M. de Lécluse, peintre et écrivain français de notre temps, qui a
illustré souvent le _Journal des Débats_ de ses études sur l'art, a
droit de partager cet honneur. Il avait connu Léopold pendant ses
années de noviciat à Paris; il croyait en lui, et il le soutenait à
Neuchâtel et à Rome de ses encouragements, cette monnaie du coeur sans
jalousie, et par conséquent sans dénigrement. M. de Lécluse s'est
toujours oublié lui-même pour faire valoir les talents de ses rivaux.
Comme Socrate, il ne produisait plus, mais il aidait les autres à
produire: accoucheur de tableaux, comme Socrate accoucheur d'idées.
Beaucoup des lettres intimes de Léopold Robert sont adressées à M. de
Lécluse: nous les citerons tout à l'heure; d'autres sont empruntées au
portefeuille de M. Feuillet de Conches. Ces lettres, comme ces poteaux
funèbres plantés dans la neige des Alpes, au bord du précipice,
jalonnent la route de la gloire à la mort.