient les premiers de ne pouvoir rentrer et remonter sur le trône
qu'à la suite des armées étrangères. Leur premier devoir comme leur
premier intérêt allait être sans doute de chercher à effacer cette tache
originelle en se montrant jaloux de l'honneur du pays, en gouvernant
selon ses intérêts. Il fallait avant tout obtenir une paix avantageuse;
il fallait être délivré de la présence des armées étrangères. Le nouveau
gouvernement n'aurait que trop d'embarras, et, pour les vaincre, il
avait besoin de l'union de tous les Français.
Telles étaient mes raisons; elles frappèrent les officiers et j'en
ramenai quelques-uns, mais l'impression fut de peu de durée. Les
premiers actes du nouveau gouvernement n'ont pas été de nature à gagner
l'affection de l'armée, et l'on sait que l'année suivante, à la première
apparition de l'Empereur, elle passa à lui tout entière.
L'ordre pour la rentrée des troupes arriva. Je pris congé, non sans
regret, de quelques amis dont les soins avaient un peu consolé notre
tristesse.
Je passai deux jours à Vienne pour acheter une voiture et faire mes
préparatifs de voyage; mon aide de camp et mes deux domestiques
m'accompagnaient. Le comte de Palfy, que j'avais connu à Paris, me donna
l'hospitalité. Au moment de mon départ, il me remit pour la route les
trois derniers mois du _Journal des Débats_, et jamais je ne fis de
lecture aussi attachante. Je ne connaissais plus les journaux français;
j'ignorais le détail de tout ce qui s'était passé en France. Je trouvai
dans ce recueil le récit des derniers efforts de l'Empereur, l'entrée
des alliés à Paris, les actes du gouvernement provisoire, l'arrivée de
Monsieur, les commencements de la Monarchie, tant et de si graves
événements, tant de circonstances particulières qui intéressaient mes
compagnons d'armes, mes amis, ma famille elle-même. À peine pouvais-je
suffire à tant d'émotions, aux regrets du passé, aux inquiétudes mêlées
de quelques espérances qu'offrait l'avenir. Je traversai sans presque
m'arrêter Munich, Ulm, Strasbourg, la France aujourd'hui conquise et
asservie. Soldat de l'Empire jusqu'au dernier jour, je ne voulus rendre
visite à aucune des nouvelles autorités royales. Mes yeux se
détournaient quand ils rencontraient un uniforme étranger. Je conservais
ma cocarde tricolore, symbole des sentiments que je renfermais dans mon
cœur. J'arrivai ainsi à Paris au mois de mai; je retrouvai ma famille.
Alors, et seulement alors, je pris sérieusement mon parti. Sans avoir
contribué à la Restauration, sans l'avoir même désirée tant qu'a duré
l'Empire, j'étais maintenant décidé à la servir aussi sincèrement, aussi
loyalement que j'avais servi l'Empire lui-même. On m'avait réservé le
commandement d'une brigade de la garnison de Paris, et j'ôtai de mon
chapeau cette cocarde qui déjà n'était plus la mienne, mais que j'ai
toujours conservée depuis comme un précieux souvenir.
NOTES DU LIVRE III.
NOTE A.
PREMIER CORPS D'ARMÉE.
LE COMTE VANDAMME, PUIS LE COMTE DE LOBAU.
CHEF D'ÉTAT-MAJOR.--LE GÉNÉRAL DE BRIGADE REVEST.
ARTILLERIE.--LE GÉNÉRAL DE BRIGADE BALTUS.
GÉNIE.--MORAS, CHEF DE BATAILLON.
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|DIVISIONS |BRIGADES |RÉGIMENTS |COLONELS |BAT. |ESC. |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|1re | |7e léger | | 4 | |
|Philippon |POUCHELON | | | | |
|puis | |12e de ligne|Baudinot | 4 | |
|Cassagne |------------+------------+------------|-----+-----|
| | |17e de ligne|Susbielle | 4 | |
| |Fezensac | | | | |
| | |36e de ligne|Sicart, maj.| 2 | |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|2e Dumonceau|Dunesme |13e léger | | 4 | |
| |puis | |Chartran | | |
| |Chartran |25e de ligne|puis Fantin | | |
| | | |des Odoarts | 4 | |
| |------------+------------+------------|-----+-----|
| | |51e de ligne| | 4 | |
| |Doucet | | | | |
| | |57e de ligne| | 2 | |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|23e Teste | |24e de ligne| | 4 | |
| |O'Méara | | | | |
| | |33e de ligne| | 4 | |
| |------------+------------+------------|-----+-----|
| | |55e de ligne| | 4 | |
| |Quiot | | | | |
| | |85e de ligne| | 2 | |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|Brigade de | |9e chev. | | | 2 |
|cavalerie |Gobrecht |légers | | | |
|légère | |Chass. | | | 2 |
| | |d'Anhalt | | | |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
|Réserve |2 compagnies d'artillerie à pied |Choisi, |
|et |2 compagnies d'artillerie à cheval |chef de |
|parc |3 détachements de bat. du train |bataillon |
|d'artillerie|2 compagnies de sapeurs | |
| |2 compagnies d'équipages milit. | |
+------------+------------+------------+------------+-----+-----+
Infanterie 17,000 hommes. | Cavalerie 1,000 hommes.
NOTE B.
ARMÉE FRANÇAISE.
+-----------------+-----------------------+-----------+----------+
|DIVISIONS. |NOMS DES GÉNÉRAUX. |INFANTERIE.|CAVALERIE.|
+-----------------+-----------------------+-----------+----------+
| 1er CORPS |
| GÉNÉRAL VANDAMME |
| | | | |
| 1re. | PHILIPPON | | |
| 2e. | DUMONCEAU | | |
| 3e. | TESTE | 17,000 | 1,000 |
|Brigade de | GOBRECHT | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 2e CORPS |
| MARÉCHAL DE BELLUNE |
| | | | |
| 4e. | DUBRETON | | |
| 5e. | DUFOUR | | |
| 6e. | VIAL | 22,400 | |
|Brigade de | BRUNO | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 3e CORPS |
| MARÉCHAL DE LA MOSKOVA |
| | | | |
| 8e. | SOUHAM | | |
| 9e. | DELMAS | | |
| 11e. | RICARD | 37,800 | 1,000 |
|Brigade de | BEURMANN | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 4e CORPS. |
| GÉNÉRAL BERTRAND. |
| | | | |
| 12e. | MORAND | | |
| 15e. | FONTANELLI | | |
| 38e. | FRANQUEMAN | 20,000 | |
|Division de | BEAUMON | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 5e CORPS. |
| GÉNÉRAL LAURISTON. |
| | | | |
| 10e. | ALBERT | | |
| 16e. | MAISON | | |
| 17e. | PUTHOD | 23,800 | |
| 19e. | ROCHAMBEAU | | |
|Brigade de | DERMONCOURT | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 6e CORPS. |
| MARÉCHAL DE RAGUSE. |
| | | | |
| 20e. | COMPANS | | |
| 21e. | LAGRANGE | | |
| 22e. | FRIEDERICHS | 18,200 | |
|Brigade de | NORMANN | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 7e CORPS. |
| GÉNÉRAL REYNIER. |
| | | | |
| 37e. | GUILLEMINOT | | |
| 32e. | DURUTTE | | |
| 24e (saxonne). | DE SAHR | 24,000 | |
|Brigade de | DE GAEBLENS | | |
|cavalerie légère.| | | |
| | | | |
| 8e CORPS (POLONAIS) |
| MARÉCHAL PONIATOWSKI |
| | | | |
| 26e. | KAMINIECKI | | |
| 27e (détachée). | DABROWSKI | 12,000 | 800 |
|Brigade de | | | |
|cavalerie légère.| UMINSKI | | |
| | | | |
| 11e CORPS |
| MARÉCHAL DE TARENTE |
| | | | |
| 31e. | LEDRU | | |
| 35e. | GERARD | | |
| 36e. | CHARPENTIER | 18,200 | 1,000 |
| 39e. | MARCHAND | | |
| Brigade de | | | |
|cavalerie légère.| MONTBRUN | | |
| | | | |
| 12e CORPS |
| MARÉCHAL DE REGGIO |
| | | | |
| 13e. | PACTHOD | | |
| 14e. | GUILLEMINOT | 21,000 | 800 |
| 29e (bavarois). | RAGLOWICK | | |
| | | | |
| 13e CORPS |
| MARÉCHAL GOUVION SAINT-CYR |
| | | | |
| 42e. | MOUTON-DUVERNET | | |
| 43e. | CLAPARÈDE | | |
| 44e. | BERTHEZÈNE | 17,500 | 1,000 |
| 46e. | RAZOUT | | |
| Brigade de | | | |
|cavalerie légère.| JACQUET | | |
+-----------------+-----------------------+-----------+----------+
+-----------------+----------------------------+----------------+
|DIVISIONS |NOMS DES GÉNÉRAUX |CAVALERIE |
+-----------------+----------------------------+----------------+
| |
| 2° CORPS DE CAVALERIE. |
| GÉNÉRAL SÉBASTIANI. |
| |
|Cavalerie légère.|Roussel-Durbal | |
|_Idem_. |Excelmans | 8,300 |
|Cuirassiers. |Saint-Germain | |
| |
| 3° CORPS. |
| GÉNÉRAL DUC DE PADOUE. |
| |
|Cavalerie légère.|Lorge | |
|_Idem_. |Fournier | 7,000 |
|Dragons. |De France | |
| |
| 4° CORPS (POLONAIS). |
| GÉNÉRAL VALMY. |
| |
|Cavalerie légère.|Sokolnitzki | |
|_Idem_. |Sultouski | 6,000 |
| |
| GARDE IMPÉRIALE. |
| (VIEILLE GARDE). |
| |
| |Friant | |
| |Curial | 6,000 |
| |
| JEUNE GARDE (1er CORPS). |
| MARÉCHAL DE REGGIO |
| APRÈS LA DISSOLUTION DU 42e CORPS. |
| |
| |Pactrod | |
| |Decoux | 11,400 |
| |
| JEUNE GARDE (2e CORPS). |
| MARÉCHAL DE TRÉVISE. |
| |
| |Barrois | |
| |Roguet | 11,000 |
| |
| CAVALERIE. |
| GÉNÉRAL NANSOUTY. |
| |
| |Ornano | |
| |Lefebvre-Desnouettes | 5,000 |
| |Walter | |
+-----------------+----------------------------+----------------+
+-----------------+----------------------------+------+---------+
|DIVISIONS |NOMS DES GÉNÉRAUX |CORPS |CAVALERIE|
+-----------------+----------------------------+------+---------+
| RÉSERVE DE CAVALERIE. |
| LE ROI DE NAPLES, COMMANDANT EN CHEF. |
| GÉNÉRAL LATOUR-MAUBOURG. |
+-----------------+----------------------------+------+---------+
|Division de |Corbineau | | |
|cavalerie légère.| | | |
| _Idem_. |Chastel | 1er | 12,000 |
|Division de |Bordesoulle | | |
|cuirassiers. | | | |
| _Idem_. |Doumergue | | |
+-----------------+----------------------------+------+---------+
Nota. Chaque corps d'armée avait une réserve et un parc, indépendamment
de deux compagnies d'artillerie et du train attachées à chaque division.
Les corps de cavalerie n'avaient que de l'artillerie à cheval, sans
équipages ni sapeurs. Au 1er octobre, le total des bouches à feu
s'élevait à 864, et avait été plus considérable au commencement de la
campagne.
Le total, pour l'infanterie, est de 260,300 hommes.
Et pour la cavalerie 43,200
-------
Total général 303,500
Non compris le 13° corps, que le maréchal prince d'Eckmühl commandait à
Hambourg, et le corps d'observation de Bavière, que le maréchal duc de
Castiglione organisait, et qui n'entra en ligne qu'à Leipzick, ainsi que
le 5° corps de cavalerie.
NOTE C.
ARMÉE COALISÉE.
LE PRINCE DE SCHWARTZENBERG, GÉNÉRALISSIME.